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Effet boomrang : Tension en Jordanie comme en Turquie.


Qui s’y frotte s’y pique!

Adel

par Mireille Delmarre

Effet boomrang : Tension en Jordanie comme en Turquie, par Mireille Delmarre
 
Juste retour de bâton : tout comme la Turquie depuis le début de la guerre contre la Syrie, la Jordanie s’y est impliquée en offrant son territoire pour le transit d’armes et de djihadistes entraînés pour aller combattre l’Armée Nationale Syrienne. Sous protectorat américain allié de »l’israël » avec une population palestinienne majoritairement hostile à l’entité juive sioniste et des groupes salafistes qui n’excluent pas de renverser la monarchie hashemite et son petit roi « Play Station », la Jordanie pourrait être secouée par les mêmes tensions internes que la Turquie d’Erdogan voire pire.
Depuis le début de la guerre internationale contre la Syrie , via des proxis , la Jordanie, protectorat américain dirigé par le roi Abdallah II ,dit « Play Sation » ,a permis que son territoire serve de transit à des tonnes d’armes et munitions financées par les dictatures monarchiques du Golfe ,Qatar et Arabie Saoudite en tête, acheminés par cargos entiers sous les hospices de la CIA en provenance d’Europe de l’Est (Croatie…) et passés clandestinement dans le Sud de la Syrie. La Jordanie héberge « discrètement » des forces spéciales US britanniques et françaises qui entraînent des membres des Frères Musulmans et autres djihadistes dits »modérés » garantis kasher « non cannibales » pour grossir les rangs des pseudo »opposants » armés au gouvernement de Bashar al Assad. 
Si jusque fin 2012 les infiltrations de mercenaires armés de Jordanie en Syrie restaient limitées ,depuis le début de l’année des centaines de ces mercenaires entraînés dans plusieurs camps en Jordanie sont entrés en Syrie avec la complicité de l’armée jordanienne.Ceux-ci sont équipés d’un grand nombre d’armes de taille moyenne tels des lance-roquettes portables capables ,grâce à leurs munitions, de percer le blindage de tanks et de s’attaquer à des avions. 

Malgré les dénégations de responsables politiques et militaires jordaniens; le président syrien Bashar Al Assad a mis en garde le 17 Avril dernier lors d’une interview la Jordanie et son roitelet stupéfait : 

« Nous souhaitons que nos voisins jordaniens réalisent que … le feu ne s’arrêtera pas à nos frontières – le monde entier sait que la Jordanie est aussi exposée ( à la crise) que l’est la Syrie. » 

La Jordanie sert également d’espace d’entraînement pour les forces armées US et leurs alliés. Fin Juin ,un exercice militaire d’envergure rassemblant 40 nations intitulé  » Eager Lion 2013″ doit se dérouler à quelque kilomêtres seulement du Sud de la Syrie. 

1000 Marines du 26ème Corps expéditionnaire ont déjà débarqué pour participer à cet exercice. Le Pentagone et Amman ont imposé un black out total sur ce débarquement et essaient d’être le plus discret possible quant à la nature réelle de cet exercice et son objectif final. 

Néanmoins, certaines informations ont fini par émerger. Cet exercice doit durer 2 mois – de fin Juin à fin Août – et inclure la participation d’avions F-16 de combat US ainsi que des batteries de Patriot. Tout ce déploiement n’était pas prévu au départ. La décision de renforcer les moyens mis à disposition en Jordanie a été prise lors d’une réunion d’urgence au Pentagone le 31 Mai ,à laquelle ont participé des hauts gradés de l’armée US ainsi que des hauts responsables d’autres départements,  département de la défense civile inclus. Le secrétaire à la défense Chuck Hagel, alors en voyage, y a participé par vidéo conférence. 

C’est l’armée de l’air « israélienne » qui assure la sécurité de ce déploiement américain en attendant l’arrivée des F-16 et l’installation des Patriot avec l’accord du roi de Jordanie qui a donné son feu vert pour que « l’israël » utilise son espace aérien. 

Tout le matériel US utilisé pour cet exercice : armes, véhicules blindés, systèmes de communication de même que les F-16 et les batteries Patriot resteront sur place fin Août. 

