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Le Hezbollah en guerre (11) : causes et conséquences du conflit (27 août 2006)


Le Cri des Peuples

lecridespeuples

Août 28
Interview du Secrétaire Général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 27 août 2006, 13 jours après le cessez-le-feu entre Israël et le Liban qui a mis fin à la guerre de 33 jours.

Précédé d’un article de Seymour Hersh parsemé de propagande, mais révélant que loin d’être une simple réaction à la capture de deux soldats par le Hezbollah, la guerre d’annihilation israélienne contre le Hezbollah avait été préparée de longue date et était inévitable, l’opération du Hezbollah l’ayant simplement avancée de 2 mois.

En 2019 et 2020, Le Cri des Peuples a intégralement traduit les 9 interventions de Nasrallah durant la guerre de 2006, auparavant inaccessibles pour le public francophone. Les 4 dernières interventions d’après-guerre, également inédites en français, sont traduites et publiées cette année à leur date anniversaire (14 août, 27 août, 12 septembre et enfin le fameux discours de la ‘Victoire divine’ le 22 septembre).

Voir les discours précédents : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10.

La guerre de 2006, prélude à une attaque américaine contre l’Iran

Par Seymour Hersh

Source : The New Yorker, 13 août 2006

Traduction : lecridespeuples.fr

Dans les jours qui ont suivi l’opération transfrontalière du Hezbollah libanais en Israël, le 12 juillet, pour capturer deux soldats, déclenchant une attaque aérienne israélienne sur le Liban et une guerre totale, l’administration Bush a semblé étrangement passive. « C’est un moment de clarification », a déclaré le président George W. Bush au sommet du G-8, à Saint-Pétersbourg, le 16 juillet. « Il est maintenant devenu clair pourquoi nous n’avons pas la paix au Moyen-Orient ». Il a décrit la relation entre le Hezbollah et ses partisans en Iran et en Syrie comme l’une des « causes profondes de l’instabilité », et a ensuite déclaré qu’il appartenait à ces pays de mettre fin à la crise. Deux jours plus tard, malgré les appels de plusieurs gouvernements pour que les États-Unis prennent la tête des négociations pour mettre fin aux combats, la secrétaire d’État Condoleezza Rice a déclaré qu’un cessez-le-feu devait être reporté jusqu’à ce que « les conditions soient propices ».

L’administration Bush, cependant, a été étroitement impliquée dans la planification des attaques de représailles d’Israël. Le président Bush et le vice-président Dick Cheney étaient convaincus, m’ont dit des responsables actuels et anciens du renseignement et de la diplomatie, qu’une campagne de bombardement réussie de l’armée de l’air israélienne contre les complexes souterrains lourdement fortifiés de missiles et de commandement et de contrôle du Hezbollah au Liban pourrait apaiser les inquiétudes d’Israël en matière de sécurité et également servir de prélude à une éventuelle attaque préventive américaine visant à détruire les installations nucléaires de l’Iran, dont certaines sont également enfouies profondément sous terre.

Les experts militaires et du renseignement israéliens avec lesquels j’ai parlé ont souligné que les problèmes de sécurité immédiats du pays étaient une raison suffisante pour affronter le Hezbollah, indépendamment de ce que voulait l’administration Bush. Shabtai Shavit, conseiller en matière de sécurité nationale à la Knesset, qui a dirigé le Mossad, le service israélien de renseignement extérieur, de 1989 à 1996, m’a dit : « Nous faisons ce que nous pensons être le mieux pour nous, et s’il se trouve que cela répond aux exigences des États-Unis, cela fait partie de la relation entre deux amis. Le Hezbollah est armé jusqu’aux dents et entraîné aux technologies les plus avancées de la guérilla. C’était juste une question de temps. Nous devions lui faire face. »

Le Hezbollah est considéré par les Israéliens comme une menace profonde, une organisation terroriste, opérant à leur frontière, avec un arsenal militaire qui, avec l’aide de l’Iran et de la Syrie, s’est renforcé depuis la fin de l’occupation israélienne du sud du Liban, en 2000. Le chef du Hezbollah, le cheikh Hassan Nasrallah, a déclaré qu’il ne croyait pas qu’Israël était un « État légitime ». Les services de renseignement israéliens ont estimé au début de la guerre aérienne que le Hezbollah disposait d’environ cinq cents roquettes Fajr-3 et Fajr-5 de moyenne portée et de quelques dizaines de roquettes Zelzal de longue portée ; les Zelzal, d’une portée d’environ deux cents kilomètres, pouvaient atteindre Tel Aviv. (Une roquette a touché Haïfa le lendemain de la capture des prisonniers.) Il dispose également de plus de 12 000 roquettes à plus courte portée. Depuis le début du conflit, plus de trois mille d’entre elles ont été tirées sur Israël.

Selon un expert du Moyen-Orient connaissant la pensée actuelle des gouvernements israélien et américain, Israël avait conçu un plan d’attaque du Hezbollah — et l’avait partagé avec les responsables de l’administration Bush — bien avant la capture du 12 juillet. « Ce n’est pas que les Israéliens avaient un piège dans lequel le Hezbollah est tombé », a-t-il dit, « mais il y avait un fort sentiment à la Maison Blanche que tôt ou tard les Israéliens allaient le faire ».

Selon l’expert du Moyen-Orient, l’administration avait plusieurs raisons de soutenir la campagne de bombardements israélienne. Au sein du département d’État, elle était considérée comme un moyen de renforcer le gouvernement libanais afin qu’il puisse affirmer son autorité sur le sud du pays, dont une grande partie est contrôlée par le Hezbollah. Il poursuit : « La Maison Blanche s’attachait davantage à priver le Hezbollah de ses missiles, car s’il devait y avoir une option militaire contre les installations nucléaires de l’Iran, il fallait se débarrasser des armes que le Hezbollah pourrait utiliser en cas de représailles potentielles contre Israël. Bush voulait les deux. Bush s’en prenait à l’Iran, en tant que membre de l’Axe du Mal, et à ses sites nucléaires, et il était intéressé à s’en prendre au Hezbollah dans le cadre de son intérêt pour la ‘démocratisation’, le Liban étant l’un des joyaux de la couronne de la démocratie au Moyen-Orient. »

Les responsables de l’administration ont nié être au courant du plan israélien pour la guerre aérienne. La Maison Blanche n’a pas répondu à une liste détaillée de questions. En réponse à une demande distincte, un porte-parole du Conseil national de sécurité a déclaré : « Avant l’attaque du Hezbollah contre Israël, le gouvernement israélien n’a donné à aucun responsable à Washington la moindre raison de croire qu’Israël planifiait une attaque. Même après l’attaque du 12 juillet, nous ne savions pas quels étaient les plans israéliens. » Un porte-parole du Pentagone a déclaré : « Le gouvernement des États-Unis reste attaché à une solution diplomatique au problème du programme clandestin d’armes nucléaires de l’Iran » et a démenti cette histoire, tout comme un porte-parole du département d’État.

Les États-Unis et Israël partagent des renseignements et entretiennent une étroite coopération militaire depuis des décennies, mais au début du printemps, selon un ancien haut responsable des services de renseignement, des planificateurs de haut niveau de l’armée de l’air américaine — sous la pression de la Maison Blanche pour qu’ils élaborent un plan de guerre en vue d’une frappe décisive contre les installations nucléaires iraniennes — ont commencé à consulter leurs homologues de l’armée de l’air israélienne.

