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Honorable correspondant « lâché »: De qui J. Khashoggi est-il le nom ?


France-Irak Actualité : actualités sur l’Irak, le Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak, au Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique. Traduction d’articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne, enquêtes et informations exclusives.

Publié par Gilles Munier sur 17 Octobre 2018, 11:33am

Catégories : #Arabie, #Trump, #Turquie

Revue de presse: Perspectives Méditerranée (16/10/18)*

L’alarme a retenti dans toutes les rédactions du monde. La mort d’un journaliste, ou assimilé comme tel, est toujours un sujet de grande inquiétude à l’heure où les médias, dont les business-model sont en plein chamboulement, essuient les foudres des politiques prompts à vouloir les ligoter au motif de lutter contre les fake-news. Mais qui est en réalité Jamal Khashoggi qui a mis Riyad et la monarchie saoudienne sur le gril ? Le disparu fut un homme du sérail. Il a grandi dans le giron de la famille royale saoudienne, bien qu’il n’en fasse pas partie. C’est un homme fier de ses origines turques qui a fait de grandes études avant de gagner la confiance du prince Al-Walid ben Talal, qui l’avait nommé chef d’une grande chaîne d’information qui n’a pas pu voir le jour. Mais l’homme ne fut pas seulement un porte-parole « privilégié » de ce prince saoudien qui a été placé en détention par le prétendant au trône wahhabite, Mohamed Bin Salmane. Il fut aussi, et c’est là où les choses se corsent, proche de l’ancien directeur des services secrets Tourki al-Fayçal et de tout un tas d’autres personnages très influents à Riyad. On comprend dès lors les positions de celui que l’on présente comme un « opposant » au régime des Al-Salmane, alors qu’il avait « avalisé » la guerre contre le Yémen et béni l’interventionnisme de Riyad dans ce qu’il est convenu d’appeler « Printemps arabes ». Ses positions tranchées sur la Syrie font de lui l’une des courroies de transmission des djihadistes qui ont mis à feu et à sang ce pays.

Khashoggi qui fréquentait les princes a fini par tomber en disgrâce lorsqu’il a cru bon de se rapprocher des Frères musulmans plutôt que de rester fidèle au Wahhabisme. Il a émis à plusieurs reprises l’hypothèse de la formation d’un parti politique en Arabie saoudite qui serait inspiré de ces derniers, ce que le pouvoir de Riyad ne pouvait permettre.
Khashoggi qui écrivait à ses heures perdues pour le Washington Post, une vitrine médiatique fort recherchée par un « ange déchu » du wahhabisme, devait s’opposer à Trump sur un certain nombre de sujets. Il a écrit sur la réalité de l’accord de vente d’armes signé entre les États-Unis et l’Arabie saoudite en mai 2017 et qui porterait sur 110 milliards de dollars. J. Khashoggi avait participé à informer le public que ce montant avait été largement surestimé et que certains contrats dataient de l’ère Obama. Plus, J. Khashoggi a toujours fermement condamné le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, une progression qui ne semble pas déplaire au prince héritier saoudien que l’on présente comme un partisan, fervent, du « Deal du siècle » et de la pacification avec Israël. J. Khashoggi soutenait également le départ de la Turquie de l’Otan, car il considérait qu’Ankara devait se rapprocher du monde arabe. Autant de points qui ont fortement déplu à Washington. Voilà qui résume, en quelques lignes, le pedigree de « l’honorable correspondant » qui a fini par être lâché de tous… Même si sa disparition est mise à profit pour gruger Riyad. Exercice dans lequel excellent et Washington et… Ankara.

???????*Source : perspectivesmed.ma

Les articles sélectionnés en « revue de presse » n’engagent que la responsabilité de leur auteur.
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About Ginette Hess Skandrani

écologiste, membre co-fondatrice des verts, anti-colonialiste et solidaire des peuples opprimés du monde arabe, dont les Palestiniens et d'Afrique.