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Le départ des troupes US de Syrie: la redistribution des cartes ou une «Trumperie» de plus?


les 7 du quebec

par Robert Bibeau
Par SEPH . Le 31.12.201. Sur Agoravox.
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Une semaine après l’annonce du retrait US de Syrie, beaucoup de personnes sont sceptiques tant sont multiples les contradictions que ce supposé retrait suscite. En effet, si un premier contingent de forces US a quitté le nord est de la Syrie, c’est pour se redéployer dans le nord de l’Irak en zone kurde.

Ainsi, les USA multiplient les bases en Irak et plus précisément à Al-Anbar, à l’ouest irakien où les USA viennent de créer une nouvelle base de campement de troupes, à quelques KM de la frontière syrienne.

La question qui se pose est : quel sera le sort des troupes US qui disent vouloir quitter la Syrie ? Où iront-elles ? Seront-elles rapatriées ou vont-elles rejoindre leurs collègues dans les pays arabes ou africains ? Vont-elles être redéployées en territoire irakien ?

JPEG1 – Rappel historique

En octobre 2016, Daesh était à son apogée aussi bien en Syrie qu’en Irak . L’Etat Islamique avait pour capitales Mossoul en Irak et Raqqa en Syrie.

Plus de 100 000 terroristes étaient venus de l’étranger (environ de 80 pays) pour constituer un nouvel État à cheval sur l’Irak et la Syrie (zone grise de la carte ci-dessous). Il faut ajouter les partisans d’ Al-Qaïda, plusieurs dizaines de milliers, dont le but est de détruire l’État syrien (zone verte)

Tous ces terroristes ont été aidés sur le plan militaire par les USA-Israël et l’Otan, sur le plan financier par l’Arabie Saoudite et le Qatar, sur le plan logistique par la Turquie Jordanie et Israël.

Tout ceci fait beaucoup de monde pour l’Irak qui sortait de trois guerres (d’abord avec l’Iran, puis avec l’Occident).

La Syrie qui commençait à décoller sur le plan économique grâce à son pétrole et à son industrie a donc été pillée (machines outils, pétrole, antiquités,…) par les islamistes aidé par les USA qui n’ont cessé de protéger par leur aviation Daesh ou Al-Qaïda lorsque l’armée syrienne s’approchait trop près notamment des puits de pétrole qu’ils pillaient.

Ainsi, c’est par milliers de camions que le pétrole extrait par les terroristes était pris en charge pour être vendu en Turquie à l’Occident au tiers du cours mondial.

A ce pillage, c’est ajouté les massacres des civils par les terroristes : décapitations, viols, projection dans le vide du haut des immeubles, civils brûlés vif dans des cages en fer,….Mais l’Occident champion des droits de l’Homme, de la Femme, des enfants, a détourné les yeux,

Tout ceci a entraîné le départ de plusieurs millions de civils vers l’étranger, laissant la Syrie exsangue au prise avec les mercenaires de l’Occident pour la dépecer. Ce pays a été détruit non seulement par les terroristes mais par les USA qui se sont acharnés à détruire son infrastructure.

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Zone Rose : zone gouvernementale Zone Jaune : zone kurde
Zone Grise : Daesh (État Islamique) Zone Verte : Al-Qaïda en majorité

2 – SITUATION FIN 2018 EN SYRIE

Aujourd’hui les choses ont bien changé :

– En Irak, Daesh a quasiment disparu grâce à la réorganisation de l’armée irakienne et surtout des milices populaires multiconfessionnelles composées majoritairement de chiites : les Hachd al-Chaabi, en arabe « Unités de mobilisation populaire »

– En Syrie, l’armée syrienne réorganisée avec l’intervention Russe, l’aide du Hezbollah libanais et des conseillers iraniens ont fait reculer très sévèrement Daesh. Il ne reste que des groupes qui errent dans le désert, des villages occupées dans la région est d’Abou Kamal, les autres survivants ont rejoint Al-Qaïda ou l’armée américaine pour constituer les FDS (Forces Démocratique Syrienne) : une sorte de Daesh recyclé beaucoup plus présentable.

