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Chemin de Damas : Frédéric Pons dénonce l’ »intox » sur la Syrie !, par Louis Denghie



Chemin de Damas : Frédéric Pons dénonce l’"intox" sur la Syrie !, par Louis Denghien
A son niveau, on peut presque parler de «repentance» :

dans la dernière livraison de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, Frédéric Pons, que nous épinglions sévèrement quelques jours pour un précédent texte (voir notre article «Le cynisme et les mensonges de Frédéric Pons, mis en ligne le 12 octobre 2012), signe sur deux pages un article intitulé (en gros caractères) «Intox sur la Syrie», où l’on retrouve (rare et troublante sensation) maints arguments développés sur Infosyrie, depuis des mois.

Pons commence par dire qu’à la guerre sur le terrain se superpose une guerre de la communication, s’appuyant sur des «lobbies» et agissant par les «rumeurs, désinformation, intoxication», sur les médias internationaux, en l’occurrence «généralement plus sympathiques, à l’égard des insurgés et beaucoup plus durs pour le gouvernement de Bachar al-Assad« . Oui, cher M. Pons, «généralement».

Cet évident préambule posé, le responsable du service Étranger de V.A. s’emploie, en quelques exemples précis, à illustrer cette intox, qui bénéficie à l’opposition syrienne et à ses alliés occidentaux. Pons revient donc sur la mort à Homs, le 11 janvier dernier, du journaliste français Gilles Jacquier, rappelant que très vite l’enquête judiciaire a établi que Jacquier avait ét2 tué par un obus rebelle et non gouvernemental, comme le prétendait le CNS et ses relais médiatiques français, soulignant que ces mêmes médias (français) ont, jusqu’au bout, refusé ou répugné à admettre la vérité «comme si c’était un sacrilège«. Et Pons d’établir un parallèle avec les faux charniers de Ceaucescu, à Timisoara, en 1989.

Ensuite, Pons passe à l’affaire des propos déformés du vice-premier ministre syrien Qadri Jamil, lors de la visite de celui-ci, à Moscou, le 11 juin : répondant à une question sur un possible départ de Bachar, Qadri Jamil avait dit que le gouvernement syrien était prêt, dans le cadre d’un processus de négociation parrainé par les Nations-Unies, à «étudier toutes les questions» et «même cette question« . Rien de plus. Mais le lendemain, souligne Frédéric Pons, tous les médias d’Occident faisaient leurs gros titres avec ce bout de déclaration, sortie du reste du propos. En fait, un peu plus tard, on s’apercevait que «la traduction de ces propos n’était pas exactement celle qu’espéraient certains, notamment ceux qui en avaient travesti le sens pour porter atteinte au moral des rares soutiens au régime syrien». Évidemment, ces «certains» ont dû déchanter, dans les 24 heures.

Troisième cas flagrant de désinformation et de «francs mensonges» – Pons préfère parler d’»emballements médiatiques» – les attentats et crimes attribués généreusement et immédiatement au gouvernement syrien et à son armée. Pons évoque le double attentat à la voiture piégée du 10 mai dernier à Damas (55 morts et 372 blessés), que l’opposition syrienne et les médias français attribuent d’une seule voix au régime. Jusqu’à ce que, le jour même, le dit attentat soit revendiqué, vidéo à l’appui, par le Front al-Nosra, groupe djihadiste proche d’Al-Qaïda. Pons note que cette revendication ne fait que confirmer ce que l’opposition cachait et nos médias minimisaient, à savoir la présence de djihadistes dans l’insurrection.

Mais Frédéric Pons va plus loin, et à rebours de la vulgate journalistique toujours en vigueur sur l’affaire, en reconnaissant que la fameuse – et affreuse – tuerie de Houla-Taldo, le 25 mai, qui fit une centaine de victimes civiles (dont 49 enfants), sauvagement massacrés à l’arme blanche ou par balles tirées à bout portant, a bien été commise par des bandes insurgées (Pons rappelle à ce sujet les conclusions d’une enquête du quotidien allemand «de référence» Frankfurter Allgemeine Zeitung), les victimes étant essentiellement des Chiites et des Alaouites. Mais comme le dit pudiquement notre journaliste, «cette version des faits a été très peu reprise, dans la presse internationale».

Frédéric Pons termine avec la rumeur, courant le 17 août les rédactions de France et d’Occident, sur la «défection» du vice-Président syrien, Farouk al-Chaareh, rumeur devenue, aussitôt, vérité révélée et ne souffrant aucune contestation. Jusqu’à ce que, une semaine plus tard, le même Farouk al-Chaareh fasse une réapparition publique et officielle.

Pourquoi tant de mensonges et de falsifications au pays de Beaumarchais et de Zola ? Pons incrimine un certain «conformisme intellectuel« . C’est vrai, mais ce n’est qu’une partie de la vérité : il y a dans la média-sphère hexagonale, et à propos de la Syrie, des hommes et des tendances acquis, par conviction ou corruption, aux visions américaine, atlantiste, israélienne ou qatari des choses. Pons, qui demeure, jusqu’à la moelle, un atlantiste, se contente, prudemment, de mettre en cause des «conseillers» et des «réseaux» liés à la Turquie, au Qatar et à l’Arabie saoudite.

Cela dit, ne mégotons pas sur l’effort de vérité accompli sur deux pages par Frédéric Pons qui a lui aussi relayé longtemps tout ou partie de cette désinformation. On lui demandera juste encore de faire preuve d’un minimum de cohérence. Dans son édito de la semaine précédente, le même Frédéric Pons se félicitait sans pudeur d’une possible entrée en guerre de la Turquie contre son voisin,  selon les modalités d’un «plan turco-sunnite (qui pourrait) résoudre bien des problèmes qui se posent à la communauté internationale sur ce dossier« . Pons a un fil à la patte, qui est tenu par l’OTAN. On ne peut donc pas tout lui demander, puisqu’il vient de faire déjà beaucoup.

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Une réponse “Chemin de Damas : Frédéric Pons dénonce l’ »intox » sur la Syrie !, par Louis Denghie”

  1. Francenaldo Amorim
    octobre 21, 2012 à 6:31

    la presse occidentale, écrite et televisée du monde occidental se trouve dans la sa plus grand part controlée par le sionisme, ou est dépendante economiquement des compagnies sionistes, pourtant elles suivent les informations filtrées pour eux, convenables aux potences occidentaux.