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Crise syrienne: rapprochement américano-russe plausible pour mettre un terme à la crise.


 

Lavrov: »la Russie n’a pas participé dans ces pourparlers pour discuter de l’avenir d’Assad » 

Des signes évidents  ont été enregistrés  sur la convergence dans les points de vue entre les  États-Unis et la  Russie concernant le dossier syrien durant la troisième réunion à Genève entre le représentant spécial des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, le ministre des Affaires étrangères adjoint de la Russie, Mikhail Bogdanov, et le secrétaire d’État adjoint américain, William Burns.

Lakhdar Brahimi a souligné dans un communiqué  « qu’une solution politique à la crise est encore possible et qu’elle se réalisera sur la  base de l’accord de Genève du 30 Juin dernier ».

L’accord de Genève, adopté le 30 juin par le Groupe d’action sur la Syrie, fixe des principes pour la transition dans ce pays, mais sans appeler au départ du président Bachar al-Assad.

Cette rencontre fait suite à la réunion tripartite qui a eu lieu le 6 Décembre, à Dublin entre la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et Brahimi. La journée a été précédée par une autre réunion entre Mme Clinton et M. Lavrov qui ont  également discuté de la crise syrienne.

Brahimi a déclaré que « la réunion a été constructive et a eu lieu dans un esprit de coopération. Nous avons discuté de la façon d’aller de l’avant vers le processus de paix et de mobiliser davantage  la communauté internationale pour une solution politique à la crise syrienne ».

Brahimi a ajouté que  » les trois parties ont convenu que  la situation en Syrie était mauvaise et  empirait de plus en plus;  et qu’une solution politique pour mettre fin au conflit était toujours nécessaire et possible.Les trois parties se sont accordées que la solution politique sera fondée sur  la déclaration finale de la réunion de  Genève du 30  Juin dernier. Les diplomates Russes et  Américains ont convenu de se rencontrer de nouveau avec lui dans un avenir proche ».
Lavrov :  » la Russie n’a pas participé dans ces pourparlers pour discuter de l’avenir d’Assad « .

À Moscou, le ministre des Affaires étrangères Sergeï Lavrov a déclaré lors d’une table ronde intitulée «La Russie et l’évolution du monde selon  Moscou »,  que « la Russie n’a pas participé dans ces pourparlers pour discuter de l’avenir d’Assad », niant  » les rumeurs selon lesquelles Moscou négocie une sortie de Bachar alAssad du pouvoir ».

Il a précisé que « la Russie avait accepté de participer aux pourparlers à Genève à condition qu’il n’y ait pas de demandes pour la démission d’el-Assad ».

 Lavrov a indiqué que la Russie ne participait à aucune négociation sur le sort de Bachar el-Assad et que les Américains avaient tort de croire et d’envoyer le message que la Russie adoucissait sa position face à la Syrie.

«Nous n’avons pas changé notre position», a-t-il martelé.

Répondant aux pseudo- craintes que le président syrien pourrait utiliser des armes chimiques pour tenter de sauver son régime,  Lavrov a répété que « le gouvernement syrien avait donné des assurances qu’il n’avait aucune intention d’utiliser des armes de destruction massive ».

Il a ajouté que « la Russie n’était pas attachée au régime actuel mais qu’elle croyait que seuls les Syriens devaient choisir leurs leaders ».

À Washington, un haut-responsable a indiqué sous-couvert de l’anonymat, que les États-Unis demeuraient prêts à tenir des discussions additionnelles au cours des semaines à venir, si elles aident à «avancer le processus de transition politique auquel le peuple syrien aspire».
Les pétro-monarchies s’obstinent à exiger la démission du président syrien

 

À Doha, où avait lieu une réunion de la Ligue arabe, le premier ministre et le ministre des affaires étrangères du Qatar ont poussé Bachar el-Assad à démissionner.

Dans un communiqué publié au terme de ses travaux, le comité ministériel de la Ligue arabe a de nouveau appelé le président Assad à partir pour faciliter l’amorce d’une transition du pouvoir et mettre fin à l’effusion du sang et des destructions dans son pays.

Le comité a également plaidé pour une assistance humanitaire aux déplacés et aux réfugiés syriens et demandé au secrétariat général de la Ligue arabe de préparer une conférence sur la reconstruction de la Syrie de l’après-Assad.

Pour sa part, le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, a qualifié d’inacceptable l’inaction du Conseil de sécurité face à la situation en Syrie où les violences ont fait plus de 42.000 morts .

« Nous espérons que les rencontres en cours entre les États-Unis et la Russie déboucheront sur une approche commune (…) pour que le Conseil de sécurité puisse assumer ses responsabilités concernant la crise syrienne », a-t-il ajouté lors de la réunion du comité ministériel.

« La chute du régime de Bachar al-Assad est imminente », a estimé le Premier ministre du Qatar lors d’une conférence de presse à la fin de la réunion.

Il a indiqué, en réponse à une question, que ce régime pourrait utiliser des armes chimiques contre son peuple, une éventualité évoquée ces derniers jours en Occident. « Je n’exclus pas qu’ils recourent à tout genre d’armes car, vu la manière avec laquelle ils massacrent leur peuple, ils sont capables de tout faire », a-t-il dit.

Enfin, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a espéré un rapprochement entre les États-Unis et la Russie sur la Syrie pour faciliter un règlement à l’ONU de la crise dans ce pays.

Arabi a indiqué que l’objectif des entretiens américano-russes était de préparer une résolution (à soumettre) au Conseil de sécurité en vue d’un règlement de la crise syrienne en capitalisant sur le dernier accord de Genève.