Aller à…
RSS Feed

Syrie : la crise jusqu’à la guerre


France-Irak Actualité : actualités sur l’Irak, le Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak, au Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique. Traduction d’articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne, enquêtes et informations exclusives.


Publié par Gilles Munier sur 6 Mai 2018, 07:01am

Catégories : #Syrie, #Trump, #Macron, #Poutine

Paul Craig Roberts

Par Paul Craig Roberts (revue de presse : dedefensa.org -2/5/18)*

Comme je l’ai écrit il y a deux semaines, le crise syrienne est seulement dans sa phase préliminaire. L’attaque sur des positions de l’armée syrienne la nuit dernière, apparemment une opération US/Israël, est la preuve que la crise continue à se développer.

Il y a quatre causes à cette crise, qui se renforcent mutuellement :

(1) La capacité d’Israël d’utiliser le gouvernement US pour éliminer les ennemis d’Israël au Moyen-Orient qui constituent des obstacles à l’expansion d’Israël. Israël a comme cible la Syrie et l’Iran parce que ces deux gouvernements soutiennent et ravitaillent les milices du Hezbollah au Liban, qui ont à deux reprises repoussé des tentatives d’Israël de s’établir dans le Sud du Liban pour contrôler des réserves d’eau potable.

(2) L’idéologie néoconservatrice d’hégémonie mondiale des USA, qui s’accorde parfaitement avec le programme d’Israël au Moyen-Orient, produit une très forte alliance des néoconservateurs avec Israël.

(3) Les besoins de justification de budgets massifs et de grande puissance en production, pour rencontrer les vœux du complexe militaro-industriel US.

(4) L’incapacité du gouvernement russe de comprendre les trois précédentes causes.

La façon dont le gouvernement russe s’exprime conduit à penser que les Russes croient que les actions militaires de Washington au Moyen-Orient au cours des 17 dernières années, depuis l’invasion américaine de l’Afghanistan qui est une guerre toujours en cours, concernent la lutte contre le terrorisme. Les Russes continuent d’exprimer l’opinion que la Russie et les États-Unis devraient joindre leurs efforts en une lutte commune contre le terrorisme. Apparemment, le gouvernement russe ne semble pas comprendre que le terrorisme est la création de Washington. Les longues guerres avec des résultats défavorables qui ont été les résultats des invasions par Washington de l’Afghanistan et de l’Irak ont conduit Washington à recruter et à former des terroristes pour renverser la Libye et la Syrie. On comprend clairement que Washington ne va pas se battre contre l’arme qu’il a créée pour réaliser son programme.

La confusion du gouvernement russe au sujet de la relation de Washington au terrorisme est la quatrième cause de la crise syrienne en cours. Washington a été pris complètement de court en 2015 par l’intervention surprise de la Russie en Syrie aux côtés du gouvernement syrien contre les “rebelles” djihadistes de Washington. La Russie contrôlait complètement la situation et aurait pu mettre fin à la guerre en 2016. Au lieu de cela, elle a voulu apaiser Washington et montrer un visage raisonnable à l’Europe, et le gouvernement russe a annoncé en mars 2016 une victoire et un retrait prématurés. Cette erreur fut répétée et chaque fois que la Russie fit cette erreur, Washington en profita pour déployer ses propres troupes et aéronefs pour réapprovisionner et regrouper ses mercenaires djihadistes, et pour susciter ou faciliter la participation israélienne, saoudienne, française et britannique aux assauts militaires contre la Syrie. Désormais, le problème est que les troupes américaines sont mêlées aux mercenaires djihadistes, ce qui rend difficile pour l’alliance syro-russe de nettoyer le territoire syrien des envahisseurs étrangers sans tuer des Américains, ce que les Russes et les Syriens ont jusqu’ici évité. Le ministre russe des Affaires étrangères, Lavrov, accuse Washington d’essayer de partager la Syrie mais c’est l’indécision russe qui a conduit à la partition de la Syrie.

L’incapacité du gouvernement russe à comprendre l’alliance américano-israélienne / néoconservatrice et ce que cela signifie pour le Moyen-Orient, ainsi que l’indécision du gouvernement russe à fournir à la Syrie le système de défense antiaérienne S-300, ont permis à la crise de dégénérer avec l’attaque non revendiquée de la nuit dernière [30 avril] sur les positions militaires syriennes avec ce qui semble avoir été des bombes à pénétration profonde, marquant ainsi une escalade dans la violence des attaques.

Les attaques de la nuit dernière ont tué des Iraniens et la prochaine attaque pourrait tuer des militaires russes. À un moment donné, le gouvernement russe devrait arriver à se lasser de ses humiliations permanentes, auquel cas les avions israéliens et américains commenceront à tomber du ciel et les attaques contre les positions “rebelles” feront des victimes américaines.

L’incapacité du gouvernement russe à comprendre que la paix n’est absolument pas le but israélo-américain et qu’il n’y a aucune bonne volonté des États-Unis et d’Israël sur laquelle la Russie puisse compter pour parvenir à un accord de paix en Syrie et au Moyen-Orient signifie que la crise continuera à s’aggraver jusqu’à ce qu’on parvienne à la guerre ouverte.

Paul Craig Roberts a été ministre du Trésor du président Ronald Reagan.

*Source: dedefensa.org

Version originale : paulcraigroberts.org

Vidéo: Hassan Nasrallah : les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite vont-ils attaquer la Syrie ?
Partager cet article

About Ginette Hess Skandrani

écologiste, membre co-fondatrice des verts, anti-colonialiste et solidaire des peuples opprimés du monde arabe, dont les Palestiniens et d'Afrique.