« La grande question pour notre armée de l’air était de savoir comment frapper avec succès une série de cibles difficiles en Iran », a déclaré l’ancien haut responsable du renseignement. « Qui est le plus proche allié de l’armée de l’air américaine dans sa planification ? Ce n’est pas le Congo, c’est Israël. Tout le monde sait que les ingénieurs iraniens ont conseillé le Hezbollah sur les tunnels et les emplacements souterrains pour les armes. L’armée de l’air est donc allée voir les Israéliens avec de nouvelles tactiques et leur a dit : ‘Concentrons-nous sur les bombardements et partageons ce que nous avons sur l’Iran et ce que vous avez sur le Liban’. Les discussions ont atteint les chefs d’état-major interarmées et le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld », affirme-t-il.

« Les Israéliens nous ont dit que ce serait une guerre low cost avec de nombreux avantages », a déclaré un consultant du gouvernement américain ayant des liens étroits avec Israël. « Pourquoi s’y opposer ? Nous serons en mesure de chasser et de bombarder les missiles, les tunnels et les bunkers depuis les airs. Ce serait une répétition pour l’Iran. »

Un consultant du Pentagone a déclaré que la Maison Blanche de Bush « s’agite depuis un certain temps pour trouver une raison de porter un coup préventif contre le Hezbollah. » Il a ajouté : « Nous avions l’intention de faire diminuer le Hezbollah, et maintenant quelqu’un d’autre s’en charge. » (Au moment de la mise sous presse de cet article, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution de cessez-le-feu, sans que l’on sache si cela changerait la situation sur le terrain).

Selon Richard Armitage, qui a été secrétaire d’État adjoint lors du premier mandat de Bush — et qui, en 2002, a déclaré que le Hezbollah « pourrait être l’élite mondiale des terroristes » — la campagne d’Israël au Liban, qui s’est heurtée à des difficultés inattendues et à de nombreuses critiques, pourrait, en fin de compte, servir d’avertissement à la Maison Blanche au sujet de l’Iran. « Si la force militaire la plus dominante dans la région — les Forces de défense israéliennes — ne peut pas pacifier un pays comme le Liban, avec une population de quatre millions d’habitants, vous devriez réfléchir soigneusement avant d’appliquer ce modèle à l’Iran, avec une profondeur stratégique et une population de soixante-dix millions d’habitants », a déclaré Armitage. « La seule chose que les bombardements ont obtenue jusqu’à présent, c’est d’unir la population contre les Israéliens. »

Plusieurs fonctionnaires actuels et anciens impliqués dans le Moyen-Orient m’ont dit qu’Israël considérait l’enlèvement des soldats comme le moment opportun pour commencer sa campagne militaire prévue de longue date contre le Hezbollah. « Le Hezbollah, précis comme une horloge, était à l’origine de quelque escarmouche tous les mois ou tous les deux mois », a déclaré le consultant du gouvernement américain ayant des liens avec Israël. Deux semaines auparavant, fin juin, des membres du Hamas, le groupe palestinien, avaient creusé un tunnel sous la barrière séparant le sud de Gaza d’Israël et capturé un soldat israélien [Gilad Shalit]. Le Hamas avait également lancé une série de roquettes sur des villes israéliennes proches de la frontière avec Gaza. En réponse, Israël a lancé une vaste campagne de bombardements et réoccupé certaines parties de Gaza.

Le consultant du Pentagone a noté qu’il y avait également des incidents transfrontaliers impliquant Israël et le Hezbollah, dans les deux sens, depuis un certain temps. « Ils se tirent dessus », a-t-il dit. « L’un ou l’autre camp aurait pu pointer du doigt un incident et dire ‘Nous devons entrer en guerre avec ces gars-là’ — parce qu’ils étaient déjà en guerre. »

David Siegel, le porte-parole de l’ambassade d’Israël à Washington, a pour sa part déclaré que l’armée de l’air israélienne n’avait pas cherché une raison d’attaquer le Hezbollah. « Nous n’avons pas planifié la campagne. Cette décision nous a été imposée ». Il y avait des alertes permanentes selon lesquelles le Hezbollah « faisait pression pour passer à l’attaque », a déclaré Siegel. « Le Hezbollah attaque tous les deux ou trois mois », mais l’enlèvement des soldats a fait monter les enchères.

Lors d’interviews, plusieurs universitaires, journalistes et officiers de l’armée et des services de renseignement israéliens à la retraite ont tous insisté sur un point : ils estiment que ce sont les dirigeants israéliens, et non Washington, qui ont décidé d’entrer en guerre contre le Hezbollah. Les sondages d’opinion montrent qu’un large éventail d’Israéliens soutient ce choix. « Les néoconservateurs de Washington peuvent être heureux, mais Israël n’avait pas besoin d’être poussé, car Israël voulait se débarrasser du Hezbollah », a déclaré Yossi Melman, journaliste à Ha’aretz, qui a écrit plusieurs livres sur la communauté du renseignement israélien. « En provoquant Israël, le Hezbollah a fourni cette opportunité ».

« Nous étions confrontés à un dilemme », a déclaré un responsable israélien. Le Premier ministre Ehoud Olmert « devait décider s’il fallait opter pour une réponse locale, ce que nous faisons toujours, ou pour une réponse globale — pour vraiment s’en prendre au Hezbollah une fois pour toutes. » Olmert a pris sa décision, selon le fonctionnaire, seulement après qu’une série d’efforts de sauvetage israéliens aient échoué. […]

Plus tôt cet été, avant les enlèvements du Hezbollah, a déclaré le consultant du gouvernement américain, plusieurs responsables israéliens se sont rendus à Washington, séparément, « pour obtenir le feu vert pour l’opération de bombardement et pour savoir combien les États-Unis supporteraient. » Le consultant a ajouté : « Israël a commencé par Cheney. Il voulait être sûr d’avoir son soutien et celui de son bureau et du bureau du Moyen-Orient du Conseil national de sécurité. » Après cela, « persuader Bush n’a jamais été un problème, et Condi Rice était partante », a déclaré le consultant.

Le plan initial, tel qu’il a été exposé par les Israéliens, prévoyait une campagne de bombardement de grande envergure en réponse à la prochaine provocation du Hezbollah, affirme cet expert du Moyen-Orient qui connaît les réflexions américaines et israéliennes. Selon l’ancien haut responsable des services de renseignement, Israël pensait qu’en ciblant l’infrastructure du Liban, notamment les autoroutes, les dépôts de carburant et même les pistes civiles du principal aéroport de Beyrouth, il pourrait persuader les importantes populations chrétiennes et sunnites du Liban de se retourner contre le Hezbollah. L’aéroport, les autoroutes et les ponts, entre autres, ont été touchés par la campagne de bombardements. La semaine dernière, l’armée de l’air israélienne avait effectué près de neuf mille missions. (David Siegel, le porte-parole israélien, a déclaré qu’Israël n’avait visé que les sites liés au Hezbollah ; le bombardement des ponts et des routes était prétendument destiné à empêcher le transport d’armes).

