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Compte-rendu de la conférence Collon / Bricmont par Yves


Compte-rendu de la conférence Collon / Bricmont

Succès considérable pour cette conférence riche en intervenants, devant une salle plus que pleine, conférence même pas gâchée par quelques provocateurs vite emmenés par la police.

Jean Bricmont et Michel Collon ont été les derniers à prendre la parole. Les ont précédé : Bahar Kimyongur, perçu par certains comme l’auteur de la meilleure intervention (sur la Syrie ; Collon et Bricmont ayant abordé plus largement le droit d’ingérence et la propagande de guerre), Samir Amin, un professeur d’économie arabe particulièrement percutant, Julien Teil qui a annoncé le lancement d’un observatoire de l’ingérence (www.interventionism.info), un intellectuel Serbe qui a raconté que son pays avait vécu la même chose que la Syrie, une journaliste, le Père Lelong, un délégué de l’association Franco-Arabe qui a rappelé le passé interventionniste des grandes puissances, etc.
En fin de soirée, Jean Bricmont et Michel Collon ont fait mouche quasiment à chaque phrase et étaient presque continuellement applaudis !

La salle comptait environ 140 places, rapidement occupées de sorte que le public s’est installé debout ou assis dans les allées, sur l’estrade, sur des bancs improvisés autour des conférenciers et jusque dans le sas d’entrée de la salle, soit facilement 200 personnes.
Deux télévisions (une française et une arabe) filmaient.
Dans le public, des personnalités, comme Christophe Oberlin et Karim Mansouri, et j’ai même cru reconnaître Jürgen Elsässer.

Outre les livres de la librairie de Michel Collon, un stand de produits palestiniens (huile, blé…) a aussi remporté un grand succès.

Bricmont a souligné que la conférence comptait 3 Belges, ce qu’il a expliqué par le fait que la gauche française, autrefois anti-impérialiste (par exemple à l’époque de la guerre au Vietnam), avait viré impérialiste.

Samir Amin a souligné qu’en libéralisant leur économie (comme Bachar el-Assad l’a fait en Syrie), les dirigeants arabes ont effacé les acquis sociaux et paupérisé leurs couches sociales les moins favorisées, et que c’est alors qu’ils ont perdu le soutien des masses. C’est paradoxalement le moment que choisit l’impérialisme néo-libéral pour attaquer (militairement).

Les grands absents de cette soirée étaient à mon avis les mensonges de guerre, unanimement dénoncés par les participants en termes généraux, mais sans les démontrer. C’est pourquoi j’invite l’internaute intéressé par ces aspects à lire, notamment, le rapport du CIRET-AVT / Cf2R sur la Syrie (en PDF), notamment la page 34, le rapport de la Mission d’observation de la Ligue Arabe, cette interview de Françoise Wallemacq (RTBF) de retour de Syrie, le carnet de route de Karim Baïla (Les inRocks) lui aussi de retour de Syrie, le blog de Pierre Piccinin (et notamment ceci sur le fameux OSDH), le témoignage de Mère Agnès, cette pépite repérée par le Réseau Voltaire, ces témoignages recueillis par Marie-Ange Patrizio, cetarticle de Roger AKL, etc. Bref, comme d’habitude nos journalistes font le jeu de la guerre et il n’y qu’à se baisser pour trouver les preuves de leurs âneries.

PS : Concernant les provocateurs emmenés par la police, dans un premier temps j’ai entendu parler parler d’ « opposants » (Syriens ?), puis après la conférence, de « membres du NPA » (très jeunes, autant que j’ai pu voir). Étant donné que le NPA endosse la thèse médiatique (et n’a donc pas lu les liens qui précèdent), on peut comprendre que ces jeunes peu instruits et aisément manipulables, aient cru exécuter une bonne action en tentant de perturber une réunion perçue comme pro-Assad. Reste qu’aucun dialogue n’a été possible avec ces provocateurs, qui ont même failli user de leurs poings, ce qui ne manque pas de sel !