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Echec du lobby sioniste – Pourquoi l’humiliante défaite du Canada à l’Organisation des Nations Unies (ONU) ?


Publié par Gilles Munier sur 23 Juin 2020, 07:09am

Par Normand Lester (revue de presse : Journal du Québec – 18/6/20)*

Notre ministre des affaires mondiales, François-Philippe Champagne, dit qu’il est fier de la campagne infructueuse de quatre ans du Canada pour un siège au conseil de sécurité de l’ONU.

Mais il a refusé de dire pourquoi, selon lui, la candidature du Canada a été rejetée au profit de celles de l’Irlande et de la Norvège. Voici pourquoi il préfère rester coi.

Il s’agit d’une défaite humiliante pour Justin Trudeau étant donné les efforts qu’il a investis dans la candidature du Canada à commencer par sa déclaration « le Canada est de retour » après sa victoire électorale de 2015. L’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2010 avait lui aussi subi une rebuffade lorsque l’Allemagne et le Portugal avaient été préférés au Canada.

Les vainqueurs, la Norvège et l’Irlande dépensent plus que le Canada pour l’aide internationale et ils contribuent plus aux missions de maintien de la paix de l’ONU, deux critères importants pour remporter un siège au conseil de sécurité.

Mais c’est l’appui du gouvernement libéral de Justin Trudeau à Israël, comme celui de Stephen Harper avant lui, qui est probablement la principale raison des deux revers successifs d’Ottawa. L’Irlande et la Norvège ont des politiques plus équilibrées dans le conflit israélo-palestinien que le Canada.

L’Irlande avait refusé d’établir des relations avec Israël avant 1975 en raison de ses violations des résolutions de l’ONU. Une ambassade israélienne n’a ouvert ses portes à Dublin qu’en 1993, deux semaines après l’ouverture d’une délégation palestinienne. Le gouvernement irlandais s’est opposé à la construction du mur de sécurité d’Israël en Cisjordanie.

La Norvège de son côté est à la tête du groupe des pays donateurs qui contribuent au financement des autorités palestiniennes.

En 2010, Oslo affirmé que la présence israélienne à Jérusalem-Est constitue une violation du droit international. Le gouvernement norvégien a reconnu le gouvernement d’unité palestinienne de 2007 dirigé par le Hamas, qui a été rejeté par Israël.

La Norvège a été le premier pays occidental à le faire. Le ministre des affaires étrangères du pays a justifié ses contacts avec le Hamas en disant que la philosophie essentielle de la Norvège est le dialogue.

Le Canada était prêt à tout pour éviter l’humiliation d’un deuxième rejet de sa candidature au conseil de sécurité. Au mois de décembre 2019, il s’est prononcé en faveur de l’autodétermination palestinienne, une volte-face diplomatique majeure.

Ottawa votait régulièrement contre ou s’abstenait sur les seize résolutions récurrentes annuelles sur les questions palestiniennes à l’ONU, notamment sur Jérusalem-Est et les colonies israéliennes de peuplement en Cisjordanie.

Justin Trudeau restait fidèle à la ligne politique initiée en 2006 sous Stephen Harper. Mais, à brûle-pourpoint, il a inversé le cap, espérant que ce renversement hypocrite de position lui assure le siège qu’il convoitait au conseil de sécurité.

La défaite du Canada aura des conséquences pour Israël, car l’Irlande est considérée, dans l’Union Européenne, comme l’un des critiques les plus virulents de l’état juif au sujet de ses politiques contre les palestiniens.

En 2018, la Palestine a été choisie à la tête du groupe des soixante-dix- sept, le plus grand bloc de pays de l’ONU qui représente plus de quatre-vingt pour cent de la population mondiale. Cette coalition de pays en développement a vu ses effectifs presque doublés depuis sa création en 1964.

Riyad Mansour, le représentant palestinien qui préside le groupe, a déclaré à cette occasion qu’il négocierait au nom des cent trente-cinq pays. L’ONU compte également cinquante pays avec une population musulmane majoritaire qui ont des positions diamétralement opposées à celle du Canada au sujet d’Israël.

2030, 2040 et 2050, le Canada n’a aucune chance de revenir au conseil de sécurité dans un avenir prévisible. À moins d’un changement radical de sa position en ce qui a trait au conflit israélo-palestinien.

*Source : Journal du Québec

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