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Le Sniper de ‘Anah », ville du nord ouest de l’Irak: Je me paie un militaire américain par semaine !


ITRI : Institut Tunisien des Relations Internationales

Publié par Candide le 12 octobre 2017 dans Chroniques


LE SNIPER DE ‘ANAH, VILLE DU NORD OUEST DE L’IRAK, RACONTE SES EXPLOITS: JE ME PAIE UN MILITAIRE AMERICAIN PAR SEMAINE!!!
Mardi 4 Mars 2008
Le Sniper de ‘Anah : ma devise : un peu qui dure est préférable à beaucoup qui s’interrompt, alors je me paie un militaire américain par semaine. Mon combat continue et rien ne m’arrêtera, que la mort. Mon arme a été prise sur l’ennemi et c’est avec elle que je moissonne leurs têtes. Je vise surtout le visage. J’ai raté une seule fois mon coup et j’ai atteint ma cible à l’épaule.

Notre moisson : des tués et des blessés tous les jours et des caravanes de fous sont rapatriés tous les mois en Amérique. J’ai tué des dizaines de militaires américains dont un général. J’essaie de battre le record tenu jusqu’ici par le Sniper de Haditha. Nous avons des camps d’entraînement partout en Irak et d’excellents entraîneurs. Notre expérience a montré que notre action est meilleure dans les villes assiégées.
Allah nous promet la victoire et Bush nous promet la défaite…Qui devons-nous croire ? Je promets à l’occupant un avenir bien plus terrible pour ses soldats. Il cueille les vies et coupe les têtes, il n’est pas l’ange de la mort mais la mort passe par lui. Il a acquis une grande réputation par ses actions et pratique son art préféré qui sème la terreur parmi ses ennemis et dont il espère gagner le paradis.

Il choisit ses victimes qui se comptent par dizaines et préfère les tuer par leurs propres armes. L’occupant a mis sa tête à prix fort mais notre ami déclare que la mort seule arrêtera son action promettant à l’occupant des lendemains terribles.
Impossible d’obtenir de lui qu’il divulgue son identité. Il se veut simplement mais fermement le Sniper de ‘Anah !

Interview :
par Ali Al Hammam
Source : Agence Haq- Journal : la voix
28/02/08

* Tu es très célèbre maintenant, mais es-tu seul ou êtes-vous plusieurs ?

** Nous sommes à plusieurs et nous travaillons en équipe. Mais un seul fait le Sniper, les autres étant des aides et au cas où j’obtiens le martyr, un autre me remplace.

*Dans ton esprit, la mort est toujours présente alors ?

** Bien sûr, à chaque instant, sinon pourquoi combattrions-nous ? En règle générale, celui qui s’engage dans ce combat doit mettre la mort devant ses yeux et la considérer comme une chose acquise d’avance. Mais ce n’est pas comme n’importe quelle mort, c’est une
mort qui garantit la vie éternelle, le paradis. Qu’y a-t-il de plus noble que de mourir en combattant pour sa foi ?

* Pourquoi y a-t-il un seul sniper et deux ou plusieurs aides ? Pourquoi ne tirent-ils pas tous ?

** L’opération n’est pas simple comme vous pouvez le croire et les conditions actuelles, très complexes, imposent qu’un seul pratique le tir. Cela nous évite d’être découverts par l’ennemi. Le plus important n’est pas d’être nombreux mais que l’action soit menée sur le long terme.

* Le long terme dont tu parles, ça représente quoi exactement ?

** Grâce à Dieu, nous « chassons » un militaire ennemi par semaine, c’est nettement suffisant et c’est un gain important.

* Quel gain avec une seule opération par semaine ?

** Nous semons la terreur dans les cœurs des soldats ennemis qui se sentent en permanence menacés, ne sachant ni quand ni comment ils subissent la foudre. L’autre avantage est que nous agissons dans des conditions de parfaite sécurité.

* Ne crois-tu pas qu’en les attaquant toujours du même côté vous risquez de vous faire repérer et que cela vous expose aux dangers ?

