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Le vrai visage des «amis de la Syrie»


 

 

Aucun média, aucun analyste ne s’est étonné de la puissance de feu développée par les groupes armés en Syrie. Ceci peut importe qu’il soit d’une importance capitale en matière d’information, que l’on sache l’état des forces en présence et qui fait quoi sur le champ de bataille. Après le tableau idyllique, servi aux bonnes âmes, qui met en scène l’armée d’un régime sanguinaire qui massacre des civils sans défense, on avait glissé sans transition vers une «révolution» armée, sans que l’on s’arrête sur la faisabilité de la chose. Aucune question sur la soudaine transmutation d’une contestation, présentée comme pacifique, à une véritable machine de guerre, se confrontant parfois d’égal à égal avec l’une des armées les plus puissantes du Proche-Orient. La thèse d’une soudaine émergence d’une force militaire, surarmée et à l’approvisionnement quasi intarissable, ne dérangeait pas l’intelligence des faiseurs d’opinion, tous décidés à maintenir la version d’un peuple désarmé, soumis à une féroce répression. Pire, malgré les images qui ont fini par filtrer et par démontrer, ce faisant, la nature des «manifestants» et leur mode d’action, la propagande n’en démordait pas. Le peuple syrien, exposé aux exactions et aux crimes des groupes armés, n’avait pas voix au chapitre. Afin que le plan initial, même devenu boiteux, continue de servir d’argument à la mobilisation de la «communauté internationale» et, étonnamment, à une «gauche» convaincue d’un «printemps», dont elle ne finira pas d’assumer des conséquences, qui sont déjà à l’œuvre en Libye. Pourtant, dès les presque débuts de l’histoire, des indiscrétions faisaient état d’une implication de certaines forces occidentales, de premier plan, dans l’alimentation du conflit, désormais ouvert entre un Etat souverain et une agression étrangère appuyée par une partie de la population du pays et des mercenaires acheminés d’ailleurs. A ce titre, le 23 novembre 2011, le journal français le Canard enchaîné rapportait que les agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française étaient impliqués dans la guerre, que la grande presse qualifiait de «printemps». En décembre suivant, un député s’interrogeait sur la présence du Commandement des opérations spéciales (COS) en Turquie et au Liban. Comme rien ne peut être dissimulé longtemps, la vérité a pu être dévoilée. Le déploiement des services français avait pour objectif de soutenir les bandes armées, en action en Syrie, par des actions de formation sur les matériels de guerre qui leur étaient fournis, en matière d’instruments de transmission et d’armement lourds. Apparemment, dans une savante division du travail, la Central Intelligence Agency (CIA), à partir du sud de la Turquie, organise et assure le transit des armes vers leur destination. Les services secrets allemands, eux, sont chargés d’espionner les mouvements de troupes de l’armée régulière syrienne et de fournir les renseignements à la «rébellion», par l’intermédiaire des services étatsuniens et britanniques. Ces derniers opérant leur propre collecte de données militaires à partir d’une base chypriote. Ce qui est essentiel en termes d’apport aux combats. Le drame pour les apprentis sorciers est que toute cette aide profite en grande partie aux groupes djihadistes. Sauront-ils, le cas échéant, gérer le chaos ?

Par Ahmed Halfaoui

lesdebats.com