PNGZone Rose : zone contrôlée par le Gouvernement syrien

Zone Grise : zone occupée par Daech qui erre dans le désert

Comme le montre la carte ci-dessus, le territoire syrien est loin d’être entièrement libéré des forces d’occupation. En effet, plus de 30% de la Syrie est occupé par des forces sous le contrôle :

au nord ouest de la Turquie.
à l’est des USA (zone jaune).
Au sud la base stratégique US d’Al-Tanf (en bleu)

Nous allons étudier ces trois dernières zones d’occupation

3 – AU NORD OUEST : l’occupation TURQUE

Le gouvernement syrien a placé le front nord parmi ses priorités et entendait y focaliser toute son armée avant la décision de Trump de quitter la Syrie.

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A – Le Gouvernorat d’Efrin : zone en vert clai sur la carte ci-dessus.

L’occupation turque s’est faite d’autant plus facilement que les kurdes ont refusé toute aide de l’armée syrienne : ils ont été écrasés par l’armée turque.
Pire que cela, l’armée turque s’est livrée a des exactions digne de Daesh et Al-Qaïda : massacres des populations, pillages, incendies des maisons,…

B – Le Gouvernorat d’Idlib : zone verte sur la carte ci-dessus.

Le gouvernorat d’Idlib est contrôlé principalement par les terroristes du Front al-Nosra (Al-Qaïda) depuis 2015. Puis, cette zone a été appelée « zone de désescalade » suite aux accords d’Astana entre la Russie, l’Iran et la Turquie en 2017. Elle regroupe aujourd’hui environ 30 000 terroristes de différentes obédiences.En conséquence, cette province vit dans une grande insécurité du fait des combats entre diverses factions terroristes.

Cette zone a néanmoins pu être protégée peu ou prou grâce à des opérations entreprises par l’armée syrienne qui a réduit de moitié en 2018 la zone contrôlée par les terroristes

Un nouvel accord ,dit de Sotchi du 17 septembre 2018 entre la Russie et la Turquie, crée une zone démilitarisée ( zone en jaune sur la carte ci-dessous) de 20 km a l’intérieur de cette zone verte et engage par écrit la Turquie à désarmer tous les terroristes dans la zone démilitarisée.

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Mais, la Turquie n’a pas joué le jeu. En effet, elle a pris soin d’enrôler le maximum des terroristes les moins virulents dans son armée en vue d’une future attaque sur le nord est de la Syrie . Ces terroristes ont déplacé leurs équipements lourds (chars et artillerie) hors de la zone démilitarisée conformément à l’accord.

Quant aux factions terroristes les plus extrémistes , Tahrir al Sham et les Turkmènes qui ne respectent pas l’accord., ils ont creusé des fossés pour cacher leurs armes sur place. La Turquie qui a la responsabilité de les supprimer n’a rien fait, bien au contraire les laissant face à l’armée syrienne comme glacis afin de protéger ses conquêtes.

La bataille d’Idlib n’aura donc pas lieu, du moins pas dans l’immédiat. Mais le gouvernement syrien tient à rétablir la sécurité dans ce gouvernorat de 3 millions d’habitants.

4 – ENTRE L’EUPHRATE ET LA FRONTIÈRE IRAKIENNE : les USA veulent créer un État à l’Est ?! (zone jaune de la carte ci-dessous)

Depuis 2014, sans mandat de l’ONU ni l’autorisation du gouvernement syrien, les USA et leurs alliés lancent,en soutien aux terroristes, régulièrement des frappes aériennes contre l’armée syrienne et ses alliés.

Or, depuis novembre 2017, les États-Unis n’ont absolument rien fait contre Daesh dans l’est de la Syrie, au nord de l’Euphrate.

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A – Dernièrement les USA ont créé les Forces Démocratiques Syriennes FDS qui comptent plus de 35 000 combattants.

Sous l’appellation de Forces Démocratiques Syriennes (FDS), on trouve une coalition disparate de groupes « rebelles » en Syrie, incluant des factions kurdes, armées, entraînée et soutenues par les USA.

