Aller à…
RSS Feed

Le tunisien Marzouki renoue avec Damas


MONDAFRIQUE

Le tunisien Marzouki renoue avec Damas

decryptages – Par Louise Dimitrakis –
Publié le 30 Juin, 2014

Alors que des tunisiens partis combattre le régime syrien sont arrêtés à Damas, le président tunisien, Moncef Marzouki, cherche à rétablir avec le régime de Damas qu’il avait qualifié de « sanguinaire ». De l’art de l’acrobatie en politique internationale….
inPartager1

le-tunisien-marzouki-renoue-avec-damas

Il y a environ deux ans, lorsque le mouvement Ennahda dirigeait la troïka au pouvoir, le président de la République tunisienne, Moncef El-Marzouki, aurait voulu montrer à l’étranger, et surtout au Qatar, qu’il était vraiment le chef de l’Etat en Tunisie. Il était allé très loin en optant pour la rupture des relations avec « le régime syrien sanguinaire et dictateur, anti-démocratique ». Il demandait à Bachar Assad de démissionner puisque « il ne lui restait que quelques jours de survie au palais d’Al- Mouhajirine à Damas ». C’était l’époque où les Dijadistes tunisiens se rendaient par centaines, via la Turquie pour aller combattre aux côtés des forces militaires djihadistes, sans que les autorités tunisiennes bougent le petit doigt

Le même Marzouki, après avoir coupé les relations diplomatiques avec la Syrie, vient récemment de demander aux autorités syriennes d’autoriser la Tunisie à ouvrir un bureau de représentation pour faciliter les affaires des ressortissants tunisiens vivant en Syrie. Le plus surprenant est que le ministère syrien des Affaires étrangères a accepté en précisant qu’elle fait la différence entre le peuple frère arabe tunisien et le pouvoir en place à Tunis, incarné par le « pauvre El- Marzouki », selon les propos du chevronné ministre des Affaires étrangères syrien, Walid Al- Mouallem.

Rafles à Damas chez les Tunisiens

Or des rapports émanant des centres d’Intelligence stratégiques, américain et britannique, estiment que les tunisiens constituent la majorité des dirigeants des mouvements terroristes: Jabhat Al-Nousra, Daech, Jound Al Islam, Saraya Al-Moukaouama al- Islamia. Ce qui a encouragé les hommes du patron des Services de la sécurité nationale, le général Ali al-Mamlouk, (sunnite), à entreprendre des rafles auprès des ressortissants tunisiens vivant dans la capitale Damas et dans les villes contrôlées désormais par l’armée officielle syrienne.

On apprend d’une source proche du général Mamlouk que plus de 500 tunisiens sur les 6000 présents en Syrie- chiffre officiel avancé par les autorités tunisiennes- ont été arrêtés et subi des interrogatoires avant que la moitié a été relâchée plus tard. « Bravo le stratège El Marzouki!!! », nous confiait un homme politique tunisien de gauche qui a préféré garder l’anonymat. Et ce dernier d’ajouter: « Notre stratège a certainement oublié que Bachar Assad resterait encore des années à la tête de la Syrie alors que lui quitterait le palais de Carthage dans quelques mois.. ».