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Une étude montre qu’il y a quatre fois plus de militants islamistes sunnites aujourd’hui qu’en 2001


France-Irak Actualité : actualités sur l’Irak, le Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak, au Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique. Traduction d’articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne, enquêtes et informations exclusives.


Publié par Gilles Munier sur 28 Novembre 2018,

Catégories : #Daech, #Etat islamique, #Irak, #syrie, #iran

Syrie: Drapeau de Jabhat al-Nosra

Par Joseph Fitsanakis (revue de presse : Intelnews.org – 26/11/18)*

Il y a quatre fois plus de militants islamistes sunnites aujourd’hui dans le monde qu’au moment du 11 septembre, et ce en dépit d’une guerre de 20 ans menée par les Etats-Unis et ses alliés, selon un nouveau rapport. Washington a lancé “sa guerre totale contre le terrorisme” au lendemain des attentats du 11 septembre perpétués par Al-Qaïda. Dans les années qui ont suivi, les troupes américaines et occidentales se sont engagées militairement dans une douzaine de pays, y compris en Afghanistan, Syrie, Libye, Yémen, Somalie, Soudan et Philippines. Mais une nouvelle étude menée par l’organisme bipartisan Center for Strategic and International Studies (CSIS) – ndt. Centre d’Etudes Stratégiques et Internationales – montre que les efforts occidentaux pour combattre le militantisme sunnite se sont avérés un échec, et pourraient même avoir accentué le problème. Le rapport publié par le groupe de réflexion estime que le nombre de militants islamistes sunnites est aujourd’hui 270% plus important qu’en 2001, au moment des attentats du 11 septembre.

Le rapport de 70 pages qui porte le nom «L’évolution de la menace djihadiste salafite » est un des rapports les plus complets jamais mené sur ce sujet, se basant sur des informations provenant de bases de données remontant jusqu’à 40 ans en arrière. Il met en avant le fait que malgré une perte territoriale de l’Etat Islamique en Irak et en Syrie, le militantisme armé sunnite est loin d’être « défait ». Selon le rapport du CSIS, le nombre de djihadistes salafites – des partisans de la lutte armée contre ce qu’ils perçoivent comme les ennemis de l’islam – a légèrement baissé par rapport à 2016, mais il reste à son niveau le plus haut sur les 38 dernières années. Il estime qu’il y a aujourd’hui environ 230 000 djihadistes salafites dispersés dans 70 pays. La grande majorité est basée en Syrie (jusqu’à 70 500), Afghanistan (64 000) Pakistan (40 000) et Irak (environ 15 000). On trouve près de 30 000 militants en Afrique, essentiellement en Somalie, au Nigéria et dans la région du Sahel.

Ces combattants, et les groupes au sein desquels ils combattent, sont plus robustes que ce que tendent à penser les stratèges antiterroristes occidentaux, indique le rapport. Ils profitent aussi par inadvertance des échecs de politiques successives mises en place par les Etats-Unis et ses alliés occidentaux. Ces derniers se focalisent essentiellement sur les aspects militaires des campagnes antiterroristes, ignorant l’importance qu’il y a à améliorer la gouvernance dans les territoires dans lesquels l’islamisme sunnite est en vigueur, ajoute le rapport. De ce fait, alors que les Etats-Unis et ses alliés continuent à s’engouffrer dans des « confrontations [militaires] qui paraissent interminables avec des groupes qui se métastasent sans cesse », ils se heurtent à des vagues sans fin de militants qui parviennent à résister de mieux en mieux à la force militaire conventionnelle occidentale.

Le rapport du CSIS (en anglais) est disponible en ligne en PDF en cliquant ici.

*Source : Intelnews.org

Traduction et Synthèse : Z.E pour France-Irak-Actualité

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About Ginette Hess Skandrani

écologiste, membre co-fondatrice des verts, anti-colonialiste et solidaire des peuples opprimés du monde arabe, dont les Palestiniens et d'Afrique.