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Procès d’épuration de l’Université en Pologne


De : Bruno DRWESKI
Envoyé : vendredi 10 juin 2022 08:28
Objet : List otwarty w obronie naukowych swobod/ Lettre ouverte pour la défense des libertés académiques/ Open letter for the défense of Academic freedoms.

Chers Amis et Collègues,

Vous trouverez ci-joint le compte rendu d’une attaque contre les libertés académiques en Pologne qui se déroule en ce moment de guerre et qui ne peut rester sans réaction et de la communauté scientifique internationale et plus largement des sociétés concernées par la nécessité d’avoir une recherche scientifique libre et autonome. Ce texte a été écrit à partir d’un article ( https://www.sprawynauki.edu.pl/4730-na-uw-znaleziono-pierwsza-czarownice ) paru dans la revue universitaire polonaise « Sprawy nauki » (questions de science) qui montre la mobilisation de plusieurs chercheurs polonais dénonçant le précédent en cours. Ils ont donc besoin d’un large appui, d’où la lettre ouverte aux autorités de l’Université de Varsovie jointe en attaché et à signer, avec vos titres ou fonctions. Cette lettre a été rédigée par des collègues du professeur Bielen qui ont finalement décidé qu’elle serait ouverte à la signature de tous ceux pour qui les libertés académiques sont chères, qu’ils soient eux-mêmes ou pas universitaires. Vous pouvez donc réagir en m’envoyant vos signatures, avec nom et qualifications, que je transmettrai en Pologne aux organisateurs de cette initiative.

Bruno Drweski

Dear Friends and Colleagues,

You will find attached the report of an attack against academic freedom in Poland which is taking place at this time of war and which cannot remain without reaction from the international scientific community and more broadly from societies concerned by the need for have free and autonomous scientific research. This text was written on the base of an article ( https://www.sprawynauki.edu.pl/4730-na-uw-znaleziono-pierwsza-czarownice ) published in the Polish academic journal “Sprawy nauki” (scientific questions) which shows the mobilization of several Polish researchers denouncing the current precedent. They therefore need broad support, hence the open letter to the authorities of the University of Warsaw attached and to be signed, with your titles or functions. This letter was written by colleagues of Professor Bielen who ultimately decided that it would be open for signature by all those who hold academic freedom dear, whether they are academics themselves or not. You can therefore react by sending me your signatures, with your names and functions, which I will forward to Poland to the organizers of this initiative.

Bruno Drweski

Po polsku, si?ga? po ten artyku? : https://www.sprawynauki.edu.pl/4730-na-uw-znaleziono-pierwsza-czarownice

Oraz za??czony w trzech j?zykach list otwarty do podpisania.

Bruno Drweski

10 JUIN 2022

La première sorcière a été trouvée à l’Université de Varsovie

Après la parution de l’article d’Andrzej Szeptycki intitulé « La nécessité urgente de dépoutiniser l’université polonaise » (https://wyborcza.pl/7,75968,28277415,pilnie-potrzebna-deputinizacja-polskiej-nauki.html?disableRedirects=true) paru dans Gazeta Wyborcza, le 30.03.22 (dont le directeur est l’ancien dissident Adam Michnik), le processus prévu d’épuration par l’auteur et ses collègues a démarré. La première victime (On doit poser la question si ce sera la dernière ?) a été l’un des éminents politologues polonais, le professeur Stanis?aw Biele?, du Département des études orientales de l’Université de Varsovie, spécialisé, entre autres, dans les questions d’identité dans les relations internationales, la politique étrangère russe, le rôle international des puissances, les stratégies et les méthodes pratiquées dans les négociations internationales.

Cette question a mûri depuis 2014, date de la mise en scène d’un coup d’État en Ukraine, dont aucun des politologues de renom ne doutait de la nature. La tentative faite par le professeur Bielen de montrer le visage de ce coup d’État à partir d’une analyse scientifique lui a valu d’être qualifié sous le néologisme de « philorusse ». Puis en 2017, le prof. Bielen a organisé une conférence très intéressante du point de vue de la recherche scientifique sur le centenaire de la Révolution d’Octobre, et qui a été accueillie avec aigreur dans sa faculté, rien qu’à cause de son titre. Les chercheurs impliqués dans les relations russo-polonaises se sont plaints dès cette époque du fait qu’en raison de la politique menée par l’État polonais, les contacts scientifiques avec les chercheurs de Russie avaient été rompus, ce qui contribuaient à restreindre leurs capacités de recherches.

