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Damas oppose une fin de non recevoir à une initiative qatarie


Imad Fawzi Shueibi
 Le quotidien libanais AlAkhbar a révélé dans un article publié ce mardi 8-5-2012 que Damas a opposé une fin de non recevoir à « une initiative qatarie pour résoudre la crise syrienne ». Une personnalité arabe s’était récemment rendue à Damas pour proposer aux autorités syriennes le projet qatari, poursuit AlAkhbar.
Citant des sources syriennes, le quotidien cite les raisons de ce refus. Damas refuse que le Qatar joue un rôle médiateur dans la résolution de la crise syrienne, et réclame par contre de Doha une promesse de renoncer à armer l’opposition et à conspirer avec les Occidentaux en vue de déstabiliser la Syrie.

Un Taef syrien

Selon des sources syriennes, il semble que Doha tâte le pouls de Damas, au nom d’autres pays, pour savoir s’il est prêt à accepter un « Taef syrien » à l’instar du « Taef libanais » (en allusion a la rencontre des dirigeants libanais dans la ville saoudienne de Taef et qui a mis fin à la guerre civile au Liban dans les années 90). Quitte à ce que Damas choisisse librement où se tiendra cette conférence.

Cette même source ajoute que ce projet a déjà été proposé en détail à la Syrie, il y a quelques mois, par plusieurs pays arabes, régionaux et même occidentaux.
L’initiative

Les différents points de l’initiative qatarie :
1-    La réconciliation entre les deux pays, et l’ouverture d’une nouvelle page dans leur relation basée sur l’engagement du Qatar à résoudre la crise syrienne.
2-    L’organisation d’une conférence à Doha pour l’opposition, au cours de laquelle le Qatar s’engage à exercer des pressions sur l’opposition pour qu’il accepte de dialoguer avec le régime.
3-    De son côté, le régime doit s’engager à accorder des garanties à l’opposition, ce qui pourrait l’aider à renoncer a la lutte armée contre le régime et à accepter de s’asseoir sur la table de négociation avec lui.
Le but de l’initiative étant de promouvoir une solution basée sur la distribution du pouvoir conformément à des critères confessionnels : à savoir le premier ministre doit être sunnite, le chef du parlement kurde ou chrétien, et le chef d’Etat alaouite.
Le virement de position du Qatar intervient après la réduction à zéro des chances d’une intervention étrangère militaire ou humanitaire pour renverser le régime, affirme les sources syriennes citées par AlAkhbar.

Assad restera au pouvoir (renseignements étrangers)

Côté américain, le Washington Post évoque lui aussi un changement dans la position américaine envers la crise en Syrie.
Citant des diplomates et des responsables de renseignements occidentaux, le quotidien américain indique que les développements sur le terrain, et la resistance du président Bachar ElAssad malgré les sanctions internationales, ont poussé les services de renseignements occidentaux et arabes à revoir leurs estimations à la baisse quant à la chute du président syrien.

« Le président Assad restera au pouvoir jusqu’à 2013, sauf au cas d’une grande surprise…vu qu’il a réussi à nettoyer les villes de Homs, Hama, à stabiliser Damas et à jouir du soutien des Druzes et des chrétiens », rapporte le Washington Post. Au début de l’insurrection, les milieux occidentaux s’attendaient à sa chute dans les mois qui ont suivi, voire en 2012 au maximum.
Cependant des sources syriennes voient que la poursuite de la tension en Syrie n’est pas en faveur des Etats-Unis qui craignent l’instauration d’un front salafiste en cas de la chute d’Assad.
Dans ce contexte le quotidien AlAkhbar rapporte que la télévision syrienne diffusera dans les prochains jours des interviews avec des dizaines de combattants étrangers arrêtés en Syrie, dont des Libyens, des Yéménites, des Koweitiens, des Egyptiens et des Asiatiques.

Source: Sites web