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Changement de situation à Alep mais la guerre risque encore d’être longue.


Changement de situation à Alep mais la guerre risque encore d’être longue.
Monday, February 23, 2015

Conclusion que l’on peut faire à partir de cette analyse militaire de la situation en Syrie :

Le problème pour Damas et ses alliés est que l’argent des pétromonarchies et la masse de jeunes Arabes et non arabes lumpenisés, sans avenir, sans argent et sans espoir partout dans le monde donne aux adversaires de la Syrie un vivier de recrues quasiment illimité alors que ce n’est plus le cas sur le long terme pour la Syrie …qui, dans ce contexte, n’aura pas d’autre solution (si la pression diplomatique (et économique ! Turkstream !) de ses alliés sur la Turquie, la Jordanie et les pétromonarchies ne suffit pas) que de soutenir une révolution en Saoudie et chez les voisins, ou peut-être aussi en Turquie (en plus de l’aide aux Kurdes du PKK), et/ou de faire appel à des masses de brigades internationales, interarabes ou interislamiques, de soutien à l’armée syrienne.

D’où l’importance pour Damas des mouvements de rébellion au Yémen, à Bahrein, au El Hasa saoudien, mais cela reste encore trop largement chiite, un basculement n’étant possible qu’ave leur élargissement aux autres mécontents du Royaume des ténèbres, dans le Hedjaz en particulier.

BD

Comment l’armée arabe syrienne a pu encercler la ville d’Alep

IRIB-l’armée syrienne a accompli l’encerclement de la ville,
en prenant au nord-est de la cité, les derniers bastions terroristes et en déverrouillant préalablement l’étau des villes chiites encerclées auparavant par les terroristes, Nobel et Az-Zahra.

AlepA partir de 2012, il y avait à Alep, plus de 2500 militants, surtout des groupes islamistes parmi lesquels, la plus combative était « Jabhat Al-Nusra ». Il y a un an, « Al-Nusra » s’est scindé, grosso modo, en trois parties égales. Une partie est devenue l’Etat islamique, la seconde est restée fidèle à son chef, Al-Djulani. Le reste de « Nusra » est restée neutre par rapport aux affrontements entre les deux factions, et continue la guerre comme si de rien n’était. La plupart de ces neutres et concentrée à Alep.

L’encerclement d’Alep n’a rien changé dans la situation opérationnelle. La libération de cette métropole est encore lointaine. Les régions de l’Est, où les islamistes takfiri se sont retranchés, sont densément peuplées, bien fournies, et les voies d’approvisionnement ne peuvant être coupées sinon, des dizaines de milliers de personnes innocentes seront condamnés à mourir de faim. L’intensité des combats dans la ville a été faible pendant longtemps. Les stocks d’armes et des munitions des combattants islamistes sont suffisants pour supporter un long siège.

L’armée a une tâche extrêmement difficile, celle d’éliminer un très grand nombre des combattants qui ne veulent pas se rendre et qui ne donnent pas aux civils la possibilité de quitter les zones occupées de la ville. Un problème similaire dans les zones périphériques de Damas, désertées par la population, mais où l’armée syrienne commence plus ou moins à résoudre le problème depuis près de deux ans. A Alep, la tâche s’annonce encore plus difficile.

L’armée a une autre limite. Elle ne peut aller de l’avant sans prendre en compte le risque de nombreuses pertes. Le nombre de militaires de l’armée syrienne est assez grand mais le potentiel de mobilisation dans les zones syriennes sous contrôle gouvernemental est proche de l’épuisement. Il y a eu une très grande érosion de la population et ceci a sapé l’économie. Il y a assez de volontaires pour s’engager dans l’armée mais, il n’est pas possible de continuer d’augmenter le nombre des militaires. Sinon, la situation économique peut s’effondrer définitivement.

À la suite de quoi, depuis 2013, l’armée a procédé par la tactique du dépeçage, point par point, et des actions en petits groupes avec l’extrême respect de la vie de ses soldats. Ce qui, en général, est très inhabituel dans la tradition militaire arabe. L’armée syrienne a réussi au cours des deux dernières années à obtenir une très grande expérience d’interaction entre les différentes branches militaires dans les batailles urbaines. Aujourd’hui, cette armée est probablement la meilleure dans le monde dans ce genre de combat. L’efficacité de l’armée est couplée de plus avec une réduction considérable du nombre de ses pertes. Un soldat syrien qui périt, c’est une dizaine des combattants adverses éliminés.

Cependant, on peut noter une autre facette dans cette tactique: les opérations militaires nécessitent du temps. Le nettoyage dans des zones urbaines denses, quelques kilomètres carrés peuvent prendre des mois d’opérations quotidiennes. Par conséquent, il est trop tôt de parler de la fin imminente des combats à Alep.

Alatoli Nesmiane, alias El-Murid, analyste militaire et blogueur.

Son blog: el-murid.livejournal.com