Le plan israélien, selon l’ancien haut responsable du renseignement, était « l’image miroir de ce que les États-Unis ont planifié pour l’Iran ». (Les propositions initiales de l’armée de l’air américaine pour une attaque aérienne visant à détruire la capacité nucléaire de l’Iran, qui comprenaient l’option d’un bombardement intensif de cibles d’infrastructures civiles à l’intérieur de l’Iran, se sont heurtées à la résistance des hauts responsables de l’armée, de la marine et du corps des marines, selon des responsables actuels et anciens. Ils soutiennent que le plan de l’armée de l’air ne fonctionnera pas et conduira inévitablement, comme dans la guerre israélienne contre le Hezbollah, à l’insertion de troupes sur le terrain).

Uzi Arad, qui a servi pendant plus de deux décennies au Mossad, m’a dit qu’à sa connaissance, les contacts entre les gouvernements israélien et américain étaient routiniers, et que, « dans toutes mes réunions et conversations avec des responsables gouvernementaux, jamais je n’ai entendu quelqu’un faire référence à une coordination préalable avec les États-Unis. » Il a été troublé par une question — la rapidité avec laquelle le gouvernement Olmert est entré en guerre. « De toute ma vie, je n’ai jamais vu une décision d’entrer en guerre prise aussi rapidement », a-t-il déclaré. « D’habitude, nous passons par de longues analyses ».

Le principal planificateur militaire était le lieutenant général Dan Halutz, chef d’état-major de Tsahal, qui, au cours d’une carrière dans l’armée de l’air israélienne, a travaillé sur la planification d’urgence d’une guerre aérienne avec l’Iran. Olmert, ancien maire de Jérusalem, et Peretz, ancien dirigeant syndical, ne pouvaient pas égaler son expérience et son expertise. […]

Le bureau de Cheney a soutenu le plan israélien, tout comme Elliott Abrams, un conseiller adjoint à la sécurité nationale, selon plusieurs responsables anciens et actuels. (Un porte-parole du Conseil de Sécurité Nationale [N. S. C.] a démenti qu’Abrams l’ait soutenu.) Ils pensaient qu’Israël devait agir rapidement dans sa guerre aérienne contre le Hezbollah. Un ancien officier de renseignement a déclaré : « Nous avons dit à Israël : ‘Ecoutez, si vous devez y aller, nous sommes derrière vous jusqu’au bout. Mais nous pensons que cela devrait être tôt plutôt que tard — plus vous attendez, moins nous avons de temps pour évaluer et planifier l’Iran avant que Bush ne quitte son poste’. »

Selon l’ancien haut responsable du renseignement, l’argument de Cheney était le suivant : « Et si les Israéliens exécutent leur part de l’opération en premier, et que c’est vraiment un succès ? Ce serait formidable. Nous pouvons apprendre ce qu’il faut faire en Iran en regardant ce que les Israéliens font au Liban. »

Le consultant du Pentagone m’a dit que les renseignements sur le Hezbollah et l’Iran sont malmenés par la Maison Blanche de la même manière que les renseignements l’avaient été lorsque, en 2002 et au début de 2003, l’administration avait prétendu que l’Irak possédait des armes de destruction massive. « La communauté du renseignement se plaint aujourd’hui que toutes les informations importantes sont envoyées directement au sommet — sur l’insistance de la Maison Blanche — et ne sont pas ou peu analysées », a-t-il déclaré. « C’est une politique affreuse qui viole toutes les règles de la NSA, et si vous vous en plaignez, vous êtes viré », a-t-il ajouté. « Cheney a eu une main forte dans cette affaire. »

L’objectif à long terme de l’administration était d’aider à mettre en place une coalition arabe sunnite — comprenant des pays comme l’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Égypte — qui se joindrait aux États-Unis et à l’Europe pour faire pression sur les mollahs chiites au pouvoir en Iran. « Mais l’idée qui sous-tendait ce plan était qu’Israël allait vaincre le Hezbollah, et non pas perdre face à lui », a déclaré le consultant ayant des liens étroits avec Israël. Certains responsables du bureau de Cheney et du N. S. C. avaient acquis la conviction, sur la base de discussions privées, que ces nations modéreraient leurs critiques publiques d’Israël et blâmeraient le Hezbollah pour avoir créé la crise qui a conduit à la guerre. Bien qu’ils l’aient fait dans un premier temps, ils ont changé de position à la suite des protestations publiques dans leurs pays face aux bombardements israéliens. La Maison-Blanche a été clairement déçue lorsque, à la fin du mois dernier, le prince Saud al-Faisal, ministre saoudien des Affaires étrangères, est venu à Washington et, lors d’une réunion avec Bush, a demandé au président d’intervenir immédiatement pour mettre fin à la guerre. Le Washington Post a rapporté que Washington avait espéré mobiliser les États arabes modérés « afin de faire pression sur la Syrie et l’Iran pour qu’ils retiennent le Hezbollah, mais le geste saoudien… a semblé obscurcir cette initiative. »

La force surprenante de la résistance du Hezbollah, et sa capacité continue à tirer des roquettes sur le nord d’Israël face aux bombardements israéliens constants, m’a dit l’expert du Moyen-Orient, « est un revers massif pour ceux qui, à la Maison Blanche, veulent utiliser la force en Iran. Et ceux qui affirment que les bombardements vont créer une dissidence interne et une révolte en Iran sont également mis en échec. »

Néanmoins, certains officiers servant auprès des chefs d’état-major interarmées restent profondément préoccupés par le fait que l’administration aura une évaluation beaucoup plus positive de la campagne aérienne qu’elle ne le devrait, a déclaré l’ancien haut responsable du renseignement. « Il est impossible que Rumsfeld et Cheney tirent la bonne conclusion à ce sujet », a-t-il déclaré. « Quand la fumée se dissipera, ils diront que c’était un succès, et ils en tireront un renforcement de leur plan d’attaque de l’Iran. »

A la Maison Blanche, notamment dans le bureau du vice-président, de nombreux responsables estiment que la campagne militaire contre le Hezbollah fonctionne et doit être poursuivie. En même temps, selon le consultant gouvernemental, certains décideurs de l’administration ont conclu que le coût des bombardements pour la société libanaise est trop élevé. « Ils disent à Israël qu’il est temps de mettre un terme aux attaques contre les infrastructures ».

Des divisions similaires apparaissent en Israël. David Siegel, le porte-parole israélien, a déclaré que les dirigeants de son pays pensaient, début août, que la guerre aérienne avait été un succès et qu’elle avait détruit plus de soixante-dix pour cent de la capacité de lancement de missiles à moyenne et longue portée du Hezbollah. « Le problème, ce sont les missiles à courte portée, sans lanceur, qui peuvent être tirés depuis des zones et des maisons civiles » [propagande grotesque], m’a dit Siegel. « La seule façon de résoudre ce problème est de mener des opérations terrestres — c’est pourquoi Israël serait obligé d’étendre ses opérations terrestres si le dernier cycle de diplomatie ne fonctionne pas. » La semaine dernière, cependant, il y avait des preuves que le gouvernement israélien était troublé par la progression de la guerre. Dans un geste inhabituel, le major général Moshe Kaplinsky, adjoint de Halutz, a été chargé de l’opération, supplantant le major général Udi Adam. En Israël, on craint que Nasrallah n’aggrave la crise en tirant des missiles sur Tel Aviv. « Il y a un grand débat sur l’ampleur des dégâts qu’Israël doit infliger pour l’empêcher », a déclaré le consultant. « Si Nasrallah frappe Tel Aviv, que doit faire Israël ? Son objectif est de dissuader d’autres attaques en disant à Nasrallah qu’il détruira son pays s’il n’arrête pas, et de rappeler au monde arabe qu’Israël peut le ramener vingt ans en arrière. Nous ne jouons plus selon les mêmes règles. »

Un officier de renseignement européen m’a dit : « Les Israéliens ont été pris dans un piège psychologique. Dans les années précédentes, ils avaient la conviction qu’ils pouvaient résoudre leurs problèmes en étant brutaux. Mais maintenant, avec le martyre islamique, les choses ont changé, et ils ont besoin de réponses différentes. Comment effrayer des gens qui aspirent ardemment au martyre ? » Selon l’officier de renseignement, le problème lorsqu’on essaie d’éliminer le Hezbollah, ce sont les liens du groupe avec la population chiite du sud du Liban, de la vallée de la Bekaa et de la banlieue sud de Beyrouth, où il gère des écoles, des hôpitaux, une station de radio et diverses organisations caritatives.

