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Irak : Nouveaux affrontements lors de manifestations


Publié par Gilles Munier sur 30 Novembre 2020, 11:17am
Catégories : #Irak

Des protestataires anti-gouvernement contre des défenseurs du clerc chiite, Moqtada al Sadr, à Nassiriya, en Irak, le 27 novembre 2020. Photo Reuters/Ahmed Dhahi

Revue de presse : El Watan (29/11/20)*

Des manifestants anti pouvoir en Irak ont défié le confinement et la menace de violences pour protester hier dans plusieurs villes du pays, où de nouveaux affrontements avec les forces de l’ordre ont coûté la vie à un manifestant, rapportent des médias.

Les tensions sont vives après que des heurts ont éclaté vendredi entre des membres du mouvement anti pouvoir, né lors de la révolte populaire d’octobre 2019, et des partisans du leader chiite Moqtada Sadr. Des dizaines de milliers de personnes ont répondu à l’appel du chef religieux et sont descendues dans la rue vendredi dans une démonstration de force, à Baghdad et dans d’autres villes irakiennes. A Nassiriya, bastion des révoltes en Irak, les militants anti pouvoir ont accusé les sadristes de leur tirer dessus avec des pistolets et d’avoir mis le feu à leurs tentes. Les affrontements s’y sont poursuivis hier, des médecins faisant état de sept morts dans la matinée, dont cinq par balle, et d’au moins 60 blessés.

La ville a été un lieu majeur du mouvement de protestation lancé en octobre 2019 contre un gouvernement considéré comme corrompu, incompétent et trop redevable à l’Iran voisin. Des heurts ont également eu lieu dans la nuit à Kut, où un manifestant est mort dans des échauffourées avec les forces de sécurité, selon une source policière ayant requis l’anonymat. Les autorités de Kut ont imposé de nouvelles restrictions à la circulation hier matin et tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants qui se trouvaient toujours sur place.

Ces nouveaux heurts ont lieu un an, jour pour jour, après les plus sanglantes violences du soulèvement populaire de 2019, lorsque plusieurs dizaines de personnes avaient été tuées dans des violences liées aux manifestations, à Nassiriya. Le lourd bilan avait suscité l’indignation en Irak et mené à la démission du Premier ministre de l’époque, Adel Abdel Mahdi. Son successeur, Mustafa Al Kadhimi, a cherché à atténuer la colère des manifestants en répondant à l’une de leurs principales demandes : l’organisation d’élections anticipées, prévues en juin 2021. Les autorités ont limogé le chef de la police de la ville, ouvert une enquête sur les événements à Nassiriya. Mais les chances que les poursuites aboutissent sont faibles, les familles des victimes de l’année dernière affirmant toujours attendre que justice soit rendue.

Samedi soir, la foule a quitté le lieu du rassemblement dans une marche commémorant les victimes de la révolution de 2019.

*Source : El Watan (Algérie)