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Le serment du sang – la guerre en préparation


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Le serment du sang – la guerre en préparation
par Robert Bibeau

Par Nuevo Curso. Traduction et commentaires

Du détroit d’Ormuz à la mer de Chine méridionale, les États-Unis sont poussés à faire de la guerre commerciale exacerbée une guerre mondiale (Ils n’ont pas le choix s’ils veulent se maintenir comme puissance hégémonique – accumulant plus de capital que ses concurrents ou alliés. NdT).

Vers une guerre des blocs régionaux dans la zone d’influence de l’Iran?

Les États-Unis ont évacué leur personnel diplomatique d’Irak, les techniciens de ses sociétés pétrolières à la frontière iranienne et ont averti les compagnies aériennes de ne pas survoler la région. Mike Pompeo a aligné la France et l’Allemagne qui, craignant les représailles américaines dans la guerre commerciale, ont une nouvelle fois montré l’impuissance de l’Union européenne. L’atmosphère est clairement d’avant-guerre et semble constituer une réédition des deux dernières guerres du Golfe.

Cependant, les capitaux spéculatifs sont calmes cette fois en dépit des attaques contre des infrastructures saoudiennes par des unités spéciales iraniennes. En partie parce que l’Arabie saoudite et les Émirats prétendent disposer de réserves de pétrole suffisantes pour répondre à la demande et en partie parce que la taille du déploiement américain en révèle plus sur des attaques ponctuelles que sur une guerre totale. Mais ces indices sont trompeurs.

Il y a moins de deux semaines, les commérages des services de renseignements ont affirmé que la paix avant la tempête durerait quelques mois parce que les déploiements même limités, prennent du temps. Cependant, les États-Unis ressentent en Syrie la pression exercée par les troupes iraniennes « par procuration », contrôlées par les Gardiens de la révolution et qui ne répondent pas directement à l’appareil politique du régime qui, après avoir imposé à nouveau le rationnement, craint qu’une guerre ne précipite un nouveau réveil révolutionnaire des travailleurs iraniens.

Mais sous la pression des États-Unis, demeure le fondement du conflit régional impérialiste entre l’Iran et l’Arabie saoudite qui n’a pas cessé d’armer et est déjà le premier acheteur d’armes au monde. C’est ce qui permet aux États-Unis de jouer la menace de guerre existentielle pour les Iraniens en lançant une machine de guerre « réduite » : tout ce qui dépasse une action militaire ponctuelle avec une réponse symbolique s’étendrait inévitablement à l’ensemble du Golfe et au-delà, au Liban et en Israël. (Le régime iranien apprécie la menace américaine à sa juste valeur et y répond au diapason de son appréciation. Rien de tel qu’une bonne menace d’invasion pour galvaniser les troupes, la bourgeoisie nationaliste et le peuple patriotique autour du régime. NdT)

Une tournée en mer de Chine

La mer de Chine, quant à elle, offre une image relativement similaire et encore plus dangereuse. La Chine et les Etats-Unis sont face à face en guerre de position dans laquelle les pays voisins, comme le Vietnam, fournissent les victimes. Même les Philippines, qui ont feint de tomber du côté chinois, ont fini par montrer les dents de leur modeste capacité militaire avant de reconnaître leur impuissance et se réfugier sous pavillon américain. Un triomphe pour Trump qui pourtant craint la pénétration croissante de la Chine en Australie.

Les États-Unis voient dans la guerre commerciale ce qu’elle a toujours été, une escarmouche d’un conflit à long terme d’une portée beaucoup plus grande. Et dans ce contexte, la militarisation croissante de la mer de Chine méridionale en fait une véritable poudrière. Aujourd’hui, les États-Unis ont placé l’un de leurs navires de guerre dans la zone en litige en Mer de Chine. (Prenez note que ce fut le Président Barak Obama qui, le premier indiqua que le centre des conflits mondiaux se déplaçait du Moyen-Orient vers la Mer de Chine, en même temps que l’épicentre économique mondial et que les flottes de guerre américaines. Comme quoi, vous pouvez changer de guignole à la Maison Blanche vous ne changez pas pour autant la politique du grand capital international. NdT).

La guerre et ses vrais ennemis

Le danger de la guerre avance de jour en jour. Il n’existe aucun « pacifiste » qui puisse l’arrêter, car il découle du cœur même du système et s’exacerbe au moment de sa décadence et y marque sa présence permanente. Une seule chose a jusqu’ici arrêté une guerre impérialiste: la mobilisation et l’auto-organisation des travailleurs. Ce n’est pas une utopie: si l’Iran a développé son programme d’expansion impérialiste au ralenti, c’est parce que la mobilisation des travailleurs, qui a atteint un niveau d’auto-organisation quasi insurrectionnel, a ralenti à plusieurs reprises les ambitions de ces capitalistes régionaux.

Mais arrêter la tendance mondiale à la guerre n’est pas la tâche ou la responsabilité d’un seul groupe ou d’un détachement de la classe ouvrière. La conversion de la guerre impérialiste en guerre de classe insurrectionnelle est la responsabilité de la classe dans son ensemble. Nous sommes une classe universelle et c’est cette universalité qui nous permet de représenter une véritable alternative au capitalisme confrontant mondialement l’espèce humaine. La guerre n’est pas seulement alimentée par Trump, les ayatollahs ou Poutine, ou Xi Jinping, ou Kim Jung un elle est nourrie par le capitalisme dans son ensemble. Le véritable front de la guerre est devant nos yeux: dans chaque entreprise, dans chaque quartier et dans chaque État. Et oui: nous devons prendre parti, mais tous ceux qui prennent parti pour un État national, qu’il s’agisse de celui qui existe, qu’il soit en projet, «agresseur» ou «attaqué», prennent le même parti, celui de la guerre et celui de la guerre aux « Sacrifices infinis » pour la patrie des riches.

