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France – Hystérie collective contre les forces qui en Syrie combattent les terroristes


’Arrêt sur info

Par Marc JEAN le 12 octobre 2016
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Syrie damas manif pro assad

Les images de soutien populaire des Syriens envers leur président Assad et la Russie que la presse traditionnelle a censuré

Ces derniers jours, les événements de Syrie ont focalisé l’attention des médias. Le bombardement d’une position de l’armée syrienne, soi-disant une « bavure » de la coalition, vite effacé de l’actualité par l’attaque d’un convoi humanitaire de l’ONU attribué immédiatement et sans preuves à l’aviation syrienne ou russe, et la progression de l’armée syrienne dans Alep-Est ont fait la une des journaux. Il est remarquable que de nombreux médias français ont, simultanément et de manière très concertée, déclenché une violente campagne de presse contre la Syrie et contre la Russie. Il serait trop long et fastidieux de relever tous les articles ou interventions en ce sens, mais, ce qui ne manquera pas d’intriguer tout observateur impartial, c’est toujours le sens très orienté de ces récits. Toujours et encore, c’est le « massacreur » Bachar et le « méchant » Poutine qui sont dans le collimateur. Jamais la parole ou la plume ne sera offerte à une voix contradictoire. Jamais de débat ou au moins d’échange de points de vue, pour permettre au lecteur de se forger lui-même son opinion.

Le magazine Nouvel Observateur

Le « Nouvel Observateur » mérite sans doute le prix d’excellence de la désinformation. Ce magazine avait pris fait et cause, dès le début de la « sale guerre contre la Syrie » (1), contre le gouvernement syrien et son président Bachar-el-Assad. Le lecteur pourra se référer utilement à une chronique consacrée à ce sujet dans le passé (2). Le numéro 2709 du 6 au 12 octobre 2016 constitue à cet égard un monument de propagande. Que le lecteur en juge.

Un article intitulé « Alep, la stratégie des barbares » dénonce, non point la barbarie des groupes islamistes qui tiennent en otage la population du quartier d’Alep-Est et, depuis des mois, balancent obus et autres barils d’explosifs sur l’autre partie de la ville, mais bien entendu la « barbarie » du gouvernement syrien et de son allié Vladimir Poutine. On relèvera quelques-unes des contre-vérités émises dans cet article. Ainsi, ce serait l’attaque d’un convoi humanitaire de l’ONU, touché « selon toute vraisemblance par des bombes russes », à en croire le Nouvel Observateur qui aurait mis un terme à de bancals accords de cessez-le-feu.

Aucune preuve bien entendu de ces accusations, mais pour ce journal, les responsables de ce crime ne peuvent être que les forces militaires russes. Le Nouvel Observateur n’a jamais entendu parler d’attaques sous faux drapeau, il s’agit bien entendu d’élucubrations complotistes. D’ailleurs, il a toujours défendu la version attribuant au « régime syrien » l’attaque au gaz chimiques en août 2013, répétant cette version mensongère comme un mantra, sans jamais faire une seule allusion aux documents (3) qui ont contesté cette version « officielle ». Dans son numéro précité, le Nouvel Observateur, évoque ce qu’il qualifie une « reculade d’Obama qui aurait précipité la Syrie dans le chaos, en renonçant à intervenir après l’utilisation d’armes chimiques à Ghouta en août 2013, comme il s’y était pourtant engagé ?» Et pour enfoncer le clou il cite l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power : ‘Ce que fait la Russie à Alep ce n’est pas du contre-terrorisme, c’est un acte de barbarie’. Mais il importe peu à la Russie de violer le Droit international… ».

Certes, le sort des quelques 200 000 civils [en grande majorité des familles qui soutiennent les groupes terroristes, ndlr] dans la partie d’Alep-Est est dramatique, et nul ne peut rester indifférent, tout comme nul ne devrait rester indifférent aux civils, 1,5 million, qui sont victimes des obus lancés contre eux parce qu’ils vivent sous la protection de leur armée légale.

D’ailleurs l’émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie a proposé de garantir personnellement la sécurité des combattants djihadistes s’ils acceptaient de se retirer d’Alep, en les accusant de tenir en otage toute la population civile. Son appel n’a pas rencontré un grand écho. Sans doute parce qu’il dévoilait la vérité sur les groupes armés qui occupent cette partie de la ville et sur la réalité de la situation sur place.