« L’opération spéciale » menée par la Fédération de Russie en ce moment en Ukraine a déclenché des mesures plus sévères encore à l’encontre du professeur. Ses collègues opposés aux idées de négociations qu’il a avancées ont réussi à former un « groupe d’initiative » dirigé par le président du comité étudiant de l’université, qui a inclus dans ses dénonciations tout ce qu’on pouvait imaginer comme mauvaise foi à son encontre : discrimination sexuelle, langage vulgaire, harcèlement sexuel, sourire forcé à adresser à l’enseignant, etc. Ces accusations citées plus tard par le doyen comportaient un tas d’absurdités, mais on a quand même dû au final omettre ce qu’on avait pu trouver dans les médias, à savoir la discrimination envers les étudiants ukrainiens …ceux-ci ayant déclaré qu’ils n’avaient jamais subi de discrimination de la part du professeur Bielen, et qu’au contraire, il les avait aidés à parfaire leur niveau de savoir et de réflexion critique.

Ceux qui connaissent le professeur Bielen ne peuvent qu’être étonnés à la lecture de ces « révélations ». Lui-même était bien conscient depuis longtemps du type de costume qu’on voulait lui tailler puisque l’un des propagateurs les plus zélés de la « dépoutinisation dans la science polonaise », Andrzej Szeptycki, a consacré une introduction dans l’article susmentionné précisément à sa personne, tout en n’osant pas mentionner en toute lettre le nom de Bielen.

La situation s’est aggravée quand le professeur Bielen a écrit des articles portant sur le présent conflit en Ukraine et ses causes, où il estimait qu’on ne pouvait réduire celui-ci à la seule « agression russe » (entre autres, l’article “Czas dramatu” [“Le temps du drame”] – https://myslpolska.info/2022/02/27/czas-dramatu/ publié dans My?l Polska et sur le site du Département de Théorie politique de la Faculté des sciences politiques de l’Université de Varsovie). Cet article a incité ses adversaires à réagir dans l’urgence. Le 12 mai 2022, le Prof. Bielen a donc été convoqué par le doyen de l’Université de Varsovie pour un entretien, avec la participation du vice-doyen, du plénipotentiaire du doyen à l’égalité et du vice-doyen pour les affaires académiques (soit un rapport de quatre contre un). Au cours de cette réunion, le prof. Bielen a été soumis à un barrage d’insultes, de calomnies et de mensonges. Ce qui n’était pas surprenant, car le doyen n’est pas seulement célèbre pour son impulsivité, mais aussi pour sa culture spécifique de la communication, basée sur l’insulte envers ses interlocuteurs. Les deux doyens lui ont alors remis une lettre avec la décision de lui retirer immédiatement l’enseignement de la matière « Négociations internationales », le Recteur de l’Université ne réagissant pas quant à lui. L’accusation contre le professeur Bielen a été renvoyée au final à la Commission de discipline de l’Université.

Personne dans la communauté académique en tous cas n’a osé prendre la défense du professeur, pas même les chercheurs du département de droit de l’université qui auraient dû être les premiers à s’occuper d’un tel cas. Les seuls juges ont été les étudiants et anciens étudiants ukrainiens du séminaire de maîtrise du professeur qui ont nié les allégations de persécution en raison de leur nationalité. Mais cela n’aura sans doute pas d’influence sur la suite de la procédure.

Le cas du professeur Bielen – aussi scandaleux soit-il, ne concerne en fait pas que lui qui est, faut-il le rappeler, employé à plein temps par l’Université de Varsovie depuis 46 ans car cela montre comment un groupe « d’activistes » ayant des objectifs spécifiques peut facilement décider de la politique du personnel d’une université, en utilisant souvent un groupe d’étudiants sélectionnés dans ce but.

