Aller à…
RSS Feed

L’idée illusoire des rebelles syriens « modérés » a échoué malgré le financement et la propagande»


’Arrêt sur Info
— 11 décembre 2016

Deux points de vue sur la guerre en Syrie. Chacun peut juger, faire la part du vrai ou de la propagande, se faire sa propre opinion. SC

onu-assemblee-generale © Eduardo Munoz Source: Reuters

Un point de vue non occidental
«L’idée illusoire des rebelles syriens « modérés » a échoué malgré le financement et la propagande»

Russia Today | 10 déc. 2016

La soi-disant opposition modérée a en fait cessé d’exister en Syrie, a déclaré l’ambassadeur de Russie auprès de l’ONU. L’Assemblée a adopté une résolution non-contraignante, appelant au cessez-le-feu dans ce pays déchiré par la guerre depuis 6 ans.

L’Assemblée générale des Nations unies a voté pour une résolution canadienne non-contraignante demandant un arrêt des hostilités en Syrie. Le document appelle à mettre fin à «toutes les attaques sur les civils» et à fournir de l’aide humanitaire à la Syrie.

Les Etats-Unis ont saisi l’opportunité de critiquer la Russie et la Syrie sur les opérations déployées pour chasser les extrémistes d’Alep, et sauver ainsi les milliers de Syriens qui vivent sous leur dépendance.

«C’est un vote pour se lever et dire à la Russie et à Assad d’arrêter le carnage. C’est un vote de défense des principes fondamentaux sur la façon dont les Etats doivent agir, même lors d’une guerre», a déclaré l’ambassadrice des Etats-Unis, Samantha Power, devant l’Assemblée.

En parlant aux délégués de l’Assemblée générale de l’ONU, l’ambassadeur de Russie auprès de l’ONU Vitali Tchourkine a expliqué que la résolution canadienne contenait «des défauts sérieux» raison pour laquelle il était «impossible» que la Russie la soutienne. «Les raisons du conflit et de son évolution ont été identifiées à tort. La faute est rejetée surtout sur les autorités du pays. La menace terroriste et le rôle des sponsors étrangers ne sont que présentés qu’en termes très larges», a-t-il déclaré.

Mais malgré «l’important soutien financier, logistique et la propagande» depuis l’extérieur, «l’idée illusoire de l’opposition modérée syrienne a en fait échoué», a souligné le diplomate russe.

L’ambassadeur de Russie a également commenté la déclaration de Samantha Power en la qualifiant de «rhétorique agressive». Selon lui, l’attention américaine devrait plutôt se déplacer vers les défaillances de Washington dans le règlement du conflit en Syrie. Il a rappelé que la délégation américaine avait changé d’avis et renoncé à l’offre sur Alep présentée le 2 décembre par John Kerry au ministre russe des Affaires étrangères. Les Etats-Unis ont également annulé la réunion prévue entre John Kerry et Sergueï Lavrov.

«Au lieu de propager des clichés de propagande autour d’Alep, la délégation des Etats-Unis ferait mieux de s’intéresser à ce qui se passe autour de Mossoul sous la direction américaine, ce qui s’est passé autour de Falloujah sous la direction américaine», a déclaré Vitali Tchourkine.

10 déc. 2016

Source: https://francais.rt.com/international/30434-idee-illusoire-rebelles-syriens-moderes-echoue
Un point de vue largement partagé par les journalistes de la presse traditionnelle

syrie-rebelles © VIRGINIE NGUYEN HOANG / Hans Luca

Une brigade de l’Armée syrienne libre au repos dans la vieille ville d’Alep, le 16 octobre 2012. © VIRGINIE NGUYEN HOANG / Hans Luca
Syrie : pourquoi les modérés ont échoué

PAR ARMIN AREFI
Publié le 10/12/2016 | Le Point.fr

L’Armée syrienne libre était la première force anti-Bachar el-Assad. Mais faute de soutien occidental réel, elle est désormais acculée à la défaite.