Un planificateur militaire américain de haut niveau m’a dit : « Nous sommes très vulnérables dans la région, et nous avons parlé de certains des effets d’une attaque iranienne ou du Hezbollah sur le régime saoudien et sur l’infrastructure pétrolière. » Le Pentagone est particulièrement préoccupé, a-t-il ajouté, par les pays producteurs de pétrole situés au nord du détroit d’Ormuz. « Nous devons anticiper les conséquences involontaires », m’a-t-il dit. « Serons-nous capables d’absorber un baril de pétrole à cent dollars ? Il y a cette pensée presque comique que vous pouvez tout faire depuis les airs, même lorsque vous êtes face à un ennemi irrégulier avec une capacité avancée. Vous ne réussirez pas si vous n’avez pas une présence au sol, mais les dirigeants politiques n’envisagent jamais le pire des cas. Ils ne veulent entendre que le meilleur des cas. »

Il existe des preuves que les Iraniens s’attendaient à la guerre contre le Hezbollah. Vali Nasr, expert des musulmans chiites et de l’Iran, membre du Council on Foreign Relations et enseignant à la Naval Postgraduate School, à Monterey, en Californie, a déclaré : « Chaque action négative des Américains contre le Hezbollah était considérée par l’Iran comme faisant partie d’une campagne plus vaste contre lui. Et l’Iran a commencé à se préparer à l’épreuve de force en fournissant des armes plus sophistiquées au Hezbollah — des missiles antinavires et antichars — et en formant ses combattants à leur utilisation. Et maintenant, le Hezbollah teste les nouvelles armes de l’Iran [les missiles antinavires du Hezbollah sont chinois, et ses missiles antichars sont russes…]. L’Iran considère que l’administration Bush essaie de marginaliser son rôle régional, alors il a fomenté des troubles. »

Nasr, un Irano-américain qui a récemment publié une étude sur le clivage sunnite-chiite intitulée Le renouveau chiite, a également déclaré que les dirigeants iraniens pensent que l’objectif politique ultime de Washington est d’obtenir qu’une force internationale fasse office de tampon — pour séparer physiquement la Syrie et le Liban dans le but d’isoler et de désarmer le Hezbollah, dont la principale voie d’approvisionnement passe par la Syrie. « L’action militaire ne peut pas apporter le résultat politique souhaité », a déclaré M. Nasr. La popularité du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, un critique virulent d’Israël, est la plus grande dans son propre pays. Si les États-Unis devaient attaquer les installations nucléaires iraniennes, a déclaré M. Nasr, « vous pourriez finir par transformer Ahmadinejad en un autre Nasrallah — la rock star de la rue arabe. » […]

***
Interview de Sayed Hassan Nasrallah par la chaîne libanaise Al-Jadeed, 27 août 2006.

Source : Voice of Hezbollah

Traduction : lecridespeuples.fr

Transcription :

New TV : Tout d’un coup, je me suis retrouvée face à face avec le maître de tous les événements. « L’entretien va avoir lieu immédiatement », m’a-t-on dit, et le reste est entre les mains du « Parti de Dieu », comme d’habitude lorsqu’on à affaire au Hezbollah. Comment cela peut-il être alors que je n’ai pas encore écrit les mots les plus doux au Sayed [Nasrallah] ? Je ne lui ai pas envoyé les lettres des mères, parfumées de la fragrance de leurs fils martyrs. Je ne lui ai pas non plus écrit à propos des jours que nous avons vécus pendant la guerre, rêvant de le rencontrer. J’ai passé chaque minute des 34 jours à préparer une introduction au Sayed [Nasrallah] dans l’espoir de le rencontrer pendant la guerre ; mais me voici face à lui à un moment qui est décrit comme celui d’une paix fragile.

Votre Éminence, je vous souhaite la bienvenue sur New TV. Je vais commencer là où j’ai fini : sommes-nous en paix ? Qu’en est-il de l’intimidation israélienne ainsi que de certains discours internationaux qui leur font écho, évoquant un deuxième cycle de guerre contre le Liban ? Les derniers mots à ce sujet ont été prononcés par Terje Rød-Larsen [diplomate norvégien et représentant spécial de l’ONU pour la mise en œuvre de la résolution 1559 du Conseil de Sécurité du 2 septembre 2004, qui appelait au retrait des troupes étrangères du Liban (armée syrienne & armée israélienne), au désarmement et à la dissolution de toutes les milices (le Hezbollah étant la principale cible) et à l’organisation de l’élection présidentielle hors de toute interférence étrangère ; Roed-Larsen fut également un facilitateur majeur des accords d’Oslo en 1993].

Hassan Nasrallah : Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Tout d’abord, et au nom de la Résistance (Hezbollah), je tiens à vous remercier ainsi que la direction de la télévision et tous le personnel, les journalistes et employés de cette chaîne pour les grands efforts que vous avez déployés pendant la guerre. Vous, tout comme d’autres institutions [médiatiques] —pour être juste envers tous— étiez véritablement notre voix et la voix des hommes de la Résistance et des gens endurants (inébranlables) qui aspirent à la gloire, à la dignité et à la grandeur de ce pays. Bien sûr, tous les mots de remerciement que je pourrais vous adresser, à vous ainsi qu’à tous ceux qui nous ont soutenu et qui ont été solidaires avec la Résistance dans cette guerre, sont en deçà de ce qui mériterait d’être dit, mais ils doivent être dits. Mes premiers mots sont donc des remerciements.

NEW TV : Nous considérons cela comme un devoir national.

Hassan Nasrallah : Que Dieu vous bénisse. Quant à l’étape actuelle ou à celle à venir, je ne pense pas qu’il y aura de second tour, pour plusieurs raisons qu’on peut aborder. Les propos de Larsen cherchent à semer la peur. Il est vraiment regrettable que le rôle (néfaste) de M. Larsen soit si flagrant.

NEW TV : Au service de qui agit-il ?