Il suffit de parcourir la production scientifique du professeur Bielen pour constater qu’il est une des figure les plus remarquable de la science politique polonaise. Ce n’est donc pas la première fois que de telles personnes constituent une épine dans la chair de chercheurs moins reconnus, d’autant plus que la jalousie est un trait bien répandu dans les milieux scientifiques. Cela n’est pas non plus surprenant compte tenu de la façon dont l’État polonais est actuellement géré, puisqu’il a considérablement abaissé les normes de qualification pour les personnes employées dans le domaine scientifique ou dans la sélection des administrateurs universitaires, ce qui a été bien illustré par une série d’articles parus dans larevue « Questions scientifiques » (- https://www.sprawynauki.edu.pl/archiwum/dzialy-wyd-elektron/284-naukowa-agora-el/4714-bylem-pracownikiem-itme-requiescat-in-pace – « j’étais un administrateur universitaire »).

On peut donc constater à partir du cas du professeur Bielen ou d’autres collègues comment l’université a cessé d’être une université. Ce n’est plus un lieu de discussions scientifiques, idéologiques et factuelles ouvertes et ardentes, où s’exerce l’esprit critique et où règne la liberté d’expression (malgré les annonces de l’actuel ministre Czarnek). Il s’agit d’un niveau scolaire prolongeant la même logique que l’école secondaire, organisée sur le modèle d’une entreprise privée ou d’une société privée, dont le but est le profit (entre autre, par le biais d’études payantes). Et puisque nous avons affaire à une entreprise, les personnes qui y sont employées doivent effectuer des activités strictement définies, sans développer des questionnements liés à leur domaine de recherche parce qu’ils ne voudront pas risquer de perdre leur emploi.

Nous avons donc affaire à un déni de la pratique scientifique, qui, par principe, ne peut se développer que par le biais d’une confrontation de points de vue, une discussion argumentée et non pas par la calomnie et les invectives. Il n’est dès lors pas étonnant que les universités polonaises occupent une place si basse dans les classements mondiaux et que les plus talentueux de nos collègues émigrent à l’Ouest où ils croient trouver un terreau plus efficace pour leurs recherches.

Le cas du professeur Bielen montre la politique de censure introduite dans la science alors même que ce cas montre bien qu’aucune de ses thèses ne devrait être condamnée comme contraire à la loi. Nous devons à cette occasion rappeler le précédent qui s’est produit le 2 mai 2018 à l’occasion de la conférence scientifique (philosophique) « Karl Marx 1818-2018 » organisée par l’Université de Szczecin à Pobierowo quand celle-ci a été envahie par des policiers en raison d’ …un signalement de possible violation de l’article 256, § 1, du Code pénal, interdisant la propagation d’un régime totalitaire

( https://www.gazetaprawna.pl/wiadomosci/artykuly/1123249,interwencja-policji-na-konferencji-naukowej-w-pobierowie.html). Aujourd’hui, conscients de ce précédent et ne voulant pas être eux-aussi placés sur le registre des chercheurs potentiellement « opposés à la démocratie », les enseignants-chercheurs polonais pratiquent l’autocensure et ne traitent plus de sujets qui peuvent être interprétés par les autorités comme « philorusses ». Ainsi, il est devenu difficile d’imaginer pouvoir tenir une conférence scientifique sur, par exemple, le « bandésirme en Ukraine », puisque même Wikipédia et les sources Internet sur ces sujets sont réécrites.

La liberté d’expression dans les universités pas seulement polonaises aujourd’hui a donc cessé d’exister avec l’attaque massive de la censure par les médias « mainstream », en collusion avec les pouvoirs. Cette tendance s’est intensifiée depuis 2014, date du coup d’état en Ukraine, comme le montre l’essai du professeur Linus Hagström de l’Université de défense suédoise, qui a subi l’ostracisme pour avoir publié en 2015 un article affirmant que la Suède ne devrait pas rejoindre l’OTAN

(https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/14484528.2019.1644986). Il en a été de même de la part d’un groupe d’étudiants de l’université de Chicago qui ont ciblé une figure aussi reconnue de la science politique mondiale que le professeur John Mearsheimer qui soutient que la destitution violente du président ukrainien élu en 2014 constituait un coup d’État et que les problèmes qui s’en sont suivis en Ukraine sont de la faute de l’Occident ( https://www.thecollegefix.com/students-target-uchicago-political-scientist-for-sharing-ukraine-opinion/).

