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Jean-Luc Godard commente l’intervention de Zelenski à Cannes


Par Silvia Cattori
Arrêt sur info — 24 mai 2022

Jean-Luc Godard at Berkeley, 1968

Etre ukrainien ne devrait pas autoriser la négation de la culture russe. Nous avons été choqués par l’intolérance sectaire des représentants du cinéma ukrainien exigeant l’exclusion de toute personnalité russe du festival de Cannes et s’opposant à la présence du réalisateur russe Kirill Serebrennikov en compétition.

Seul le coup de gueule de Jean-Luc Godard s’est élevé face à ces vents mauvais :

« L’intervention de Zelensky au festival cannois va de soi si vous regardez ça sous l’angle de ce qu’on appelle « la mise en scène » : un mauvais acteur, un comédien professionnel, sous l’œil d’autres professionnels de leurs propres professions.

Je crois que j’avais dû dire quelque chose dans ce sens il y a longtemps. Il aura donc fallu la mise en scène d’une énième guerre mondiale et la menace d’une autre catastrophe pour qu’on sache que Cannes est un outil de propagande comme un autre. Ils propagent l’esthétique occidentale, quoi…

S’en rendre compte n’est pas grand-chose mais c’est déjà ça. La vérité des images avance lentement. Maintenant, imaginez que la guerre elle-même soit cette esthétique déployée lors d’un festival mondial, dont les parties prenantes sont les États en conflit, ou plutôt « en intérêts », diffusant des représentations dont on est tous spectateurs… vous comme moi.

J’entends qu’on dit souvent « conflit d’intérêt », ce qui est une tautologie. Il n’y a de conflit, petit ou grand, que s’il y a intérêt. Brutus, Néron, Biden, ou Poutine, Constantinople, l’Irak ou l’Ukraine, il n’y a pas grand-chose qui a changé, mise à part la massification du meurtre. »

Le commentaire ci-dessous résume bien le contexte:

« Jean-Luc Godard n’a plus peur de personne. C’est l’avantage de l’âge. Alors il est l’un des derniers à oser dire ce qu’il pense vraiment contrairement à ses confrères. Sa dernière prise de parole concerne Zelensky au Festival de Cannes. Il va avoir du mal à financer son prochain film, c’est certain, mais il est libre et la liberté de parole c’est mieux que de finir à genoux devant la main de celui qui paye. » [APAR.TV, 23 mai]

Silvia Cattori

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