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Comment la Grande-Bretagne paye les terroristes avec l’argent public


Chris Grayling, ministre britannique de la Justice. D. R.

Chris Grayling, ministre britannique de la Justice. D. R.

La Commission des services juridiques du ministère britannique de la Justice a accordé une aide de plus d’un demi-million de livres sterling, exactement 515 778 livres sterling (environ 640 000 euros) à Abou Qatada, le prêcheur jordanien d’origine palestinienne, de son vrai nom Omar Mahmoud Othman, accusé de terrorisme puis libéré de prison sous condition, en novembre 2011. Cette somme est appelée à augmenter avec la bataille juridique que mène le chef terroriste pour empêcher son extradition vers la Jordanie. C’est la plus forte somme reçue par un individu dans son cas. Le Secrétaire à la Justice Chris Grayling a admis être préoccupé par le montant de l’aide juridique accordée à Abou Qatada. «Nous ne devons jamais perdre de vue le fait que l’aide juridique est payée par le contribuable. Les coûts totaux dans certains cas semblent très élevés», constate-t-il. «L’aide juridique est un élément fondamental de notre système juridique, mais les ressources ne sont pas illimitées. L’aide judiciaire devrait être réservée aux cas où il y a besoin réel», a-t-il ajouté. Matthieu Sinclair, directeur général de l’Alliance des contribuables, a déclaré à l’Observer, dans son édition d’aujourd’hui dimanche : «L’aide juridique est là pour que chacun ait un accès égal à la justice, mais il est révoltant de voir dans quelle mesure ce prédicateur de la haine en profite». Il trouve éhontée la façon dont le système juridique britannique est exploité par celui qui est présenté comme le bras droit de Ben Laden en Europe. Abou Qatada, qui est arrivé au Royaume-Uni en 1993 et a passé l’essentiel de la dernière décennie derrière les barreaux sans être inculpé, a été libéré en novembre 2011 après l’acceptation de son recours contre son extradition vers la Jordanie qui veut le rejuger dans deux affaires liées à la préparation présumée d’attentats et qui lui ont valu d’être condamné par contumace à la perpétuité assortie de travaux forcés en 1998, et à 15 ans de prison en 2000. Le coût de la liberté conditionnelle d’Abou Qatada (ne quitter le domicile qu’entre 8h et 16h, porter un bracelet électronique et ne pas accéder à l’internet ni contacter certaines personnes) est d’environ 100 000 livres sterling par semaine. Quelque 60 policiers de Scotland Yard, le MI5 et une société de sécurité privée sont mobilisés avec des voitures de police identifiées devant son domicile et des agents d’intervention prêts à le suivre s’il quitte sa maison. L’Observer a rappelé que la détention d’Abou Qatada dans une prison de haute sécurité durant 8 ans a coûté aux contribuables britanniques 850 mille livres, tandis que le ministère de l’Intérieur a estimé que les frais de justice pour l’expulser vers la Jordanie se sont élevés à 825 000 livres. En 2005, Abou Qatada avait déjà obtenu 389 000 livres du fonds d’aide juridique pour financer l’appel interjeté contre son expulsion vers la Jordanie et ses avocats plus de 5 000 livres pour lancer une révision de son procès lors de sa détention à la prison Belmarsh à Londres en 2009, année où il a lui-même reçu une indemnité de 2 500 livres sterling de la Cour européenne des droits de l’Homme qui a jugé qu’il était «détenu illégalement». Les autorités britanniques ont annoncé avoir fait appel de la décision de justice bloquant l’expulsion d’Abou Qatada vers la Jordanie.
Karim Bouali

 

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