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L’insurrection dispose de plus d’armes que de combattants


Par Louis Denghien, le 9 mars 2012

Malek al-Aktaa, enfant de 11 ans tué à Homs... mais par de insurgés, et donc non "homologable" par nos médias 

Malek al-Aktaa, enfant de 11 ans tué à Homs… mais par des insurgés, et donc non « homologable » par nos médias

Selon des opposants, des chars ont bombardé « plusieurs quartiers » de la ville ce vendredi matin, faisant neuf morts. Quels quartiers ? Qarm al-Zeitoun, au sud-est de Homs, prétend un « habitant« . Invérifiable, et surtout pas mesurable : s’agit-il de quelques incidents isolés, ou d’un affrontement plus étendu ? Ne se consolant pas de la libération de Bab Amr, les propagandistes de l’opposition cherchent à entretenir la flamme de l’insurrection à Homs, alors que Valérie Amos vient de visiter Bab Amr et que Kofi Annan, autre émissaire important de l’ONU, doit arriver à Damas samedi.

15 000 insurgés armés ?

La Syrie est devenu le plus grand arsenal du Proche-Orient

La Syrie est devenu le plus grand arsenal du Proche-Orient

A Homs, justement, c’est un enfant de 11 ans, Malek al-Aktaa, qui a été tué par un sniper insurgé alors qu’il s’apprêtait à quitter avec son père le domicile familial, dans le quartier d’al-Mreijeh : transporté à l’hôpital de Jami’et al-Nahda, il a succombé à ses blessures. Un enfant non homologué par l’OSDH et les médias français, pour avoir été victimes des « mauvais tueurs »…

L’OSDH parle aussi de violences dans la province d’Idleb. L’agence Sana, elle, indique pour le jeudi 8 mars un accrochage dans le village de Tiba al-Iman – gouvernorat de Hama – qui s’est soldé par la mort de « nombreux terroristes » et l’arrestation d’autres. L’armement saisi se compose de 17 « bombes« , de roquettes RPG, de 11 armes automatiques, de 7 fusils à pompe, d’un fusil militaire de fabrication polonaise, plus des chargeurs et des appareils de communication de marque Sanyo, sans oublier de instruments de chirurgie. Le même jour, militaires et douaniers ont intercepté, dans le secteur d’al-Raqqah, à une soixantaine de kilomètres de la frontière turque, un convoi d’armes venu de Turquie : cette fois figurent au « tableau de chasse » 105 fusils à pompe et 27 pistolets-mitrailleurs, plus les trafiquants eux-mêmes, arrêtés.

Des saisies de ce type, dans des caches ou sur l’ennemi, sont quotidiennes, et il y a à l’évidence plus d’armes en circulation que de combattants pour les utiliser. A ce sujet, le gouvernement syrien a publié récemment une estimation des forces de l’ennemi actuellement opérationnelles en Syrie : 15 000 combattants, en grande majorité étrangers. Ce nombre, s’il est juste, a probablement baissé ces derniers temps, du fait des pertes ou de la fuite de certains combattants au Liban ou en Turquie. Mais les frontières sont nombreuses et longues en Syrie, avec quatre pays limitrophes, dont deux hostiles (Turquie et, dans une moindre mesure, Jordanie). Peut-être aussi Damas gonfle-t-il le chiffre à des fins de propagande. Mais il y a toujours, à l’évidence, des milliers d’insurgés armés en Syrie et fractionnés en de nombreux groupes de taille modeste.  Ce qui interdit toute offensive stratégique ou manoeuvre d’ampleur, mais multiplie les foyers d’insécurité.