La guerre dans tous ses états

Par Nuevo Curso

Aujourd’hui, les journaux du monde entier soulignent que les États-Unis transfèrent des technologies nucléaires militaires à l’Arabie saoudite; que près de la moitié du rapport annuel de Poutine au Parlement traitait des armements et que la Turquie tente toujours de s’armer de F35 américain et de S400 russe. Depuis la fin de la guerre froide, les arsenaux nucléaires et les politiques en matière d’armement n’étaient plus d’actualité… ils le sont maintenant.

La Chine exhibe le Transporteur «Type 001A», premier navire de ce type construit entièrement en Chine. Depuis 1945, aucune guerre commerciale ne s’est terminée par une guerre mondiale. (Les guerres commerciales ne sont pas le produit d’une politique agressive dite « impérialiste », mais du besoin impérieux pour les grandes entreprises de trouver des marchés pour un capital auquel les marchés usuels sont devenus exigus. NdT)

En eux-mêmes, ils impliquent une mobilisation de toutes les ressources de la capitale nationale, (y compris de l’armée au service des multinationales opérant à partir des pays belliqueux NdT). C’est pourquoi, plutôt que de parler d’une nouvelle course aux armements, nous devrions parler au pluriel: de l’Amérique du Sud à la Syrie, en passant par l’Europe et le Golfe Persique, le militarisme est en plein essor et avale les budgets des États.

Le cadre des accords internationaux à la fin de la guerre froide est éclaté. Les États-Unis dénoncent le traité de non-prolifération des missiles de moyenne portée car, restreint par celui-ci, il finirait par perdre leur supériorité nucléaire dans quelques années au profit d’une Russie qui se réarme depuis longtemps sans l’avouer ouvertement et d’une Chine qui refuse de signer un quelconque traité de limitation des armements car sans un réarmement intensif comme celui-ci, elle ne peut pas négocier même en tant que puissance régionale dans un environnement immédiat de plus en plus militarisé.

Du point de vue des États-Unis, l’enjeu est de maintenir les conditions de supériorité militaire écrasante qui ont « évité » une troisième guerre mondiale. Aucune capitale ne peut être laissée en dehors des ambitions militaires américaines. Les États-Unis essaient de conserver l’avantage qui leur a permis de gagner la guerre froide sans déclencher de guerre mondiale. Le problème est que chaque nouvelle technologie, chaque nouvel investissement massif de l’un des belligérants pousse nécessairement celui des autres. Du bouclier antimissile américain, nous avons passé en un temps record à la course spatiale militaire générale et aux missiles hypersoniques russes et chinois. L’accélération est indéniable. Des quantités massives de capitaux et de ressources visent à développer les armes de 2021 et la recherche technologique est encore détournée pour répondre aux besoins d’un monde transformé en un automate suicidaire. L’intelligence artificielle va de la politique industrielle à la sécurité nationale et la compétence technologique est absorbée par l’armée.

Et l’Europe? Les dirigeants européens sont ceux qui ont le plus insisté pour maintenir les accords de non-prolifération. Si nous écoutons Solana, les principaux États européens sembleraient être un véritable contrepoids de bon sens au milieu d’une folie croissante et seraient déterminés à modérer et à instaurer la paix. Mais la réalité est très différente. Les Européens savent qu’ils ne peuvent rester immobiles si la Russie met au point une nouvelle génération de missiles. La Russie contrôlant une bonne partie de l’approvisionnement énergétique allemand, la menace permanente d’un bombardement nucléaire « tactique » obligerait à réduire le niveau de belligérance commerciale et politique de l’Europe impériale à l’Est – à commencer par l’Ukraine – et aussi en direction de la Méditerranée. Il serait irrémédiable « d’accepter » l’aide de « l’ami américain » comme dans les années quatre-vingt. Une « aide » qui non seulement n’est pas désintéressée, mais mettrait un terme aux ambitions de la France et de l’Allemagne en les comprimant à nouveau entre la Russie et les États-Unis et en redonnant à l’Europe le rôle d’un « champ de bataille » potentiel.

La réalité? Le discours européen « pacifiste » est une tentative pour éviter de tomber sous la protection américaine avant de renforcer l’impérialisme franco-allemand avec des capacités militaires capables d’affronter la Russie. Le discours européen « pacifiste » est une tentative pour éviter de tomber sous la protection américaine avant de renforcer l’impérialisme franco-allemand avec des capacités militaires capables de résister à la Russie. Le militarisme est une conséquence inévitable de la crise sous le capitalisme. Face au militarisme, le pacifisme est inutile. La seule chose qui puisse arrêter la spirale militariste et les tensions impérialistes est le développement des grèves et des luttes de classe. Et ce dont nous avons besoin, à partir d’aujourd’hui, face à celle qui vient, c’est d’avoir quelques idées claires, la plus fondamentale: toutes les parties et tous les pouvoirs sont nos ennemis, pour eux, nous ne sommes que de la chair à canon.

Source : https://nuevocurso.org/la-guerra-comercial-toma-las-armas/?utm_medium=push&utm_source=suscriptores&utm_campaign=onesignal

Robert Bibeau | 23 mai 2019 à 0 12 00 05005 | URL : http://www.les7duquebec.com/?p=238925

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About Ginette Hess Skandrani

écologiste, membre co-fondatrice des verts, anti-colonialiste et solidaire des peuples opprimés du monde arabe, dont les Palestiniens et d'Afrique.