Aux yeux de Bachar el-Assad, ce sont tous des « terroristes ». Pour ses opposants, ils sont au contraire de valeureux résistants modérés (1) face à la répression aveugle du régime syrien. À l’heure où la rébellion syrienne s’apprête à perdre la partie orientale d’Alep, seule grande ville qu’elle occupait encore en Syrie, le chercheur Charles Lister, spécialiste reconnu de la Syrie au Middle East Institute, s’est penché dans un rapport sur l’histoire de l’Armée syrienne libre depuis le début de la guerre civile syrienne : une vraie tragédie grecque.
Protéger les manifestations anti-Assad

Mars 2011. Dans le sillage du Printemps arabe, des manifestations pacifiques éclatent à Deraa (sud) contre le pouvoir sans partage de Bachar el-Assad. Réclamant au président syrien des réformes politiques, elles sont réprimées dans le sang par son armée et ses redoutables « chabihas » (miliciens). La révolte gagne la ville de Homs (centre-ouest) et réclame désormais la chute du régime. Fin mai, face à la violence de la répression gouvernementale, des militaires syriens font défection et, aidés de civils ayant pris les armes, abattent trois soldats des forces régulières à Al-Rastan. Le 4 juin, cent militaires sont tués dans la ville de Jisr al-Shughour (ouest).

Quatre mois après le début de la révolution, alors que les morts civils se comptent déjà par milliers, Riyad al-Assad, un colonel déserteur de l’armée syrienne, annonce en juillet 2011 depuis la Turquie, où il est réfugié, la création de l’Armée syrienne libre (ASL). Composée de déserteurs de l’armée syrienne mais aussi de civils ayant pris les armes, cette armée rebelle (2) entend protéger les manifestants anti-Assad, mais aussi de mener des opérations contre les forces loyalistes. « Prendre les armes n’était pas ce que nous avions en tête lorsque nous sommes tout d’abord descendus dans la rue », explique le chef d’un groupe de l’ASL du nord de la Syrie dans le rapport de Charles Lister. « Mais nous étions abattus comme des chiens uniquement pour avoir manifesté pacifiquement. Avions-nous le choix ? »
Factions islamistes nationalistes

Officiellement d’inspiration laïque et nationaliste, l’ASL entend « travailler main dans la main avec le peuple pour atteindre la liberté et la dignité et renverser le régime ». Formée au début de quelques milliers de soldats, elle rassemble déjà en mars 2012 jusqu’à 60 000 « rebelles » réunis au sein de dizaines de groupuscules. L’Armée syrienne libre devient officiellement le bras armé du Conseil national syrien (CNS), principal représentant de l’opposition syrienne, basé à l’étranger. Pourtant, loin d’être une armée rebelle centralisée, l’ASL se révèle être davantage un label. Sur le terrain, une myriade d’organisations, dont beaucoup d’inspiration islamiste nationaliste, voient le jour et combattent sous sa bannière.

« L’ASL est devenue de plus en plus représentée sur le terrain par de larges factions capables de façonner des dynamiques locales et provinciales », explique Charles Lister dans son rapport. À Deraa, où a éclaté la révolution, la « résistance » est assurée par la brigade Alwiyat al-Omari, du nom de la mosquée de la ville. Dans la ville de Homs, agissent sous l’étendard ASL les factions islamistes modérées Liwa Khaled Bin Walid et Kataib al-Farouq. Dans la capitale, les combats sont assurés par le groupe salafiste Liwa al-Islam. Au cœur d’Alep, combat pour l’ASL l’organisation islamiste Liwa al-Tawhid.
Peu de soutien occidental

Au fur et à mesure de leurs victoires, ces groupes, qui composent 50 % des forces armées rebelles, avancent leurs pions et commencent à faire de l’ombre à la direction centrale basée en Turquie. Qui plus est lorsqu’ils décident de se réunir, en septembre 2012, au sein d’une nouvelle alliance, le Front islamique de la libération, composée de 22 factions, mais toujours officiellement liée à l’ASL. L’Armée syrienne libre se voit également concurrencer par une organisation ouvertement rivale : le Front islamique syrien, formé de 11 organisations islamistes représentant 25 % de l’opposititon armée, dont les redoutables salafistes d’Ahrar al Sham.

Pour unifier les rangs de l’ASL, les pays du Golfe, la Turquie et les Occidentaux opposés à Bachar el-Assad, réunis au sein du groupe des « Amis de la Syrie », réunissent en décembre 2012 à Antalya quelque 260 chefs de groupes rebelles syriens, pour créer un Conseil militaire suprême (CMS). Dirigée par Salim Idriss, un général en rupture du régime, la structure vise à commander militairement toutes les activités des groupes combattant en Syrie pour le compte de l’Armée syrienne libre.

