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Idlib : multiples violations de l’accord de cessez-le-feu russo-turc, les terroristes remercient Erdogan


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mar. 10 mars

Source : South Front, 9 mars 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

Le nouveau cessez-le-feu d’Idlib s’effondre déjà, et cela ne surprend personne.

Le 6 mars, la région syrienne du Grand Idlib est entrée dans une énième phase de cessez-le-feu, les groupes liés à Al-Qaïda poussant un soupir de soulagement grâce aux sacrifices turcs dans la bataille contre l’armée syrienne. Cependant, la pause dans la confrontation militaire turco-syrienne n’a fait que réduire les tensions plutôt que d’y mettre un terme.

Quelques minutes après le début du cessez-le-feu convenu par les Présidents turc et russe à Moscou, des combats intenses ont éclaté entre Hayat Tahrir al-Sham et les forces progouvernementales. Des « rebelles démocrates d’Al-Qaïda » ont attaqué des positions des troupes du régime près de Fleifel, Sufuhon et Fatterah. Pendant ce temps, des groupes soutenus par la Turquie ont mené une attaque contre la base aérienne russe de Hmeimim avec des drones.

Les jours suivants, les groupes militants d’Idlib ont régulièrement bombardé des positions de l’armée près de Saraqib et de Kafr Nabul, se plaignant simultanément de violations du cessez-le-feu par l’armée syrienne. Le pleurnichard le plus actif était le Parti islamique du Turkestan (TIP), un groupe affilié à Al-Qaïda composé principalement d’Ouïghours chinois. Son bastion, Jisr al-Shughur, est situé dans la zone tampon convenue le long de l’autoroute M4. La situation est particulièrement ironique car l’organisation terroriste est exclue du cessez-le-feu. La direction du groupe comprend parfaitement que la création de la zone tampon n’est pas possible tant qu’elle y sera présente. Elle s’attend donc raisonnablement à une opération de l’armée syrienne pour l’en déloger.

Les homologues du TIP plus courageux au sein de Hayat Tahrir al-Sham ont annoncé qu’ils rejetaient l’accord de Moscou. La principale raison est qu’il exclut les groupes terroristes liés à Al-Qaïda comme le TIP et Hayat Tahrir al-Sham. En outre, l’ancienne branche d’Al-Qaïda en Syrie a officiellement remercié la Turquie pour son aide dans la bataille contre le gouvernement de Damas. L’armée syrienne a répondu à une série d’attaques militantes ratées par une offensive limitée dans le sud d’Idlib. Le 7 mars, Damas a libéré les villages de Marat Makhus et Burayj.

Le 8 mars, le Président turc Reccep Tayyip Erdogan, à qui Hayat Tahrir al-Sham a officiellement adressé ses remerciements, a de nouveau menacé de mener une action militaire à Idlib si l’accord de cessez-le-feu n’était pas respecté.

« Si les promesses faites concernant l’opération ‘Bouclier du Printemps’ ne sont pas tenues, nous nous réservons le droit de nettoyer [la zone] en utilisant nos propres méthodes », a déclaré le Président turc. « Nous avons signé cet accord pour apporter une solution à la crise à Idlib sans nouvelle effusion de sang. Sinon, nous continuerons à suivre notre propre voie. »

La déclaration est intervenue alors que les forces armées turques poursuivaient leur renforcement militaire dans le Grand Idlib, envoyant de plus en plus de troupes et d’équipements en Syrie. Récemment, les forces d’Erdogan ont créé plusieurs nouveaux postes au nord de l’autoroute M4, comme toujours à proximité des positions occupées par des terroristes d’al-Qaïda.

Le dirigeant turc a trop vite oublié que ses forces n’avaient pas réussi à concrétiser le précédent lot de menaces contre la Syrie et ses promesses d’une victoire rapide et facile à Idlib. Au lieu de cela, elles ont subi des pertes notables, n’ont atteint aucun des objectifs déclarés et ont reçu un rappel douloureux que la vraie guerre n’est pas un jeu d’enfant.

