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L’Iran et les chiites n’ont pas trahi les Palestiniens



Publié le 16/05/2020

L’Iran et les chiites n’ont pas trahi les Palestiniens

Message du commandant « Carlos » Ilich Ramirez Sanchez, à l’occasion de la commémoration de la Naqba

Le 15 mai 1948, l’ONU déclarait qu’elle acceptait la création de l’Etat d’israël. De nombreux pays avaient voté en ce sens, à l’exception des pays arabes. Le vote de l’ambassadeur soviétique précéda de quelques minutes celui des USA, et Staline en était fier. Staline, chrétien, avait fait fusiller bien des prêtres, mais il priait tous les soirs. Il ne pouvait donc pas souhaiter l’institutionnalisation d’un Etat juif. L’idée de Staline, en reconnaissant ce nouvel Etat, était que les communistes palestiniens, de confession juive, chrétienne ou musulmane, constitueraient une force politique solide qui prendrait le contrôle du pays. Il n’ignorait pas que ce projet était contraire aux intérêts des Palestiniens et des juifs eux-mêmes, mais avait pris sa décision par opportunisme. Aucun pays arabe n’avait de relation avec l’URSS, à cette époque, mais ils avaient des partis communistes puissants, en particulier le parti communiste irakien. Tous étaient opposés à cette reconnaissance, mais seul le parti communiste soudanais refusa d’obéir à l’ordre de Staline.

Pour tous les révolutionnaires, cette date de la Nakba est importante, c’est un exemple typique de l’injustice du système mondial, et pas seulement des impérialistes, d’ailleurs. Le vote de l’ONU a été funeste pour les Arabes palestiniens, tant musulmans que chrétiens et juifs autochtones, qui ne voulaient absolument pas d’une invasion des juifs de Pologne et de Russie. Ces juifs palestiniens étaient 15 000. La dernière fois que la Palestine avait été envahie, par les royaumes francs chrétiens, cela s’était soldé par des massacres, que les Palestiniens n’ont jamais oublié. Dès 1916 et le projet britannique, ils avaient résisté. Mais c’est un peuple très ouvert, et toutes confessions confondues, ils étaient antisionistes. Par la suite, tous les gouvernements arabes se sont laissé acheter et ils collaborent avec les sionistes, à l’exception de l’Algérie, et de l’Iran. Le gouvernement du Shah avait reconnu l’Etat juif, alors même que la communauté juive iranienne n’était pas sioniste, et qu’elle a toujours, à ce titre, un député au parlement iranien.

Je considère que toutes les religions sont un puissant facteur d’oppression des peuples, mais je me suis converti à l’islam sunnite début octobre 1975. Et je considère que les chiites pratiquent une résistance admirable, dans tout le monde musulman. L’iman Khomeiny avait été expulsé d’Irak, mais les chiites s’entraînaient au Yémen, dans la province d’Abigan. En Afghanistan, les chiites qui se battaient contre les USA ont su respecter et protéger Ousama Ben Laden et bien d’autres révolutionnaires. En tant que sunnite, je respecte profondément les chiites, qui constituent encore aujourd’hui le fer de lance de la résistance au sionisme et à l’impérialisme.

En Syrie, le président Hafez al Assad était prêt à faire la paix avec Israël, à condition que les frontières de la Syrie soient respectées, et les territoires occupés rendus. Cela ne s’est pas fiat, les Israéliens occupent de plus en plus de territoires, et les pays musulmans sont dirigés par des traîtres, qui ne sont ni patriotes ni musulmans; les dirigeants des Frères musulmans, de leur côté, ne reconnaissent que l’Oumma, non la Palestine, comme territoire unique.

Vive la Résistance, vive la Palestine libre.

Poissy, le 15 mai 2020.

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About Ginette Hess Skandrani

écologiste, membre co-fondatrice des verts, anti-colonialiste et solidaire des peuples opprimés du monde arabe, dont les Palestiniens et d'Afrique.