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Hollande et Fabius, co-lauréats du titre « L’homme de l’année 2013?


Par René Naba | le 5. janvier 2014

Le jury de René Naba a décidé, à l’unanimité, de décerner le titre de l’homme de l’année 2013, conjointement, à «François Hollande, Scipion l’africain au Mali, général Flamby en Syrie», en tandem avec Laurent Fabius, «le pire ministre des Affaires étrangères socialiste de la Vème République».

A propos de l’auteur

René Naba
Ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France Presse, ancien conseiller du Directeur Général de RMC/Moyen orient, chargé de l’information.
Rene Naba est l’auteur des ouvrages suivants :

«Allons, camarades, il vaut mieux décider dès maintenant de changer de bord. (…) Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde. Voici des siècles que l’Europe a stoppé la progression des autres hommes et les a asservis à ses desseins et à sa gloire. Regardez-la aujourd’hui basculer entre la désintégration atomique et la désintégration spirituelle».

Franz Fanon, conclusion au livre «Les damnés de la terre».

Le jury de René Naba a décidé, à l’unanimité, de décerner le titre de l’homme de l’année 2013, conjointement, à «François Hollande, Scipion l’africain au Mali, général Flamby en Syrie», en tandem avec Laurent Fabius, «le pire ministre des Affaires étrangères socialiste de la Vème République».Au titre de mention accessit, un bonnet d’âne a été attribué au parlement de Westminster de Londres pour avoir fait capoter une nouvelle pulsion belliciste des socialistes français dans la sphère arabo-musulmane, conférant ainsi au plus vieux parlement du monde, d’une manière subliminale le titre envié de «munichois», la distinction suprême du socialisme français.

Retour sur les bobards diplomatiques et l’enfumage médiatique de la présidence Hollande.

Du bon usage de «Munich et des sudètes de Tchécoslovaquie»: «Le changement, c’est maintenant».

MUNICH: Seul pays au Monde à faire un usage intensif de ce terme pour stigmatiser ce qu’il considère être «le défaitisme» des adversaires de sa politique, «Munich» et par extension «Munichois», est en fait l’apanage du socialisme français. Son arme de destruction massive pour neutraliser toute critique à son égard. Harlem Désir, en la matière, n’est en fait que le piètre successeur de Guy Mollet, le dernier Premier ministre socialiste de la IV République, l’homme de Suez et d’Alger, -beau palmarès-, qui avait brandi cet argument pour disqualifier les opposants à l’agression tripartite de Suez, en 1956, contre Nasser. 57 ans après, Harlem Désir nous ressert la même rengaine… Le changement, c’est maintenant. Vraiment?

Dans la terminologie de l’époque, l’ «expédition punitive» anglo-franco-israélienne, -menée, faut-il le souligner, par les deux puissances coloniales en association avec leur pupille israélien-, devait châtier le «Bikbachi». Terme de l’ordonnancement militaire ottoman équivalant au grade de Colonel, le Bikbachi Nasser sera ainsi désigné à la vindicte publique comme le nouvel Hitler de l’après-guerre, sous le vocable de Rayïss, que l’on faisait rimer dans le subconscient européen avec le Reich. Le 2eme Hitler arabe sera naturellement Yasser Arafat, le chef de l’Organisation de Libération de la Palestine. Figure de croquemitaine dans l’imaginaire occidental, l’Arabe, surtout lorsqu’il est porteur d’une revendication nationaliste, est un Hitler en puissance, quand bien même les Arabes et les Africains (chrétiens et musulmans) ont été parmi les principaux pourvoyeurs de «chairs à canon» pour la libération de la France, à deux reprises en un même siècle, phénomène rarissime dans l‘Histoire.

De Gamal Abdel Nasser (Égypte) à Mohammad Mossadegh, à l’Ayatollah Ruhollah Khomeiny et Mahmoud Ahmadinejad (Iran) en passant par Yasser Arafat et Cheikh Ahmad Yassine (Palestine), à Moqtada Sadr (Irak) et Hassan Nasrallah (Liban), tous ont eu l’honneur d’assumer cette fonction sans que jamais personne n’ait songé à établir un lien entre l’arrogance occidentale et la radicalisation des contestataires de sa suprématie.

