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Les enquêteurs de l’ONU accablent Damas


HORIZONS QUOTIDIEN NATIONAL D’INFORMATION

Syrie

Le régime de Bachar El-Assad sur le gril ?

C’est, du moins, la perception que laissent entrevoir les conclusions des enquêteurs onusiens.

Alors que l’émissaire international, Lakhdar Brahimi, s’attelle à sa mission « difficile » et multiplie les contacts en faveur d’un dialogue inter-syrien, les enquêteurs de l’ONU ont recommandé, hier, au Conseil de sécurité, de prendre les « mesures appropriées » contre le régime de Bachar al-Assad, sans, toutefois, mentionner la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) qui ne fait pas consensus au Conseil de sécurité, verrouillé par le double veto russe et chinois. En présentant devant le conseil des droits de l’Homme de l’ONU un rapport, soulignant l’augmentation des violations flagrantes en « nombre, rythme et intensité », le président de la commission d’enquête, le Brésilien Paulo Pinheiro, a mis de l’eau au moulin des partisans de la saisine de la CPI par le Conseil de sécurité. Ce que conteste le représentant syrien au Conseil, Faysal Khabbaz Hamouia, qualifiant le rapport d’« inexact » et accusant « tous ceux qui soutiennent le bain de sang du peuple syrien ». Il a affirmé que 17 pays envoient des « terroristes djihadistes » en vue « de la fragmentation du Moyen-Orient en émirats islamistes ». La « présence croissante d’éléments étrangers, y compris des militants djihadistes, en Syrie », opérant au sein des groupes antigouvernementaux ou agissant en toute indépendance, est reconnue par Paulo Pinheiro. Mais le ton est mis pour réunir « un ensemble extraordinaire de preuves ». Le président de la commission d’enquête a déclaré, à cet effet, que « nous avons recommandé que notre rapport soit transmis au Conseil de sécurité (…) de sorte qu’il puisse prendre les mesures appropriées au vu de la gravité des violations, abus et crimes perpétrés par les forces gouvernementales et les Chabiha (milices pro-Assad), et par des groupes antigouvernementaux ». Une 2e liste confidentielle de personnes, dont de hauts responsables, a été dressée. « Cette liste sera transmise au Haut-commissariat de l’ONU pour les droits de l’Homme jusqu’à ce qu’un mécanisme de justice internationale puisse s’en emparer pour juger les responsables des crimes », a indiqué Pinheiro, estimant qu’il convient « de ne pas publier les noms pour ne pas compromettre le droit à la présomption d’innocence ». Pour pénalisante qu’elle soit, la démarche des enquêteurs onusiens rend plus difficile la mission « impossible » du médiateur de l’ONU et de la ligue arabe qui, malgré le cuisant revers de son prédécesseur, s’attelle à renouer les fils du dialogue inter-syrien revendiqué par Damas et l’opposition interne, néanmoins voué à l’échec par l’opposition armée déterminée à renverser le régime par la force. Après son passage à Damas, Brahimi s’est rendu, hier, au Caire pour informer le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, des résultats de ses entretiens avec le président Bachar El-Assad et les membres de l’opposition et aborder « les démarches nécessaires à entreprendre aux niveaux arabe et international pour régler la crise actuelle en Syrie ». Il doit également assister à la première rencontre au niveau ministériel du groupe de contact sur la Syrie, regroupant l’Égypte, l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’Iran. La quadripartite a été proposée lors du sommet des non-alignés de Téhéran, par le président égyptien, Mohamed Morsi. Là aussi, le consensus est-il possible ?

Samira B