** Nous ne les attaquons pas d’un seul côté. L’une des missions des aides du sniper est d’assurer la sécurité des endroits d’où l’on chasse les ennemis. Après chaque opération, nous choisissons un nouveau site qui n’attire pas l’attention, qui nous met en sécurité pour la prochaine opération et qui nous permet de cacher nos armes en toute sécurité.

* C’était quand ta première opération. ?

** Au début j’étais l’aide d’un sniper. Cela a duré longtemps et je me suis bien entraîné, puis j’ai remplacé mon ancien camarade.

* Ton prédécesseur a-t-il trouvé le martyr ?

** Non, mais les responsables du groupe auquel j’appartiens ont remarqué qu’il était un excellent tireur et lui ont confié une mission de formation des snipers dans de nombreuses régions. Actuellement il assume sa mission de formateur et se déplace à travers le pays. C’est ce qui m’a permis de le remplacer depuis bientôt 18 mois. Mais j’ai dû m’arrêter pendant quelques mois, au vu des conditions difficiles qu’a connues la ville de ‘Anah, alors entièrement occupée par l’ennemi. Quand les choses se sont normalisées et que nous nous sommes réorganisés, j’ai repris mon activité et je la poursuivrais jusqu’au bout In Cha Allah. Je forme aussi mes frères pour que le combat continue au cas où je suis mort ou fait prisonnier.

* Qu’est-ce qui t’arrêterait ?

** Une seule chose, la mort et l’obtention du martyr ou si je suis fait prisonnier et, au cas où je quitterai la prison je reprendrai mon travail si Dieu Le Veut !

* Est-ce que tu appartiens à un groupe déterminé et si oui lequel ?

** Pardon de ne pouvoir te le dire maintenant parce que ce serait enfreindre les règles de la sécurité. C’est un secret absolu et je dois le garder. Mais un jour, je te le promets, je révélerai tout cela, non seulement le nom de mon groupe mais aussi les enregistrements de toutes les actions que j’ai menées contre les soldats de l’occupation.

* Qu’est-ce qui pourrait t’empêcher de le faire aujourd’hui et de diffuser ton tableau de chasse sur Internet ou par d’autres moyens ?

** Actuellement c’est impossible, ce serait mettre en danger les endroits d’où nous avons chassé les ennemis de notre peuple et c’est un manquement aux règles de la sécurité.

* Les armes que vous utilisez sont-elles traditionnelles ou automatiques ?

** Nous utilisons des armes automatiques d’origine Hongroise et Russe en plus des armes américaines.

* Et ton arme ?

** J’utilise une arme automatique américaine, elle est plus précise que les autres.

* D’où tu as les armes ?

** Les armes russes et hongroises étaient disponibles bien avant l’occupation ; quant aux américaines, elles sont un butin de guerre, gagnées sur les soldats américains tués ou quand ils fuient terrorisés au cours des combats avec les Moudjahiddines comme des rats qui fuient le navire qui coule. Comme je te l’ai dit, les armes américaines sont les préférées des snipers parce qu’elles leur donnent la fierté de tuer les soldats ennemis avec leurs propres armes et la seconde raison c’est leur haute précision. On rate difficilement sa cible avec ces armes.

* Est-ce qu’il t’est arrivé de rater ta cible ?

** Oui, la première fois. J’étais censé toucher ma cible au visage et je l’ai touchée à l’épaule et c’est l’unique fois où je n’ai pas tué ma cible. Dieu merci, j’ai été récompensé par la suite en me payant un général américain.

* Où est-ce que tu préfères toucher ta cible ?

** Notre entraîneur nous dit toujours que le meilleur endroit pour tuer un ennemi c’est le front, mais personnellement je préfère viser le visage.

* Pourquoi le visage précisément alors qu’un coup sur le front ou le cou est aussi mortel ?