De la Guerre d’Espagne, dans la décennie 1930, où les brigades internationales ont été le fait des communistes, à l’Algérie où les ratonnades de Robert Lacoste résonnent encore dans les mémoires, à l’Egypte où les canonnades de Guy Mollet prétendaient «punir» comme de juste Nasser pour avoir récupéré le Canal de Suez, en soustrayant au grand capital l’unique richesse nationale de l’Egypte. Munich, spécialité française, est d’autant plus vigoureusement brandie que les socialistes, plutôt répressifs en ce domaine, n’ont jamais apporté le moindre soutien aux guerres de libération du tiers-monde.

Alors Harlem Désir, Munich, la Chambre des Communes qui a infligé une retentissante leçon de démocratie à la France? Munich, Barack Obama, qui a jugé plus conforme à l’éthique démocratique de prendre l’avis des représentants de la nation? Munich, l’Inde qui a vaincu le colonialisme par la non-violence? Munich, l’Afrique du Sud qui triomphé de la ségrégation raciale par une réconciliation nationale et non par la stigmatisation? Munich, le Pape François qui prie pour la paix en Syrie quand le mufti de l’Otan, le prédicateur millionnaire du Qatar, Youssef Al Qaradawi, supplie que la Syrie soit bombardée par ces anciens colonisateurs? Munich à la manière de Guy Mollet, comme en 1956…. Le changement, c’est maintenant? Ou tout bonnement Harlem Désir, tête brulée pour une politique de terre brûlée?

Les Palestiniens, Les Sudètes du XXI e siècle

Dans sa démarche vis-à-vis de la Syrie, François Hollande, nous chuchote le quotidien Le Monde jamais avare de confidence dès lors qu’il s’agit d’épauler le nouveau pouvoir socialiste au point de lui servir d’amplificateur médiatique et de relais diplomatique, est hanté par le précédent de la Tchécoslovaquie et le sort des Sudètes (1938) qu’Hitler absorba sans crier gare du fait de la passivité européenne, résultante des accords de Munich. Le conditionnement idéologique est tel, la servitude intellectuelle si forte que les ravages de la pensée socialiste paraissent incommensurables. Ainsi Laurent Fabius, qui passe pour être l’un des esprits les plus brillants de la République, préconise avec morgue et suffisance d’armer l’opposition syrienne pour établir une parité militaire et créer les conditions équilibrées à une négociation avec le pouvoir syrien. Il suggère de même une action énergique en vue de favoriser le retour des réfugiés syriens dans leur pays.

Préoccupation humanitaire légitime qui aurait pu honorer son auteur si elle s’était accompagnée d’une requête similaire concernant les Palestiniens, dépouillés, exilés et déplacés, eux, depuis soixante ans…… Les Sudètes du XXIème siècle. En un siècle, la carte géostratégique du monde a connu une modification radicale, mais de cette houle centenaire a surgi un borborygme, signe patent de l’indigestion de la Palestine par les Israéliens: «L’Arabe israélien».

Une expression forgée spécialement par les stratèges de la communication pour le lexique diplomatique international afin de désigner un Palestinien porteur de la nationalité israélienne. Mais l’occultation du fait national palestinien, fait majeur de la diplomatie internationale de la seconde moitié du XXe siècle, a conduit à forger cet être hybride par excellence, en guise d’enfumage, comme si l’Arabe israélien n’était pas un Palestinien, comme si le Palestinien et la Palestine ne se situaient pas au cœur du Monde arabe et au cœur des conflits du XX e et XXIe siècle.

« La Syrie, le drame du XXIe siècle »? La Syrie ou l’Irak

Le premier drame du XXIe siècle est non la Syrie, comme le soutient François Hollande, mais l’Irak tant par son antériorité que par son ampleur. L’Irak où s’est refusé à s’enliser Jacques Chirac et non la Syrie ou se sont laissés embourbés Nicolas Sarkozy et François Hollande, deux philo-sionistes atlantistes patentés. «Des néoconservateurs américains avec un passeport français», selon l’expression du transfuge socialiste Eric Besson.

Sauf à concéder à l’auteur de ce constat l’excuse de troubles précoces de mémoire, une telle approximation est inexcusable. Que dire de l’Irak, désormais dénommé «Le pays des veuves»? Un million de victimes. Et des dizaines d’autres quotidiennement depuis dix ans. La prostitution en guise de survie alimentaire. Quatre millions d‘exilés, dont deux millions en Syrie, sans la moindre assistance humanitaire, faisant planer sur lui le risque d’une implosion démographique et une catastrophe alimentaire. De l’Uranium appauvri, arme de destruction massive prohibée par le droit international, abondamment utilisé contre biens et personnes par «le plus vieil allié de la France» et son nouveau partenaire dans l’équipée syrienne. Un fait avéré, qui ne fera l’objet de la moindre enquête dans l’ancien journal de référence Le Monde, davantage soucieux de faire office de caisse de résonnance au Quai d’Orsay avec ses enquêtes préprogrammés et ses blogs relais.