A l’inverse, il faut citer comme exemple les autorités de l’Université de Bonn, qui, elles, ont su conserver leur honneur car, après des plaintes d’un groupe d’étudiants concernant les déclarations du professeur Ulrike Guérot sur le conflit en Ukraine, elles ont déclaré que les universitaires s’expriment dans le cadre de la liberté académique garantie par la Loi fondamentale de la RFA, que les déclarations individuelles ne reflètent aucunement les positions de l’Université de Bonn, et qu’il n’y a donc aucune conséquence directe à prendre contre le professeur Guérot ( https://www.wnp.pl/rynki-zagraniczne/niemcy-ekspert-ds-europy-wschodniej-profesor-uniwersytecka-namawia-do-pacyfikacji-ukrainy,588123.amp ; https://ga.de/bonn/stadt-bonn/bonner-studenten-kritisieren-ulrike-guerot-fuer-ukraine-aussagen_aid-69528145 ).

Bref, le combat pour les libertés académiques se déroule aujourd’hui à l’échelle internationale et soutenir le professeur Bielen à l’Université de Varsovie fait partie de notre lutte pour sa liberté académique et la nôtre, puisque c’est tout le développement de la société qui est rendu possible grâce aux recherches scientifiques qui doivent être menées sans censure et sans contraintes de la part des pouvoirs. Ce que nous sommes censés savoir depuis la sortie du Moyen-âge.

Bruno Drweski (sur la base de l’article paru dans « Sprawy Nauki »)

The first witch was found at the University of Warsaw

After the publication of Andrzej Szeptycki’s article entitled “The urgent need to depoutinize the Polish university” (https://wyborcza.pl/7,75968,28277415,pilnie-potrzebna-deputinizacja-polskiej-nauki.html? disableRedirects=true) which appeared in « Gazeta Wyborcza » on 30.03.22 (edited by the former dissident Adam Michnik), the planned process of scouring by the author and his colleagues has begun. The first victim (Do we have to ask if it will be the last one?) was one of the eminent Polish political scientists, Professor Stanis?aw Biele?, from the Department of Oriental Studies at the University of Warsaw, who specializes, among other things, in questions of identity in international relations, Russian foreign policy, the international role of the powers, the strategies and methods practiced in international negotiations.

This question has matured since 2014, when a coup was staged in Ukraine, the nature of which none of the renowned political scientists doubted. The attempt made by Professor Bielen to show the face of this coup d’etat from a scientific analysis has earned him the title of “philorussian”. Then in 2017, prof. Bielen organized a very interesting conference from the point of view of scientific research on the centenary of the October Revolution, which was received sourly in his faculty, just because of its title. Researchers involved in Russian-Polish relations complained as early as this time that due to Polish state policy, scientific contacts with researchers from Russia had been severed, which contributed to restricting their abilities of research.

The “special operation” currently being carried out by the Russian Federation in Ukraine has triggered even harsher measures against the professor. His colleagues opposed to the ideas of negotiations he put forward succeeded in forming an “initiative group” led by the president of the student committee of the university, which included in his denunciations all that could be imagined as bad faith. against him: sexual discrimination, vulgar language, sexual harassment, forced smile to address to the teacher, etc. These accusations later cited by the dean contained a lot of absurdities, but we still had to omit in the end what we had been able to find in the media, namely the discrimination against Ukrainian students…these having stated that they had never been discriminated against by Professor Bielen, and that on the contrary, he had helped them to perfect their level of knowledge and critical thinking.

Those who know Professor Bielen can only be amazed when reading these “revelations”. He himself was well aware for a long time of the type of costume that one wanted to carve out for him, since one of the most zealous propagators of “depoutinisation in Polish science”, Andrzej Szeptycki, devoted an introduction in the aforementioned article precisely to his person, while not daring to mention Bielen’s name in full.

The situation worsened when Professor Bielen wrote articles on the present conflict in Ukraine and its causes, where he felt that it could not be reduced just to a “Russian aggression” alone (among other things, the article “Czas dramatu” [“The time of drama”] – https://myslpolska.info/2022/02/27/czas-dramatu/ published in « My?l Polska » and on the website of the Department of Political Theory of the Faculty of Sciences policies of the University of Warsaw). This article prompted his opponents to react urgently. On May 12, 2022, Prof. Bielen was therefore summoned by the Dean of the University of Warsaw for an interview, with the participation of the Vice-Dean, the Dean’s Plenipotentiary for Equality and the Vice-Dean for Academic Affairs (i.e. a ratio of four against one). During this meeting, Prof. Bielen was subjected to a barrage of insults, slanders and lies. Which was not surprising, because the dean is not only famous for his impulsiveness, but also for his specific culture of communication, based on insulting his interlocutors. The two deans then gave him a letter with the decision to immediately withdraw the teaching of the subject “International negotiations”. The Rector of the University did not react as for him. The charge against Professor Bielen was ultimately referred to the University Disciplinary Committee.

