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Katerina Iouchtchenko, première dame et agent de la CIA


Members of the National Socialist Movement rally on the steps of the Capitol Building in Lansing, Michigan, behind three rows of chain-link fencing and tight security. The NSM members had to be brought in to the rally in a police convoy of buses from a secret meeting location, and returned there afterwards.
Politique Ukraine
Katerina Iouchtchenko, première dame et agent de la CIA
20/05/2022

Katerina Chumachenko, c’est son vrai nom, est l’épouse de l’ancien président ukrainien Victor Iouchtechnko (2005-2010), qui arriva au pouvoir après une première révolution colorée américaine, appelée la Révolution Orange. Survenue dans l’hiver 2004-2005, elle fut la première tentative de déstabilisation de l’Ukraine par les États-Unis, mais fut balayée en 2010, par la victoire aux élections présidentielles du président pro-russe Ianoukovitch, élu justement avec le large vote des Russes ethniques de l’Est du pays. L’histoire de ce couple est intéressante, car elle éclaire la longue lutte qui se joue en Ukraine depuis près de 20 années, et le lent travail de sape américain dans cette région clef de la stabilité en Europe. Emboîtons le pas de cette dame… dans les couloirs de la Maison Blanche, jusqu’à ceux de la présidence ukrainienne.

Agent de la CIA et pièce essentielle de la déstabilisation de l’Ukraine. Née à Chicago en 1961, dans une famille d’émigrés ukrainiens, elle fit des études à l’Université de Georgetown. C’est au début des années 80 qu’elle fut recrutée par les services de renseignements américains, alors que la Guerre froide touchait à sa fin. Elle fréquenta Yaroslav Stetsko, un proche de Bandera, en exil aux États-Unis, qui avait fondé une organisation antisoviétique, Le Bloc des nations anti-bolcheviques, l’ABN (1946), qui fut dirigée par le chef nationaliste jusqu’à sa mort en 1986. Ekaterina travailla pour cette organisation, et à partir de 1985 devînt analyste dans le Département d’État et du Conseil de sécurité nationale des États-Unis. L’année suivante, elle travailla au Bureau des Droits de l’Homme et supervisa des activités en direction des pays de l’Europe de l’Est et de l’Union soviétique. Elle fut ensuite directrice-adjointe du Département international, et à cet égard rédigea des documents d’analyses pour Ronald Reagan en personne. En 1989, elle fit un passage au Trésor des États-Unis puis jusqu’en 1991 travailla au sein du Comité Économique du Congrès. Elle se refusa toujours à parler de cette période de sa vie et de son activité de renseignement pour les USA. Les pistes sont toutefois claires, elles conduisent à la CIA, mais aussi aux milieux néo-nazis ukrainiens et allemands, courtisés par les Américains durant la Guerre froide et recyclés par la suite dans les grandes manœuvres visant à saper l’influence de la Russie en Ukraine. Dès l’indépendance du pays, elle s’installa en Ukraine, où elle créa la Fondation Américaine Ukrainienne. Elle fut alors au centre de nombreuses transactions et opérations, notamment autour de l’USAID, l’Agence des États-Unis pour le développement international, gérant la distribution « d’aides financières », puissante organisation gérée par la présidence américaine et énorme machine d’espionnage et d’infiltration à travers le monde.

Les accointances néonazies de la future première dame d’Ukraine. Elle eut des relations très serrées avec d’anciens nazis, notamment le lieutenant-colonel allemand Théodore Oberlander (1905-1998), ancien officier du bataillon Nachtigall, nazi avéré et convaincu d’avoir participé aux massacres contre les Juifs et les Polonais en Ukraine. Également soupçonné de crimes de guerre contre l’Armée rouge sur le Front de l’Est, par ailleurs membre de l’État-major de l’Armée de Libération du célèbre Vlassov. Il fut recyclé par les Américains et devînt comble de l’ironie, membre du Parlement de la RFA (1953-1965), membre du Parlement de Bavière (1950-1953), en charge dans le Ministère fédéral des personnes déplacées, des réfugiés et des victimes de guerre dans plusieurs cabinets du Chancelier Conrad Adenauer. Son mentor fut un temps le collaborateur ukrainien de l’Allemagne nazie, Yaroslav Stetsko (1912-1986). Ce personnage avait déclaré l’indépendance de l’Ukraine à Lvov (juin 1941), s’attirant les foudres de l’Allemagne, les plans d’Hitler n’ayant jamais été de privilégier cette option, mais de pressurer l’Ukraine comme un simple territoire occupé. Agent de l’Abwehr, les services secrets nazis, il rongea son frein en prison mais écrivit ses mémoires, où sans équivoque il décrivit le Moscovite comme l’ennemi absolu… avec le Juif, et écrivit même qu’il approuvait l’extermination totale de ce dernier et les méthodes allemandes. Il fut recyclé devant le danger d’une invasion soviétique imminente, et remis en selle par les SS (1944). C’est alors que fut formé l’UAI, issue de l’UPA, une armée de partisans ukrainiens servant aux côtés des groupes hitlériennes, dont le QG était à Berlin. Blessé durant un bombardement (avril 1945), il réussit à se faufiler dans la zone contrôlée par les alliés et fut bientôt engagé par les services secrets américains. C’est dans ce milieu que l’épouse du président ukrainien fut élevée… et propulsée dans les plus hautes sphères US.