Le tropisme philo-sioniste des socialistes

De l’expédition de Suez contre Nasser, en 1956, ordonnée par Guy Mollet, aux ratonnades d’Alger par Robert Lacoste (1955-1958), au caillassage de Lionel Jospin à Bir Zeit pour avoir traité de «terroriste» le Hezbollah libanais, l’unique formation politico-militaire du monde arabe à avoir infligé un double revers militaire à Israël (2000-2006), à l’esplanade David Ben Gourion dédiée par Khoyya Bertrand Delanoë, le Maire de Paris, au fondateur de l’armée israélienne au lendemain de l’attaque navale israélienne contre un convoi humanitaire turc en direction de Gaza…. Le registre est connu et bien tenu (4).

La filiation est lointaine et ne se dément pas, remontant au grand manitou du socialisme français, Léon Blum, qui invoquera son «trop d’amour» pour son pays «pour désavouer l’expansion de la pensée et de la civilisation française», admettant «le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture». Cette profession de foi surprenante est parue dans le journal «Le Populaire» en date du 17 juillet 1926, sans que ce vénérable humaniste, premier chef du gouvernement socialiste de la France moderne, artisan des premières conquêtes sociales sous le gouvernement du Front Populaire (1936), ne se doute que, lui-même, à son tour, subira, quinze ans plus tard, les lois de l’infériorité raciale de la part de ses compatriotes non coreligionnaires.

La relève : Manuel Valls, Pierre Moscovici et Laurent Fabius

L’éviction de la vie politique française de Dominique Strauss Khan, un des parangons d’Israël, de même que la dérive xénophobe du gouvernement israélien matérialisée par la présence au sein du cabinet de l’ultra droitier Avigdor Libermann, ministre des Affaires étrangères, n’ont pas pour autant réduit la vigueur du tropisme pro-israélien au sein de la hiérarchie socialiste, en ce que la relève est désormais pleinement assurée par Pierre Moscovici, ancien lieutenant de DSK, et Manuel Valls, un sarkozyste de gauche, dont il a hérité de son poste à Beauvau, ainsi que Laurent Fabius.

Pierre Moscovici, le directeur de la campagne du candidat socialiste François Hollande, confirme cette filiation en exergue du site israélien JSSnews.com: «Si j’ai adhéré au Parti socialiste, en tant que juif français et socialiste, c’est aussi en pensant à Léon Blum». Le ministre des Finances et de l’économie a certes pris ses distances avec la libido de son ancien mentor, sans pour autant répudier son credo. Celui qui briguait fortement le Quai d’Orsay, est en effet demeuré fidèle à la philosophie politique de DSK, au nom de la lutte contre l’archaïsme diplomatique français, au diapason du gouvernement israélien, se prononçant en faveur d’une action préventive contre l’Iran, corrélativement à une mansuétude absolue envers Israël nonobstant les violations flagrantes de l’Etat hébreu de la loi internationale. Le nouveau gouvernement Ayrault comble d’aise d’ailleurs les Français d’Israël en dépit du fait que 92% d’entre eux ont voté pour le rival des socialistes, Nicolas Sarkozy (5).

Quant à Manuel Valls, lié de son propre aveu, «de manière éternelle à la communauté juive et à Israël », dont, de surcroît, le premier déplacement ministériel en province, le 21 Mai 2012, aura été pour un dîner avec le CRIF PACA Marseille, stigmatise le boycott d’Israël, mais non la phagocytose de la Palestine ou sa rétention des recettes d’exportation des produits de Cisjordanie. Il se place ainsi sur la même longueur que Richard Prasquier, l’ancien président du CRIF, dont la tonitruance inconditionnellement pro-israélienne s’accommode mal du positionnement qui se veut «normal» du nouveau président français.

