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Aveu de faiblesse… Syrie : Londres n’exclut pas une défaite des opposants


Par le fameux  Georges Malbrunot

 

Comme le Russe Lavrov, les Britanniques ne croient plus à la défaite de Bachar al-Assad.

 

Quitte à froisser certains de ses partenaires, résolus à envoyer Bachar al-Assad devant la justice internationale, David Cameron se déclare d’accord pour une sortie en toute sécurité pour le raïs syrien.

 

« Certainement, je ne lui offre pas un plan de sortie en Grande-Bretagne, mais s’il veut partir, il pourrait partir, cela pourrait être arrangé », affirme le Premier ministre britannique dans un entretien à la chaîne à capitaux saoudiens al-Arabya. Cameron se dit « favorable à tout pour voir cet homme quitter le pays et avoir une transition sûre en Syrie ».

 

La France, de son côté, veut pouvoir juger Assad et ses hommes pour « les crimes contre l’humanité » qu’ils sont accusés d’avoir commis ou laissés perpétrer.

 

En fait, les responsables britanniques sont pessimistes sur la situation en Syrie. John Wilks, Monsieur Syrie au Foreign office, ne l’a pas caché récemment devant certains opposants.

 

« Préparez-vous, leur a-t-il dit, à toutes les éventualités, y compris celle d’une nouvelle Intifada chaabanyah », c’est-à-dire une défaite des rebelles syriens, comme celle des opposants chiites et Kurdes à Saddam Hussein en Irak en 1991. Après avoir lancé leur insurrection et pris le contrôle de 13 des 16 provinces d’Irak, ils avaient dû finalement battre en retraite, et attendre encore douze ans, avant de voir chuter le dictateur à Bagdad.

 

Plusieurs éléments motivent le pessimisme de M. Wilks, excellent arabisant et fin connaisseur de la Syrie : la dispersion des insurgés, l’anarchie qui règne à travers le pays, et l’absence de programme de l’opposition. Selon lui, « la révolution attire moins les gens maintenant ».

 

Quelques jours plus tôt, en recevant une délégation d’opposants syriens à Londres, M. Wilks n’avait pas caché son irritation. « Cessez de réclamer encore et toujours une intervention extérieure, il n’y en aura pas, nous vous l’avons dit à maintes et maintes reprises », a martelé le diplomate britannique, priant ses hôtes de s’unir au plus tôt pour préparer l’après-Assad.

 

Blog de Georges Malbrunot, L’Orient indiscret)