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« israël », ASL, El-Nosra, même combat .


Par Bahar Kimyongür
Un chef « rebelle » en Syrie se réjouit de voir son pays bombardé par l’ennemi israélien.
 

Ce dimanche, un leader de l’ « opposition syrienne » dénommé Hassan Rastanaoui est apparu en direct depuis Homs sur la deuxième chaîne « israélienne ».

Il était l’invité surprise du journaliste « israélien » Yaari Ehud.

Rastanaoui a été présenté sur le site Internet de la chaîne « israélienne » comme un leader de la rébellion « syrienne » ( http://www.mako.co.il/news-world/arab/Article-bfd61e1daa57e31004.htm&sCh=3d385dd2dd5d4110&pId=1575680455 )

Répondant à une question du journaliste relative aux bombardements effectués ces derniers jours par l’aviation « israélienne » à Damas, Hassan Rastanaoui a exprimé sa joie et sa gratitude ( http://www.youtube.com/watch ?v=sSszn81qiyE ).

D’après lui, les bombardements de l’aviation israélienne visaient des caches d’armes appartenant à l’armée arabe syrienne mais aussi aux milices du Hezbollah et à la Garde républicaine iranienne qu’il qualifie de « plus grands dangers terroristes ».

Cette nouvelle attaque de l’ennemi « israélien », dixit Rastanaoui, « emplit le coeur du peuple et des révolutionnaires syriens ».

La complicité entre la rébellion syrienne et l’armée « israélienne » n’est pas un scoop.

L’an dernier, la même chaîne « israélienne » avait interviewé le cheikh Abdallah Tamimi, un leader salafiste originaire de Homs ,très « israel »-friendly.

Usurpant l’identité sunnite et insultant des millions de Syriens sunnites patriotes, Tamimi déclarait que « pour les citoyens syriens sunnites, »l’israël » n’est pas et n’a jamais été leur véritable ennemi (…) Nous (les sunnites) sommes dans le même camp que celui de « l’sraël » ( http://www.youtube.com/watch ?v=9Xbu864lfwg ).

D’autre part, de nombreux combattants de l’ASL sont hébergés et se font soigner par l’armée « israélienne » (AFP, 16 février 2013 et Marc Henry, Le Figaro, 29 mars 2013)

Ils reçoivent des armes « israéliennes » ( http://www.youtube.com/watch ?v=qgznlLHb-44 ), accueillent des journalistes et des agents « israéliens » dans leurs rangs ( http://www.france24.com/fr/20121220-syrie-israel-armee-syrienne-libre-itai-anghel-amir-tibone-television-israelienne-idlib-khirbet-joz ) renseignent les services secrets « israéliens » sur la localisation des rampes de lancement des missiles balistiques syriens et des dépôts d’armes et promettent que la Syrie « libre » normalisera ses relations avec « l’israël ».

Malgré l’abondance de preuves sur les collusions entre « l’israël » et les « rebelles » syriens, dans les médias mainstream mais aussi dans certains milieux soi-disant alternatifs et pro-palestiniens, on trouve encore quelques conspirationnistes frustrés qui défendent la thèse selon laquelle la Syrie et « l’israël » seraient des pays amis, arguant que depuis la guerre de Tichrine (désigné que par son nom hébreu -Yom Kippour- dans les médias occidentaux), Damas a renforcé sa frontière la séparant de « l’israël » ainsi que ses lignes de défense dans le Golan.

Cette théorie est pourtant aussi absurde que de soupçonner une complicité entre les Etats-Unis et Cuba au motif que La Havane n’a toujours pas reconquis la baie de Guantanamo, un territoire cubain sous occupation militaire étasunienne depuis 1898.

N’en déplaise à certains spécialistes de l’enfumage, l’insoumission du gouvernement de Damas face à « l’israël » et à ses vassaux wahhabites, le soutien politique et militaire qu’il apporte aux résistances libanaise et palestinienne, son alliance stratégique avec l’Iran, telles sont les raisons objectives qui poussent les Etat-Unis, l’Europe et « l’israël » à faire durer la guerre de Syrie autant que faire se peut.

A la veille de la guerre contre l’Iran, la mission accomplie par les djihadistes syriens arrange « l’israël » tout comme ses opérations menées contre le gouvernement syrien sont du pain béni pour les djihadistes syriens. Et ce, de l’aveu même d’un chef « rebelle ».

Bahar Kimyongür