Sa profession de foi, -lors du lancement du groupe d’amitié avec Israël, le nouveau lobby français pro israélien en pleine campagne présidentielle en avril 2012, «Israël, grande nation parmi les nations»-, a retenti comme une tartarinade démagogique. En résonnance avec ses prises de position xénophobes à Evry, la ville dont il est le maire, dont il souhaitait y implanter,-selon le modèle des colonies israéliennes?- davantage de «white et de blancos» pour y diluer la population bariolée. En résonnance avec sa volonté de dissiper les Roms de France. En résonnance avec son comportement abusivement dilatoire dans l’affaire Georges Ibrahim Abdallah. En résonnance avec ses foucades dans l’affaire de la kosovare Leonarda comme du lycéen parisien Khatchig Khatchatérian expulsé vers l’Arménie le jour de son anniversaire. Un homme controversé, au point qu’un hiérarque socialiste, le secrétaire national à la culture, Frédéric Hocquard a suggéré «une mesure d’éloignement du gouvernement à l’encontre de Valls». C’est dire le rejet qu’il suscite dans son propre camp. Mais non dans le camp adverse.

Que le plus populaire des membres d’un gouvernement socialiste soit le ministre de l’intérieur, c’est-à-dire le ministre de la loi et de l’ordre et de la répression subséquente, donne la mesure de l’inversion des valeurs dans la douce France.

Laurent Fabius: De la pôle-position à la voiture balai. La France et la réforme du Droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU

Laurent Fabius, ministre socialiste des Affaires étrangères, a proposé lundi 22 octobre 2012 à Paris, la réforme du recours au Droit de véto au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, préconisant que son usage soit réduit au seul cas où un état détenteur de ce droit était menacé d’une action hostile des instances internationales. La France a une «proposition à faire est que le droit de veto soit utilisable quand il concerne uniquement le propre pays» dans le débat objet de la résolution, a déclaré M. Fabius sur le plateau du grand journal, commentant les vetos russe et chinois en faveur de la Syrie (3).

Le hic réside toutefois dans le fait que le décompte officiel laisse apparaitre un usage avantageux des Occidentaux du Droit de véto par rapport à la Russie: 132 fois pour le camp atlantiste contre 124 fois pour la Russie. Bénéficiaires d’un passe-droit, qui leur a permis de bloquer l’admission de la Palestine en tant que membre de plein droit de l’organisation internationale, sans que le prédécesseur de Laurent Fabius à l’époque, ni probablement son successeur demain ne juge opportun de soulever le bien-fondé de l’usage du Droit de véto, particulièrement lorsqu’il est le fait des Etats-Unis bloquant, par exemple, une résolution ordonnant la destruction les colonies israéliennes édifiées illégalement sur le territoire palestinien.

Qu’un pays repêché in extremis dans ses droits souverains, de surcroît ayant perdu la justification de ce droit, l’empire colonial, ait l’outrecuidance de suggérer la modification de l’usage du droit de véto dont il a été largement et abusivement bénéficiaire, sans s’interroger sur son propre comportement, sans que la presse nationale ne pose la question de la pertinence de cette proposition et le bien-fondé de l’opportunisme de son auteur dénote une grave altération de la fonction critique de la classe politico-médiatique. A l’analyse, la proposition de Laurent Fabius de reformer l’usage du droit de véto au Conseil de sécurité s’est révélée être ce que son auteur a voulu qu’elle soit: un bobard diplomatique pour enfumage médiatique.

Normale Sup, ENA et tutti quanti… le super-capé de la méritocratie française ne s’est-il pas rendu compte qu’en privant la Russie de son droit de véto sur la Syrie, il privait par ricochet Israël de son bouclier diplomatique américain? Alors Laurent Fabius, ces diplômes, du pipeau? Alors Laurent Fabius, Nicolas Sarkozy, seul à la remorque des Américains? Ou vous avec et jusqu’au cou, comme en témoigne la volte-face américaine à propos de la Syrie?

Bachar Al Assad «ne mérite pas d’être sur terre»

Bachar Al-Assad «ne mérite pas d’être sur terre». Laurent Fabius ne s’imagine sans doute pas les millions de personnes qui formulent pareil vœu à son égard tant sa morgue, sa suffisance et ses outrances verbales ont indisposé et choqué venant du chef de la diplomatie d’un pays réputé pour sa courtoisie et sa finesse d’esprit. A propos des outrances verbales de Laurent Fabius.