Pourtant, si l’Occident ne se prive pas de soutenir publiquement l’ASL, il ne lui a jamais réellement fourni de soutien militaire conséquent. En effet, la majorité de l’aide a porté sur des équipements non létaux (véhicules, moyens de communication, jumelles infrarouges…). Seule la CIA livrera, de manière indépendante, de petites quantités d’armes à des groupes triés sur le volet. « Nous n’avons pas suffisamment d’armes et de munition », se lamente en mai 2013 le général Salim Idriss. « Nous n’avons pas d’argent pour la logistique, pour l’essence des voitures (…) Nous ne pouvons pas payer les salaires. »
Rôle de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie

« Ce mouvement insurgé qui s’étendait organiquement avait besoin d’un soutien substantiel et centralisé pour atteindre l’objectif souhaité d’une vraie unité structurée », écrit Charles Lister. « Ce qu’il a obtenu au contraire a été un méli-mélo d’aide désunie, chaotique et nocive de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie. En agissant indépendamment et souvent via de multiples réseaux indépendants se basant sur des contacts personnels, ces États régionaux ont contribué, malgré leurs bonnes intentions, au déclin de l’ASL. »

Sur le terrain, l’argent bénéficie surtout aux organisations d’inspiration islamiste, qui possèdent des relais dans les États du Golfe et en Turquie. Au sein de l’ASL, l’aide est dirigée vers le Front islamique de la libération. En dehors, elle alimente le Front islamique syrien, mais aussi le Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda qui se distingue de toutes les autres factions par son aspiration à un émirat islamique en Syrie. « Le fait que l’Armée libre n’ait pas réussi à s’unir dans une seule entité a ouvert la voie aux djihadistes salafistes », confie le commandant d’un groupe islamiste cité dans le rapport de Charles Lister.

Manquant cruellement de moyens, l’Armée syrienne libre est d’autant plus affaiblie qu’elle doit faire face au Printemps 2013, en plus de l’armée syrienne, à un nouvel adversaire de taille : l’organisation État islamique en Irak et au Levant, futur Daech.Fin août 2013, elle entrevoit enfin l’aide occidentale tant attendue. À la suite de l’attaque chimique perpétrée dans la banlieue est de Damas, qui a fait plus d’un millier de morts civils, les États-Unis et la France s’apprêtent à bombarder en représailles plusieurs sites du régime syrien. À Damas, les rebelles se tiennent prêts à intervenir. Mais à la dernière minute, le président américain fait volte-face et conclut un accord avec Vladimir Poutine sur le désarmement de l’arsenal chimique syrien. Et assène le coup de grâce à l’ASL.
Le « coup de poignard » d’Obama

« Cela a été un coup de poignard dans le cœur collectif de la révolution », lance un haut responsable de l’ASL cité dans le rapport. « On ne peut sous-estimer l’impact catastrophique que le retournement américain a eu sur la marque ASL et sur le CMS en particulier », explique Charles Lister. En effet, cet épisode signe l’arrêt de mort du CMS. Dès lors, 13 organisations rebelles de poids quittent le Conseil militaire suprême. Fin 2013, les trois groupes les plus puissants (Jaish al Islam, Suqor al-Sham et Liwa al-Tawhid) leur emboîtent le pas et rejoignent le Front islamique, créé au lendemain du renoncement américain, et fruit de la dissolution du Front islamique de la libération et du Front islamique syrien.

« Le Qatar, la Turquie et l’Arabie saoudite, qui se sont sentis trahis par le renversement américain, ont joué un rôle important pour encourager la formation du Front islamique, comme une protestation claire contre les conséquences de la politique occidentale en Syrie », affirme Charles Lister dans son rapport. À peine deux semaines plus tard, le Front islamique s’empare du plus important quartier général du CMS, près du post-frontière de Bab al-Hawa. Symbole aux yeux des Syriens de l’hypocrisie occidentale, les groupes estampillés Armée syrienne libre sont délaissés par les rebelles syriens au profit de groupes islamiques, bien plus riches et mieux équipés.

