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LIBAN : S. Nasrallah à la minorité: d’abord la loi électorale, ensuite les élections!


 

 
 
Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a laissé entendre dans son discours ce dimanche qu’il n’y aura pas d’élections législatives en 2013 à l’aide de la loi électorale de 1960, à laquelle sont attachées les forces du 14 mars.«  Le parcours normal est de voter une nouvelle loi électorale, d’aller par la suite aux élections législatives et puis à la formation d’un gouvernement », a-t-il affirmé dans son allocution diffusée via un écran géant, lors d’une cérémonie d’hommage aux diplômés universitaires, organisée par l’officine estudiantine du Hezbollah, «Mobilisation éducative ».

Son Eminence soupçonne ces forces qui boycottent les réunions parlementaires d’avoir comme objectif de torpiller les efforts politiques déployés en vue de voter une nouvelle loi électorale, comme l’exigent la plupart des forces politiques et religieuses au Liban.

S’adressant toujours aux forces de la minorité(14mars), il leur a demandé de ne plus parier sur les évolutions régionales, en particulier sur la chute du régime syrien. «  Depuis 2005, tous vos calculs qui s’en référaient aux évolutions régionales, dont j’en dénombre au moins cinq, se sont avérés factices», a-t-il expliqué.

Leur reprochant de n’avoir comme préoccupation, depuis la promulgation de la résolution 1559, que la résistance et son armement, il les a appelés à au moins se concerter avec les forces politiques de la majorité sur les sujets consensuels, dont entre autre, la crise économique qui sévit au Liban et risque de provoquer un effondrement.

Son Eminence a rappelé les positions inlassablement récursives des dirigeants du 14 mars, depuis les deux années de  déclenchement de la crise syrienne, sur l’imminence prochaine de la chute du régime syrien, et qui se sont en fin de compte avérées illusoires.

Selon lui, la crise syrienne va perdurer, surtout que certaines forces locales, régionales et internationales refusent le dialogue avec les autorités, et misent exclusivement sur le choix militaire. Sayed Nasrallah estime que les forces régionales et internationales ont tendu un piège à la nébuleuse Al-Qaïda pour rassembler ses éléments venus du monde entier  » pour que vous vous entretuiez en Syrie ».

Le numéro un du Hezbollah a toutefois salué la visite effectuée par certains dirigeants du 14 mars dans la bande de Ghazza pour féliciter les Palestiniens pour leur victoire dans la dernière offensive « Colonnes de fumée » menée par l’ennemi sioniste.

 » Nous au Hezbollah, serons les premiers enchantés si les différents régimes et forces politiques arabes en viennent à apporter leur soutien aux Palestiniens, les arment, les entrainent, pour les aider à récupérer leur terre », a-t-il clamé assurant que la position iranienne de la cause palestinienne est de faire son devoir, tant que les autres se désistent.

Selon lui, la victoire de la résistance  à Ghazza s’inscrit dans le cadre des défaites successives infligés à l’israël depuis l’an 2000, en passant par la guerre de 2006, puis celle de 2008-2009.  » l’israël qui fait peur n’existe plus, l’israël effroyable n’existe plus, pour l’éternité », a-t-il clamé.

Dans la première partie de son discours, le secrétaire général du Hezbollah a mis l’accent sur la crise économique qui frappe le Liban, signalant qu’elle affecte la plupart des gens. Il l’a qualifié de « trans-communautaire » car elle affecte désormais toutes les communautés. Selon lui, seul l’État ,et pas seulement le gouvernement ,est apte à la résoudre, ce qui nécessite la contribution de toutes les forces politiques.

Les idées principales du discours

(…) A partir de là, il faut s’attendre à de graves répercussions sécuritaires, dont entre autre la hausse de la délinquance, sans compter les crises sociales qui pourraient en découler. Oui certes, certaines forces apportent leur contribution mais ceci ne résout pas le problème. La seule partie qui peut régler ce problème est l’État et non le gouvernement seulement.

Il ne suffit pas d’augmenter les salaires mais il faut a tout pris baisser le dépenses des gens… Ce qui nécessite un réel programme

La priorité est l’armement et non le niveau de vie des gens

Permettez-moi ici d’ouvrir une parenthèse : sur la situation politique. Il est hélas regrettable de constater que ce problème ne fasse pas partie des priorités de certaines forces politiques dans notre pays.
Depuis la promulgation de la résolution 1559 en 2004, figure à la tête de leurs préoccupations l’armement de la résistance au Liban. Ils n’ont rien d’autre, à tous les moments… à tel point qu’ils répètent toujours les mêmes phrases, les mêmes idées. Je ne sais pas comment ils se répètent ainsi sans se lasser. Ils ne s’ennuient pas. Moi s’il m’arrive de répéter dans deux discours successifs quelques mêmes idées, je m’ennuie de moi-même.