** Un tir sur le visage a plus d’impact sur les compagnons de la victime. Quand ils voient le visage ensanglanté de leur camarade, leur terreur est plus grande et c’est ce que je cherche à provoquer chez eux. Il y a plus d’effet sur eux que de toucher ma cible au nez ou à l’œil. Je me souviens des effets psychologiques de l’action du sniper de Haditha, tombé en martyr depuis, qui a pris l’habitude de viser la tête de sa cible. A un certain moment les américains
lui avaient envoyé un message, par l’intermédiaire d’un chef de tribu, pour lui demander de viser n’importe quelle partie du corps pour leur permettre de quitter l’armée. Mais il refusa et continua à viser la tête de ses cibles ce qui provoqua une grande terreur dans leurs rangs et leur a interdit de patrouiller en ville.

* Comment il a été découvert ?

** Non, il n’a pas été découvert. Il a trouvé la mort avec un certain nombre de combattants, dans un bombardement de l’aviation américaine.

* Comment peut- tu tirer sans te faire détecter avec le bruit assourdissant du tir ?

** Nous avons le moyen d’éviter cela en utilisant des silencieux. Nous avons deux sortes de silencieux, de provenance étrangère et fabriqués sur place. Nos camarades nous ont fabriqué des merveilles de silencieux. L’autre moyen d’atténuer le bruit du tir est d’employer une charge explosive pour absorber le son du tir. Nous l’avons souvent utilisé au début quand les silencieux étaient rares et avant qu’ils ne soient mis en fabrication par la résistance. L’usage de la charge de plastic pour absorber le bruit du tir était fréquent aussi lors de la guerre irako-iranienne mais actuellement elle devient rare.

* Quel est le grade le plus haut que tu as pu chasser?

** Un jour, il y avait un attroupement de militaires américains autour de l’un d’eux devant la base principale de ‘Anah. J’ai choisi tout de suite de le viser sans connaître son grade mais il n’était pas difficile de penser que c’était quelqu’un d’important.
Je l’ai visé entre les yeux. Deux jours après, des informations ont filtré de la base indiquant qu’un général avait été tué par un sniper. J’ai compris ce jour là que je m’étais payé un général, Grâce à Dieu !

* Est-ce qu’il y a une opération qui t’est restée en mémoire ?

** Si. Une fois j’ai atteint deux militaires américains d’un seul coup. J’ai buté le premier et
quand son camarade est venu le secourir, je l’ai buté à son tour. Le plus amusant est que les deux tués sont restés plus d’une demi heure au sol, ce qui m’a donné le temps de me retirer et de cacher mon arme et leurs camarades n’ont osé les évacuer que lorsqu’ils ont reçu le secours d’un véhicule blindé.

* Les entraînements exigent des lieux discrets, comment pouvez-vous vous entraîner alors ?

** En général on nous appelle pour les entraînements dans des régions contrôlées totalement par la résistance. Nous nous entraînons dans des espaces ouverts, des régions désertiques et des plans d’eau où il n’y a aucune présence de l’ennemi ou de ses agents. C’est là que nous nous entraînons. Il y a de nombreux camps de ce genre sous notre contrôle et que l’ennemi
ne peut découvrir ou simplement ne peut atteindre.

* Comment choisis-tu ta cachette pour être à l’abri de l’ennemi ?

** Je fais avec mon équipe un long travail de reconnaissance pour choisir l’endroit d’où je tire et la cachette pour l’arme, quelques secondes après l’accomplissement de la mission. L’ennemi a l’habitude d’entreprendre rapidement une fouille systématique des lieux, juste après notre action. Il leur arrive souvent de rentrer dans les lieux d’où nous les avons visés
mais ils ne trouvent jamais l’arme. D’où l’importance du choix de la cachette et pour assurer le repli.

* Comment choisis-tu tes cibles ?

** Le choix se fait en fonction de l’importance des individus dans les patrouilles à pied. Quand il s’agit de véhicules blindés, tels les chars ou les Humvee, je choisis toujours l’homme qui se tient en haut de la tourelle. Conscients de cela, les soldats ont toujours la tête baissée ou se cachent derrière un blindage métallique ou en plastic. D’autres facteurs commandent le choix des cibles !!!