Mais le protectorat américano-sioniste n’est pas une garantie -peut être même l’inverse- de survie du royaume hashemite et de « Play Station » Abdallah le 2e. 

La ville jordanienne de Maan ,située au Sud de la capitale Amman ,a été à plusieurs reprises le centre de soulèvements contre la monarchie Hashemite, notamment celui de 1989. Un quart de siècle plus tard, la tension monte de nouveau à Maan. Il y a quelques semaines l’Université Al Hussein de Maan a été le theâtre de violents heurts tribaux, 4 étudiants ont été tués. 

Ces tueries ont donné lieu à plusieurs manifestations de protestation et les habitants de Maan réclamant une enquête . 

Les divisions tribales entre la ville de Maan et la région de Badia, située aux alentours ,contribuent à perpétuer la méfiance vis à vis de l’état jordanien.Le gouvernorat de Maan compte environ 110 000 habitants mais nombreux sont ceux dans la région de Badia qui réclament l’autonomie vis à vis du gouvernement central dont les structures politiques sociales et même culturelles sont quasiment absentes de cette région. Le gouvernorat de Maan est le plus pauvre de Jordanie. 

Des groupes salafistes bien implantés dans ce gouvernorat profitent, comme partout ailleurs dans les pays arabes, du désarroi de ces populations et des tensions tribales pour prendre le contrôle de ces mouvements de mécontentement populaire. 

L’un des dirigeants du mouvement djihadiste salafiste, Abou Sayyaf, a appelé à la sédition affirmant également que le renversement de l’actuel gouvernement n’était pas  exclu. 

Ces groupes salafistes ont été par le passé facilement neutralisés par des machinations politiques mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les changements socio-économiques qui touchent certaines villes de Jordanie, telle Maan ,et affectent la composition de ces dernières, laissent entrevoir une perte de contrôle de plus en plus  importante du gouvernement central .Celui-ci est incapable de faire face à la montée en puissance de ces groupes extrémistes , en lien avec Al Qaida , qui se financent en passant des armes en contrebande et des combattants en Syrie notamment. 

De plus , ces groupes salafistes bénéficient d’une totale impunité car ils sont liés aux services de sécurité jordaniens corrompus qu’ils pourraient néanmoins vite déborder si ces derniers se mettent en travers de leurs plans extrémistes. 

Le retrait des salafistes de Syrie -dont un grand nombre ont transités par l’Irak – entrés combattre l’Armée Nationale Syrienne ne peut se faire via l’Irak. En effet , face aux nouvelles violences ,qui secouent l’Irak depuis un mois ,liées aux groupes extrémistes Al Nusra Al Qaeda, le gouvernement irakien de Nuri Al Maliki a déployé 20 000 soldats le long de la frontière avec la Syrie pour bloquer le passage dans les deux sens des takfiristes d’Al Nusra et d’ Al Qaida. Des commandos irakiens s’apprêtent à mener des raids contre des groupes liés à Al Qaida se trouvant dans l’Est de la Syrie. Le Front Al Nusra semble avoir disparu des zones de combat et fait profil bas en prévision de ces raids. 

Par conséquent, leur retrait rendu impossible via l’Irak ,ces groupes salafistes d’Al Nusra et d’ Al Qaida et C° pourraient tenter de rejoindre les salafistes jordaniens dans leur nouveau « Califat de Badia ». 

Une « révolution jordanienne  » partant de la ville de Maan dans le Sud de la Jordanie – tout comme la « révolution syrienne est partie du Sud du Pays de Deraa – n’est pas exclue. 

Le Sud de la Jordanie pourrait devenir le « nouveau Caliphat » d’Al Qaida au Moyen-Orient. 

La Jordanie est sous pression à la fois de l’extérieur, de la part des USraël qui verraient bien le royaume hashemite transformé en état palestinien ,et de l’intérieur, compte tenue de la détérioration de la situation économique amplifiée par la guerre en Syrie. 

Le petit roi hashemite « Play Station » s’est déjà fait caillasser en 2011 lors d’une visite dans le Sud de la Jordanie dans la ville de Tafileh par des jeunes qui demandaient la chute du gouvernement à cause de la corruption. 

Abdallah II ferait bien d’écouter la mise en garde du président syrien Bashar al Assad.