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MEURTRE DE JAMAL KHASHOGGI: les questions de Recep Tayyip Erdogan et le communiqué de Donald Trump


France-Irak Actualité : actualités sur l’Irak, le Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak, au Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique. Traduction d’articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne, enquêtes et informations exclusives.

Publié par Gilles Munier sur 26 Novembre 2018,

Catégories : #khashoggi, #erdogan, #trump

Tribune de Recep Tayyip Erdogan

dans le Washington Post*

2 novembre 2018

L’Arabie saoudite a à répondre

à encore beaucoup de questions

en ce qui concerne le meurtre de Khashoggi

L’histoire est des plus connue : Jamal Khashoggi, un journaliste saoudien et homme de famille, a pénétré dans le consulat d’Arabie saoudite le 2 octobre pour y accomplir des formalités de mariage. Personne – pas même sa fiancée qui l’attendait dehors – ne l’a jamais revu depuis. Au cours de ce dernier mois, la Turquie a remué ciel et terre pour apporter de la lumière sur tous les aspects de ce cas. C’est ainsi que tout le monde a su que Khashoggi avait été froidement assassiné par une équipe spécialisée, et que ce meurtre avait été prémédité.

Cela dit, d’autres questions non moins importantes requièrent des réponses qui nous aideront à comprendre cet acte lamentable. Où est le corps de Khashoggi ? Qui était ce « collaborateur local » à qui les Saoudiens auraient soit disant remis le corps ? Qui a donné l’ordre de tuer cette pauvre âme ? Malheureusement, les autorités saoudiennes refusent d’y répondre.

Nous savons que les auteurs de ces crimes font partie des 18 suspects détenus en Arabie saoudite. Nous savons aussi que ces personnes sont venues pour exécuter des ordres : tuer Khashoggi et repartir. Finalement, nous savons que ces ordres sont venus des strates les plus élevées du gouvernement saoudien. Certains espèrent que ce problème disparaîtra avec le temps. Mais nous continuerons à poser ces questions, qui sont cruciales pour l’enquête criminelle turque, mais aussi la famille et les proches de Khashoggi. Un mois après sa mort, nous ne savons toujours pas où est son corps. Il mérite au minimum un enterrement conforme aux coutumes musulmanes. Nous le devons à sa famille et à ses amis, y compris à ses collègues du Post, leur donner l’opportunité de faire leurs adieux et de présenter leur respect à cet homme honorable. Pour s’assurer que tout le monde continue de poser ces questions, nous avons partagé les preuves avec nos alliés et amis, y compris les Etats-Unis.

Alors que nous continuons de chercher les réponses, je voudrais souligner que la Turquie et l’Arabie Saoudite entretiennent des relations amicales. Je ne crois pas une seconde que le roi Salman, le gardien des mosquées sacrées, ait ordonné le meurtre de Khashoggi. Je n’ai donc aucune raison de penser que ce meurtre reflète la politique officielle de l’Arabie saoudite. En ce sens, nous aurions tort de concevoir le meurtre de Khashoggi comme un problème entre les deux pays. Cependant, je dois ajouter que notre amitié avec Riyad n’est pas une raison pour fermer les yeux sur le meurtre prémédité qui s’est déroulé sous nos propres yeux. L’assassinat de Khashoggi est inexplicable. Si une telle atrocité avait eu lieu aux Etats-Unis ou ailleurs, les autorités de ces pays seraient allées au fond des choses. Et il est hors de question pour nous de faire autrement. A l’avenir personne n’osera commettre un tel crime sur le sol d’un pays allié de l’OTAN. S’il quelqu’un choisit d’ignorer l’avertissement, il devra en assumer les conséquences. Le meurtre de Khashoggi était une violation claire et un abus flagrant de la Convention de Vienne sur les relations consulaires. Si un tel acte reste impuni, on risque de créer un précédent. C’est pour cette raison aussi que nous avons été choqués et attristés par les efforts de certains représentants saoudiens pour couvrir un meurtre prémédité au lieu de servir la justice, ainsi que notre amitié l’exigerait. Bien que Riyad détienne 18 suspects, il est inquiétant de voir qu’aucune mesure n’ait été prise à l’encontre du consul général saoudien, qui a menti comme un arracheur de dents aux médias s’empressant de quitter la Turquie peu de temps après. De même, le refus du procureur saoudien – qui a récemment rendu visite à son homologue turc – de coopérer à l’enquête et de répondre à de simples questions est très frustrant.

L’invitation faite aux enquêteurs turcs de se rendre en Arabie saoudite pour poursuivre les discussions ressemble à une tactique dilatoire délibérée et désespérée.

Le meurtre de Jamal Khashoggi implique beaucoup plus qu’un groupe de membres de la sécurité saoudienne, tout comme le Watergate était bien plus qu’une simple effraction, et que les attaques du 11 septembre ne s’arrêtaient pas aux pirates de l’air.

