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Le TémoignageDd’Agatha Christie sur l’accueil des Arméniens rescapés du Génocide


J’ai trouvé ce témoignage en relisant Agatha Christie…

simone lafleuriel-zakri

26/04/2014

cet ouvrage d’Agatha Christie et hier j’ai trouvé ce témoignage de l’accueil en Syrie des Arméniens rescapés du génocide ;j’ai écrit ça que tu peux utiliser !

Le témoignage d’Agatha Christie :

Agatha Christie dans les années 1930 se remarie ave un jeune archéologue rencontré ern irak à Ur…Désormais elle va suivre son mari Max Mallowan en Irak, d’abord puis pendant de longues années en Syrie. Elle participera à toutes les missions, et deviendra très vite une précieuse auxiliaire du groupe conduit par Mallowan qui s’installe en Syrie entre la frontière et les régions de Qamischli et Hassaké. La région, une partie du « Croissant fertile » comme lui explique l’archéologue, abonde en « centaines de tells » sur les rives des affluents célèbres de l’ Euphrate : le Kabour et le Jaghjagha. Parmi le personnel choisi à Beyrouth et qui doit assurer l’intendance de l’imposante expédition, il y a un chauffeur, un cuisinier et un chauffeur pour le second véhicule : une Citroën. Un aimable arménien nommé Aristide engagé au Liban aura la charge. de la voiture. C’est donc Aristide qui sera chargé d’ouvrir la marche de cette première expédition de Sir Max Mallowan, et qui ira de Beyrouth à Palmyre, puis de Deir ez zor aux rives de l’Euphrate.( l’archéologue s’illustrera en Syrie par ses recherches à Tell Mozan, Chagar Bazar, puis Tell Brak et ses découvertes de Tell Brak et du Temple aux Yeux).

Le « camping » comme le nomme Agatha – qui s’amusera de toutes les péripéties des différentes missions de son époux en Syrie – commence à Mayedin. – La région dans les années 1940 est toujours sous mandat français.

L’Arménien Aristide devient très vite l’homme indispensable qui conduit certes, mais sait installer les tentes, ou rendre habitables les maisons des différentes missions, et s’acquitter des achats divers avec un grand sens de l’économie ! Il confie à ses compagnons qu’ il rêve de devenir, un jour, un chauffeur de taxi expérimenté puis, à force d’épargne, d’être à la tête d’une noria de véhicules et d’ouvrir un grand garage à Beyrouth !

Arménien, il est, et fier de l’être, et très pieux. Si tout se passe bien pour la mission, c’est sans doute, comme l’écrit la romancière « en raison des prières qu’il adresse à ses saints » quand les tâches de la mission se révèlent périlleuses. Par contre il ne raconte rien de sa vie passée !

Pourtant un jour, lors d’un déplacement du groupe toujours à la recherche du bon tell à fouiller, le goupe croise une petite caravane. Les bédouins aperçoivent Aristide. Ils le hèlent ! L’Arménien, aussitôt, court vers eux en criant, en agitant les bras et en les interpellant affectueusement.

A son retour, il explique !

– Ce sont des bédouins de la tribu des Anazé. ( L’ une des plus grandes tribus qui parcourt en particulier la Syrie)…. J’appartiens à cette tribu ! Je suis l’un d’eux !

Mallowan s’étonne ! Alors, nous raconte Agatha Christie, Aristide avec son habituelle joyeuse et aimable voix, son habituel sourire calme et chaleureux, nous raconta une histoire : l’histoire d’un petit garçon de sept ans qui, avec sa famille et d’autres familles arméniennes, avait été jeté vivant dans une profonde fosse par des Turcs. Ces Turcs avaient ensuite répandu du pétrole(du tar) sur tous les Arméniens et avaient mis le feu. Son père et sa mère, deux frères et une sœur avaient été brûlés vifs. Mais lui, qui était sous eux, était toujours vivant quand les Turcs s’étaient éloignés. Un peu plus tard, des membres de la tribu des Anazé étaient venus, ils avaient retiré le petit garçon de dessous les cadavres, l’avaient pris avec eux , et la tribu l’avait adopté ! ils l’avaient élevé comme un Arabe et, parmi eux, avec eux, il avait suivi les troupeaux dans leurs pâturages.

Mais quand il avait eu dix huit ans, il s’était rendu à Mossoul et là, avait demandé qu’on lui donne les papiers prouvant sa nationalité, car il était Arménien et pas Arabe. Pourtant il était resté leur frère, et pour les membres de cette tribu, il était toujours l’un d’eux !….

Passage à retrouver en anglais dans :

Agatha Christie -Mallowan, Come and tell me how you live (in Syria), William Collins Sons and Co Ltd, Londres,1946, chapitre « a surveying trip » pp 51,52.

L’ouvrage a été traduit en français il y a quelques années. C’est la réponse rédigée et publiée au printemps 1944 d’Agatha Christie à ses proches, amis ou passants qui s’étonnaient qu’elle puisse passer tant de temps, et avec tant de plaisir,…. en. Syrie !