Mais, tous les kurdes ne sont pas dans les FDS, bien qu’elles se vantent de compter un nombre important de Kurdes dans leurs rangs, les FDS ne sont pas expressément kurdes et sont en fait l’organisation parapluie de plusieurs milices d’anciens terroristes de Daesh ou d’Al-Nosra (groupe affilié à Al-Qaïda) qui ont été recyclé par l’armée américaine dans le nord de la Syrie après s’être rendus à l’armée américaine à Raqqa.

Il faut ajouter les tribus antérieurement alliées avec Daesh qui ont rejoint les FDS au cours de l’année 2018. (voir Annexe 1).

B – Le bouleversement stratégique : l’arrivée des S-300 russe

L’élément nouveau est l’installation d’une batterie complète de S-300 russe près de Deir ez-Zord. Mais ce n’est pas tout : outre les batteries de missiles S-300, la Russie aurait expédié dans l’est syrien ses instructeurs militaires en soutien aux forces syriennes pour utiliser les S-300.

En conséquence, les batteries de missiles S-300 sont censées avant tout réduire le champ d’action de l’US Air Force. Les alliés des États-Unis, à savoir la Grande-Bretagne, la France (qui a plus de 1100 soldats !!!!) et les autres pays de l’OTAN auront donc tout intérêt désormais à tenir compte de la présence de ces redoutables armes antimissiles avant de lancer leurs avions à l’assaut des positions de l’armée syrienne ou ses alliés.

Est-ce cet élément qui a poussé Trump a annoncé le retrait des forces US, car les cartes ont été redistribuées ?

Certainement et c’est sur les FDS que demain les USA comptent pour poursuivre le combat contre l’armée syrienne après leur éventuel départ.

C – L’embarras des Kurdes

Dans cette affaire les Kurdes sont abandonnés par les USA. Ce retrait pourrait avoir pour conséquence le rapprochement des Kurdes avec Damas et il existerait deux scénarios possibles du point de vue des kurdes :

1 – La guerre : un retrait précipité des États-Unis produit un effet d’aubaine pour la Turquie et pour l’armée syrienne, alors les positions des FDS sont prises en étau et font l’objet d’un double assaut militaire. Elles tenteront de résister malgré un rapport de force défavorable.

2 – Le compromis politique avec le gouvernement syrien : un retour négocié de l’État syrien est organisé. Afin d’éviter des combats de grande ampleur .

Le gouvernement syrien a d’ores et déjà communiqué ses conditions. : reconnaître l’intégrité territoriale du pays.

En position de faiblesse, les marges de négociations de l’encadrement kurde sont dans ce cas étroites puisque leur faible clairvoyances politique les ont conduit dans cette impasse. Il restera néanmoins pour l’armée syrienne a résoudre le désarmement des divers groupes au seins des FDS.

D – L’Appel au secours des Kurdes

Devant les risques d’attaque de la Turquie dans la région de Manbij, les kurdes ont choisi. Ils ont appelé à l’aide l’armée syrienne.

Ainsi,l’appel des Unités de Protection du Peuple (YPG), la principale milice kurde de Syrie, a été lancé quelques jours après l’annonce de Trump du retrait des 2000 militaires américains déployés en Syrie.

Cet appel témoigne de l’inquiétude suscitée par le retrait des forces américaines que Donald Trump a annoncé récemment. En effet, les 2.000 hommes que Washington a déployés en Syrie conseillent les rebelles des Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance arabo-kurde dont les YPG sont la principale composante. D’où leur panique !!

Le communiqué des YPG a été très clair : »Nous invitons les forces gouvernementales à se déployer dans les régions d’où nos troupes se sont retirées, particulièrement à Minbej et à protéger ces régions contre l’invasion turque ».

De son coté Ankara continue à masser dernièrement des renforts à la frontière, dépêchant chars et blindés dans le nord syrien, tout près de Minbij où, selon la Turquie, des forces kurdes sont toujours présentes.

Aujourd’hui le gouvernement syrien a envoyé son armée pour protéger la population. Qu’elle sera la réaction turque ?