Hassan Nasrallah : Il sert clairement les Israéliens. C’est regrettable. Je ne sais pas si les Israéliens lui ont demandé de venir faire peur aux Libanais, au gouvernement et au peuple libanais. Il exprime parfois son opinion personnelle lorsqu’il estime qu’elle peut profiter aux Israéliens. Mes informations, et pas seulement mon analyse, indiquent que le but de ses propos était d’effrayer les Libanais. C’est ainsi que je comprends les choses, car certaines questions ont continué d’être discutées entre la cessation des activités militaires et le soi-disant cessez-le-feu, et il y a eu de nouvelles conditions israéliennes. Il y a une tentative d’imposer ces conditions. Par exemple, le déploiement de forces internationales à la frontière libano-syrienne est une exigence israélienne. Un autre exemple est qu’au lieu que la FINUL soit déployée dans le sud, il est maintenant demandé qu’elle soit stationnée à l’aéroport, aux ports, etc. C’est aussi une exigence israélienne. Il y a une multitude d’exigences israéliennes qui n’ont pas été satisfaites au cours de la dernière étape. Actuellement, des pressions sont exercées sur le gouvernement libanais pour qu’il se plie à ces exigences.

Actuellement, il n’y a pas de guerre, mais on menace d’une nouvelle guerre ou d’un second tour, afin que les Libanais soient effrayés et disent : « Très bien, qu’est-ce qui éloignera de nous le spectre de la guerre ? Des troupes internationales à la frontière entre le Liban et la Syrie le permettront ? Très bien. Veulent-ils venir à l’aéroport et aux ports ? Ils sont les bienvenus. » Cela signifie que ce qui est demandé, c’est la soumission (du Liban aux exigences israéliennes). Je place tout ce qui a été dit (dernièrement) dans ce contexte. Ce qui me fait dire que Larsen aurait pu coordonner cette question avec les Israéliens, c’est que le deuxième ou le troisième jour, un ministre néerlandais est venu et a transmis un message. J’ai lu ça dans la presse. Je ne sais pas si c’était exact ou non. Il a transmis un message des Israéliens et a déclaré qu’il n’y aurait pas de second tour (des hostilités). Qui croirons-nous ? Je crois bien sûr le ministre néerlandais, car je considère que les événements confirment ce qu’il a dit.

D’abord, sur le terrain, les Israéliens se retirent quotidiennement et réduisent le nombre de leurs soldats et de leurs chars. Soit dit en passant, ils sont présents à des points limités. Cette présence diminue quotidiennement. Si Israël avait des plans pour un second tour, il renforcerait sa présence dans ces zones, et ne la réduirait pas. Deuxièmement, leurs déplacés reviennent. Israël a également eu des déplacés dans cette guerre. Les habitants de Haïfa et du nord sont retournés dans leurs villes, villages, colonies et usines. Le chef du gouvernement ennemi a visité ces régions. Il a rassuré la population et déclaré que l’objectif central de son gouvernement était désormais de reconstruire le nord. Quelqu’un qui agit ainsi n’envisage pas d’entamer un second tour. Troisièmement, la situation politique interne dans l’entité ennemie, y compris la situation militaire, la situation de l’armée et des généraux, me fait dire que la situation globale actuelle d’Israël et les faits disponibles confirment que nous ne nous dirigeons pas vers un second tour.

NEW TV : Qu’en est-il des provocations israéliennes quotidiennes ? Il y a des opérations d’héliportage de troupes et des enlèvements de civils dans leurs maisons. Cela s’ajoute aux violations habituelles dans les domaines aérien, maritime et terrestre. Sont-elles destinées à vous inciter à riposter ? Pourquoi ne ripostez-vous pas ? Qui craignez-vous ? Il y a une raison de riposter, mais pourquoi ne ripostez-vous pas ?

Hassan Nasrallah : Depuis l’arrêt de l’activité militaire, c’est-à-dire depuis lundi, nous avons agi… Nous ne sommes bien sûr pas des mercenaires, des milices ou une organisation armée isolée du peuple. Les gens sont notre peuple et nos proches parents. Lorsque les déplacés sont retournés dans leurs villages et villes, notre priorité est devenue le rétablissement de la situation sociale, et de donner aux gens le temps de respirer et de se sentir à l’aise. Il y a aussi une résolution sur la cessation des activités militaires. Nous pensons que la guerre en tant que guerre ouverte a pris fin lundi [14 août]. Entre la fin de la guerre lundi et le cessez-le-feu —dont l’heure n’est toujours pas fixée, car certaines conditions y ont été posées—, il était clair que les Israéliens avançaient sur deux axes. Le premier visait à nous provoquer pour que nous soyons entraînés dans une confrontation, ce qui nous représenterait comme violant la résolution 1701. Bien sûr, il y a une grande différence. Lorsque les Israéliens ont effectué le raid à Buday [Nasrallah fait référence à un raid des commandos israéliens à l’est du Liban plus de cinq jours après que le cessez-le-feu international a été accepté par toutes les parties], il n’y a eu aucune réaction internationale, et puisque ce sont eux qui ont violé la résolution, il n’y a pas eu de réaction internationale. Les Américains et de nombreux pays occidentaux n’ont pas pris la parole. La réaction de l’ONU a été très modérée. Le monde entier est resté silencieux. En revanche, si une violation bien moindre était commise par nous en réponse à une attaque, toute la communauté internationale pousserait des cris et dirait : « Ces gens recherchent la guerre et ne veulent pas la paix, le calme ou la stabilité pour le Liban, etc. » Par conséquent, cette réaction pourrait alors ouvrir la porte à une nouvelle discussion sur la tentative de Bush de publier une deuxième résolution concernant les armes de la Résistance, et d’autres choses similaires. Pour plus d’une raison, nous avons décidé de faire preuve de retenue à ce stade, et de ne pas nous laisser provoquer. Car il était clair que les Israéliens essayaient de nous entraîner dans une certaine confrontation.

La deuxième piste sur laquelle les Israéliens ont travaillé était que la résolution (1701 de l’ONU) —et c’est une de nos réserves à son égard— leur donnait le droit de prendre l’initiative d’agir au prétexte de la légitime défense. Leur idée était que lorsque les hostilités s’arrêteraient, les réfugiés & déplacés libanais ne reviendraient pas, les déplacés resteraient hors de leurs maisons, ce qui mettrait la pression sur la Résistance pour qu’elle accepte de nouvelles conditions. Dans le même temps, les Israéliens auraient tout le loisir de mener certaines opérations de sécurité. Certes, il s’agissait d’une opération de débarquement, mais son objectif était lié à la sécurité. Ils voulaient kidnapper ou tuer une ou plusieurs figures de proue du Hezbollah. La première opération de débarquement après lundi, c’est-à-dire après la fin des hostilités, a eu lieu à Buday, mais elle n’a pas atteint son objectif, qui était de tuer ou d’enlever un cadre du Hezbollah. Le deuxième point est que le commandant de l’opération de débarquement, qui était un officier de haut rang dans les parachutistes et les forces spéciales israéliennes, a été tué. Et les Israéliens ont considéré…

NEW TV : Ils ont dit que certains Résistants avaient également trouvé le martyre.

Hassan Nasrallah : Non, il n’y a pas eu de martyrs. Un jeune combattant (du Hezbollah) a été très légèrement blessé. L’affrontement s’est déroulé à bout portant et nos hommes les ont pris par surprise. Leur officier a donc été tué dans les premiers instants de l’affrontement, et pas plus tard. Lorsque cette perte et cet échec se sont produits, ils ont arrêté leurs opérations d’atterrissage. Je n’ai connaissance d’aucune opération de débarquement après le raid (avorté) de Buday. Ce qui a arrêté les raids, ce sont les échecs et les pertes du côté israélien, pas les dénonciations internationales, qui n’ont jamais été émises. Ce qui les a arrêtés, ce sont leurs échecs et leurs pertes. Ils n’ont pas réussi à atteindre leur objectif et ont échoué.