Même le sang du président martyr Rafic Hariri ont été exploité pour leur campagne…

Pourquoi  ne donne t-on pas l’occasion à notre pays de réfléchir sur la crise économique qui affecte tout le monde…
On peut ne pas s’entendre sur la politique à adopter sur l’israël, mais on peut quand même se mettre d’accord sur la crise économique…
Sachez que depuis 2006, toutes les manipulations et les désintoxications diffusées sur la résistance se sont soldées par un échec. Tout le monde sait que cette résistance victorieuse contre I’israël est enracinée dans l’esprit des gens, …, sa force et son armement sont beaucoup trop puissants pour être altérés par les complots tramés contre elle.
On ne cesse de l’injurier, de l’insulter, de lui lancer de fausses accusations. Dernièrement, pour donner de la crédibilité à leurs accusations, d’aucuns se sont mis à énumérer les fois que Hezbollah s’est abstenu de réagir à ces accusations ou n’a pas démenti ce qui lui sont attribuées. Pourtant, moi-même avais dit en personne que le Hezbollah ne va pas réagir à toutes les accusations… Il n’a pas que cette chose à faire. Il existe des médias politisés, qui font de la propagande et produisent des mensonges. Nous n’allons pas toujours réagir.
… Il faut que la majorité et l’opposition forment un groupe d’action nationale pour dire aux Libanais que nous allons mettre de côté nos divergences, et mettre au point un plan pour éviter l’effondrement. C’est un devoir national, moral, religieux. Nous en ce qui nous concerne, sommes prêts de nous assoir aux côtes de ceux qui nous insultent  pour régler cette crise, inhérente a la vie des gens… pour mettre au point un programme national.

Entraver la loi électorale

La situation politique actuelle se décrit sous la forme suivante : pas de table de dialogue national, pas de réunions parlementaires. Il y a certes une tentative de torpiller la vie politique à cause de l’opposition.
Il y avait auparavant la tentative de renverser le gouvernement. Elle n’est pas parvenu à ses fins, non pas à cause de nous, mais en raison des données régionales et internationales….

Pour le moment, ce boycott ne fait que torpiller la vie parlementaire et le renversement du cabinet n’est plus donc à l’ordre du jour.
L’enjeu est désormais de torpiller l’activité parlementaire, pour entraver le vote d’une nouvelle loi électorale, et mettre les libanais face au fait accompli: soit on effectue les élections avec la loi de 60, soit il n’y aura pas d’élections.
Dans ces circonstances, notre position ne peut être ni médiane, ni médiatrice, car nous sommes visés par ces manœuvres. Nous ne pouvons en aucun cas rester au milieu. Dans ces circonstances, nous sommes un protagoniste et sommes fiers de notre position que nous sauvegarderons quelque soient les pressions.

Ce qui ne nous empêche pas d’écouter les conseils des autres. Certains, si arrogants et s’estimant supérieurs aux autres, refusent qu’on les conseille.

Le pari syrien perdu

Je voudrais à cet égard attirer votre attention et non pas vous conseiller que vous commettez une erreur dans le diagnostic. Comme d’habitude, vous édifiez tous vos paris, en fonction desquels vous avez choisi de boycotter et d’empêcher un vote sur une nouvelle loi électorale et entraver tout initiative de ce gouvernement, vous pariez  que dans quelques jours le régime syrien va tomber… cela perdure depuis près de deux ans.. depuis les premiers jours, vous et certains dirigeants, rois, princes, ministres arabes et régionaux ne cessez de répéter que le régime va tomber dans les deux mois suivants, puis vous ne cessez de renouveler la date depuis..

De deux choses l’une : soit vous vous basez sur des fausses informations, soit vous versez dans la désintoxication. Depuis 2004, de nombreux médias s’adonnent à la manipulation, en diffusant des rumeurs ou de fausses informations, et mènent une guerre psychologique. Durant ces  deux dernières semaines, il se sont focalisés sur la situation de Damas… il s’avère toutefois que la plupart des régions sont encore sous l’emprise du régime…
Il ne faut pas baser vos calculs sur de fausses estimations. Toutes les estimations du 14 mars depuis 2005, dont 5 essentielles, sont fausses.  Il en est de même pour vos calculs concernant la Syrie.