Si Manuel Valls est le «meilleur ministre de l‘intérieur de l’UMP», selon l’expression de l’ancien ministre de droite Dominique Bussereau, «à deux doigts de mériter sa carte au Front national», selon Florian Philippot, un responsable de ce parti, le plus capé des socialistes, réputé pour ces somnolences dans les forums internationaux, passera dans l’histoire comme le piètre pensionnaire du Quai d’Orsay de la gauche française, à l’égal du transfuge sarkozyste du socialisme Bernard Kouchner, à l’égal de Christian Pineau, son équivalent de Suez, détenteur de la palme pour la IVème République. Très largement devancé par de prestigieux prédécesseurs de la stature et du calibre de Claude Cheysson, Roland Dumas et Hubert Védrine. Le plus jeune premier ministre offert à la France par François Mitterrand se retrouve, 30 ans plus tard, -en fin de carrière? En fin de poste?- ministre des Affaires étrangères de François Hollande, le pâle successeur du florentin de Nevers. Nullement une promotion, plutôt une rétrogradation. Très exactement une régression. De la pôle-position à la voiture balai. Un vrai gâchis.

Une présidence irréprochable??? Voyons voir

«Une présidence irréprochable» présuppose un comportement à l’opposé de celui affiché par le nouveau ministre socialiste de l’Intérieur, désormais particulièrement dans le viseur des organisations anti racistes en raison de ses outrances verbales. Sans surprise, l’expulsion de l’ambassadeur de Syrie en France et la menace de la saisine de la Cour pénale Internationale, dans la foulée du massacre de Houla,-qui a fait près d‘une centaine de victimes civils, quinze jours après l’entrée en fonction de François Hollande-, a confirmé la pesanteur anti syrienne des socialistes en ce que le nouveau titulaire du Quai d’Orsay, Laurent Fabius, avait cautionné de sa présence le premier congrès de l’opposition syrienne tenu à Paris, en juin 2010, sous l’égide du philo-sioniste Bernard Henry Lévy et de la branche syrienne des Frères Musulmans.

Au-delà de ces considérations, La France dont François Hollande a hérité n’est pas la France qu’il a connu au début de la mandature de son ancien rival. L’Egypte et la Tunisie ont basculé hors du giron français, dans le camp hostile au tourisme parasitaire du personnel politique français, la crise bancaire de 2008 qui a volatilisé près de 180 milliards d‘euros du patrimoine français du fait de placements dans de fonds douteux ainsi que la crise systémique de l’endettement européen, ont considérablement réduit la posture exhibitionniste française. Le triple camouflet infligé à la France et au Qatar dans leur guerre de Syrie, par le véto combiné de la Chine et de la Russie, puis par le camouflet de la chambre des communes, enfin le revirement de Barack Obama, a constitué à cet égard un revers significatif à l’hégémonie américaine depuis l’implosion de l’Union soviétique dans la décennie 1990.

L’hostilité de trois membres du BRICS (Inde, Afrique du Sud et Brésil) à l’unilatéralisme atlantiste, en traduisant ce nouveau rapport de forces sur le terrain, a témoigné, par contrecoup, de l’égarement de la diplomatie française tant sous l’impulsion d’Alain Juppé que de Laurent Fabius, les plus capés de droite et de gauche de la classe politique française, censés être «les meilleurs d’entre nous».

Soyons charitables et passons sur l’incident de l’avion du Président de Bolivie Evo Morales, démocratiquement élu mais néanmoins interdit de survol de l’espace aérien français par le fait du prince d’un pays récidiviste, initiateur de la première piraterie aérienne de l’histoire contemporaine avec le détournement de l’avion marocain transportant les chefs historiques du FLN, dans la décennie 1950. Passons sur la désinvolture consistant à exiger une résolution contraignante sur la Syrie à l’ONU, de la part d’un pays qui a outrepassé le mandat onusien sur la Libye. Passons enfin sur la contre conférence de l’opposition syrienne off-shore organisée le 30 janvier 2013 à Paris le jour même de la tenue à Genève de la conférence de l’opposition démocratique syrienne, c’est-à-dire l’opposition non parrainée financièrement par le Qatar, la Turquie et la France. Une mauvaise manière faite à la démocratie. Comment expliquer de telles lacunes? Sans doute par le fait que les caciques socialistes vaquaient aux joies de l’école buissonnière à l’évocation de la séquence postcoloniale à l’école de formation des cadres du parti.

