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Les craquements du sionisme


Caricature de Carlos Latuff

Caricature de Carlos Latuff

Une distribution de masques à gaz est faite en Israël sur fond de propagande contre une éventuelle frappe iranienne. Le travail des sionistes est toujours de suggérer qu’ils vivent sous la menace. Jamais agresseurs, toujours agressés est la seule vérité qui doit régner. Un bénéficiaire de masque se plaint à fendre les cœurs de «l’indifférence générale de la communauté internationale» qui, d’après lui, devrait se mobiliser et il s’interroge : «Que dirait-on si on devait distribuer des masques à gaz sur la place de la Concorde à Paris ?», convaincu, qu’il est, d’être sous le coup d’une offensive meurtrière qui viendrait du très diabolisé président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Ce quidam, échantillon parlant de ce que le mépris de l’intelligence peut produire, ne semble pas du tout interpellé par le fait que ce sont ses propres gouvernants qui battent les tambours. Mais pas extraordinaire, en apparence, il y a des Israéliens qui commencent à être gagnés par le bon sens et par le souci de réagir aux menées criminelles de leur pays. Se peut-il, alors, que commence à germer l’humanité au sein de la population israélienne ? Il y a des signes qui augurent la bonne nouvelle. Voilà cinq mois, Rony Edry, un graphiste de Tel Aviv, a pris l’initiative d’utiliser internet pour contrer le crime. Depuis, ils sont des millions à se reconnaître dans le mouvement, d’abord virtuel, qui a gagné la réalité de la rue. Tout est parti d’une photo de Rony avec  sa petite fille dans ses bras, illustrée par une phrase : «Iraniens nous vous aimons, nous ne bombarderons jamais votre pays», puis par une autre «Not ready to die in your war» (pas prêt à mourir dans votre guerre). La page sur Facebook s’intitule «Israël loves Iran». Ce qui constitue une sérieuse brèche dans le carcan de la paranoïa entretenue par le régime sioniste. Pour la première fois dans l’histoire du sionisme, des gens ne croient plus à la «persécution universelle». Et des Iraniens leur ont rendu la pareille. Benjamin Netanyahu et toute sa camarilla n’ont pas encore réagi, mais ce serait bien le diable qu’ils ne paniquent pas devant l’effondrement de leur système d’embrigadement par la peur, qui s’est retourné contre eux. Les préparatifs réels ou simulés contre l’Iran, de toute évidence, ont gravement impacté le moral des Israéliens. Car l’Iran est une autre paire de manches que les pauvres hères de Cisjordanie ou de Ghaza. Un texte pétri de lucidité circule : «Au peuple iranien, à tous les pères, les mères, les enfants, les frères et les sœurs, pour qu’il y ait une guerre entre nous, nous devons tout d’abord avoir peur les uns des autres, nous devons nous détester. Je n’ai pas peur de vous, je ne vous déteste pas. Je ne vous connais même pas. Aucun Iranien ne m’a jamais fait de mal. Je ne suis pas un représentant officiel de mon pays. Je suis un père et un enseignant. Nous vous aimons. Nous ne vous voulons pas de mal. Au contraire, nous voulons vous rencontrer, boire un café et parler de sport». Chaque mot est choisi pour porter la négation de la stratégie guerrière. Avec la force de cette réalité : «Je ne vous connais même pas. Aucun Iranien ne m’a jamais fait de mal». Plus qu’un aveu, un divorce avec un système de pensée cynique et ignominieux. Pour peu que les rodomontades de «Bibi» aient de la consistance, il va lui être difficile de convaincre ou de contrer une opinion qui a fini par s’attaquer au principe même de s’engager dans la douce Tsahal . 

Par Ahmed Halfaoui lesdesbats.com