Les Israéliens sont toujours présents autour de certains villages. Ils essaient parfois d’entrer dans une maison la nuit, ou de couper la route entre un village et un autre, ou d’enlever des civils. [Notre absence de riposte] a à voir avec notre politique pour l’étape actuelle. En fait, nous voulons que le gouvernement assume sa responsabilité à ce stade. N’est-ce pas le gouvernement qui affirme que c’est lui l’Etat, que c’est lui qui va protéger les citoyens, etc. ?

New TV : Avant d’aborder la question de la FINUL et des différentes responsabilités, y a-t-il des limites à la patience du Hezbollah ? Que faut-il pour que le Hezbollah réponde aux provocations… ?

Hassan Nasrallah : Je veux vous confirmer une chose : tant qu’Israël reste présent sur le territoire libanais, il est un occupant, et nous avons le droit de résister (et de combattre) pour expulser l’occupant présent sur notre territoire. C’est à la Résistance qu’il incombe de choisir le moment et le lieu opportuns (de ses attaques contre l’occupant). Si nous avons patienté jusqu’à présent, cela ne signifie pas que nous allons patienter jusqu’au bout. Mais il n’y a pas de raison d’exposer maintenant les limites de notre patience.

En fin de compte, nous suivons les événements jour après jour, heure après heure, et les détails de ce qui se passe près de la frontière (israélo-libanaise) ou autour des points encore occupés par Israël, nous suivons ce qui se passe sur le plan politique.

New TV : Qu’en est-il des fermes de Chebaa ?

Hassan Nasrallah : Les fermes de Chebaa sont un autre problème. C’est l’une des questions en suspens liées aux droits nationaux. Lorsque nous avons exprimé des réserves sur la résolution 1701, nous avons dit que cette résolution ne donnait pas au Liban ses droits nationaux ou le minimum de ses exigences nationales. À l’exception de la question des fermes de Chebaa, qui est particulière, et en relation avec la récente guerre, nous considérerons qu’il est de notre droit de combattre Israël dans n’importe quelle position qu’il occupe. Quant à savoir quand et comment le combattre, cela dépend du commandement de la Résistance.

New TV : Comment le Hezbollah se comportera-t-il en présence de l’armée libanaise et des troupes de la FINUL ?

Hassan Nasrallah : […] J’ai dit pendant la guerre que nous faisions confiance à l’armée et à son commandement. Il est évident que la tâche principale et primordiale d’une armée qui se rend dans la zone frontalière sur décision du cabinet est de défendre la patrie. Nous faciliterons le travail de l’armée et lui apporterons toute notre aide et notre soutien. Nous l’avons dit dans les médias et l’avons communiqué au commandement de l’armée. Nous nous abstiendrons de faire quoi que ce soit qui puisse embarrasser l’armée. Lorsque l’armée sera pleinement déployée à la frontière, elle sera chargée de faire face à toute violation au sol, mais en réponse à une décision politique. Elle assumera cette responsabilité. La Résistance soutiendra l’armée…

New TV : Kofi Annan a défini hier la tâche de cette force [la FINUL]. Il a déclaré que sa tâche n’est pas de désarmer le Hezbollah.

Hassan Nasrallah : C’est parce que toutes les pressions américaines étaient dans ce sens. Comme vous le savez, au début, il n’a pas été question de la FINUL ou de son renforcement. On a beaucoup parlé d’une force multinationale en vertu du chapitre sept [de la Charte des Nations Unies]. La tâche de la force multinationale en vertu du chapitre sept —une force que nous avons rejetée et considérée comme une force d’occupation— n’aurait pas été de protéger le Liban contre toute agression israélienne, mais de frapper, de désarmer et de mettre fin à la Résistance. Cela signifie faire ce qu’Israël a été incapable de mener à bien. La tâche de la FINUL aujourd’hui n’est pas de désarmer la Résistance. Tant que ce n’est pas sa tâche, et tant que sa tâche principale est de soutenir l’armée libanaise —et nous approuvons et soutenons le rôle joué par l’armée libanaise—, je ne pense pas qu’il y aura de problème du tout dans la région au sud du fleuve [Litani], et toutes les zones où l’armée ou la FINUL sont déployées.

NEW TV : Et si quelque chose se passait dans le sud, comme une provocation israélienne qui nécessite l’intervention du Hezbollah, bien que l’armée soit là ? L’armée défendra-t-elle aussi le pays ?

Hassan Nasrallah : Le devoir de l’armée, tel que défini par le Conseil des ministres, est de défendre la patrie, de protéger les citoyens, leurs biens et leurs moyens de vivre, et de préserver la sécurité. Les gens allaient faire le tour de tout le sud même avant le 12 juillet. Quelqu’un a-t-il vu une personne portant un uniforme militaire ou portant une Kalachnikov ou une radio sans fil ? Il n’y avait rien de tel. Les jeunes du sud sont les gens du sud. Je me souviens que lors des négociations qui ont eu lieu ici, certains ont dit que l’armée d’occupation israélienne devrait se retirer derrière la Ligne bleue et que le Hezbollah devrait se retirer au nord du fleuve Litani. Je leur disais que j’avais compris que l’armée israélienne devait se retirer derrière la Ligne bleue, car c’est avant tout une armée régulière, ainsi qu’une force d’occupation étrangère, et doit quitter nos territoires. Je leur ai demandé de me dire comment le Hezbollah pouvait se retirer de la zone au sud du fleuve. Les habitants d’Ayta résistaient à Ayta et les habitants de Bint Jbeil résistaient à Bint Jbeil. Il en va de même pour les habitants d’al-Khiam, d’al-Tayyibah, de Mays et de toutes les villes qui ont combattu. Je ne veux pas continuer à nommer des villes, car je peux me souvenir de certaines et en oublier d’autres, qui me blâmeront alors. Tous les jeunes hommes qui ont combattu sur le front, et même sur les lignes arrière dans la zone au sud du fleuve, sont les habitants de ces zones. Ils n’ont pas été recrutés dans d’autres régions. Puis-je dire aux habitants d’Ayta : les Israéliens ne sont pas parvenus à vous forcer à quitter votre ville, mais je vous ordonne de le faire parce qu’un accord politique a été conclu ? Puis-je demander aux habitants d’Ayta de vivre à Nabatieh ? Le peuple du Hezbollah est le peuple de la région. Aucune logique ne dit que le Hezbollah devrait sortir de la zone au sud du fleuve Litani.

