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Hollande en Irak : pour quoi faire ?


Boulevard Voltaire

Hollande en Irak : pour quoi faire ?

francois-hollande-clown
Le 11 septembre 2014

Aucun Syrien ni aucun Irakien ne réclame aujourd’hui la démocratie : ils réclament de vivre.

François Hollande se rend aujourd’hui en Irak pour rencontrer son nouvel homologue Fouad Massoum, trois jours avant la tenue à Paris d’une conférence internationale sur la sécurité en Irak et la lutte contre l’État islamique.

Un but : apporter aux autorités irakiennes « le soutien de la France pour lutter efficacement contre les terroristes de Daech [l’État islamique, NDLR], protéger les populations civiles et rétablir l’État de droit sur l’ensemble du territoire national ».

La France avait prouvé une dernière fois l’indépendance de sa diplomatie en refusant de soutenir l’intervention américaine en Irak en 2003. Etant donné les conséquences toujours plus catastrophiques de cette intervention, elle peut aujourd’hui en être fière. Les Irakiens pouvaient alors remercier la France, les chrétiens de la région continuer à l’appeler leur « tendre mère ».

Mais ce temps est révolu et la France fait désormais partie de cet « Occident » qu’ils exècrent tant il prend cette région pour un terrain de jeu. Alors, il faudrait un changement radical de politique pour que François Hollande réussisse à convaincre « les populations civiles » qu’il a le moindre intérêt pour elles : la souffrance des Irakiens est bien plus vieille que l’indignation de nos gouvernements et la menace islamiste est déjà dénoncée par les Syriens depuis maintenant trois ans…

Quel sens ont ces mots si François Hollande continue à s’opposer au gouvernement syrien dont l’armée lutte depuis trois ans contre cette « menace » ?

Quel sens ont ces phrases si la France continue à se laisser acheter sans condition par le Qatar qui arme directement ces djihadistes ?

Quel sens ont ces indignations pour les chrétiens ou yézidis d’Irak s’il continue à se taire en face d’une Arabie saoudite dans laquelle aucun signe chrétien n’est autorisé ?

Quel sens a ce prétendu combat contre des djihadistes que la France continue à appeler « rebelles » et à soutenir de l’autre côté de la frontière syrienne, feignant de ne pas réaliser que les démocrates ont quitté le terrain syrien depuis le début ?

François Hollande a continué ce qui avait été entamé il y a quelques années : une soumission pleine et entière à la politique américaine, dans cette région comme ailleurs.

La situation de l’Irak est infiniment préoccupante, c’est vrai. Mais elle l’est depuis dix ans et non trois mois. Elle l’est parce que les États-Unis ont envahi ce pays en brandissant des preuves que tous savaient être fausses. L’histoire se répète en Syrie et la France, cette fois-ci, suit…

Si François Hollande veut lutter contre cette menace djihadiste, il doit commencer par abandonner l’idée parfaitement totalitaire selon laquelle les Occidentaux auraient tous les droits dès lors qu’il s’agirait de faire advenir la « démocratie »…

Aucun Syrien ni aucun Irakien ne réclame aujourd’hui la démocratie : ils réclament de vivre.

Que ces gouvernements assoiffés de pouvoir et d’influence cessent, une bonne fois pour toutes, de prétendre œuvrer pour le bien des peuples alors qu’ils sont depuis des années l’un de leurs pires cauchemars.

L’intervention en Irak est nécessaire aux côtés des Irakiens, mais n’a de sens que si elle est également menée aux côtés des Syriens.

Vouloir l’un sans l’autre n’a aucun sens et ne fait que mettre un peu plus en lumière le double jeu criminel des Occidentaux dans la région.