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able ronde : Quel bilan Mahmoud Abbas peut-il présenter ?


TPublié par Gilles Munier sur 21 Janvier 2023, 09:12am

Catégories : #Palestine

Dessin : Carlos Latuff

Par Tariq Kenney-Shawa, Tareq Baconi, Alaa Hawari, Alaa Tartir, Yara Hawari (revue de presse : Chronique de Palestine – 11/1/23)*

Le chef de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas, est l’un des plus anciens dirigeants au monde, et alors que sa présidence dépasse cette année son mandat d’élu de 14 années, les analystes politiques d’Al-Shabaka réfléchissent à son héritage.

En plus d’avoir orchestré les accords d’Oslo de 1993, qui ont réduit le mouvement de libération palestinien à un projet national au sein de la Cisjordanie et de la bande de Gaza occupées, Abbas a réduit l’économie palestinienne à la dépendance de l’aide des donateurs et a enfoncé les institutions sécuritaires dans la collaboration avec le régime israélien.

De nombreux Palestiniens se souviendront donc certainement de Mahmoud Abbas comme du dirigeant qui a pérénisé leur réalité sous l’occupation israélienne.

Dans cette table ronde, Tareq Baconi, Yara Hawari, Alaa Tartir et Tariq Kenney-Shawa formulent des critiques incisives du leadership palestinien. Ensemble, ils montrent clairement qu’Abbas a présidé à la poursuite du statu quo de l’occupation et de l’apartheid israéliens, à la criminalisation de la résistance palestinienne, à la suppression de tout processus démocratique et à l’abandon d’une vision globale pour un avenir palestinien décolonisé.

Une direction sans vision de la libération

Tareq Baconi

Au début du mois de juin 2022, Mahmoud Abbas a fait une rare apparition dans les rues de Ramallah et s’est mêlé aux passants pour dissiper les rumeurs sur une attaque cérébrale.

Si ce type d’apparition avait été plus fréquent, motivé non pas par la nécessité de prouver sa longévité mais par le désir d’entrer en contact avec son peuple, Mahmoud Abbas aurait peut-être réalisé le ressentiment et le désespoir que les Palestiniens éprouvent à l’égard de son leadership autoritaire et moribond, qui a maintenant dépassé de plus d’une décennie son mandat démocratique.

Personnage clé des coulisses des accords d’Oslo, Abbas laissera le souvenir d’un bureaucrate qui a soutenu l’architecture de l’autonomie instaurée par ces négociations – une forme de gouvernance limitée qui n’est jamais parvenu à l’autodétermination ou au statut d’État.

Dépourvu de vision de la libération et de capacités stratégiques, Abbas a excellé à exaucer le souhait du régime israélien d’un maintien du statu quo en restant attaché à une vaste infrastructure de collaboration répressive – empêchant toute forme de résistance palestinienne à la domination ininterrompue d’Israël – et en appliquant les politiques israéliennes de division et de domination entre les factions palestiniennes en Cisjordanie et à Gaza.

Pour ses homologues occidentaux, Abbas est souvent décrit comme un homme de paix, une figure qui choisit la stabilité plutôt que la résistance, et un acteur actif dans une « industrie de la paix » qui, de l’avis général, vise à maintenir l’assujettissement des Palestiniens plutôt qu’à les doter d’un État.

Pour de nombreux Palestiniens, son idée de la paix se traduit par l’acceptation de l’apartheid colonial israélien de peuplement. Abbas a institutionnalisé cette vision dans les institutions mêmes qu’il préside.

En effet, sous son mandat, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a été vidée de sa substance et transformée en une organisation insignifiante. Cela a non seulement affaibli la capacité de cet unique représentant du peuple palestinien à formuler une stratégie efficace de libération, mais a également fragmenté davantage le peuple palestinien.