Le parcours naturel est de mettre au point une nouvelle loi électorale et de faire après des élections, puis de former un gouvernement. C’est ainsi  qu’on peut servir les intérêts du pays..
Ce qui nous incombe de retourner à la table des négociations, ou au parlement, …

Syrie: le conflit va perdurer

Sur la Syrie,  je voudrais dire que dans la situation actuelle, les choses se compliquent sans cesse, et ceux qui croient que l’opposition armée peut trancher la bataille sont induits en erreur.
Le conflit actuel n’est plus, comme certains ont cru, une confrontation entre le régime et le peuple. Aujourd’hui, il y a une division réelle au niveau de la population. Il y a le régime et avec lui une bonne partie de la population, et de l’autre ,il y a une partie de la population qui a pris les armes, réclame l’aide régionale ou internationale et fait prévaloir le conflit armé.

D’aucuns de nous ne soulèvent la question morale sur le sort des gens du peuple, qui succombent dans le conflit armé .
Je vais faire la même chose : les gens de Katana par exemple, ceux de Germana aussi, ne sont-ils pas des syriens pour subir les attaques aux voitures piégées. Et  ,vicieusement, au moment où les gens sortent de chez eux, pour aller au travail ou emmener leurs enfants à l’ écoles. Et comment ? A l’aide de deux voiture piégées : la seconde explose lorsque les gens viennent à l’aide des victimes de la première. C’est le comble de la méchanceté.
Ces victimes ne font-elles pas partie du peuple syrien ?
Où est donc votre position morale concernant ces gens du peuple syrien tués par l’opposition syrienne armée. Où est donc votre position des syriens tués devant les caméras, ou des syriens égorgés avec des couteux, ou de ceux jetés par-dessus les immeubles, ou de ceux abattus pour leur appartenance confessionnelle, …  ne font-ils pas partie du peuple syrien ?

Oui en Syrie sévit un dur combat sanguinaire et meurtrier. La bataille sera longue en Syrie parce que l’opposition armée et ceux qui sont derrière elle, comme forces régionales et internationales refusent tout dialogue avec le régime. Ce qui va perdurer l’effusion de sang…

Pourquoi ce refus du dialogue ?

Franchement, il y a des États qui ont beaucoup d’argent et n’en ont cure que les Syriens s’entretuent. Ils peuvent interminablement leur envoyer de l’argent.

Certaines forces régionales et internationales ont intérêt à ce que ce conflit perdure.
Je voudrais dire aux gens d’ Al-Qaïda, avec qui nous n’entretenons aucun lien, voire en adversité, que les États-Unis, les états européens et certains pays arabes vous ont tendu un piège en vous ouvrant les chemins de Damas, en vous faisant venir de tous les coins du monde, pour que vous vous entretuiez. Et vous êtes tombés dans ce piège.
Et si ces groupuscules parviennent à réaliser un exploit sur le terrain, ce sont eux qui en payeront le prix le premier.

Les américains ne sont pas du tout pressés que les choses se terminent en Syrie. Au contraire, ils voudraient que la situation languisse en Syrie.

Car plus il y a de tueries dans les rangs de l’opposition armée,  de l’armée régulière et des catégories populaires, cela veut dire que la Syrie est devenu faible, impuissante, détruite, et donc qu’elle est en dehors du conflit contre  l’israël.

Nous avons toujours dit que notre cœur s’afflige et s’attriste réellement pour toute âme tuée en Syrie, quel que soit son appartenance … A la lumière de toutes les considérations, la solution réside d’œuvrer pour le dialogue politique. Celui qui refuse est coupable de tous les meurtres et de l’effusion de sang en Syrie.

Bien sur la situation se complique davantage avec la présence de courants takfiris, qui fait craindre pour l’avenir de la Syrie, même dans les rangs de l’opposition qui s’inquiète. Et ils ont raison de s’inquiéter et de se demander où ils mènent la Syrie.
Le besoin moral, stratégique, politique,… nous incombe de déployer tous les efforts en faveur d’un dialogue qui engendre un compromis en Syrie.

Hommage taquineur à la visite des 14 mars à Ghazza

Concernant Ghazza, je voudrais commenter la visite que lui a faite une délégation libanaise des dirigeants des forces du 14 mars, où ils ont pris des photos et lancé plusieurs déclarations.
Contrairement à certains de nos alliances dans les » forces du 8 mars » qui avaient une vision suspecte, j’ai été ravie de cette visite et j’encourage les dirigeants du 14 mars de soutenir Ghazza et son armement, et de la féliciter sa victoire… Nous n’avons pas besoin qu’ils fassent de même avec la résistance au Liban.

