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L’opposition syrienne appelle à cesser la violence


  24/09/2012

L’opposition syrienne appelle à cesser la violence

À Damas, l’opposition a tenu une conférence intitulée « Pour le sauvetage de la Syrie ». Elle était organisée par le Comité National de Coordination. Auparavant, le ministre des Affaires étrangères de Russie Sergueï Lavrov avait approuvé la tenue de ce forum avec la participation des représentants des adversaires du président Bachar al-Assad.

Les groupes syriens d’opposition se sont exprimés en faveur de la résistance non violente comme stratégie d’obtention de leur objectif qui consiste en la construction d’un État démocratique après le renversement du pouvoir en place. De plus, les participants à la rencontre ont reconnu que l’armement des rebelles représentait une menace à la révolution, ainsi qu’à la société. Ils ont appelé l’opposition, l’Armée Syrienne Libre, à suivre le cours choisi.

Celle-ci a annoncé à son tour le transfert de son poste de commandement de la Turquie en Syrie – dans les régions qu’elle contrôle, pour unir ainsi les groupements antigouvernementaux – on en compte au moins une trentaine. Mais, c’est une utopie, selon l’expert de l’Institut des estimations stratégiques et d’analyse Sergueï Demidenko.

« Je ne vois absolument aucune perspective d’unification de l’opposition. Les organisations islamistes ne sont pas capables de s’unir et de s’organiser, vu le caractère de ces mouvements. Ils se réunissent, en général, autour d’un leader quelconque. Ils ne souhaitent pas s’unir avec d’autres organisations. Parce qu’ils se considèrent comme les seuls véritables militants de la foi. Nous avons observé ce processus en Irak et en Algérie. Il faut avoir en vue aussi que les organisations, quelles qu’elles soient, sont sponsorisées. Certains reçoivent l’aide de l’Arabie Saoudite, d’autres du Qatar. Il existe des groupements qui perçoivent ceux qui sont venus de l’étranger comme des interventionnistes et des occupants. Ils règlent leurs comptes entre eux ».

En Syrie, depuis l’été, le nombre de groupements réunissant seulement des étrangers a grandi : des originaires de Libye, d’Afghanistan, d’Algérie et d’Irak. Et en outre, ils ignorent le plus souvent les ordres du commandement de l’Armée Syrienne Libre. En Occident, on reconnaît que dans une telle situation, il est dangereux de livrer à l’opposition des armes modernes. Elles peuvent se retrouver entre les mains des groupes terroristes, notamment ceux qui sont liés à Al-Qaïda. Mais pour les marchands d’armes et les sponsors de l’opposition, ce n’est pas un argument. Pour eux, le but est de renverser Bachar al-Assad – et tous les moyens sont bons, explique l’expert de l’Institut des estimations stratégiques Ajdar Kourtov.

« L’opposition en Syrie est scindée. Des différences idéologiques, confessionnelles et ethniques entre les groupements luttant contre Damas sont trop grandes. L’opposition doit avoir un leader fort, qui fait défaut maintenant. Et donc, il est prématuré de parler de la formation du gouvernement unifié d’opposition que l’Ouest pourrait éventuellement reconnaître»
http://french.ruvr.ru/2012_09_24/Syrie-opposition-Bachar-al-Assad/