En faisant de l’OLP une des pièces de la bureaucratie de l’AP, Abbas a de fait exclu la diaspora palestinienne, qui forme la majorité du peuple palestinien, et a réduit cette représentation étendue et puissante du peuple palestinien à une bureaucratie inefficace et divisée en Cisjordanie et à Gaza, et engagée dans l’auto-gouvernance sous l’occupation.

L’ineptie de la direction d’Abbas a non seulement sapé la quête palestinienne pour la libération, mais aussi étendu et renforcé le régime autoritaire, détruisant toutes les normes démocratiques.

Son remplaçant, dont on s’attend à ce qu’il soit Hussein al-Sheikh, secrétaire général du comité exécutif de l’OLP, est susceptible de renforcer la soumission des Palestiniens au régime israélien en étendant le système de coordination répressive qui reste cher à Abbas et qui est au cœur des accords d’Oslo.

Al-Sheikh tentera probablement d’inscrire ces politiques dans un discours de défi, de résistance et de défense des droits des Palestiniens, à l’instar de son prédécesseur. S’il commence à s’aventurer dans les rues en quittant un moment ses bureaux, il apprendra rapidement combien ses mots sonnent creux.

L’ascension attendue d’al-Sheikh à la succession résume l’héritage d’Abbas : la mise en place et le maintien d’une bureaucratie de la gouvernance palestinienne qui n’a aucune vision de la libération palestinienne, et qui permet au système d’apartheid d’Israël de se poursuivre à peu de frais.

Cimenter l’autoritarisme et détruire la démocratie

Yara Hawari

Tout au long de son règne, Abbas a multiplié les appels trompeurs à la tenue d’élections, dont le dernier remonte à janvier 2021, lorsqu’il a publié un décret présidentiel appelant à la tenue d’élections législatives au mois de mai suivant.

Si l’AP a pris des mesures indiquant que les élections pourraient effectivement avoir lieu – allant jusqu’à mettre en place un système d’inscription en ligne des électeurs – Abbas les a finalement annulées en avril 2021, invoquant le refus du régime israélien de permettre aux Palestiniens de Jérusalem-Est de participer au vote.

L’AP n’avait jamais été aussi près d’organiser des élections depuis 2006, et ce geste a temporairement satisfait la communauté internationale, qui souhaitait que des mesures soient prises pour démocratiser l’AP, un organisme qu’elle soutient à bout de bras depuis trois décennies.

Néanmoins, pour les Palestiniens, l’exigence par la communauté internationale d’une démocratisation reste empreinte de doutes, étant donné son rejet des résultats des élections palestiniennes démocratiques de 2006 et son indifférence manifestée face au siège de Gaza imposé par la suite par le régime israélien.

En outre, la réduction par l’Occident d’une société démocratique à la simple tenue d’élections démontre son manque de sincérité. Si les élections peuvent être le produit d’un processus et d’une culture démocratiques significatifs, elles peuvent néanmoins avoir lieu dans un cadre où d’autres éléments clés d’une démocratie font défaut ou sont totalement absents, et elles servent alors plutôt à renforcer le statu quo.

C’est le cas en Cisjordanie et à Gaza, où toute élection se traduirait inévitablement par le maintien des structures de pouvoir existantes ou par la reproduction pure et simple d’un autre leadership autoritaire.

En effet, une compréhension plus globale de la démocratie reconnaît que les élections doivent faire partie d’un ensemble dans lequel la démocratie existe dans toute la société et où la pluralité politique est acceptée et encouragée.

C’est loin d’être le cas au sein des institutions politiques palestiniennes en Cisjordanie, où Abbas a cimenté un système qui tourne autour de sa personne avec peu de place pour la responsabilité ou la transparence.

Les postes de haut niveau sont attribués sur la base du clientélisme et du népotisme, formant une chambre d’écho – exclusivement masculine – qui reprend en cœur les positions du président.