Conscients de leur échec, les États-Unis et leurs alliés sunnites changent alors de stratégie. Ils décident de traiter directement avec la centaine de groupes rebelles ASL identifiés comme « respectables » par la CIA, en les rassemblant via de grandes coalitions. Présent notamment à Idlib, le Front de la révolution syrienne, qui regroupe 14 groupes rebelles, voit le jour en décembre 2013. À Alep, est créé Jaish al-Mujahideen, constitué de huit groupes ASL. Dans le nord-ouest de la Syrie, apparaît en janvier 2014 la coalition Harakat Hazm, et à Deraa, le Front Sud, en février de la même année. Ces alliances sont supervisées et entraînées dans deux centres de commandement militaire, installés en Turquie et en Jordanie. Dans le nord de la Syrie, elles reçoivent notamment des missiles antichars américains TOW.
L’aide indispensable d’Al-Qaïda

Problème, la majorité de ces coalitions rebelles concentrent leur lutte contre l’État islamique, priorité des États-Unis, et non Bachar el-Assad. Ce dernier est davantage combattu par la coalition du Front islamique, qui comprend les salafistes d’Ahrar al-Cham, ainsi que par les djihadistes du Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. « Le Front al-Nosra est resté une organisation très influente, sur laquelle une grande partie de l’opposition syrienne comptait pour offrir à l’offensive ses meilleures chances de succès », écrit Charles Lister. « Sans plus de soutien armé de la part de parties extérieures, les Syriens ont continué à dépendre des kamikazes d’Al-Qaïda. »

Le fossé entre l’Occident et l’opposition syrienne va s’accentuer en septembre 2014. Trois mois après la proclamation du « califat » de Daech, les États-Unis décident de bombarder les positions djihadistes en Irak et en Syrie. Ce faisant, ils visent également des positions des djihadistes du Front al-Nosra, provoquant l’indignation des rebelles soutenus par Washington. « On nous demande toujours pourquoi nous acceptons Al-Qaïda parmi nous. C’est simple : nous ne le ferions pas si nous avions plus de soutien et avions plus confiance en nos alliés dans la communauté internationale », avoue un commandant de l’ASL dans le rapport de Charles Lister.

En représailles, les djihadistes du Front al-Nosra s’attaquent aux coalitions rebelles « Made in USA ». Le Front de la révolution syrienne est défait en novembre 2014. Harakat Hazm disparaît en mars 2015. Et leurs missiles TOW se retrouvent entre les mains d’Al-Qaïda. En parallèle, les djihadistes forment une nouvelle coalition, cette fois à coloration ouvertement islamiste radicale, nommée Jaish al-Fatah (Armée de la conquête). Créée en mars 2015 et financée par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, la formation, qui regroupe également les salafistes d’Ahrar al-Cham et d’autres brigades islamistes, enchaîne les victoires contre l’armée syrienne dans la province d’Idleb. « L’Armée syrienne libre paraît dès lors avoir été reléguée à un rôle insignifiant, même si ses groupes continuent à représenter les aspirations révolutionnaires en Syrie », explique Charles Lister.
Aura intacte

Acculé dans son fief de Lattaquié, Bachar el-Assad appelle en juillet 2015 ses alliés au secours. Et avoue, pour la première fois, manquer d’hommes. Le message est entendu. Comprenant la menace réelle qui pèse sur le régime syrien, la Russie entre en guerre en septembre 2015 et pilonne, à l’aide de son aviation, les « terroristes » présents en Syrie. Sans surprise, ce n’est pas l’organisation État islamique mais la rébellion anti-Assad, qui est essentiellement visée par les bombes russes. À Alep, à Idleb, dans le nord de Hama et à Homs, les derniers groupes labellisés « ASL » opposent pourtant une fière résistance. Grâce à leurs missiles antichars TOW, ils apportent une aide décisive à l’armée de la conquête, dont fait partie le Front al-Nosra. « Que Dieu bénisse l’armée syrienne libre », s’exclameront d’ailleurs en octobre 2015 sur Twitter deux hauts responsables d’Ahrar al-Cham et du Front al-Nosra.

