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L’ASL a perdu une figure de proue à Homs


Par Louis Denghien, le 9 février 2012

Il s’appelait Abdul Razzaq Tlass, et commandait le groupe d’activistes al-Farouq, une « étoile » de la nébuleuse islamo-ASL. Il a été tué à Homs, avec un de ses seconds, dans les violents affrontements qui opposent les insurgés et les forces régulières depuis plusieurs jours. Officier, Tlass avait fait défection l’année dernière, et monté l’unité ou « brigade » al-Farouq avec d’autres déserteurs, groupe qui a multiplié les attaques contre les militaires, les policiers, mais aussi des civils.

 

Abdul Razzaq Tlass, petit cousin de l’ex-ministre de la Défense syrien, et figure médiatique de l’ASL : tué à Homs dont lui et les siens avaient voulu faire la « capitale de la révolution », et, dans l’immédiat, un laboratoire de guerre civile

Déserteur de bonne famille

Avec Tlass, l’ASL ne perd pas seulement un  chef militaire, mais une personnalité éminemment symbolique : Abdul Razzaq Tlass était en effet apparenté au général Mustapha Tlass –  il est son petit cousin, semble-t-il -, longtemps ministre de la Défense syrien sous Hafez puis sous Bachar al-Assad, et grande figure du régime baasiste. L’opposition avait donc eu à coeur de mettre en avant ce dissident « exemplaire », qui se vantait, dans un reportage de propagande dû à Sofia Amara et diffusé par la chaîne Arte, d’être « le premier officier à avoir déserté de l’armée syrienne » .

Ce sont des hommes appartenant au groupe de Tlass qui ont revendiqué, fin janvier, l’enlèvement de sept Iraniens, présentés comme des auxiliaires de l’armée de Bachar, mais en fait des ingénieurs travaillant à un projet de centrale électrique près de Homs, et enlevés les 20 et 21 décembre 2011 .

Paris-Match, dans son numéro du 5 au 11 janvier, avait publié une photo montrant le lieutenant ou commandant Tlass posant complaisamment en train de brandir le passeport d’un des Iraniens détenus par son groupe. Une vidéo avait été tournée pour la circonstance et mise en ligne fin janvier, dans laquelle Tlass s’adresse carrément – en l’assurant au passage de son « respect » – au Guide suprême de la République islamique d’Iran Ali Khamenei, pour lui demander de retirer de Syrie les mercenaires et autres pasdarans iraniens venus prêter main forte à Bachar al-Aassad : cette incrimination de miliciens iraniens dans la crise syrienne est devenu un « classique » de la propagande – et des fantasmes politiques – de l’opposition .

Le 2 février, la chaîne de désinformation continue séoudienne al-Arabiya annonçait encore que la « brigade » al-Farouq venait de s’emparer d’une position de l’armée régulière dans le quartier d’al-Khaldiyeh à Homs, capturant pas moins de 17 soldats. Mais d’autres sources affirmaient que les hommes capturés appartenaient en fait à la Sûreté de l’Etat.

Ce devait être, à supposer qu’il soit vérifié, le dernier fait d’armes du lieutenant Abdul Razzaq Tlass, tombé sans doute courageusement, mais dans un combat douteux.

Le lieutenant Tlass et ses otages iraniens, prétendument militaires