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Combats meurtriers à Homs, la Russie prédit un long conflit en Syrie


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mardi 22 janvier 2013, par La Rédaction

Une vingtaine de soldats et miliciens pro-régime ont été tués et des dizaines blessés lors de violents combats à Homs, dans le centre de la Syrie, Moscou, grand allié de Damas, avertissant que le conflit qui dure depuis près de deux ans risquait encore de traîner en longueur.
« Nous avons des informations de l’hôpital militaire de Homs selon lesquelles jusqu’à 130 soldats et combattants pro-régime ont été tués ou blessés ces trois derniers jours », a affirmé mardi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Son directeur, Rami Abdel Rahmane, a précisé à l’AFP avoir identifié au moins 23 morts. « Mais ce nombre pourrait augmenter », a ajouté le chef de cette ONG qui s’appuie sur un large réseau de militants et de médecins à travers la Syrie.
Depuis trois jours, l’ouest de Homs, poumon industriel de la Syrie avant la révolte et baptisée « capitale de la révolution » par les rebelles, est revenu au coeur des affrontements, notamment les quartiers de Soultaniyé et Jobar, selon les militants sur le terrain.
« L’ouest de Homs est stratégique car il borde l’autoroute reliant Damas à la côte. Il est la clé de l’accès à la capitale et du commerce et des armes entrant en Syrie par la Méditerranée », a expliqué M. Abdel Rahmane.
Selon les experts, le régime, dont l’armée est bousculée par une rébellion de plus en plus audacieuse, a réduit ses ambitions territoriales pour se concentrer sur un axe passant par Damas, reliant le sud de la Syrie au pays alaouite dans le nord-ouest.
Homs se trouve sur cet axe et est, selon les militants, un point névralgique sur la ligne de démarcation entre régime et rebelles, qui tiennent désormais de larges zones dans l’Est et le Nord.
« Le régime n’a jamais frappé aucune région syrienne avec autant de violence que dans la ville de Homs », a ainsi affirmé le militant Omar Chakir joint par l’AFP par téléphone, faisant état d’un important déploiement militaire dans les zones bordant Homs à l’ouest.
La révolte populaire lancée en mars 2011 en Syrie s’est militarisée face à la répression du régime. Au total, le conflit a fait plus de 60.000 morts, selon l’ONU.
Et ce conflit risque de « traîner en longueur », a estimé le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, soulignant que la victoire des rebelles était loin d’être acquise.
« Au début, certains pronostics parlaient de deux, trois, quatre mois, maintenant (le conflit dure depuis près de) deux ans. La situation peut évoluer de différentes façons. Je pense que le conflit risque de traîner en longueur », a-t-il dit mardi.
Ces déclarations interviennent alors que le régime a mis sur pied une force paramilitaire pour suppléer l’armée, les Forces de défense nationale, et au lendemain d’un appel du chef de la Ligue arabe Nabil Al-Arabi à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité « pour adopter une résolution contraignante sur un cessez-le-feu ».
M. Arabi a déploré que « les contacts menés par l’émissaire international Lakhdar Brahimi n’ont abouti jusqu’à présent à aucune lueur d’espoir ».
M. Bogdanov a par ailleurs indiqué que la diplomatie russe voulait élargir les contacts avec l’opposition syrienne.
Sur le terrain, l’artillerie et l’aviation continuaient à pilonner la périphérie de la capitale, tandis que des combats meurtriers opposaient soldats et rebelles dans la province de Deraa (sud), selon l’OSDH.
Plus de 12.000 Syriens, pour la plupart des femmes et des enfants, se sont réfugiés en Jordanie au cours des six derniers jours, selon une source gouvernementale du royaume hachémite.
Lundi, selon l’OSDH, 178 personnes ont péri dans les violences, dont 42 personnes, y compris des femmes, des enfants et de nombreux miliciens pro-régime, dans un attentat suicide à Salamiyé, dans la province de Hama (centre).
Damas a accusé Al-Qaïda de cette attaque, et son voisin turc d’ouvrir grand les portes de son territoire aux « terroristes », dans des messages à l’ONU diffusés mardi par la télévision officielle.

(22 janvier 2013 – Avec les agences de presse)