Durant toute cette période, Katerina fut très active dans des organisations dites « parapluies », c’est-à-dire sous contrôle américain, en particulier l’Heritage Foundation (HF) et Freedom House (FH). Elle fut suspectée du détournement de sommes colossales, en particuliers de 242 millions d’Hryvnia (environ 7,8 millions d’euros), fonds collectés pour le projet « Hôpital pour les enfants de l’Avenir ». Le projet n’arriva jamais à terme et l’argent se volatilisa justement dans les comptes bancaires de la femme du président. Devenue Première Dame de l’Ukraine, épouse de Iouchtchenko, elle ne négligea pas non plus les affaires en investissant l’argent de la corruption dans une chaîne de restauration/bar et d’autres business lucratifs. Entre 1994 et 1999, elle dirigea le bureau ukrainien d’un célèbre cabinet financier et de consultants internationaux, Barents Group LLC (l’une des banques au cœur des financements « pour le développement des pays »), distribuant un flot de dollars dans le monde pour maintenir ou accroître l’influence américaine. Au fait de son ascension, une photo fit alors son apparition, photo prise selon toutes les probabilités avant 1992, lors d’un congrès des membres de National Alliance, une organisation néo-nazie américaine. Réunion où elle prit la parole et fit ostensiblement le salut hitlérien…

Parachutée dans le lit de Victor Iouchtchenko. A l’indépendance de l’Ukraine (1991), elle fut dépêchée dans le pays, où elle fut introduite auprès des hommes qui comptaient à cette époque. C’est dans un avion qui la transportait avec son futur mari, qu’elle rencontra pour la première fois sa cible. Selon des assertions tenaces et troublantes, elle fut placée par la CIA, à ses côtés et ne tarda pas par son audace à séduire cet homme, qui devînt son mari (1998) et dont elle a eut trois enfants. Leur proximité fut possible par le fait qu’elle travaillait à Kiev pour le groupe Barents, et que dans le même moment Iouchtchenko avait atteint la tête de la banque nationale d’Ukraine (1993), notamment après la mort jamais élucidée de son précédent directeur, Vadym Hetman. Condamné à la prison à vie, son assassin démentira plus tard ses premiers aveux et Iouchtchenko s’empressa une fois président de l’Ukraine, de faire décerner à Hetman le statut de héros (2005). La main qui se trouvait derrière cet assassinat n’a jamais été démasquée. Iouchtchenko resta longuement à la présidence de la banque nationale (1993-2000), devenant selon le magazine américain Global Finance, le 6e meilleur banquier au monde (1997). Son ascension fut alors fulgurante, Premier ministre d’Ukraine (1999-2001), il était l’homme en vue, lorsqu’une tentative d’empoisonnement survînt et gonfla sa popularité. La piste russe fut immédiatement évoquée, mais jamais prouvée et malgré d’intenses investigations, à ce jour, le commanditaire n’a lui aussi pas été confondu. Fort de cette immense popularité, il était alors en position de force pour gagner l’élection présidentielle, qui fut entaché de fraudes. Vaincu dans un second tour, cette défaite déclencha un immense mouvement populaire, appelé Révolution Orange, le premier Maïdan américain (2004-2005). Les États-Unis avouèrent plus tard avoir dépensé 65 millions de dollars, pour sa campagne et l’organisation d’un nouveau scrutin, où cette fois-ci, il fut déclaré vainqueur (20 janvier 2005). Dès cette époque, ce qui annonçait le soutien massif des médias occidentaux, cette révolution fut présentée comme une victoire « de la démocratie et de la justice », soutenue avec enthousiasme à l’Ouest.

