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L’offensive de la Ghouta de Damas décidée après une visite de Bandar Ben Sultan à Paris.


Johnny Mnayyar

lundi 2 décembre 2013,
par Comité Valmy

L’offensive de la Ghouta de Damas décidée après une visite de Bandar Ben Sultan à Paris.

Al Joumhouria
Johnny Mnayyar, journaliste libanais proche du 8-Mars

Lors de sa récente visite à Téhéran, le président du Parlement, Nabih Berry, a conseillé aux dirigeants de la République islamique d’ouvrir des canaux de contacts avec les responsables saoudiens. Dans son argumentation avec les dirigeants iraniens, M. Berry a soulevé deux questions : 1-les points enregistrés par l’Iran en ouvrant la porte à une entente avec les Etats-Unis ont besoin d’efforts parallèles visant à protéger ce qui a été réalisé. Et puisque le véritable adversaire de l’Iran et de ses ambitions reste l’Arabie saoudite, avec qui elle a eu des guerres couteuses en Irak, au Liban en Syrie et même dans le Golfe (Bahreïn, Yémen et à l’intérieur du royaume), il serait sage de rassurer ceux qui se sentent lésés par l’accord sur le nucléaire. 2-Le deuxième point, qui est le plus important pour M. Berry, est que la poursuite du conflit irano-saoudien provoquera des confrontations par procuration au Liban et, par conséquent, à des crises politiques supplémentaires et des affrontements militaires et sécuritaires. Le rétablissement des contacts entre les deux géants régionaux aura donc des répercussions positives au Liban.

Selon les observateurs, les dirigeants saoudiens savent pertinemment que le rapprochement de la communauté internationale avec l’Iran ne peut pas être torpillé par des opérations de brouillage, même si toutes les parties lésées unissaient leurs efforts pour le torpiller. Mais cela ne signifie pas que les Saoudiens vont brandir le drapeau blanc et accepter les conséquences de ce rapprochement. D’ailleurs, aucune capitale occidentale ne le souhaite. Au contraire, les pays occidentaux veulent la poursuite des affrontements, donc de la guerre d’usure, mais sous un plafond qu’ils auront eux-mêmes fixé et que ne comporte pas le danger du terrorisme d’Al-Qaïda.

Des sources diplomatiques bien informées ont indiqué que le chef des services de renseignements saoudiens, le prince Bandar ben Sultan, s’est rendu il y a trois semaines à Paris, accompagné du vice-ministre saoudien des Affaires étrangères. Au cours de cette visite, restée loin des projecteurs, la délégation saoudienne a rencontré de hauts responsables français et des renseignements américains. Selon des sources diplomatiques européennes, les deux parties sont convenues de la nécessité d’anéantir les 1500 extrémistes européens qui combattent dans les rangs d’Al-Qaïda.

Le prince Bandar a exprimé le souhait de son pays de maintenir un discours politique au ton élevé avec l’Iran, afin que l’accord sur le nucléaire ne conduise pas à un plus grand désenchantement de la rue sunnite en général et saoudienne en particulier, ce qui pourrait provoquer de graves troubles sécuritaires. La rue saoudienne a besoin d’une victoire, a-t-il dit à ses interlocuteurs.
Après le retour de la délégation à Riyad, une vaste coordination a été mise en place pour lancer une offensive rebelle dans la Ghouta orientale de Damas, accompagnée d’un brouillage des télécommunications de l’armée syrienne.

Selon les informations, cette offensive bien coordonnée et bénéficiant d’une assistance technique de l’Occident a fait les premières heures 17 morts dans les rangs du Hezbollah, mais elle n’est pas parvenue à réaliser une percée significative ou à reprendre la Ghouta à l’armée syrienne. C’est pourquoi on recommence à entendre les voix appelant à un règlement pacifique, après l’échec de cette attaque.

Pour ce qui a trait au Liban, la poursuite des tiraillements entre l’Iran et l’Arabie prolongera la crise politique et provoquera des troubles sécuritaires. Et il n’y a aucun moyen de sortir de cette impasse sans entente irano-saoudienne, pense Nabih Berry.