A moins qu’une sournoise arabophobie compensatoire de Munich, par une sorte de «solidarité expiatoire» à l’égard des Juifs et d’Israël, ne tienne lieu de doxa officielle du socialisme français, comme en témoigne la désarabisation du Quai d‘Orsay vigoureusement entamée sous le tandem Nicolas Sarkozy et le transfuge socialiste Bernard Kouchner et gaillardement poursuivie sous le tandem François Hollande Laurent Fabius (6). La France s’est sionisée car tétanisée par son passif colonial (7), qui explique le fait que la France socialiste, artisan de l’armement atomique israélien, soit le plus intransigeant dans le dossier nucléaire iranien, en une nouvelle illustration de la duplicité de la diplomatie française.

François Hollande, non un homme de poids, mais un homme empesé

Le choix de François Hollande a constitué pour plus d’un tiers de son électorat un choix par défaut. Un vote de sanction anti-Sarkozy plutôt qu’un vote d’adhésion à sa personne. Entonner la rengaine habituelle du parti socialiste en affichant sans retenue un philo-sionisme tapageur comparable à celui de son prédécesseur lui a aliéné la sympathie de larges couches de l’opinion française, sans pour autant que la soumission au Likoud ne lui assure, en retour, de percevoir des dividendes israéliennes, comme son successeur en a fait la triste expérience. Et plutôt que de se lancer dans une politique déclamatoire, à coups d’effets d’annonce et d’effets de manche, en vue d’abuser son peuple, François Hollande serait avisé de se donner les moyens de sa politique faute d’être réduit à la politique de ses moyens.

De s’engager, dans une zone en transition, sur la voie d’une résolution durable des problèmes lancinants qui gangrènent la relation euro-arabe, notamment la dénucléarisation du Moyen Orient, la claire délimitation des zones de prospection pétrolière dans le triangle Liban Chypre Israël, une claire reconnaissance des éléments représentatifs de la société arabe aussi bien le Hamas palestinien que le Hezbollah libanais, enfin, dernier et non le moindre, un règlement équitable du conflit israélo arabe, véritable test de crédibilité de la nouvelle diplomatique française en ce que l’affaire palestinienne est la résultante du jeu trouble des puissances occidentale dans leur découpage arbitraire de la zone, à l’origine de la désaffection croissante du Monde arabe à l’égard des Occidentaux. En un mot d’engager un patient travail de cicatrisation des plaies béantes générées par la véhémence de celui qui a incarné mieux que tout plus que personne, la fonction de tête de pont sur le théâtre européen de l’axe israélo-américain, en sa qualité de «premier président de sang mêlé» de France, dont le zèle compensatoire en a fait le plus détesté du monde arabe dans l’histoire de la Vème République.

Une politique relayée, contre toute attente, par Le 2me Président socialiste de l’Histoire de France. En 2013, comme en 1956, le parti socialiste français a été le défenseur des riches et des puissants. A Suez, en 1956, le défenseur du grand patronat, en collaboration avec Israël, en 2013, en partenariat avec l’Arabie saoudite, alléché par le faramineux marché de la grande démocratie saoudienne de l’ordre de 400 milliards de dollars portant sur 19 centrales nucléaires, de six vedettes ainsi que du sempiternel lot habituel du fantomatique et problématique marché Rafale. Le changement socialiste, c’est la continuité, encore et toujours. Errare Humanum Est, Sed Perseverare Diabolicum. En 2013, comme en 1956, le rétropédalage aura été aussi abrupt que le démarrage en fanfare. Empruntant à son voisin corrézien sa formule, François Hollande renoncera à «punir» la Syrie pour opter en faveur de «mesures coercitives», le terme utilisé par Jacques Chirac à l’encontre du Hezbollah libanais, en 2006, en pleine guerre contre Israël. Ah ce besoin viscéral des dirigeants français de châtier les Arabes, indice symptomatique d’une pathologie mentale.