D’ailleurs, il y a quelque chose de drôle. Je ne sais pas si nous aurons l’occasion d’en parler dans cet entretien, mais je fais partie de ceux qui croyaient avant la guerre qu’Israël avait des points [positifs] qui pouvaient être discutés, bien que ce soit un ennemi. J’ai dit une fois que je respectais mon ennemi pour des choses telles que prendre soin de ses prisonniers et de ses morts [en faisant tout son possible pour les récupérer]. L’une des choses que nous soupçonnions dans le passé était que les médias israéliens étaient crédibles. Par exemple, lorsque nous menions des opérations avant 2000, et même des opérations limitées après, les jeunes gens disaient, par exemple, qu’ils avaient tué six soldats israéliens [dans une opération] ; mais les Israéliens diraient que seulement deux avaient été tués. Nous avons dit que nos hommes avaient peut-être mal calculé le nombre, car les Israéliens admettaient généralement le nombre de leurs soldats tués. Dans cette guerre, j’ai découvert qu’Israël est un grand menteur dans tout ce qu’il dit, dans toutes ses déclarations et revendications, et qu’il raconte beaucoup de mensonges. Ceci est prouvé par le fait que [Amir] Peretz, [Ehoud] Olmert, [Tzipi] Livni et tous les responsables israéliens au cours de la dernière période ont dit et continuent de dire : « Nous ne permettrons pas au Hezbollah de retourner au sud du Liban. » Le Hezbollah a-t-il quitté le sud-Liban pour que vous puissiez dire que vous ne lui permettrez pas d’y revenir ? Le Hezbollah est présent au nord et au sud du fleuve Litani. Certes, vous avez effectué des raids et atteint des sommets de collines ici et là, mais le Hezbollah est toujours resté présent dans les villages frontaliers. Nous n’avons pas quitté le sud du Liban ou les régions au sud du fleuve Litani pour attendre la permission de qui que ce soit pour retourner dans ces régions. Nous y sommes présents. Le devoir de l’armée est donc de protéger les habitants. Très franchement, nous ne serons plus responsables lorsque l’armée assumera ses responsabilités.

NEW TV : On dit que pour une raison quelconque, l’armée libanaise ferme les yeux sur les activités du Hezbollah.

Hassan Nasrallah : Soyons clairs. Le devoir de l’armée libanaise n’est pas de désarmer la Résistance ou de recueillir des informations sur les armes de la Résistance.

NEW TV : Comment l’armée agira-t-elle si elle voit des combattants armés du Hezbollah ou du matériel militaire, bien que le Hezbollah soit invisible dans le sud et que même Israël ne puisse pas le voir ? Il y a des craintes à cet égard.

Hassan Nasrallah : Non, il n’y a aucune raison de craindre quoi que ce soit à cet égard, que ce soit là ou ailleurs ; cela, cependant, devient certain en présence de l’armée. J’ai pris des mesures avant le déploiement de l’armée dans la zone frontalière. Ces mesures de l’armée stipulent qu’aucune arme ne doit jamais être visible. Une des raisons du succès de notre Résistance, de sa popularité et de son acceptation par le peuple, c’est qu’elle évite les manifestations armées, et ne s’exhibe pas dans la mobilisation, les combats, la préparation, la présence ou même l’enterrement des martyrs. Avez-vous vu une arme à feu ou un fusil aux funérailles d’un martyr ? Il n’y a rien eu de tel. C’est notre politique. C’est devenu un engagement de notre part envers l’armée et le gouvernement libanais. Il existe un accord tacite selon lequel nous, au sud du fleuve, évitons les manifestations armées. Supposons que l’armée trouve une personne portant une arme sur une route ou dans une ville ; le droit naturel et le devoir de l’armée seront de confisquer l’arme et de lui appliquer la loi. Nous l’avons accepté, car cela est conforme à la politique que nous avons adoptée avant le 12 juillet. Nous l’avons maintenant souligné comme un engagement.

Il y a quelque chose sur lequel nous nous sommes mis d’accord, et que ce soit très clair. Certains peuvent parler et peuvent dire ce qu’ils veulent. Nous ne commenterons pas chaque mot qui est dit (à notre sujet). Une partie de ce qui est dit ne prend pas en considération le moral des résistants, des gens du sud, ni les sentiments des masses résistantes. Mais à ce stade extraordinaire et critique, nous ignorons ce qui est dit de la même manière que nous ignorons beaucoup d’autres choses. Il y a une chose très claire sur laquelle nous sommes d’accord. C’est l’armée libanaise, comme l’a dit Kofi Annan à propos de la FINUL. J’ai dit à certains responsables ici de parler comme Kofi Annan. Kofi Annan dit que ce n’est pas le travail de la FINUL de désarmer la Résistance. Qu’en est-il de l’armée ? Il n’appartient pas à l’armée libanaise de désarmer la Résistance ou d’espionner ses armes ou ses plans. Est-ce la tâche de l’armée de nous espionner, de nous piller et de procéder à des confiscations (de matériel militaire) ? Jamais. Cette question a été résolue de manière décisive, et elle est terminée.

New TV : Quelle sera votre position dans les fermes de Chebaa ? Le Hezbollah considère ces fermes comme un territoire libanais occupé par Israël, et la loi de Résistance du Hezbollah s’y applique.

Hassan Nasrallah : Pas seulement la loi du Hezbollah. Conformément à la loi internationale et indépendamment de l’opinion de l’ONU sur les fermes de Chebaa, j’ai dit à la table des négociations —et avant cela, à la veille du retrait israélien du Liban— que c’est la responsabilité, le devoir et le droit de la Résistance de combattre et libérer toute terre que l’État ou le gouvernement libanais considère comme une terre libanaise occupée. Par conséquent, je leur ai dit à la table de dialogue : si vous voulez libérer les fermes de Chebaa, voyons comment nous pouvons vraiment coopérer ensemble pour le faire. Si vous voulez vous débarrasser du problème des fermes de Chebaa pour vous débarrasser de nous et de nos armes, vous pouvez suivre une autre voie que de demander aux Nations Unies de reconnaître les fermes comme libanaises, et une autre voie que de continuer à tenir les Syriens pour responsables de ne pas nous donner de documents ou de signatures. Le gouvernement libanais peut se réunir et dire que les fermes de Chebaa ne sont pas libanaises.

New TV : Mais jusqu’à ce que…

Hassan Nasrallah : Non, ils ne peuvent pas faire une telle chose. Le gouvernement et la Chambre des députés ont déclaré qu’il s’agissait d’un territoire libanais. Peuvent-ils changer d’avis ? Ce n’est pas quelque chose qui peut être falsifié de cette façon. Parlons du Liban officiel, et non du Hezbollah. Parlons du gouvernement libanais actuel. Si quelqu’un des forces du 14 mars [pro-américaines] ou du 14 février vient dire que les fermes de Chebaa ne sont pas libanaises, il est libre de dire ce qu’il veut [référence à des personnalités pro-gouvernementales clés comme Walid Joumblatt, qui a fait valoir que la question de Shebaa était une « invention » conjointe de la Syrie, de l’Iran et du Hezbollah pour prolonger et justifier leur influence au Liban]. Le gouvernement libanais actuel, la Chambre des députés et la présidence libanaise considèrent les fermes de Chebaa comme libanaises. C’est donc un territoire libanais sous occupation. S’il reste occupé, le droit de résistance continuera d’exister. Mais comment la Résistance peut-elle exercer ce droit ? C’est à la Résistance (d’en juger). Nous ne devons pas présenter d’assurances à cet égard, ni dire que nous nous dirigeons vers un gros problème. Je veux être réaliste à cet égard. Même pendant la période passée, si vous vous en souvenez, nous ne faisions pas d’opérations toutes les semaines, toutes les deux semaines ou tous les mois. Nous en faisions une une fois tous les quelques mois. Nous les avons appelées opérations de rappel. Maintenant, nous attendrons un certain temps, tout en nous réservant notre droit naturel d’exercer une résistance si certains développements ont lieu. Mais nous pouvons attendre et dire aux autres : faites ce que vous pouvez, surtout puisque le Secrétaire général de l’ONU est également concerné. Il y a une clause dans la résolution 1701 qui ouvre une porte à la discussion, bien qu’elle ne résolve pas le problème. De plus, le gouvernement libanais entretient de grandes amitiés internationales ; voyons ce qu’il peut faire. Mais cela ne signifie pas que la Résistance s’engage à cesser les opérations ou à renoncer à son droit de résistance tant qu’un pouce de territoire libanais sera occupé.

