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Les véhicules blindés et un assortiment d’aide d’armes »non-létales ».



Des sources diplomatiques occidentales à Beyrouth affirment que cet effort d’armement exceptionnel s’est accompagné d’un recrutement de combattants extrémistes dans une trentaine pays «via les réseaux djihadistes», pour être envoyés en Syrie. Ces militants viennent essentiellement de Tunisie, de Libye, des pays du Golfe, du Pakistan, mais aussi de pays européens. «Ces quatre derniers mois, 5.000 à 8.000 combattants étrangers ont afflué en Syrie», poursuit la source.

Cette information, connue des services de renseignements du monde entier et des journalistes depuis longtemps, a été  confirmée une nouvelle fois vendredi par le quotidien belge La Libre Belgique. Citant la présidente de l’agence européenne Eurojust, Michèle Coninsx, le journal écrit que «des centaines de jeunes Européens, dont des dizaines de Flamands, se battent en Syrie aux côtés d’islamistes radicaux». Mme Coninsx «s’est déclarée préoccupée par le nombre croissant de jeunes faisant l’aller-retour entre l’Europe et la Syrie». «Selon l’Eurojust, chargé de coordonner les activités des autorités judiciaires nationales, cette tendance inspire de l’inquiétude, car des jeunes entrent en contact avec des mouvements radicaux souvent liés à Al-Qaïda et représentent un danger à leur retour en Europe», conclut La Libre Belgique.

Dans le même temps, des milliers de combattants ont suivi un entrainement intensif dans des camps installés en Turquie, en Jordanie et en Syrie même, sous la supervision directe d’instructeurs militaires de ces deux pays, ainsi que d’officiers britanniques, français et américains. Le Times britannique avait révélé, fin février, que des officiers américains entrainaient des rebelles syriens dans des camps de l’armée jordanienne, non loin de la frontière syrienne.

Le quotidien libanais Al-Akhbar rapporte dans son édition de vendredi que des «groupes de rebelles reçoivent des formations spécialisées dans des États du Golfe, notamment le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis». Le journal fait état également de «l’intensification de l’activité des services de renseignements arabes, occidentaux et israéliens à l’intérieur de la Syrie».

La source diplomatique indique que des structures de coordination ont été mises en place pour fournir aux rebelles syriens des informations précises sur les mouvements, les effectifs engagés et les lieux de déploiement de l’armée régulière syrienne. «Plusieurs satellites sont actuellement opérationnels en permanence au dessus de la Syrie et ils fournissent en temps réel des informations à des chambres d’opérations basées en Turquie et en Jordanie, qui les transmettent à leur tour aux groupes rebelles en Syrie», ajoute la source précitée.

Une source politique libanaise affirme que «l’annonce par la Ligue arabe qu’elle laissait aux États membres la liberté d’armer les rebelles syriens ne vient que confirmer des activités qui sont en vigueur depuis déjà plus d’un an et qui se sont intensifiées, ces quatre derniers mois».

Dans ses déclarations lors de sa tournée au Moyen-Orient, le secrétaire d’État américain, John Kerry, a fourni la couverture politique à ce plan complexe. A travers cette vaste offensive, qui n’attend plus que le signal des États-Unis pour commencer, Washington espère modifier en sa faveur les rapports de forces sur le terrain, avant de commencer sérieusement les négociations avec la Russie à partir d’une position avantageuse.

Cependant, le régime se prépare sur tous les plans à faire face à cette nouvelle offensive. La reconstitution de ses réseaux de renseignements lui a d’ailleurs permis, ces dernières semaines, d’anticiper les mouvements des rebelles, notamment autour de Damas, à Homs et à Alep. Il a, par ailleurs, achevé l’entraînement de 60.000 recrues de la force paramilitaire appelée l’Armée nationale de défense.

Le combat s’annonce donc féroce.