Que n’a-t-il suivi l’exemple de son ainé corrézien? Jacques Chirac qui avait préconisé des «mesures coercitives» pour brider le Hezbollah se ravisera après l’échec israélien dépêchant une escadrille française pour protéger l’espace aérien libanais lors du défilé célébrant la «divine victoire», craignant que la moindre anicroche atteignant Nasrallah, ne déclenche des représailles allant à l’éradication politique et physique de la famille de son ami Rafic Hariri, particulièrement de son héritier politique, Saad Hariri, planqué à l’étranger durant les hostilités loin d’une capitale dont il est le député et d‘un pays dont il est le chef de sa majorité gouvernementale

La Syrie, ultime expédition post coloniale de la France en phase de déclin

Atteint de plein fouet sur le plan domestique par les gazouillis de la «Première peste de France» (8), caramélisé sur le plan international par la défection de ses deux alliés atlantistes, les Etats-Unis et le Royaume Uni, François Hollande, en dépit d’une reprise pondérale n’est pas un homme de poids, mais un homme empesé, affligé d’une posture dépareillée par un langage suranné, secondé par le pire ministre socialiste des Affaires étrangères de la Vème République. En contrepied de l‘aîné corrézien passé à la postérité pour sa gestuelle gaulliste de Chirac d’Irak, le point d‘orgue de sa double mandature par ailleurs calamiteuse, le cadet socialiste de Tulle, à dix ans de distance, s’est laissé happé par la tourmente d’un «annus horribilis», Scipion l’Africain du Mali, en janvier 2013, Général Flamby en Syrie, à l’automne de la même année, une performance qui pourrait signer son crépuscule diplomatique.

Camouflet supplémentaire, «le plus vieille allié des Etats Unis» n’a pas échappé à l’espionnage de son partenaire outre atlantique, qui lui a dérobé près de 70 millions de communications électroniques entre décembre 2012 et Janvier 2013, en pleine campagne du Mali et de Syrie. Véritable dindon de la farce, que n’a-t-il perçu cela avant de s’engouffrer dans la brèche syrienne alors que ce scandale marquait et l’affaiblissement et la duplicité des Etats Unis: « un affaiblissement fort de l’Amérique. On a longtemps dit que l’Amérique était libre, un modèle à suivre par rapport à la dictature d’Etat de la Chine, qui ne cache pas sa censure. Les Etats-Unis, eux, ont un contrôle sûrement pire [au niveau mondial], sans qu’on le sache », affirme le Français Stéphane Van Gelder, président du comité de nomination de l’Icann.

En 19 mois de gouvernance, seul fait indubitable, François Hollande par ses bourdes successives pourrait accréditer l’idée que Ségolène Royal, la précédente postulante socialiste à la magistrature suprême, aurait fait meilleure présidente que lui, dans tous les cas de figure, qu’il a, comble de cynisme, lui, en tant que secrétaire général du PS, elle, en sa qualité de la mère de ses quatre enfants, plaqué au paroxysme de la campagne présidentielle; indice indiscutable d’une grandeur d’âme. Quarante ans après Epinay, le glorieux parti de Jean Jaurès, le parti du conquérant François Mitterrand qui rêvait d’un dépassement du socialisme par l’Europe n’est plus que l’ombre de lui-même. Un syndicat de barons arcboutés sur des privilèges surannés. Sans créativité, ni réactivité. Sans novation ni innovation. Sans vitalité. Un électro-encéphalogramme plat.

Amplificateur multiplex des thèses atlantistes du pouvoir socialiste, le journal Le Monde actera la défaite française, dans son édition du 1 er octobre 2013. «Loin d’être à la remorque des Américains, la France a cherché à les tirer vers une politique plus décisive sur une politique qui a fait 110.000 morts et menace tout le Moyen orient», soutiendra la directrice du quotidien Nathalie Nougayrède dans un éditorial intitulé «les limites de l’influence française».

Ce constat qui a retenti comme une oraison funèbre de la diplomatie française, était d’autant plus amère que le journal dressait ce jour-là un portrait, en double page, de sa bête noire et de ses bloggeurs attitrés: «Bachar Al-Assad, sans une égratignure… Le Lion de Damas sort renforcé du compromis diplomatique qui a suivi le massacre au sarin». Non Nathalie Nougayrède. Pas du fait du massacre au sarin. Mais du fait du délire des parrains de l’opposition off-shore syrienne et des dérives de leurs poulains. Non Madame, La France n’assume pas une fonction de «diplomatie de repère», ni de balises, mais une diplomatie de repaires et de tanières.

La Syrie apparaitra rétrospectivement comme l’ultime expédition post coloniale d’un pays en déclin: «Parmi les grands perdants de la mondialisation, parmi les grands perdants de l’Européanisation», selon l’expression de Marcel Gauchet (9), la France de François Hollande figure aussi parmi les grands perdants en Syrie et, indice patent de la déflagration mentale des socialistes français, les meilleurs alliés des Saoudiens et néoconservateurs américains, des néo conservateurs israéliens.