En outre, Abbas a fusionné les trois branches du gouvernement – le législatif, l’exécutif et le judiciaire – de sorte qu’il n’existe aucune séparation ou contrôle du pouvoir au sein des institutions politiques palestiniennes. Son dernier geste à cet égard a été de créer un Haut Conseil judiciaire et de se nommer lui-même à sa tête…

Pendant ce temps, les voix critiques sont reléguées à la marge, les journalistes et les militants étant régulièrement arrêtés et menacés pour avoir critiqué Abbas dans les médias et sur les plateformes de médias sociaux.

À Ramallah, la capitale de facto de l’AP, des photos d’Abbas dominent les employés des bâtiments gouvernementaux et les élèves des écoles ; elles ornent même les murs des entreprises privées. Il ne faut cependant pas confondre cela avec une quelconque popularité, car un sondage réalisé en septembre 2022 a révélé qu’au moins 74 % des Palestiniens ne souhaitaient pas qu’Abbas reste président.

En outre, son cercle intime est continuellement contraint d’organiser des conférences de presse ou des apparitions publiques comme s’il fallait prouver qu’Abbas est encore en vie pour faire taire les rumeurs sur sa mort.

À cet égard, il est en passe de se conformer au moule de la quintessence du dirigeant despotique arabe.

Ce type de régime autoritaire est directement issu du régime israélien, qui, en plus de soutenir l’AP, a également imposé de manière active et constante des mesures répressives contre la politique et les expressions démocratiques palestiniennes.

En effet, une direction palestinienne autoritaire et docile sert parfaitement les objectifs du régime israélien. Pourtant, l’autoritarisme n’est ni inhérent au peuple palestinien ni le résultat inévitable de la domination coloniale.

Abbas peut laisser un héritage d’autoritarisme bien ancré, mais le peuple palestinien a lui aussi son propre héritage : la résistance et le défi, contre vents et marées.

Criminaliser la résistance et renforcer la sécurisation

Alaa Tartir

Sous Abbas, l’AP a trouvé le moyen d’approfondir davantage sa coordination sécuritaire avec le régime israélien, ancrant d’une main de fer une politique institutionnelle de gouvernement.

En effet, au cours de la dernière décennie, l’establishment de la sécurité de l’AP a plus que jamais renforcé son pouvoir et a reçu la plus grande partie de son budget, lui permettant ainsi de consolider son régime autoritaire et répressif sur le peuple palestinien.

En conséquence, une transition politique participative, inclusive et démocratique continue d’être écartée, et la résistance palestinienne à l’oppression israélienne – armée et autre – est continuellement réprimée afin de donner la priorité à la sécurité et à la perpétuation du statu quo.

Ces pratiques se sont inflitrées partout sous Abbas et font partie intégrante de l’architecture de la gouvernance en Cisjordanie et à Gaza. En conséquence, il est plus que probable que l’autoritarisme structurel se poursuive après la fin de son règne.

En effet, après Abbas, une nouvelle direction du Fatah ne sera ni intéressée ni capable de dévier des pratiques profondément enracinées de l’AP au cours des dernières décennies.

Le successeur possible d’Abbas, Hussein al-Sheikh, supervise actuellement la coordination de la sécurité avec le régime israélien – un arrangement qu’Abbas a qualifié de « sacré » – et ne montre aucun signe d’altération des relations de l’AP avec lui.

Tant que cet arrangement est en place, servant les intérêts du régime israélien et de l’élite palestinienne au pouvoir, l’espoir d’un changement démocratique reste inaccessible.

D’autres hauts responsables du Fatah et de l’establishment de la sécurité de l’Autorité palestinienne décrivent la coordination répressive comme une « voie vers l’indépendance » et comme « une partie intégrante de la stratégie de libération ».

Pourtant, dans la réalité du colonialisme de peuplement, la coordination ne peut être comprise que comme domination. Il n’est donc pas étonnant que la grande majorité du peuple palestinien rejette la coordination sécuritaire ; ils le comprennent à juste raison comme une strate supplémentaire de déni de leurs droits humains, civils et politiques fondamentaux.