New TV: Certains au Liban peuvent demander si le Hezbollah n’a pas appris de cette récente expérience. Permettez-nous de poser à Votre Eminence une question qui remonte au 12 juillet. Auriez-vous fait ce que vous avez fait [capturer les deux soldats israéliens] si vous aviez su à l’avance quelle serait la réaction d’Israël ? Il y a 1 million de Libanais déplacés, d’énormes destructions, des pertes économiques, plus de 1 000 martyrs et de nombreux blessés. Ce fut un grand désastre pour le Liban. Maintenant, vous dites que vous ne pouvez pas vous rendre et que les opérations ne s’arrêteront pas complètement. Ne remontez-vous pas à cette date pour vous souvenir de la scène, et savez-vous que toute opération, notamment dans les fermes de Chebaa, peut coûter au Liban ce que lui a coûté la dernière agression ?

Hassan Nasrallah : Il y a deux points dans ce que vous dites. La première est que, quelle que soit sa décision, aucune personne dont la terre est occupée ne peut donner des garanties de sécurité aux Israéliens. Il ne peut pas leur dire : rassurez-vous, et continuez à occuper nos terres, car nous n’allons rien faire. Ce serait une faute (grave). Le moins que je puisse dire à ce sujet, c’est que c’est une faute au niveau national. Par conséquent, le Hezbollah ne sera ni maintenant ni à l’avenir prêt à s’engager envers qui que ce soit. Cette discussion a également eu lieu dans les négociations pendant la guerre. On a parlé de respect pour la Ligne bleue. Nous la respectons, mais en tant que Résistance, je ne peux pas m’engager envers les Israéliens et les Américains et dire que cette question est terminée. Je ne prendrai pas de tels engagements tant qu’il y aura des terres sous occupation. Quant à la façon dont nous agirons, c’est une autre question. Par conséquent, les fermes de Chebaa sont une terre occupée, et ce de 2000 à 2006. Comment avons-nous agi à cet égard ? C’est un point clair. La deuxième partie de la question…

New TV : Mais comment Israël a-t-il agi ? Vous avez déjà kidnappé des soldats…

Hassan Nasrallah : Cela conduit à la deuxième partie de la question. Bien que la deuxième partie de la question soit en soi un sujet à part entière, elle n’a peut-être pas grand-chose à voir avec l’étape suivante, mais elle peut toujours être discutée. Celui qui dit que la guerre a été causée par la capture des deux prisonniers se trompe. Les choses n’étaient peut-être pas claires pendant les premier et deuxième jours de la guerre, mais comme cela est indiqué dans l’article de Seymour Hersh et les déclarations détaillées de [Muhammed] Haykal, et comme cela a été affirmé par plus d’un journaliste respecté dans le monde, plus d’un journal respecté aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Europe, et par certains dirigeants politiques libanais qui suivent les développements, il est devenu certain que le problème n’était pas lié aux deux prisonniers.

[Le journaliste d’investigation américain Seymour Hersh et le journaliste égyptien et ancien rédacteur en chef du quotidien égyptien progouvernemental Al-Ahram Muhammad Haykal avaient récemment soutenu que la guerre d’été de 2006 entre Israël et le Liban avait été planifiée en avance, Hersh écrivant dans le magazine New Yorker le 21 août 2006 qu’Israël avait partagé ses plans pour une attaque massive contre le Liban et le Hezbollah des mois plus tôt avec Washington. En mars 2007, Olmert a déclaré à une commission d’enquête israélienne qu’une telle planification avait en effet été entreprise comme moyen d’exploiter stratégiquement une future capture probable du Hezbollah le long de la frontière (voir, par exemple « Israël a planifié la guerre du Liban des mois à l’avance, affirme le premier ministre israélien » The Guardian, 9 mars 2007].

Quant à savoir si la capture des deux soldats israéliens était une excuse ou non, j’en parlerai plus tard. Le problème est qu’il y avait un plan de guerre et une grande décision militaire prise par les États-Unis et Israël. S’ils ne l’avaient pas mis en œuvre le 12 juillet, ils l’auraient mis en œuvre en août, septembre ou octobre.

New TV : Cela signifie que vous êtes tombé dans le piège.

Hassan Nasrallah : Non, nous ne sommes pas tombés dans le piège. C’est le côté israélien qui est tombé dans le piège, pas nous. Je vais vous expliquer la différence.

New TV : Nous ne devrions pas donner au monde une excuse pour se dresser contre nous.

Hassan Nasrallah : Tous les faits qui ont été recueillis par la suite ont confirmé que l’opération militaire, la guerre à grande échelle, était programmée pour se dérouler fin septembre ou début octobre. Il y a plusieurs raisons à cela. Certaines de ces raisons sont liées au tourisme en Palestine (occupée). Ils se moquent bien du tourisme au Liban. Ils n’ont pas pensé à octobre pour nous permettre de profiter de la saison touristique au Liban. La saison touristique en Israël est bien plus importante que la saison touristique au Liban. Mais ils savent que s’ils déclenchent une telle guerre sur la base d’informations générales plutôt que précises sur les capacités de missiles du Hezbollah, leur saison touristique sera à peine touchée. Ils voulaient donc profiter de la saison touristique.

Deuxièmement, ils devaient terminer leurs arrangements et leurs préparatifs. Ils se préparaient à la guerre fin septembre ou début octobre. Les Israéliens prévoyaient de commencer la guerre à ce moment-là, avec ou sans prétexte. Ils avaient l’approbation des États-Unis à cet égard, et certains États européens suivraient le mouvement, s’ils n’étaient pas déjà partie prenante. Israël pourrait également obtenir une couverture arabe à ce moment-là, ou à l’avance. Je vais m’arrêter ici, et je n’en dirai pas plus. Ce jour-là, quand Israël aurait lancé la guerre, il aurait eu les bénédictions du monde, car cette guerre ferait (prétendument) partie de la guerre contre le terrorisme. Personne n’aurait demandé aux Israéliens pourquoi ils ont attaqué le Liban ; ils n’auraient pas eu besoin d’excuse. Même s’ils voulaient une excuse ce jour-là, ils pourraient simplement commettre des assassinats précis comme ceux perpétrés par le réseau Rafeh.

[Le réseau Rafeh a été nommé d’après Mahmoud Rafeh, né en 1947, policier à la retraite de la ville libanaise de Hasbaya, qui a avoué en juin 2006 avoir dirigé un réseau d’espionnage et d’assassinat soutenu par Israël depuis au moins 1999].

Ils peuvent apporter six ou sept Katyushas et les placer la nuit dans une vallée au sud, puis les tirer sur les colonies du nord.

New TV : Mais ils peuvent faire la distinction entre les Katiouchas du Hezbollah et…

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