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Deux ou trois victimes « exemplaires » du terrorisme.


Par Guy Delorme, le 3 janvier 2012

Un journaliste assassiné en Syrie.
Si, chez nous, Alain Juppé, L’Express, Le Monde ou I-Télé n’en ont rien dit, c’est que ce journaliste appartenait à un média officiel.
Donc rien d’autre, pour les personnages et médias évoqués plus haut, qu’un plumitif aux ordres de Bachar al-Assad, un thuriféraire du régime. Il est vrai qu’en France, on ne tolère que la propagande des cyber-plumitifs de l’opposition qui depuis neuf mois, travestissent consciencieusement la réalité, désinforment très professionnellement, à la satisfaction générale, il faut le dire, de leurs « clients » des grands médias papier, électroniques et audiovisuels.
Licence to kill…
Bref, Chukri Abou al-Bourghol, âgé de 55 ans, n’était pas du bon côté de la barrière médiatique. Ses assassins devaient se douter, d’ailleurs, que personne, en Occident, n’irait leur reprocher ce meurtre, ni que le Quai d’Orsay se fendrait d’un communiqué à l’indignation étudiée. En somme, les meurtriers avaient, comme James Bond, une « licence to kill » un journaliste des médias syriens. Chukri al-Bourghol, qui travaillait au quotidien al-Thawra, avait été la cible d’un commando, dimanche 1er janvier, à Dareyya dans la banlieue de Damas : selon le récit qu’a fait son fils, le journaliste se trouvait chez lui quand il a entendu des tirs ; se penchant alors à sa fenêtre, il a été atteint de plusieurs balles dont une l’a frappé à l’oeil. al-Bourghol a agonisé 24 heures avant de décéder le 2 janvier à l’hôpital al-Mouassat de Damas. Il était père de trois enfants.
ci-dessous le lien du le reportage de la télévision syrienne (pour les arabophones)
https://www.youtube.com/watch?v=9bx1kYYvMNQ
Ses parents, amis et collègues l’ont porté en terre ce même 2 janvier, transformant ses obsèques en mini-manifestation contre le terrorisme. Adnan Mahmoud, ministre de l’Information, a présenté ses condoléances à la famille.
Quant à nous, nous pouvons dire au minimum ceci : les journalistes occidentaux et singulièrement français n’ont, à la lueur de ce qu’ils ont dit ou laissé dire à propos de l’Irak ou de la Syrie – pour nous en tenir là – guère de leçons de déontologie, de sérieux ou d’indépendance d’esprit et d’analyse aux journalistes syriens.
Des « tireurs » ? Voila sur qui ils tirent !

Mais, bien sûr, les journalistes ne sont pas les seuls à tomber sous les balles des activistes en Syrie : ce 2 janvier, le policier Khaled al-Mustafa a été tué de deux balles dans la tête alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture à Idleb. Une victime de plus sur une liste qui compte déjà au moins 1 200 noms de membres des forces de l’ordre.
Autre catégorie ciblée par les tueurs, les civils sans responsabilité politique ou répressive : une employée de l’école Sayyedeh Aïcha de Hama, Rihab Ghazal, a été retrouvée morte, trois jours après son enlèvement, que nous avions signalé (voir notre article « , mis en ligne le janvier) ; son crime ? Avoir été mariée à un employé d’une autre école qui avait refusé de suivre la grève révolutionnaire. Signalons encore la mort par balles, le 2 janvier à Homs, de l’agent de sécurité Rami Khallouf.
Voilà en tout cas des victimes incontestables de ces « tireurs » dont le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, déplore l’obstination, à défaut de vouloir les identifier.
Et puisque, dans ce contexte troublé, le banditisme n’est jamais éloigné de l’activisme politique, signalons deux attaques à main armée contre une banque mutualiste dans la localité d’Ariha (gouvernorat d’Idleb) et contre un centre médical à al-Qosseir (gouvernorat de Hama).
Juppé and co réclament la fin des violences en Syrie ? Que messieurs les assassins commencent !