L’aura de la première armée rebelle de la révolution est restée intacte. Pour preuve, lorsqu’un cessez-le-feu est arraché en février 2016, c’est le drapeau de l’ASL que brandissent les manifestants syriens de retour dans les rues pour la première fois depuis 2011. « En l’espace de trois mois, au début 2016, le changement de dynamique a une nouvelle fois révélé l’ancrage social de l’ASL », explique Charles Lister. « En l’absence de niveaux horrifiques de violence, beaucoup de gens se sont tournés vers l’ASL et pas vers le puissant Front al-Nosra. »
Baroud d’honneur

Mais la trêve a fait long feu. Les berceaux de la révolution tombent les uns après les autres. Assiégés et affamés pendant quatre ans, les rebelles de Daraya, en banlieue de Damas, sont contraints de négocier avec le régime leur retrait de la ville, deux ans après avoir déjà vécu cette humiliation à Homs. À Alep-Est, les bombes russes pleuvent à nouveau, et Bachar el-Assad, aidé par le Hezbollah et les milices chiites commandés par l’Iran, avance inexorablement vers la reprise totale de la seconde ville du pays. Réunis au sein de la coalition Fatah Halab, dix mille rebelles apparentés à l’Armée syrienne libre, aidés par des djihadistes du Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra) et des salafistes d’Ahrar al-Cham, tentent un dernier baroud d’honneur.

Alors que 170 000 civils sont toujours pris au piège dans la partie orientale de la ville, l’ONU se révèle totalement impuissante. L’affaire se joue désormais entre Russes et Américains. Et tandis que Washington demande aux rebelles de se dissocier des djihadistes de Fatah al-Cham, Moscou réclame la reddition pure et simple de toute l’opposition armée. « Les révolutionnaires ne quitteront pas Alep-Est, ils combattront l’occupation russe et iranienne jusqu’à la dernière goutte de sang », affirme à l’Agence France-Presse Abou Abdel al-Rahmane al-Hamoui, un responsable du groupe islamiste Jaich al-Islam, qui soutient l’ASL. Mais au fil des jours, leurs territoires se réduisent comme peau de chagrin et rendent leur défaite inéluctable. Le cas échéant, l’ASL ne contrôlerait plus aucune des cinq plus grandes villes de Syrie.

Ce qu’il reste de l’Armée syrienne libre :

Il resterait aujourd’hui, selon les États-Unis, environ 50 000 combattants affiliés à l’Armée syrienne libre en Syrie. Ils se trouvent :

– à Alep, au sein de la coalition Fatah Halab, aidée par les djihadistes du Front Fatah al-Cham et les salafistes d’Ahrar al-Cham, contre les troupes loyalistes syriennes et leurs alliés (Gardiens de la révolution iraniens, Hezbollah libanais, milices chiites irakiennes et afghanes).

– dans la province d’Alep, aux côtés de l’armée turque, dans l’opération Bouclier de l’Euphrate, visant à reprendre à Daech son fief d’Al-Bab et de contrer l’expansion des forces kurdes du YPG (liées à la branche syrienne du PKK turc)

– dans la province d’Idleb (nord-ouest), dominée par les djihadistes du Front Fatah al-Cham (Al-Qaïda) et les salafistes d’Ahrar al-Cham, contre les troupes loyalistes syriennes et leurs alliés.

– dans la banlieue orientale de Damas, contre les forces loyalistes syriennes et leurs alliés.

– dans le sud du pays, au sein de la coalition du Front du Sud, en collaboration avec le Front Fatah al-Cham, contre les forces loyalistes syriennes et leurs alliés.

– dans la province de Raqqa, en compagnie des forces kurdes, où la coalition des Forces démocratiques syriennes est engagée dans l’opération Colère de l’Euphrate pour libérer Raqqa de Daech.

(1) modéré : qui suit les idéaux de la révolution syrienne (justice, dignité, liberté) et qui a un objectif politique national syrien (par opposition à celui, transnational, de Daech), démocratique et inclusif de toutes les minorités et confessions syriennes.(2) rebelle : groupe armé combattant contre les forces de Bachar el-Assad et ses alliés, excepté les djihadistes du Front al-Nosra et de l’État islamique.
Source: http://www.lepoint.fr/monde/syrie-pourquoi-les-moderes-ont-echoue-10-12-2016-2089397_24.php