E – Mais, les Kurdes continuent de piller le pétrole syrien

Dans la région de Der ez-Zord, les milices kurdes tirent profit des ressources pétrolières des zones qu’ils contrôlent continuer à piller les richesses du peuple syrien

La vente de pétrole a généré des revenus importants pour les miliciens kurdes. Ils n’ont pas du tout l’intention d’y renoncer

Malgré l’exacerbation des tensions durant ces deux dernières semaines, quelque 1950 camions-citernes appartenant aux Kurdes, appuyés par les avions de combat et les forces terrestres des USA, ont transporté du pétrole depuis les zones à l’est de l’Euphrate jusqu’à la banlieue nord de Raqqa .

Ce pétrole est vendu à un prix plus bas que celui du marché mondial en vue d’assurer des revenus constants.

Les Kurdes ont oublié qu’ils ont été accueilli en Syrie pour échapper aux exactions turques. Maintenant, comme Daesh hier, ils pillent les richesses du peuple syrien !!!

Certainement que le gouvernement syrien leur demandera de rendre les puits qui ne leurs appartiennent pas, s’ils veulent être protégés.

F – L’armée Syrienne est arrivée à Manbij : ville stratégique du nord de la Syrie

Rappelons que les Unités de protection du peuple (YPG) ont demandé, vendredi 28 décembre2018, aux forces de l’armée syrienne de prendre position à Manbij pour contrer l’offensive de l’armée turque qui a mobilisé, outre ses supplétifs traditionnels, une partie des terroristes « qaïdistes », les plaçant sous la bannière de l’ASL

L’armée syrienne est entrée à Manbij et pourtant ni la Turquie ni les États-Unis ne sont prêts à reconnaître cette grande victoire. Lâchés par les USA qui ont annoncé vouloir se retirer de Syrie [ce qui reste toutefois à prouver, NDLR], les Kurdes de Syrie ont fait appel il y a à peine une dizaine de jours à l’armée syrienne, au terme des négociations menées en coulisse sous médiation russe.

Il s’agit désormais pour eux de se mettre à l’abri d’une offensive turque qui selon certains médias s’annonce imminente.

De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié l’entrée de l’armée syrienne à Manbij « d’opération psychologique » et a déclaré que la situation dans la région restait incertaine.
Du côté du Gouvernement syrien, l’arrivée des forces de l’armée syrienne à Manbij accélérera la reprise de contrôle d’autres zones. Manbij devient de fait une place forte pour l’armée syrienne.

Pour l’heure, après l’arrivée de l’armée syrienne à Manbij, l’armée turque passera-t-elle à l’acte ?

JPEGArrivée de l’armée syrienne à Manbij

5 – AU SUD : la Zone d’Al -Tanf

Al-Tanf est un village qui se situe au sud de la Syrie, près des frontières avec l’Irak et la Jordanie.

Depuis 2016, une base importante US a été installée. Les USA contrôle ainsi une zone de 55 Km de rayon autour d »Al-Tanf.

Les États-Unis utilisent la base militaire d’al-Tanf comme une caserne pour donner des formations militaires aux terroristes. Cette base américaine abrite plusieurs groupes terroristes, dont les éléments de la Force Ahmed al-Abdo et les terroristes de Daech.

La base militaire d’Al-Tanf est très stratégique pour les Américains car ils veulent, à l’aide cette base, empêcher les relations commerciales entre l’Irak et la Syrie. En effet, cette grande base militaire américaine a été installée dans ce pays dans une zone stratégiquement importante adjacente aux frontières de la Syrie, de l’Irak et de la Jordanie, proche de la route reliant Bagdad à Damas.

L’abandon de cette base pour les USA, serait l’écroulement de toute leur politique car elle est un pion central dans leur agression. Il serait donc très étonnant que les USA laisse la place à l’armée syrienne. On peut toujours rêver !!!

6 – AU SUD OUEST : une catastrophe pour Israël.

Au second semestre 2018, l’armée syrienne a remporté une grande victoire sur Al-Qaïda et Daesh en prenant le contrôle total des zones vertes et grises de la carte ci-dessus au grand dam d’Israël qui avait soigneusement armé, soigné les terroristes en vue de l’annexion du Golan Syrien.