En tant que membre responsable de la communauté internationale ; nous nous devons de révéler les identités de ceux qui tirent les ficelles du meurtre Khashoggi et de découvrir le nom de ceux en qui les représentants saoudiens, qui cherchent toujours à couvrir le meurtre, ont placé leur confiance.

Recep Tayyip Erdogan est le président de la Turquie.

Traduction et Synthèse : Z.E pour France-Irak Actualité

*Source : Recep Tayyip Erdogan: Saudi Arabia still has many questions to answer about Jamal Khashoggi’s killing (Washington Post- 2/11/18)

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Déclaration du Président Donald J. Trump

sur son soutien à l’Arabie Saoudite**

20 novembre 2018

L’Amérique d’abord !

Le monde est un endroit très dangereux !

L’Iran, par exemple, est responsable d’une guerre par procuration contre l’Arabie saoudite au Yémen, tentant de déstabiliser les fragiles essais démocratiques de l’Irak, soutenant le group terroriste Hezbollah au Liban, renforçant le dictateur Bachar el Assad en Syrie (qui a tué des millions de ses concitoyens) et plus encore. De la même façon les Iraniens ont tué de nombreux Américains et autres personnes innocentes au Moyen-Orient. L’Iran déclare ouvertement et avec beaucoup de vigueur : « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ». L’Iran est considéré comme le plus grand sponsors du terrorisme.

De l’autre côté, l’Arabie saoudite voudrait bien se retirer du Yémen si les Iraniens acceptaient de partir. Elle offrirait immédiatement l’aide humanitaire qui fait tant défaut. De plus, elle est prête à dépenser des milliards de dollars dans la lutte contre le terrorisme islamique radical.

Après mon voyage âprement négocié en Arabie saoudite l’an dernier, le Royaume a accepté d’investir 450 milliards de dollars aux Etats-Unis. C’est une somme record. Cela va créer des milliers d’emplois, permettre un développement économique énorme, et de la richesse supplémentaire pour les Etats-Unis. Sur ces 450 milliards de dollars, 110 milliards seront alloués à l’achat d’équipement militaire à Boeing, Lockheed Martin, Raytheon et beaucoup d’autres excellents entrepreneurs dans le domaine de la défense américaine. Si nous annulons ces contrats de manière ridicule, la Chine et la Russie seraient les bénéficiaires de ces contrats et très heureux de s’approprier toutes ces nouvelles occasions de faire des affaires. Pour eux, ce serait un cadeau merveilleux de la part des Etats-Unis !

Le crime contre Jamal Khashoggi est mal, un crime que notre pays ne tolère pas. En effet, nous avons pris des mesures fortes à l’encontre de ceux qui ont participé à ce meurtre. Après une investigation indépendante, nous connaissons les détails de ce crime atroce. Nous avons pris des sanctions contre 17 ressortissants d’Arabie saoudite que nous savons impliqués dans le meurtre et la disparition de son corps.

Les représentants de l’Arabie saoudite déclarent que Jamal Khashoggi était un « ennemi de l’Etat » et un membre des Frères Musulmans, mais ma décision n’est en rien fondée sur ces faits, c’est un crime inacceptable et horrible. Nos services secrets continuent d’évaluer toutes les informations, mais il se pourrait bien que le prince héritier ait été au courant de cet évènement tragique – ou peut-être qu’il ne l’était pas !

Cela étant dit, il est possible que nous ne sachions jamais tous les faits qui entourent le meurtre de Jamal Khashoggi. De toute façon, la relation que nous avons est avec l’Arabie saoudite. Elle a été une grande alliée dans notre très importante lutte contre l’Iran. Les Etats-Unis continueront d’apporter leur soutien indéfectible à l’Arabie saoudite afin d’assurer les intérêts de notre pays, d’Israël et de tous les autres partenaires dans la région. Notre objectif primordial est l’élimination complète de la menace terroriste dans le monde !

Je sais qu’il y a des membres du Congrès qui, pour des raisons politiques, préfèrent prendre une direction différente – et ils sont libres de le faire. Je prendrai en considération toute idée qui me sera présentée mais seulement si elle est en ligne avec la sécurité et la sûreté absolue des Etats-Unis. L’Arabie saoudite est le plus gros exportateur de pétrole après les Etats-Unis. Elle a travaillé étroitement avec nous et a été réceptive à ma requête de garder les prix à un niveau raisonnable – ce qui est si important pour le monde. En tant que président des Etats-Unis, je vais m’assurer que dans ce monde si dangereux, l’Amérique poursuive ses intérêts nationaux et je m’opposerai vigoureusement à tous les pays qui veulent nous faire du mal. Ça s’appelle tout simplement l’Amérique d’abord!

**Source : whitehouse.gov

Traduction et Synthèse : Z.E pour France-Irak Actualité

About Ginette Hess Skandrani

écologiste, membre co-fondatrice des verts, anti-colonialiste et solidaire des peuples opprimés du monde arabe, dont les Palestiniens et d'Afrique.