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La Syrie peut scinder l’OCI


La Syrie peut scinder l'OCI

Konstantin Garibov

 

Le sommet extraordinaire de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) se déroule le 14 et 15 août à la Mecque en Arabie Saoudite. Il est convoqué pour « aplanir certaines contradictions aiguës ». La source principale des contradictions entre les pays islamiques est la crise en Syrie.

On prévoit que le sommet discutera de la possibilité de suspendre la participation de la Syrie à l’organisation. La veille les ministres des affaires étrangères des pays de l’OCI ont discuté de cette question pendant une réunion préparatoire à Djeddah. La majorité absolut des ministres s’est prononcée pour la suspension de la participation de la Syrie. Cependant, cette décision n’a que le statut d’une recommandation. Seulement les représentants de l’Iran qui est allié du régime syrien et l’Algérie se sont prononcés contre. Après la discussion le Ministre des Affaires étrangères d’Iran Ali Akbar Salehi a déclaré que cette exclusion ne permettrait pas de résoudre le problème. Agir de cette façon c’est essayer d’éviter la résolution du problème, a ajouté le ministre.

Selon les observateurs, les participants au sommet cherchent des points de contact entre ceux qui soutiennent le président Bachar el-Assad et ceux qui soutiennent l’opposition. Cependant, il est peu probable que les participants soient prêts d’accepter un compromis, croit le politologue jordanienYasser Kubeylat. Si l’on parle des sponsors des rebelles syriens, ils ne renonceront pas à leur objectif initial : détruire le régime laïque républicain en Syrie.

Le problème principal des rebelles en Syrie consiste en ce que depuis le début du conflit ils n’ont pas réussi à s’assurer du soutien du peuple. On peut supposer que les pays qui aident les rebelles changeront leur propre position parce que ces derniers essuient les défaites. Cependant, il peut s’agir non pas de leur renonciation à leur idée de changer le régime, mais de l’élaboration de nouveaux moyens de soutenir les rebelles.

En même temps, la Syrie est juste une source la plus aigüe des contradiction en OCI, rappelle l’analyste Semen Bagdassarov :

 » Des changements sérieux ont lieu dans le monde musulman. L’Occident intervient activement dans ces processus. Israël, de son côté, fait également tout pour qu’il y ait une scission dans le monde islamique. C’est pourquoi je pense qu’il ne faut pas attendre de la rencontre à La Mecque plus que des formules générales dans la déclaration finale « .
Un nouveau défi pour l’OCI : les représentants des communautés religieuses différentes commencent à se regarder les uns les autres non pas comme de bons voisins mais comme des adversaires. Ce processus a commencé à se renforcer en Irak après l’occupation américaine. Il est clair à quoi cela peut aboutir. Cependant, il n’est pas clair si les dirigeants des pays islamiques profitent de la dernière chance de ne pas admettre le commencement d’une guerre de « tous contre tous » dans la région. Une seule chose est claire : plus de temps l’OCI reste divisée d’après ce principe, moins de chances elle a pour élaborer une position consolidée sur la Syrie

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