Le nouveau commandant de la Force iranienne Qods, le Brigadier-Général Ismaïl Qaani (successeur de Qassem Soleimani), a récemment visité la province d’Alep. Il a été photographié aux côtés de plusieurs autres personnes, apparemment des officiers de la Force Qods travaillant sur le terrain en Syrie. La visite de Qaani à Alep est un signal que l’Iran n’abandonnera pas ses alliés syriens et soutiendra pleinement Damas en cas de nouvelle vague d’escalade dans la région. L’avertissement des Gardiens de la Révolution à Ankara indique assez que l’Iran et le Hezbollah n’hésiteront pas à affronter directement les forces turques si nécessaire.

***

Déclaration du groupe Hayat Tahrir al-Sham (considéré comme terroriste par l’ensemble de la communauté internationale) au sujet de l’accord de cessez-le-feu conclu à Moscou entre Poutine et Erdogan, intitulée « L’Accord de Moscou : un nouveau mirage »

Le 6 mars 2020

Source : http://thesaker.is/hayat-tahrir-al-sham-statement-on-ankara-moscow-agreement/

Traduction : lecridespeuples.fr

[…] Le récent accord signé à Moscou concernant le cessez-le-feu n’a rien de nouveau par rapport aux accords précédents, et ses jours ne s’écouleront pas sans qu’il y ait une nouvelle trahison contre la révolution ; et ce principalement parce que l’occupant russe déploie ses efforts politiques et militaires pour permettre au régime criminel (syrien) d’occuper à nouveau les zones, de déplacer leur population et de détruire leurs infrastructures et leurs établissements éducatifs (sic). Cet accord est entaché d’obscurité et de platitudes flottantes qui permettent à l’occupant russe de l’utiliser pour de nouvelles agressions. De même, il contient des clauses qui ne peuvent pas du tout être appliquées, et doivent également être considérées comme une dégradation et une humiliation contre le sang des martyrs et les sacrifices de dix années continues, comme le fait de permettre à l’occupant russe de prendre pacifiquement le contrôle des zones qu’il a reprises, sans guerre et sans combats.

Les dernières semaines ont vu nos factions militaires reprendre l’initiative en récupérant 20 villages à Jabal al-Zawiya et un certain nombre de localités dans les environs de Saraqeb, et l’ennemi a été menacé sur d’autres fronts qui étaient sur le point d’être à nouveau libérés ; sans parler de la destruction des forces d’élite parmi l’occupant iranien et les milices d’Assad, et de centaines de véhicules lourds et de pièces d’artillerie.

Nous remercions le gouvernement turc d’avoir clairement soutenu et supporté la révolution syrienne et d’avoir participé avec elle à la défense des civils et à leur protection lors de la récente bataille, mais l’aide et les secours véritables et ultimes seront de renvoyer les populations dans leurs localités et villes d’où elles ont été déplacés de force par la politique de la terre brûlée, car les milices d’Assad ne savent pas respecter les tombes des morts [propos particulièrement ironique au vu des maintes profanations de cadavres et de tombeaux de la part des wahhabites d’Al-Qaïda, le plus célèbre étant un terroriste dépeçant un soldat syrien tué et mangeant son foie, imitant en cela l’action des ennemis du Proohète sur le corps de son oncle Hamza], alors comment les vivants peuvent-ils se sentir en sécurité pour vivre à nouveau sous leur règne ?!

Il n’y a donc pas de victoire pour notre révolution sans poursuite de la lutte contre notre ennemi, quel qu’en soit le prix, car c’est une grande révolution que nous transmettons à quiconque marche sur nos traces, et que nous écrivons comme une histoire noble. Et il n’y aura de sécurité ou de paix en Syrie qu’en supprimant ce gang criminel.

Et enfin, nous conseillons à nos fils moudjahidines révolutionnaires et à notre peuple dans les zones libérées de renouveler l’allegeance et de réaliser les objectifs de la révolution en étant fidèles à ceux qui ont sacrifié, enduré et dépensé, et qui ont été déplacés de leur domicile, jusqu’au retour de la Syrie libre, digne et défiante.

Et sachez que le seul langage en vigueur avec l’occupant est celui de la force et des armes. […]

About Ginette Hess Skandrani

écologiste, membre co-fondatrice des verts, anti-colonialiste et solidaire des peuples opprimés du monde arabe, dont les Palestiniens et d'Afrique.