* Combien as-tu abattu de militaires jusqu’ici ?

** J’en ai buté quelques dizaines et depuis mon retour à ma chasse préférée, il y a quelques mois, j’en ai buté 23, le dernier il y a juste quatre jours. Un seul blessé par contre. Au fait avant la reprise, je ne tenais pas de comptabilité, mais maintenant j’essaie de battre le record détenu jusqu’ici par le sniper de Haditha, du moins dans les zones occidentales du pays.

* Quelles sont les cibles les plus faciles ?

** Généralement les patrouilles à pied, cela nous donne le temps de choisir l’ennemi à abattre et nous met dans des positions stables et confortables. De plus, la terreur est toujours assurée pour l’ennemi. Il y a aussi les plantons en garde dans les tours qui jalonnent les remparts autour des bases. De plus en plus l’ennemi place des mannequins habillés en soldats. Cela
aussi est le résultat des effets psychologiques de notre action.

* Pourquoi avoir choisi ce procédé dans ton combat contre les américains ?

** C’est le procédé le plus difficile et le plus complexe dans le combat des ennemis. Il exige une forte personnalité, des nerfs d’acier, une grande confiance en soi et une grande habileté. C’est aussi un moyen sûr de semer la panique et la terreur dans les rangs ennemis.

* Dans quelles conditions le tir devient-il l’arme la mieux adaptée ?

** C’est l’arme la mieux adaptée et la plus utile dans les villes assiégées. C’est comme une opération chirurgicale qui ne touche que la partie désignée et sans conséquence sur la population civile. J’essaie en tout cas de tout faire pour éviter des dommages à la population.
C’est aussi une arme psychologique comme je l’ai expliqué parce que chaque militaire en patrouille se sent toujours en face de la mort. Le résultat est d’ailleurs bien réel puisque des milliers de soldats repartent dans leur pays à moitié fous, par ce qu’ils ont enduré de nos tireurs d’élite.

* Est-ce que tu suis un rite particulier avant de dresser ton embuscade ?

** Avant d’exécuter une opération de tir, je fais mes ablutions et je fais deux génuflexions en priant Allah de me faciliter la tâche et d’accepter mon action en don pour Lui, de faire que mon action apporte la joie aux croyants et de m’accorder le martyr au cas où je suis tué. Après l’accomplissement de ma tâche et une fois ma cible atteinte, je me tourne vers la Qibla et
je me prosterne, à l’endroit même d’où j’ai tiré ma cible, pour rendre grâce à Allah. Au retour chez moi je fais encore une prière de remerciements.

* Les américains ont promis une importante récompense à celui qui leur donnerait des informations sur toi. Tu ne crains pas de tomber dans leurs mains ?

** Cela ne fait que nous encourager à aller de l’avant. Chaque fois qu’ils augmentent le montant de la récompense cela nous prouve que nous leur faisons mal. En tout cas si je tombe en martyr, d’autres prendront ma place et ils seront meilleurs que moi. Il convient de nous souvenir de ce verset « rien ne nous arrive s’il n’est voulu par Allah ».

* Un dernier mot ?

** Un mot à mes frères : Allah nous a promis la victoire alors que Bush nous a promis la défaite ! Qui croire : Allah Le Tout Puissant ou le petit Bush ? Mes compagnons et moi restons fidèles à notre foi et à notre patrie jusqu’à la dernière goutte de notre sang
et aux ennemis ce petit message : nos faits d’armes accomplis jusqu’ici ne sont qu’un début, attendez le reste !

‘Anah : ville du nord ouest de l’Irak, située sur l’Euphrate, réputée pour ses norias !

traduit de l’arabe par Ahmed Manai : www.tunisitri.net/
tunisielibre@yahoo.fr/
http://www.iraqirabita.org/index3.php?do=article&id=12808/

About Ginette Hess Skandrani

écologiste, membre co-fondatrice des verts, anti-colonialiste et solidaire des peuples opprimés du monde arabe, dont les Palestiniens et d'Afrique.