« JE RESTERAI TOUJOURS UN AMI D’ISRAËL » « Tamid esha’er haver shel Israel ! » Accueilli en grande pompe par le président Shimon Pérès et le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, dès son atterrissage à Tel-Aviv, M. Hollande a entendu visiblement faire honneur au « tapis rouge » que M. Nétanyahou avait annoncé dérouler pour la visite du président français. Au point de le clamer, en hébreu dans le texte: « Je resterai toujours un ami d’Israël ». Une déclaration Ce que qu’aucun des présidents français n‘avait fait auparavant, pas même Nicolas Sarkozy, qui passait jusqu’à présent comme le plus philo-sioniste des dirigeants français. Chapeau l’artiste socialiste tel qu’el lui-même l’éternité le figera. CF: Le «chant d’amour» de François Hollande «pour Israël et ses dirigeants»

Malheur aux vaincus: L’ingratitude est la loi cardinale des peuples pour leur survie. Sauf à précipiter un naufrage collectif du socialisme français déjà sinistré par Dominique Strauss Khan et Jérôme Cahuzac, de parfaits représentants de la déliquescence du socialisme et non de sa quintessence, la Loi d’airain du cynisme en politique commande le scalp de Fabius pour la survie de Flamby.

Référence

Scipion l’Africain (Publius Cornelius Scipio Africanus) est un général et homme d’État romain, né en 235 av. J.-C. mort en 183 av. J.-C. à Linterne en Campanie. Vaincu par le carthaginois Hannibal Barca à la bataille de Cannes, près de l’actuelle Canosa, il s’emploiera à prendre sa revanche à sa nomination Consul en 205 av. J.-C. A la tête d’une armada de 50 vaisseaux de guerre et 400 navires de transport, emportant près de 35.000 soldats, il passe en Afrique. Deux ans plus tard, il réussit à vaincre le général Carthaginois Hannon et prend le titre Scipion l’africain.

Flamby: Pâtisserie sans œufs ni crème désigne péjorativement un être mollasson et onctueux. Sobriquet réservé à François Hollande avant son accession à la présidence de la république française.

A propos de la réforme du droit de véto au Conseil de sécurité de l’ONU http://www.renenaba.com/la-france-et-la-reforme-du-droit-de-veto-au-conseil-de-securite/

Le gouvernement Ayrault satisfait les Français d’Israël http://jssnews.com/2012/05/16/ayrault1/ Ainsi que à propos du tropisme socialiste à l’égard d’Israël; L’inauguration de l’esplanade David Ben Gourion à Paris Cf. Lettre ouverte à Bertrand Delanoë par René Naba http://www.renenaba.com/lettre-ouverte-a-bertrand-delanoe/

Bilan de Nicolas Sarkozy sur le plan interne, selon la Fondation terre Nova (proche du Parti Socialiste). Nicolas Sarkozy est «le recordman de la hausse la plus brutale du taux de chômage depuis trente Socialiste). Nicolas Sarkozy est «le recordman de la hausse la plus brutale du taux de chômage depuis trente ans ». A 8,1% en 2007, le taux devrait être autour de 10% en 2012, selon les dernières prévisions de l’Insee. La baisse des moyens consacrés à la lutte contre le chômage s’est accélérée depuis 2008 (-10,5% entre 2010 et 2011 et -11,3% entre 2011 et 2012), pointe Terra Nova. Le think tank estime que certaines mesures, comme la défiscalisation des heures supplémentaires ont eu des effets néfastes sur l’emploi en période de crise. La dette publique a explosé de 600 milliards d’euros, alors que, parallèlement, les cadeaux fiscaux se sont élevés à 75 milliards d’euros et que 350.000 emplois industriels ont été détruits, générant 337.000 pauvres supplémentaires.

Les arabisants du Quai d’Orsay expédiés en Amérique latine : http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2013/09/quai-dorsay-les-ambassadeurs-a.html

La France gagnée par le sionisme, par Eyal Sivan : http://www.rue89.com/2013/10/07/eyal-sivan-cineaste-israelien-france-est-gagnee-sionisme-246345

La première peste de France : http://www.grazia.fr/societe/phenomenes/articles/valerie-trierweiler-la-premiere-peste-de-france-487191

Marcel Gauchet in «Les quatre failles d’une présidence», Le Monde en date du 1er octobre 2013, article de Françoise Fressoz, page 6.

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