Les événements méritent d’être contés :

On s’attendait à ce que les terroristes qui tenaient le Gouvernorat de Deraa , notamment la partie sud de cette ville résistent un certain temps avant d’abandonner. Pourtant, ils ont eu des années pour préparer le terrain et ils avaient une énorme quantité d’armes ainsi que suffisamment de nourriture pour plusieurs mois. Mais la population locale, et pas seulement à Deraa, en a depuis longtemps assez de cette histoire de révolution démente qui détruit un pays souverain et son peuple .

Ainsi, les « terroristes avaient depuis longtemps perdu le soutien de la population. Dans la ville de Deraa, c’est une fois de plus l’équipe de réconciliation russe qui a convaincu les terroristes d’abandonner sans vraiment se battre. Ceux qui ne voulaient pas vivre sous le contrôle du gouvernement syrien ont été transportés dans le gouvernorat d’Idlib, dans le nord-ouest, où divers groupes « rebelles », islamistes de Ouighours (Province en Chine) et de combattants d’Al-Qaïda et de Daesh qui sont occupés à s’entre tuer.

Quant à Israël, c’est la catastrophe pour le maintien de son occupation du Golan qui est illégale pour l’ONU et pour la très grande majorité des pays, sauf évidemment les USA allié indéfectible.

Affront suprême, portant drapeaux syriens et photos du président Bachar el-Assad, des dizaines de Druzes arabes vivant sur les hauteurs du Golan occupé par Israël se sont rassemblés, le samedi 6 octobre 2018, pour afficher leur soutien au président Assad et à la réintégration du Golan dans la République Syrienne.

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Réunion des Druzes du Golan occupé pour afficher leur soutien au président Assad

De puis que la Russie a livré trois batteries de missiles S-300 à la Syrie, Israël a réfléchi à un véritable compromis, notamment sur le Golan.

En effet, la livraison de S-300 russes à l’armée syrienne est une nouvelle des moins désopilantes pour Israël. Elle signifie, en premier lieu, la fin de sa suprématie militaire au Moyen-Orient, et deuxièmement, l’ébauche de véritables négociations pour arriver à un compromis, notamment sur la situation du Golan.

Le retrait des GI de Syrie s’ajoute à l’inquiétude de Netanyahou qui semble se retrouver bien seul sur le théâtre syrien !!

Autre élément très important :c’est la reprise du commerce entre la Jordanie et la Syrie grâce à l’ouverture de la frontière commune au plus grand dam d’Israël qui voit son ennemi se refaire une santé économique comme dans le passé.

Conclusion

Les « trumperies » sont monnaies courantes ? : pas tant que çà. En effet, Trump applique son programme coûte que coûte, dans un contexte empoisonné par la soi-disant « ingérence russe » dans son élection.

Trump a pris en compte les victoires de l’armée syrienne de 2017 et 2018 dans la banlieue de Damas (la Ghouta), dans les provinces de d’Alep, Deraa, d’Homs, d’Hama,…..

De plus, il a pris acte du récent cadeau que la Russie a fait à la Syrie, trois redoutables batteries de missiles S-300 qui bouleversent les rapports de forces en sa faveur. Ceci est la conséquence de la faute criminelle d’Israël de la destruction de l’avion russe Ilyushine-20 en Syrie qui a été utilisé par les avions de combat israéliens comme bouclier et ce, pour éviter la DCA syrienne.

Trump a pris cette décision après un entretien avec le Président turc Erdogan. Ce dernier a menacé d’envahir la province de Manjib et tout le nord est de la Syrie. Ainsi,les forces Turques seraient donc face aux troupes US. Dans ce cas de figure les USA aurait perdu leur principal allié, cela serait une perte très importante pour les USA.
Trump a signé le retrait complet des troupes américaines de Syrie, il a désigné son allié de l’OTAN, Erdogan, comme celui qui devait désormais « éradiquer » Daesh. Trump se donne 100 jours pour ce retrait.