L’élite dirigeante ne cherche rien de moins que le maintien de l’AP afin de préserver son pouvoir et son influence illégitimes, au mépris total de la volonté du peuple palestinien. Après Abbas, l’autoritarisme continuera donc d’être justifié sous prétexte d’assurer la stabilité et d’empêcher le chaos.

Cette réalité n’est pas nouvelle pour les Palestiniens qui l’ont vécue avec chacun des mandats successifs et antidémocratiques d’Abbas au cours des 14 dernières années.

De cette manière, son héritage le plus durable sera la continuation du statu quo autoritaire qu’il a créé – celui qui refuse délibérément de mettre le peuple au centre du projet politique en construisant des institutions responsables, légitimes, démocratiques et représentatives.

Mettre le peuple palestinien au centre et garantir son droit de résister sous l’occupation coloniale, ainsi que lui donner les moyens de s’unifier dans le cadre d’un projet national malgré la fragmentation forcée, sont les piliers essentiels pour rompre avec le statu quo.

Cependant, grâce à Abbas, toute « nouvelle » direction de l’AP après son départ percevra ces piliers comme des menaces à son régime autoritaire, et utilisera donc toutes les ressources et voies disponibles pour les nier et les réprimer.

En d’autres termes, ces piliers ne sont pas temporaires ou circonstanciels au règne d’Abbas ; son héritage sera plutôt leur répression continue dans le cadre d’une composante stratégique et fondamentale de la gouvernance, laissant les Palestiniens de plus en plus en désaccord avec leur leadership.

Un leader au service de la dépendance

Tariq Kenney-Shawa

En tant que président de l’AP, Abbas a présidé à l’enracinement de l’occupation et de l’apartheid israéliens, à l’aggravation de la corruption interne et à la mort effective de la solution à deux États.

Cependant, malgré son incompétence, il serait inexact de blâmer entièrement Abbas pour la situation désastreuse dans laquelle se trouvent les Palestiniens. Cela lui donnerait même trop de reconnaissance.

On peut dire que tout dirigeant qui dépend entièrement de l’aide étrangère et qui n’a pas le contrôle de ses propres frontières est voué à l’échec.

C’est à travers le prisme de la dépendance que l’héritage d’Abbas doit être compris. Dans sa quête de plus en plus paranoïaque pour maintenir le pouvoir au sein des bantoustans fragmentés qui lui sont attribués par le régime israélien, Abbas est resté fidèle au « processus de paix » parrainé par les États-Unis.

Il a espéré que, grâce aux négociations et à l’apaisement, il gagnerait la confiance des dirigeants israéliens et de leurs partisans américains ; la survie de son parti et sa vision politique continuent d’en dépendre.

Ce faisant, ses forces ont réduit au silence tous ceux qui ont osé proposer des visions alternatives, ont réprimé la société civile palestinienne et ont finalement servi de sous-traitants de l’occupation israélienne.

Même dans ses rares tentatives pour tenir tête au régime israélien et à ses bienfaiteurs américains, par exemple en promouvant l’adhésion de la Palestine à l’ONU et en menaçant de faire pression pour des enquêtes sur les crimes de guerre israéliens à la Cour pénale internationale, Abbas a hésité à plusieurs reprises face aux pressions israéliennes et américaines.

Ses dernières tentatives pour montrer son irritation face à l’intransigeance américaine apparaissent comme des affres de plus en plus désespérées.

Pendant ce temps, ses éclats inintelligibles ont empêché la diaspora palestinienne de traduire le soutien international croissant aux Palestiniens en un véritable changement de politique.

Nul ne sait ce qui se passera après Abbas, ni ce qu’il adviendra d’un leadership qui n’a ni mandat ni vision d’un avenir libéré. Et sans processus officiel pour les élections, les manoeuvres pour assurer son remplacement sont en marche.

