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Ceci n’est pas une pétition… c’est un poème.


Par Philippe Tancelin

Ceci n’est pas une pétition mais… le rendez-vous pris contre les mots
mutiques…
Ceci n’est pas une pétition à laquelle souscrire…Ceci est le risque de me tromper au prix de ne pas l’être par le taire des « UNE » médiatiques autant que « médiapartisane ».

Oui assurément, il faut arrêter le massacre de la Syrie, mais dans un sens plus large,plus entier que ne le professe l’hypocrisie bien pensante.

Le massacre syrien est le même que celui de tous ces pays sous régimes dictatoriaux, contre lesquels les puissances de la coalition d’Occident ont rétabli l’ordre de leurs intérêts économiques et idéologiques au prix de tous les obscurantismes et au nom de leur conception  mondialiste de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Il ne saurait y avoir d’un côté des « massacres » commis par des pouvoirs autoritaires et de l’autre ceux qu’il faudrait tuer (l’armée syrienne) grâce à l’intervention des forces »éclairées de l’occident libérateur ».

De fait, si leur circulation n’était occultée par les groupes les plus puissants de la presse libérale, les informations qui pourraient nous
parvenir sur les événements en Syrie seraient très diverses, souvent contradictoires selon les sources…
Alors si nous savions les entendre, les mettre en rapport d’analyses d’intelligence, sans doute, beaucoup d’entre les bonnes consciences d’occident ne céderaient pas à la manipulation du libéralisme au grand coeur…
Avant comme après la seconde guerre mondiale, lorsque l’information était restreinte au regard de ce qu’elle est aujourd’hui avec internet… nombreux se sont demandés comment des femmes, des hommes de bonne volonté, avertis, n’avaient pas su entendre et deviner ce qui s’était passé durant six années de conflit…

Aujourd’hui encore il est de bonne conscience de s’étonner quand ce n’est pas de railler ceux qui étaient demeurés silencieux et sans réaction…

Dans la brousse des nouvelles qui nous assaillent, comment demain pourra-t-on justifier face à nos enfants, que nous avons choisi, répercuté la voix unique du libéralisme occidental et soutenu la destruction de l’Orient laïque sous le prétexte de
se solidariser avec les justes luttes de peuples aspirant à plus de démocratie, sans vouloir réaliser quels étaient les enjeux politiques, stratégiques, économiques,idéologiques, religieux d’un tel soutien, d’une pareille collaboration avec les forces réactionnaires.
Avant hier, l’Irak, hier la Libye, aujourd’hui la Syrie, demain peut-être le Liban,l’Iran… la coalition du « monde libre » écrit le même scénario de déstabilisation des régimes dits » autoritaires » puis la capture des rébellions populaires que ces déstabilisations ont produites, pour aboutir à l’instauration de nouveaux régimes à la solde de la
mondialisation de l’esclavage, de la mise en déchetterie des pauvres, des humbles.
Quand cessera-t-on de jouer les candides?

 Combien de temps encore va-t-on feindre qu’il n’y aurait qu’un versant de réalité, celui d’une vérité toute prononcée avant même le moindre exercice de qui la fonde?
N’est-il pas l’heure d’arrêter le massacre de la démocratie par sa modélisation à l’échelle planétaire, par une exportation en prêt à porter du bonheur et de l’émancipation des peuples qui favorise de fait la construction de réflexes identitaires communautaristes et obscurantistes ?
N’est-il pas l’heure d’arrêter le massacre de nos lucidités sur nos propres horizons ?
Ne faut-il pas dénoncer l’illusion entretenue à dessein que ces répétitions de vols organisés des luttes internationales et leur détournement, ne cherchent à atteindre que l’autre… au loin de notre culture, de nos croyances, de nos valeurs de civilisation,
alors que c’est au sein de nos démocraties séculaires, qu’une coalition de tueurs de liberté fourbit les armes contre ses propres peuples et les met sous servage de l’économie de « crises », en leur faisant perdre leurs droits et acquis de hautes luttesantérieures.
Les scénarii de fragilisation et de rapt des résistances sont les mêmes à l’encontre des peuples du Moyen-Orient et du tiers-monde qu’à l’encontre des tiers-exclus du monde des nantis.
Ne faut-il pas prendre le risque à venir, et je le prends, de se tromper plutôt que celui d’attendre de l’être?

Est-il juste de n’entendre que les manipulateurs de révolutions via
internet, les fossoyeurs de nos consciences, les porte-parole de la voix de leurs maîtres, voix d’une seule voie de la pensée unique?
Aujourd’hui une pensée « poéthique », une expression de l’intériorité profonde des souffrants, des mal-traités, des exclus de notre monde, une insurrection des forces de vie et de joie pour une existence possiblement autre, peut l’emporter contre le vol, la capture manifeste de la parole plurielle.
Nous ne participerons à aucune manifestation de soutien aux guerres qui menacent d’être déclenchées au nom d’une démocratie dévoyée. Par notre questionnement, nous dénoncerons sans relâche les collaborateurs en tout genre d’une pensée qui mange à la table du jugement entre les bons et les mauvais morts, les « massacrés » et « les
justement tués ».
Nous ne sommes pas tristes, car à chaque émeute, des peuples s’inventent, avancent des perspectives de « devenir ensemble » selon l’éthique du poème de résister.
Chaque fois que l’information nous sépare de l’écriture du sens profond de notre existence, nous créons l’histoire en franchissant l’étape d’une Révolution pour retrouver cette idée toujours inaboutie de nous-mêmes et vivre libre en ce qu’implique de vivre aimant contre la falsification et le mensonge.
Philippe Tancelin
Poète-philosophe
9 février 2012