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Il vient d’effectuer un voyage dans l’entité sioniste. Les élucubrations de Ferhat Mehenni


 

Ferhat Mehenni  ne cesse d’étonner. Peut-être est-ce précisément son but.

Lors de son voyage dans l’entité sioniste, la semaine dernière, le leader du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) a affirmé avoir brisé un tabou «du fait que l’Algérie le boycotte» et avoir ainsi réalisé «son rêve» en se rendant dans ce pays. Mais au-delà de la satisfaction d’avoir réalisé «un rêve», Ferhat Mehenni s’est fendu de déclarations qui trahissent le besoin de faire dans la provocation. Il déclare dans les colonnes du très influent journal Jérusalem Post qui lui a accordé une longue interview, que les Kabyles, qui ont «toujours eu de la sympathie pour les juifs» ont «applaudi la défaite des Arabes en 1967». Une contrevérité historique.

A-t-il sondé tous les Kabyles pour asséner de telles «vérités» ? De nombreux Kabyles avaient pris part aux combats durant la guerre de 1967 contre l’entité sioniste et leur sang a coulé sous les balles de tsahal. Voulant à tout prix convaincre ses hôtes de la nécessité d’apporter un soutien à sa cause, l’ancien chanteur, engagé et de surcroît internationaliste, déclare que des «similitudes» existent entre la Kabylie et l’entité  sioniste. Il appelle ainsi à «intensifier» les relations entre les «deux parties». Comment ? Ferhat n’en souffle mot. Dans un parallèle pour le moins farfelu, il fait remarquer qu’«Israël, tout comme la Kabylie, évolue dans un environnement hostile» et que «les deux partageant le même type de voie, à la seule différence que l’entité sioniste a réussi à instaurer son propre Etat».

Exit donc le combat du peuple palestinien, ses souffrances et son droit à la liberté et à un Etat.
C’est à ce titre qu’il a lancé un appel à ses amis du Likoud pour qu’Israël adopte la Kabylie «comme une sœur» de Tel-Aviv, dans une de ces formulations dont le «président du gouvernement provisoire kabyle» a le secret. L’invité de l’entité sioniste a tenu à clore son propos par une envolée lyrique de la même farine, en chevrotant un «Liberté pour la Kabylie, éternité pour Israël». Des déclarations d’amour qui laissent légitimement penser que Ferhat Mehenni a bien des choses à engranger. Un combat de plus en plus douteux.
 

R. P.

ELWATAN