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Le triangle France, Liban, Arabie saoudite, ou les ambitions de Hollande L’équipe du site


jan 1 à 11h49

Le triangle France, Liban, Arabie saoudite, ou les ambitions de Hollande
Simone Lafleuriel Zakri
L’équipe du site
Al Manar

Ce sont les Français qui profiteront en premier lieu de l’aide annoncée de 3 milliards de dollars apportée par les Saoudiens à l’armée libanaise. Selon le président Michel Suleiman, son pays dépensera cette aide dans l’achat d’armes lourdes à la France, selon la volonté du monarque. « Le roi du Royaume fraternel d’Arabie saoudite offre cette aide généreuse et appréciée de 3 milliards de dollars pour renforcer les capacités de l’armée libanaise », a-t-il déclaré, ajoutant que « Son Altesse a suggéré que les armes soient achetées à la France et rapidement. » Les fréquentes visites en France du ministre des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal et du chef des services de renseignements, Bandar Bin Sultan laissaient déjà prévoir un tel rapprochement de la France avec ce nouveau « partenaire de référence » au Moyen-Orient.
Au même moment, les 29 et 30 décembre, le président français François Hollande rencontrait le roi Abdullah à Riyad et confirmait, en signant l’accord avec ses partenaires saoudiens, l’annonce du président libanais. Signer un contrat exceptionnel d’armement était en réalité la première priorité du président français dans cette visite. La France veut profiter du refroidissement actuel des relations entre Riyad et Washington pour prendre une partie du marché des armes jusqu’ici dominé par Américains. Dans la dernière décennie, plus de 70 milliards de dollars ont, en effet, été investis dans l’achat d’armes par les différents émirats et royaumes pétroliers.
Pour François Hollande qui a, en France, les plus grandes difficultés à réaliser les promesses faites aux Français et dont la côte de crédibilité a besoin d’être boostée, supplanter progressivement les Américains sur ce marché est d’autant plus important dans la perspective d’un désengagement de Washington des crises qui frappent le Moyen-Orient et l’Asie centrale –dont ils sont les premiers responsables – et d’un accord sur le nucléaire iranien.