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Le PKK est toujours à Sinjar, la tension monte entre les Peshmergas et l’armée irakienne


France-Irak Actualité : actualités sur l’Irak, le Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak, au Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique. Traduction d’articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne, enquêtes et informations exclusives.

Publié par Gilles Munier sur 1 Avril 2018, 07:41am

Catégories : #Yézidis, #Irak, #Kurdistan

Le temple de Sheikh Ezid sur le mont Sinjar (photo worldpeaks)

Revue de presse: Sputnik (3/4/18)*

Contrairement à la déclaration du Comité exécutif du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ses unités n’ont pas quitté Sinjar, alors que la tension y est de plus en plus palpable entre l’armée irakienne et les Peshmergas, a signalé dans un entretien accordé à Sputnik Xelil Shirvan, porte-parole des unités kurdes dans la ville.

Bien que plusieurs militaires et personnalités politiques, dont le porte-parole de l’armée irakienne, celui des milices populaires Hachd al-Chaabi et le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi, aient annoncé que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, organisation considérée comme terroriste en Turquie) s’était complètement retiré de Sinjar, tel n’est pas le cas, a déclaré à Sputnik Xelil Shirvan, porte-parole des unités kurdes peshmergas dans cette ville irakienne frontalière.

«La direction du PKK a annoncé son départ de Sinjar, mais il n’en est rien en réalité. Cela a été fait pour induire en erreur la population de la ville et prévenir une attaque turque dans la région. Dans les montagnes de Sinjar, il reste toujours 500 combattants du PKK. En outre, il y a là quelque 2.000 miliciens yézidis des Unités de résistance de Sinjar qui ne sont qu’une ramification du PKK, bien qu’ils aient des drapeaux différents», a raconté l’interlocuteur de l’agence.

Et d’ajouter qu’entre l’armée irakienne gouvernementale déployée dans la zone de Sinjar et quelques unités peshmergas, la tension ne cessait de monter.

«À Sinjar, la tension est de plus en plus palpable entre l’armée irakienne et les unités de Kasim Shisho, commandant des forces peshmergas à Sinjar. L’armée irakienne avait voulu instaurer son contrôle sur Sherefeddin, grosse agglomération yézidie à Sinjar, mais les unités de Shisho s’y sont fermement opposées», a expliqué M.Shirvan.

Et de souligner que la ville de Sinjar, qui fait partie du Kurdistan irakien, devait être protégée et défendue par les unités peshmergas.

Après qu’en 2015, la région stratégiquement importante de Sinjar à la frontière irako-syrienne a été libérée de Daech**, les Unités de résistance de Sinjar se sont installées dans la ville et ses environs, tout en y créant une base militaire. De son côté, la Turquie a longtemps exprimé son mécontentement de la présence du PKK et des Unités de résistance de Sinjar dans la région, déclarant qu’elle se préparait à lancer une opération contre eux.

Le 23 mars, le Comité exécutif du PKK a déclaré avoir réussi à sécuriser la région de Sinjar. Aussi, la direction du PKK «a-t-elle décidé de rappeler ses unités de Sinjar».

**Organisation terroriste interdite en Russie

*Source : Sputnik France

About Ginette Hess Skandrani

écologiste, membre co-fondatrice des verts, anti-colonialiste et solidaire des peuples opprimés du monde arabe, dont les Palestiniens et d'Afrique.