Enfin, le Nouvel Observateur semble ignorer que SEULE la Russie respecte le droit international en appuyant un État souverain reconnu dans sa lutte contre des groupes terroristes et en intervenant en Syrie qu’à sa demande. La France, les États-Unis, l’Angleterre, la Turquie, et tous les autres pays qui bombardent ou livrent armes et finances aux groupes armées sont, eux, dans la plus totale illégalité vis-à-vis du droit international.

Un autre article « Alep ville martyre » présente des photos prises par un certain Karam al-Masri. Photos émouvantes, certes, mais le magazine aurait fait preuve d’impartialité s’il précisait d’emblée que son reportage ne s’intéressait qu’à la partie d’« Alep Est » tenue par les groupes terroristes. Et ensuite en montrant également des images des destructions et des victimes causées par les attaques des groupes armés sur la partie d’Alep ouest, ainsi que les témoignages et nombreux appels du Docteur Nabil Antaki publiés sur le site Arrêt sur Info. (4)

Enfin, le Nouvel Observateur donne complaisamment la parole à Mikhaïl Khodorkovski, l’ancien oligarque exilé à Londres depuis 2014 sous le titre : « Une révolution chassera Poutine ». Curieusement – peut-être est-ce de l’humour involontaire – le Nouvel Observateur rappelle, en chapeau de cette interview, le curriculum vitae du personnage qui en dit assez sur le caractère orienté de ses propos : «..naissance à Moscou en 1963, vice-ministre du Pétrole en 1993, rachetant le groupe pétrolier Ioukos en 1995( à 32 ans, avec quel argent?), finançant en 1996 la réélection de Boris Eltsine( tiens donc) et devenu en 2002 l’homme le plus riche de Russie avec 16 milliards de dollars!!!) ». Cette accumulation extravagante de richesses sur le dos d’une Russie dépecée et vendue à l’encan ne semble pas troubler le journal qui ouvre ses colonnes à un individu que la majorité du peuple russe attaché à Poutine méprise dès lors qu’il appelle ouvertement à la révolution contre leur dirigeant !

Le magazine Marianne

Dans sa livraison n°1018, du 7 au 13 octobre, l’hebdomadaire Marianne a publié un billet de Caroline Fourest « Nos larmes sur Alep » absolument effarant de désinformation systématique sur le conflit syrien. Pourtant ce magazine nous avait habitués, l’un des rares d’ailleurs, à présenter les événements du Moyen-Orient avec parfois plus de pondération et d’équilibre, comme le relevait François Belliot (5).

Confier une chronique à Caroline Fourest se révèle un exercice périlleux. Il serait fastidieux de relever toutes les contre-vérités dans cet article. Notons juste quelques perles. Ainsi par exemple : «… le pont aérien voté par l’ONU venait de sauver le peuple libyen d’un massacre annoncé » : Quel vote ? Quel pont aérien ? Il s’agissait d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye décidée par le Conseil de Sécurité, mais devenue, sans en référer aucunement au Conseil de Sécurité, un feu vert implicite pour bombarder et détruire aveuglement pendant plus de 6 mois l’Etat libyen, autoritaire certes, nul ne le conteste, mais garant de la stabilité de la région. Caroline Fourest se contente de reconnaître que « l’après-Kadhafi a été chaotique, comme tous les après… ».

Et de quel massacre annoncé s’agit-il ? Encore une contre-vérité largement diffusée pour justifier l’intervention militaire en Libye. Le reste de ce billet est de la même veine, en reprenant toutes les sornettes débitées depuis quelques années, par exemple « Sans le veto russe et ses bombes, il y aurait eu moins de morts en Syrie, et moins de réfugiés sur nos côtes », ou « Al-Assad lui-même a libéré les cadres islamistes de ses prisons pour faciliter la contagion islamiste et annihiler toute alternative entre lui et les djihadistes », et encore: « En l’absence de détermination américaine, la diplomatie française a tenu la seule ligne possible : réclamer une solution politique sans Bachar al-Assad et frapper l’État islamique. Soutenir le boucher de Damas nous aurait déshonorés… » et pour finir: « Quand le dictateur syrien s’est mis à franchir toutes les lignes rouges, la communauté internationale a laissé faire… » Les lignes rouges, c’est-à-dire l’utilisation d’armes chimiques, semble-t-il ; décidément jamais encore le dicton, « mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose » n’a été aussi actuel !
Même les quotidiens régionaux s’y mettent avec frénésie

Les Dernières Nouvelles d’Alsace

Dans leur édition du jeudi 6 octobre Les Dernières Nouvelles d’Alsace titre « Si ça continue, Alep sera rayée de la carte » en donnant la parole à Ammar al-Salmo, responsable des « secouristes aux casques blancs »(6).Voici ses propos tels que repris par le journal, sans aucune pondération : « Nous sommes heureux ( que les casques blancs aient été nominés pour le prix Nobel de la paix), avoue-t-il. Mais nous espérons que cela attirera l’attention sur le peuple syrien. Car c’est une guerre contre notre civilisation et pas contre le terrorisme. ».