Est-ce que les troupes turques remplaceront les GI ? Pas sûr, car si Damas et Moscou parviennent à maîtriser le YPG Kurde, Ankara s’en satisfera. Edogan ne cesse de jouer sur tous les tableaux pour en retirer des bénéfices. Mais, cette politique a des limites. Il devra tôt ou tard choisir des alliances stables

Analysons la situation :

Outre la présence de 4 000 à 5 000 soldats et sous-traitants américains dans le nord-est de la Syrie, il y a également un contingent de 1 100 soldats français et un nombre inconnu de soldats britanniques. Pour l’instant, la France dit qu’elle veut rester pour terminer la lutte contre l’enclave de Daesh le long de l’Euphrate.

Or, la France n’a pas la capacité de soutenir ces forces sans l’aide des États-Unis. Le Président français n’a d’autres choix que de se retirer. mais,en a-t-il aujourd’hui encore la lucidité ?

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Donald Trump lors de sa visite sur une base militaire US à al-Anbar en Irak

Quant à Trump est-il sincère ou fourbe lorsqu’il annonce le retrait de l’armée US de Syrie ?

La deuxième option (fourberie) est plus probable : elle impose un redéploiement des forces US sans l’abandon de l’objectif initial,le dépeçage de la Syrie.

Je crois d’autant plus a cette alternative que les néoconservateurs américains sont vent debout contre ce retrait des forces US. La politique étasunienne est « phagocitée » par « l’État Profond » et son économie repose grandement sur le complexe militaro-industriel (industrie de l’armement). (voir Annexe 2)

Tout ceci est confirmé par Donald Trump lui même, lors de sa visite en intrus sur une base militaire US à al-Anbar en Irak près de la frontière syrienne, dans la nuit de mercredi à jeudi 26 décembre 2018, en affirmant que les forces US stationnées depuis 2003 en Irak allaient continuer à frapper militairement la Syrie.

.Le retrait des troupes US de Syrie a commencé à l’est de l’Euphrate, mais pas à Al-Tanf où les officiers américains continueraient à appuyer leurs collègues israéliens comme cela fut le cas dans la nuit du 25 décembre 2018 quand les chasseurs israéliens ont pris pour cible l’ouest de Damas.

En faisant semblant de retirer ses troupes de Syrie, les USA se sont placés a l’abri de toute riposte russe donnant en conséquence carte blanche à Israël qui, en sbire gracieusement payé n’a pas tardé à tirer une vingtaine de bombes et de missiles contre l’ouest de Damas.

Tout ceci ressemble à une répartition de rôles entre les supplétifs des USA qui n’écartent plus de menacer la Syrie depuis le sol irakien. C’est une redistribution des cartes encore plus perverse, car les USA limitent ainsi au maximum leurs pertes humaines tout en poursuivant leur objectif premier : le dépeçage du Proche Orient.

Ceci n’a pas échappé à l’ex-ambassadeur israélien en Russie, Zvi Magen qui va même jusqu’à qualifier de « Fake news », l’annonce de Trump : « il s’agit du retrait potentiel de 2000 soldats US. Or les principales capacités militaires des États-Unis resteront intactes dans la mesure où elles se maintiendraient à travers la grande flotte US déployée en Méditerranée orientale tout comme via des bases multiples que le Pentagone détient tout autour ».

En ce qui concerne la France : quelle est donc l’utilité pour elle de se ruiner et d’aller s’embourber dans un conflit qui n’est pas le sien ?

La réponse claire : les lobbies pro-Israël en France. Depuis que la défaite israélienne en Syrie ne fait plus de doute, ces lobbies considèrent la France comme leur dernière chance. Ils se moquent bien des conséquences intérieures d’une plus grande implication militaire française dans des combats qui risquent de placer la France à la fois face à la Syrie à la Russie.

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Dernière minute : Au cours de pourparlers à Moscou, le 29 décembre 2018, la Russie et la Turquie ont convenu de « coordonner » leurs actions sur le terrain en Syrie dans le contexte du retrait annoncé des forces américaines.