Nous, au Hezbollah ,sommes parfaitement comblés lorsque nous voyons les Libanais et les Arabes féliciter  Ghazza de sa victoire  et dire qu’ils ne renonceront à aucun pouce de la Palestine.  Cela veut dire que nous sommes d’accord. Sachant que ces positions sont émotionnelles, et non encore réelles, car ces forces politiques soutiennent l’initiative arabe qui donne les deux tiers de la Palestine à I’israël ! C’est déjà un bon pas…

Rappelons toutefois qu’en 2006, ces mêmes forces avaient dit que ce n’est pas la résistance qui a vaincu dans la guerre, et qu’il y a eu des erreurs commises par les différentes hiérarchies de la direction israélienne, au niveau d’Amir Peretz, comme quoi il ne saut pas faire la guerre, alors que le chef d’État-major est un expert en attaque  aérienne,pour conclure, en fin de compte ,que l’exploit réalisé n’est pas du à la force de la résistance mais aux lacunes israéliennes.

Par la suite, les israéliens ont mis sur pied des comités d’enquête, pour savoir ce qui s’est passé afin d’ en tirer les leçons, puis ils ont travaillé pour réédifier leur armée, lui consacrant des capacités énormes, effectuant comme jamais dans l’histoire de l’israël des entrainements interminables, militaires, sécuritaires, de défense civile, et comme quoi I’israël a tiré les leçons de la guerre de 2006. Il y a eu ensuite la guerre de Ghazza 2008-2009, ceux qui sont partis féliciter Ghazza dernièrement avaient dit alors qu’elle a perdu. Il s’est avéré toutefois que l’armée israélienne a été vaincu.

Aujourd’hui, en dépit des entrainements et des budgets énormes, malgré le perfectionnement des capacités, vous avez vu de vos propres yeux comment 3 missiles dont 2 sont tombés à Tel-Aviv et le troisième dans une de ses banlieues, ont amené Netanyahou, Barak et tous les autres courir vers les abris, face à la bande désarmée, assiégée, qu’ils surplombent comme le creux de leur main.

Vraiment I’israël a été vaincu dans cette confrontation et a imploré le compromis.

C’est une preuve supplémentaire que ce qui s’est passé en 2006, puis en 2008-2009 n’a pas été fortuit, et a été une réelle victoire de la résistance.  Quand cela se répète, cela veut dire que ce n’est pas fortuit.

2000: le premier clou dans le cercueil d’Israël

Cet Israël qui faisait peur, l’effroyable, la puissante est fini pour l’éternité

Depuis l’an 2000, depuis la défaite qu’ils ont essuyée en sortant, malgré eux, humiliés d’une terre arabe, cela a été  le premier clou enfoncé dans le cercueil de l’israël , les autres clous n’ont pas tardé et ne tarderont pas à venir..

Pour tous ceux qui ont dit avant et après Ghazza que les liens entre les différentes factions de la résistance palestinienne et libanaise sont ébranlées, ou que la résistance palestinienne est revenue dans le giron arabe et n’est plus dans le giron iranien, que les Arabes reprennent en main la cause palestinienne.

Sachant que tout ceci relève des souhaits et non  de la réalité.

Sachez que nos relations avec toutes les factions de la résistance palestinienne sont normales.

L’Iran fait son devoir, aux Arabes de faire le leur.

Quant à la République islamique d’Iran laquelle accorde un soutien militaire et logistique aux factions de la résistance palestinienne, sachez qu’elle estime faire son devoir sans jamais demander de contrepartie. Je défie aux factions de sortir dire que l’Iran leur a un jour demandé un jour quoique ce soit en retour, ou leur a posé des conditions ou demandé quoi ce soi…

Pendant plus de 30 ans, l’Iran fait son devoir avec la résistance palestinienne, lui fournit toute l’aide dont elle a besoin, et ne demande rien en échange.
Je peux vous assurer, au nom des Iraniens avec qui je peux me permettre, et du moins au nom de l’Imam Sayed Ali Khamenei avec qui j’entretiens une relation spéciale , que les Iraniens s’engageront à ne plus rien donner aux Palestiniens au cas où les Arabes se chargent de leur donner l’argent nécessaire, leur offrent les armements, et les entrainent, qu’elle saluera ce geste et se mettra derrière les Arabes…

Ce qui lui épargnera beaucoup d’argent et d’armes, que nous serons prêts à prendre à l’occasion !
Tout ce que veut l’Iran est que le peuple palestinien restitue sa terre et rien d’autre.
Que celui qui veuille porter la bannière de la Palestine, l’Égypte nouvelle ou les pays arabes, allez-y. Et nous aussi au Hezbollah allons le saluer , lui porter assistance et nous mettre derrière lui, car l’essentiel c’est la Palestine !

Site de la chaîne AlManar-Liban