Dans son éditorial du vendredi 7 octobre, Pascal Coquis amalgame Alep-est et Alep sans trop distinguer les quartiers aux mains des rebelles des autres.

Il ajoute : « A ce rythme, il ne restera bientôt plus rien de la deuxième ville syrienne » et dénonce bien entendu les fauteurs de guerre : « Et on sait bien aujourd’hui que deux d’entre eux (« eux » désignant les États membres du conseil de sécurité), ont choisi la guerre (Moscou et Pékin) et qu’un troisième, le seul capable de faire rempart (les États-Unis) a abdiqué ». Il est vrai que cet éditorialiste a toujours été un contempteur féroce du régime syrien, reconnaissons-lui le « mérite » de n’avoir jamais varié dans ses préférences !

Enfin, comme il est de bon ton de « taper » sur Poutine, Alain Duhamel, dans sa chronique hebdomadaire, publié dans le même quotidien, daté du dimanche 9 octobre 2016, s’interroge sur les motifs poursuivis par le maître du Kremlin. Pour Alain Duhamel, c’est Vladimir Poutine qui est coupable de n’avoir pas accepté que la fin du Pacte de Varsovie n’ait pas été suivie de la dissolution du Pacte Atlantique (OTAN), c’est Poutine qui est coupable de traiter les Occidentaux en adversaires et de ressusciter une logique de guerre froide…. Ainsi de suite. Il ne viendrait pas à l’esprit d’Alain Duhamel que c’est l’OTAN qui poursuit une logique de guerre froide en annexant les uns après les autres les anciens pays membres du pacte de Varsovie, se rapprochant ainsi dangereusement des frontières de la Russie, pratiquant un discours menaçant envers la Russie et en mettant en œuvre des manœuvres militaires sous le nez des Russes…

Sans aucun doute, les autres médias sont dans la même outrance et hystérie. Je n’ai pas eu le temps d’analyser l’ensemble des médias écrits et audiovisuels sur la même période, mais il y a fort à parier qu’ils ont tous suivi le mouvement. Il faut plus que jamais s’inquiéter du climat de diabolisation ainsi savamment orchestré par les médias. Lorsque les médias attisent les braises et répandent mensonges et désinformations, c’est souvent le prélude à des confrontations militaires. C’est d’autant plus inquiétant que l’ensemble des médias occidentaux entonne avec une parfaite unité ce même discours. A l’exception des médias non traditionnels s’appuyant sur des sources fiables, il n’y a aucun discours divergent dans les médias mais aussi malheureusement parmi le personnel politique (à l’exception il faut le souligner d’un groupe de députés français, mais bien seuls malheureusement, qui défendent une position plus équilibrée vis-à-vis tant du gouvernement syrien que de la Russie).

MARC Jean | 12 octobre 2016

(1) Pour « emprunter » le titre d’un livre, «The Dirty War on Syria » [La sale guerre contre la Syrie] ouvrage de Tim Andersen, (http:// dirty-war-on-syria.blogspot.com) traduit en allemand « Der schmutzige Krieg gegen Syrien » ISBN 978 3 9812703-9-6. L’ouvrage de cet universitaire australien s’appuie sur une masse impressionnante de documents montrant la collusion entre certains pays de l’OTAN et la guerre conduite par les groupes terroristes contre l’Etat et le peuple syrien. Il démolit les thèses colportées sur l’origine pacifique des premières manifestations en 2011 contre Assad et dénonce la désinformation pratiquée par l’ensemble des médias occidentaux.

(2)http://arretsurinfo.ch/le-nouvel-observateur-soutien-inconditionnel-de-lopposition-armee-au-regime-syrien/

(3) http://arretsurinfo.ch/armes-chimiques-qui-donne-des-lecons/

(4) http://arretsurinfo.ch/syrie-attention-ne-tombez-pas-dans-le-piege/

(5) « Guerre en Syrie, le mensonge organisé des médias et politiques français » tome 1 et 2 de François Belliot aux Editions Sigest http://edsigest.blogspot.fr/2016/06/guerre-en-syrie-v2.html

(6) http://arretsurinfo.ch/casques-blancs-des-sauvetages-soigneusement-mis-en-scene/

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