Par ailleurs, un sommet sur la Syrie réunissant les présidents russe Vladimir Poutine, turc Recep Tayyip Erdogan et iranien Hassan Rohani est prévu pour début 2019, selon Moscou. https://francais.rt.com/international/57288-processus-dastana-poutine-rohani-erdogan-moscou-debut-2019

Je sais que Noël a été fêté joyeusement à Alep par les chrétiens. AU moment des vœux, nous souhaitons pour 2019 au peuple syrien la paix et que leur pays retrouve toute son intégrité territoriale (Golan compris).

ANNEXES

ANNEXE 1 : Kurdes et FDS – deux entités distinctes

Depuis la montée en puissance de l’Etat Islamique dans le conflit syrien, les médias occidentaux mettent les Kurdes sur un piédestal et n’ont de cesse de les présenter comme les seuls opposants « véritables » du groupe terroriste. Mais on est peu à peu passé de l’éloge des milices kurdes locales à celui des Forces Démocratiques Syriennes, alors que ces deux entités ne sauraient être plus éloignées.

Bien qu’elles se vantent de compter un nombre important de Kurdes dans leurs rangs, les FDS ne sont pas expressément kurdes et sont en fait l’organisation parapluie de plusieurs milices. Ce qui ne serait pas gênant en soi ; ce qui l’est, c’est l’identité de nombre de ses combattants arabes. L’un des groupes combattant sous la bannière des FDS est par exemple le Conseil militaire de Deir Ezzor (Deir Ezzor Military Council (DMC) – il s’agit d’une organisation dont les combattants, auparavant affiliés à l’organisation Etat islamique ou à Al-Nosra (groupe affilié à Al-Qaïda) ont été ensuite « retenus » par l’armée américaine dans le nord de la Syrie après s’être rendus aux FDS et autres forces soutenues par l’armée américaine à Raqqa. De plus, des tribus antérieurement alliées avec l’Etat islamique se sont jointes à ces forces aux côtés des FDS au cours de l’année écoulée.

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Force Kurde du YPG

Sous l’appellation de Forces Démocratiques Syriennes (FDS), on trouve une coalition disparate de groupes « rebelles » en Syrie, incluant des factions kurdes, armées, entraînée et soutenues par les Etats-Unis. (SDF Photo)

En plus d’abriter dans leurs rangs d’anciens membres de l’Etat islamique et d’autres organisations terroristes, les FDS collaborent également régulièrement avec l’Etat islamique dans le nord-est de la Syrie en s’attaquant à des cibles syriennes et russes. Bien qu’apparemment « ennemis », les Kurdes et l’Etat islamique se sont déjà montrés circulant les uns parmi les autres en toute connivence ; et il est même arrivé que les Kurdes coopèrent avec l’Etat islamique sous la coordination des forces spéciales américaines. Ce qui explique peut-être pourquoi, après s’être emparées de Raqqa en juin dernier, les FDS ont laissé les terroristes de l’Etat islamique quitter tranquillement la ville. [1]

Cette collaboration avec des groupes tels que l’Etat islamique – collaboration que les médias occidentaux ont travestie en un combat contre le terrorisme – a d’ailleurs entraîné des défections importantes de Kurdes au sein des FDS – notamment son ex porte-parole, Talal Silo, qui a accusé l’organisation de pactiser secrètement avec les terroristes.

A côté de ces liens troublants et de leur collaboration avec l’Etat islamique les FDS ont, conjointement avec l’armée américaine, participé à des crimes de guerre en Syrie, et sont accusés d’opérations de nettoyage ethnique qu’ils justifient par leur projet de création d’un Etat ethno-nationaliste kurde dans des zones du nord de la Syrie majoritairement peuplées d’Arabes.

C’est ainsi qu’au cours de la bataille de Raqqa, les FDS – en lien avec la coalition dirigée par les Etats-Unis – ont commis des crimes de guerre, notamment en recourant à des armes chimiques et en coupant l’approvisionnement en eau de la ville, qui reste privée d’eau un an après sa « libération ». Les FDS ont également joué un rôle central dans l’opération qui, selon plusieurs estimations, a fait 8000 morts et chassé hors de chez elles plus de 160 000 personnes. Cette opération a rendu 80 pour cent de la ville complètement inhabitable et six mois après la fin des combats, on évalue à 6,000 le nombre de corps encore ensevelis sous les gravats.