Le candidat actuel le plus susceptible de lui succéder, Hussein al-Sheikh, représenterait une continuation de l’héritage lamentable d’Abbas, mais beaucoup craignent également une nouvelle répression politique par les forces d’occupation israéliennes.

Indifféremment de qui succède à Abbas, les États-Unis apprécieront probablement l’opportunité de renforcer symboliquement leurs relations avec l’AP dans ce qui sera présenté comme un effort pour relancer la solution à deux États et maintenir le statu quo, fondé sur la priorité accordée aux intérêts d’Israël par rapport aux droits des Palestiniens.

En effet, les États-Unis réitéreront leur soutien à une Autorité palestinienne capable de maintenir la stabilité interne, même si elle n’est pas assez forte pour défier le régime israélien.

Les États-Unis pourraient même augmenter leur soutien financier à l’Autorité palestinienne en signe de bonne volonté et en incitant à une coopération plus poussée.

À la lumière du nouveau gouvernement extrémiste d’extrême-droite du régime israélien, l’approche américaine continuera d’être celle de la « gestion des conflits » et du maintien de la sécurité, pendant qu’Israël resserre son emprise sur les Palestiniens.

En vérité, peu importe qui émergera à la tête de l’AP. La nature même de ses relations avec le régime israélien et les États-Unis est ce qui assure sa perte.

Tant que les dirigeants palestiniens resteront impliqués dans la dépendance et soumis au régime israélien et à la communauté des donateurs, ils ne chercheront jamais la libération et le peuple palestinien continuera à prendre en main la résistance.

Tareq Baconi est analyste politique aux États-Unis pour le réseaual-Shabaka : The Palestinian Policy Network. Son livre, Hamas Contained [The Rise and Pacification of Palestinian Resistance] a été publié par Stanford University Press. Les écrits de Tareq ont été publiés dans la London Review of Books, la New York Review of Books, le Washington Post, entre autres, et il est un commentateur régulier dans les médias régionaux et internationaux. Il est l’éditeur de critiques de livres pour le Journal of Palestine Studies. Son compte Twitter.

Yara Hawari est Senior Palestine Policy Fellow d’Al-Shabaka. Elle a obtenu son doctorat en politique du Moyen-Orient à l’Université d’Exeter, où elle a enseigné en premier cycle et est chercheur honoraire.
En plus de son travail universitaire axé sur les études autochtones et l’histoire orale, elle est également une commentatrice politique écrivant régulièrement pour divers médias, notamment The Guardian, Foreign Policy et Al Jazeera.
Son compte twitter.

Alaa Tartir est directeur de programme d’al-Shabaka : The Palestinian Policy Network, chercheur associé au Centre sur les conflits, le développement et la consolidation de la paix, et chercheur invité au département d’anthropologie et de sociologie de l’Institut de hautes études en études internationales et du développement (IHEID), à Genève, en Suisse. Consultez son site Internet et il peut être suivi sur Twitter @alaatartir.

Tariq Kenney-Shawa est boursier d’Al-Shabaka pour la politique américaine. Il est titulaire d’une maîtrise en affaires internationales de l’université de Columbia et d’une licence en sciences politiques et études du Moyen-Orient de l’université Rutgers.

Les recherches de Tariq se sont concentrées sur une série de sujets, allant du rôle de la narration dans la perpétuation et la résistance à l’occupation à l’analyse des stratégies de libération palestinienne. Ses travaux ont été publiés dans +972 Magazine, Newlines Magazine, le Carnegie Council et le New Politics Journal, entre autres. Suivez Tariq sur Twitter et visitez son site Web pour découvrir d’autres de ses écrits et photographies.

*Source et Traduction : ISM France & Chronique de Palestine – MR & Lotfallah

Version originale : 9 décembre 2023 – Al-Shabaka

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