Première dame d’Ukraine et cheval de Troie. Dès lors, sous l’influence certaine de son épouse, Iouchtchenko déroula une propagande inquiétante pour les populations russes de l’Est du pays. Un Institut de la mémoire nationale fut rapidement créé (2005), qui œuvra à la réécriture de l’histoire, générant une inquiétude de plus en plus forte. Le couple se rendit à Paris sur la tombe du chef nationaliste Simon Petlioura, assassiné en 1926, après avoir commandé une armée ukrainienne durant la Guerre civile russe, qui se livra à d’atroces pogroms (au moins 80 000 Juifs massacrés). Dans la même fibre, les collaborateurs de l’Allemagne nazie furent réhabilités (Bandera, Choukhevytch, 2007-2010), puis bientôt désignés comme « héros de l’Ukraine ». Elle s’impliqua elle-même dans le révisionnisme historique en supportant le mythe ukrainien de l’Holodomor. Dans cette réécriture de l’histoire, la grande famine provoquée par les délires de Joseph Staline, aurait été un génocide visant le peuple ukrainien. Si la famine tua bien environ 5 millions d’Ukrainiens, c’est oublier qu’elle toucha toutes les régions agricoles de l’URSS, tuant 5 millions de victimes de plus. C’est là, justement le mensonge ukrainien, la famine ne visait pas ce peuple. Pour marteler cette non vérité, Iouchtchenko instaura un jour de la mémoire des victimes de la famine et de la répression politique (célébré le 26 novembre), puis le génocide ukrainien fut voté à la Rada (2006). De manière ridicule, l’Ukraine commença même une procédure pénale contre les responsables (2009), évidemment tous morts, du jamais vu dans l’histoire judiciaire. Elle fut, elle-même récompensée par la médaille de la Liberté Truman-Reagan, pour « son travail à long terme où Madame Iouchtchenko s’est dédiée à la diffusion de la vérité sur les crimes du régime communiste, principalement sur le génocide de la faim en Ukraine de 1932-1933 » (2008). Étant toujours américaine au moment de l’élection de son mari, ce qui créait une situation pour le moins dérangeante, elle fut tardivement naturalisée et abandonna son passeport américain (2005). Son mari, le premier, alla même jusqu’à entamer des négociations pour l’adhésion de l’Ukraine dans l’OTAN (2008), déclenchant entre ce pays et la Russie une « guerre du gaz ». Ce plan américain, très dangereux pour la stabilité en Europe, conduisit par la suite comme nous le savons, à l’intervention russe en Ukraine, en février dernier.

De la déroute à la retraite discrète et dorée. Sous la présidence de son mari, l’Ukraine atteignit un niveau de corruption jamais observée. Le pays placé en coupe réglée par des oligarques puissants et des lobbyings divers, dont banquiers, et vit l’ascension de personnages s’étant engraissés sur le dos de la population, comme la fameuse Timochenko, la Reine du Gaz, ou encore Porochenko, le Roi du Chocolat. N’ayant pas commencé la moindre réforme dans son pays, sauf sur le plan idéologique, abandonnant son peuple dans un pays sclérosé, malade et divisé, il devait subir une dantesque défaite électorale, ne récoltant comme président sortant que 5,45 % des suffrages au premier tour. Balayé d’un revers de main par le peuple ukrainien, tout le système américain et les millions de dollars investis, s’envolaient d’un seul coup. Et cette fois-ci, par une vraie réponse démocratique des Ukrainiens : le vote. La réponse américaine ne devait pas tarder en 2013-2014 : « la Révolution de la dignité, l’Euromaïdan ». Impopulaire, mais riche, il tenta de s’accrocher à la politique, critiquant l’annulation des titres de héros, des collaborateurs de l’Allemagne nazie (janvier 2011). En vain, la déroute se poursuivit avec son parti Notre Ukraine, récoltant aux élections législatives un score de 1,1 % (2012). Il fut même débarqué de son propre parti (9 février 2013), pour « trahison », mais faisant intervenir la justice, il fit casser cette décision et retrouva son poste. Décision stupide et vaine, la force ne pouvant lui redonner la confiance des militants et encore moins des Ukrainiens (mars). Le couple disparut ensuite, pour apparaître ici et là de temps à autre,

Il prit position en faveur du Maïdan (2014), et supporta la candidature à la présidence de l’ancien boxeur, Vitali Klitschko. Soutien malheureux, son candidat fut vaincu. Il prospéra de nouveau dans les milieux banquiers, nommé au Conseil d’administration de la banque Alpari (mai 2018). Aux élections présidentielles de 2019, il supporta un autre vaincu, Petro Porochenko, puis fut menacé par une procédure judiciaire, porta sur le démembrement du patrimoine de la présidence, et particulièrement à propos d’une résidence présidentielle. L’affaire fut classée sans suite. Avec les anciens présidents Kravtchouk et Koutchma, il signa un appel pour rappeler que les puissances nucléaires avaient garantis l’intégrité territoriales de l’Ukraine, tout en la privant à l’époque de l’arme nucléaire (sous-entendu que ces fous pourraient en faire l’usage actuellement), en accusant de manière cynique la Russie, comme unique responsable de la déstabilisation de l’Ukraine… Dernièrement, le couple a prit position contre « l’invasion des fascistes russes », eux qui toute leur vie, auront été des alliés fidèles d’une Ukraine qui elle, se complaisait largement et de manière ostentatoire dans le culte des héros nazis, d’hier et d’aujourd’hui, de l’Ukraine de l’UPA aux bataillons de représailles de l’opération ATO.

En Occident, régulièrement, la photo de l’ex-première dame ukrainienne faisant le salut nazi disparaît… d’internet, notamment de Google. Mais les Russes ont inventé… Yandex !

Laurent Brayard pour le Donbass Insider
Tags: Maïdan, néo-nazisme, politique, propagande, Ukraine
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