Des journalistes tels que Andrew Korybko ont fait valoir que la population civile de Raqqa était directement visée dans la mesure où il était hautement improbable que ses habitants arabes ou non kurdes, vivant dans une ville dont la population est majoritairement arabe, acceptent de leur plein gré de vivre dans un petit Etat dominé par les Kurdes où ils seraient considérés comme des citoyens de seconde zone, et préféreraient conserver leur statut, au sein de la République Arabe Syrienne. En clair, plutôt que l’Etat islamique, que l’on a laissé s’enfuir et que l’on a ensuite réincorporé au sein des FDS, l’opération visait en partie des civils susceptibles de résister à l’annexion de Raqqa par des Kurdes soutenus par les Américains. Ce qui n’a pas empêché les Nations Unies de déclarer (contre toute attente, ndlr) que l’élimination de la population arabe de Raqqa par les FDS avait été une « nécessité militaire » et ne constituait donc pas une opération de « nettoyage ethnique ».

Whitney Webb

Whitney Webb est rédactrice à MintPress News et collabore avec le site de Ben Swann’s, Truth in Media. Elle intervient sur différents sites tels que l’institut Ron Paul

Chomsky signataire d’un appel « progressiste » pour la poursuite de l’implication militaire américaine en Syrie

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https://journals.openedition.org/anatoli/600

La Turquie comprend la plus grande part des Kurdes(20 M), suivie par l’Iran (12 M), alors que l’Irak (8,5 M) et la Syrie (3,6 M). La Syrie a été le refuge de beaucoup de Kurdes persécutés.

ANNEXE 2 : l’Etat profond américain – La finance, le pétrole et la guerre perpétuelle (Broché)
Peter Dale Scott

S’appuyant sur plus de quatre décennies de recherches, Peter Dale SCOTT nous offre une analyse inédite de l' »Etat profond américain », un système informel et méconnu, dont l’influence sur l’Histoire contemporaine est absolument majeure. En dehors du cadre légal, cet Etat derrière l’Etat public conditionne secrètement les politiques officielles de Washington – voire les contredit ou les neutralise. Observateur politique de premier plan, SCOTT décrit le processus de militarisation croissante des Etats-Unis, en particulier depuis le 11 Septembre.

Il explique également l’origine de la « dérive sécuritaire » (écoutes et surveillance illégales, détentions massives, usage de la torture, assassinats ciblés) et de l’accroissement des inégalités de revenus que connaît ce pays depuis la guerre du Vietnam. L’Etat profond constitue aujourd’hui un système quasi institutionnalisé dans des agences (comme la CIA et la NSA) qui échappent au contrôle démocratique.
Mais il ne se limite pas à ces services secrets, et l’auteur décrit notamment l’influence excessive d’entreprises privées telles que Booz Allen Hamilton (l’ex-employeur d’Edward Snowden) et la SAIC : 70 % des budgets du Renseignement aux Etats-Unis étant aujourd’hui sous-traités. Derrière ce système opaque, où la distinction entre « public » et « privé » semble pour le moins ténue, il retrace l’influence traditionnelle des banquiers et des avocats de Wall Street alliés aux « supermajors », les plus grandes compagnies pétrolières internationales.

Il explique ainsi comment les pétromonarchies du golfe Persique, les entreprises de défense états-uniennes et Wall Street ont ensemble et progressivement formé un Etat profond supranational – qui mène des politiques parfois radicalement opposées aux intérêts nationaux des Etats-Unis, de son peuple et de ses institutions. Un travail remarquable qui clôt avec brio la trilogie entamée avec La Route vers le nouvel ordre mondial et La Machine de guerre américaine…

Robert Bibeau | 4 janvier 2019 à 0 12 00 01001 | URL : http://www.les7duquebec.com/?p=236348

About Ginette Hess Skandrani

écologiste, membre co-fondatrice des verts, anti-colonialiste et solidaire des peuples opprimés du monde arabe, dont les Palestiniens et d'Afrique.