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Où va la Turquie ?


La Turquie semble traverser une phase de transition qui mène on ne sait où, tiraillée entre les tendances islamistes qui marquent son gouvernement et le poids des traditions laïques qui ont laissé de fortes traces dans le pays, sur fond de rébellion kurde durement réprimée. Les événements qui se déroulent dans la périphérie de ce pays mettent sa diplomatie à rude épreuve, contrainte de dévoiler chaque fois un peu plus la vraie nature de la politique que les islamistes au pouvoir mettent en œuvre. En même temps, le pragmatisme des islamistes, qui justifie leur opportunisme, les amène à des volte-face qui prouvent qu’en fait, la Turquie ne sait plus sur quel pied danser. Les dirigeants turcs actuels sont, à l’évidence, au service des pays occidentaux mais ils savent que ces derniers leur ont fermé la porte d’entrée à l’Union européenne, grande ouverte à sa rivale et voisine, la Grèce. Ils se sentent tenus de se solidariser avec Ghaza victime d’une agression israélienne mais ouvrent, à ce sujet, des canaux de discussion avec Israël et dès leurs premières critiques adressées à l’entité sioniste («Etat terroriste», «nettoyage ethnique» sont les expressions utilisées par Erdogan, il y a quelques jours), ils sont vite rappelés à l’ordre par les Etats-Unis qui fixent les limites de la politique étrangère de la Turquie. Plus curieux, alors qu’au début de ce mois, le président et le Premier ministre turcs avaient démenti l’information selon laquelle la Turquie a demandé à l’Otan, dont elle est membre, de déployer des missiles sol-air Patriot à sa frontière avec la Syrie, longue de 900 km, la vérité est maintenant sortie de la bouche du secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen. Oui, la Turquie a bien demandé officiellement à l’Alliance de lui fournir des systèmes anti-aériens. Ces batteries de missiles seront livrées par l’Allemagne. La Turquie est visiblement prise dans un embrouillamini qui ne peut s’expliquer que par sa situation de totale dépendance à l’égard des Etats-Unis. Rien à voir avec l’Algérie où est arrivé son ministre des Affaires étrangères pour tenter d’aplanir des différends sur les questions géostratégiques pour lesquelles il n’y a aucune convergence entre les deux pays.
Cherif Brahmi

 

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