Nobody in the academic community in any case dared to defend the professor, not even the researchers of the department of law of the university who should have been the first to deal with such a case. The only judges were the Ukrainian students and former students of the professor’s master’s seminar who denied the allegations of persecution because of their nationality. But this will probably not have any influence on the rest of the procedure.

The case of Professor Bielen – as scandalous as it is, in fact does not only concern him who is, this needs to be remind, a full-time employee of the University of Warsaw for 46 years, because it shows how a group of “activists” having specific objectives can easily decide the personnel policy of a university, often using a group of students selected for this purpose.

It is enough to browse Professor Bielen’s scientific production to see that he is one of the most remarkable figures in Polish political science. It is therefore not the first time that such people have been a thorn in the flesh of less recognized researchers, especially since jealousy is a widespread trait in scientific circles. This is also not surprising given the way the Polish state is currently run, since it has significantly lowered the qualification standards for people employed in science or in the selection of university administrators, which was well illustrated by a series of articles published in the journal « Sprawy Nauki » (“Scientific Questions” – https://www.sprawynauki.edu.pl/archiwum/dzialy-wyd-elektron/284-naukowa-agora-el/4714-bylem -pracownikiem-itme-requiescat-in-pace – “I was a university administrator”).

We can therefore see from the case of Professor Bielen or other colleagues how the university ceased to be a university. It is no longer a place of open and ardent scientific, ideological and factual discussions, where the critical spirit is exercised and where freedom of expression reigns (despite the announcements of the current Minister Czarnek). This is a school level extending the same logic as secondary school, organized on the model of a private company or a private company, whose goal is profit (among other things, through paid studies). And since we are dealing with an enterprise, the people who are employed there must carry out strictly defined activities, without developing problematics related to their field of research because they do not want to risk losing their job.

We are therefore dealing with a denial of scientific practice, which, in principle, can only develop through a confrontation of points of view, a rational discussion and not through slander and invectives. It is therefore not surprising that Polish universities occupy such a low place in the world rankings and that the most talented of our colleagues emigrate to the West where they believe to find a more effective breeding ground for their research.

The case of Professor Bielen shows the policy of censorship introduced into science even though this case shows that none of his theses should be condemned as contrary to the law. We must on this occasion recall the precedent that happened on May 2, 2018 on the occasion of the scientific (philosophical) conference “Karl Marx 1818-2018” organized by the University of Szczecin in Pobierowo when it was invaded by police because of …a report of a possible violation of article 256, § 1, of the Penal Code, prohibiting the spread of a totalitarian regime (https://www.gazetaprawna.pl/wiadomosci/artykuly/1123249,interwencja-policji-na-konferencji-naukowej-w-pobierowie.html). Today, aware of this precedent and not wanting to be placed on the register of researchers potentially “opposed to democracy”, Polish academics-researchers practice self-censorship and no longer deal with subjects that can be interpreted by the authorities as “philorussians”. Thus, it has become difficult to imagine being able to hold a scientific conference on, for example, “banderism in Ukraine”, since even Wikipedia and Internet sources on these topics are rewritten.

Freedom of expression in not only Polish universities today therefore ceased to exist with the massive attack on censorship by mainstream media, in collusion with the powers that be. This trend has intensified since the 2014 coup in Ukraine, as shown in the essay by Professor Linus Hagström of the Swedish Defense University, who faced ostracism for publishing an article in 2015 claiming that Sweden should not join NATO. (https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/14484528.2019.1644986). The same was true of a group of University of Chicago students who targeted such a recognized figure in global political science as Professor John Mearsheimer who argues that the violent removal of the Ukrainian president elected in 2014 constituted a coup and that the ensuing problems in Ukraine are the fault of the West (https://www.thecollegefix.com/students-target-uchicago-political-scientist-for- sharing-ukraine-opinion/).

Conversely, we must cite as an example the authorities of the University of Bonn, who managed to preserve their honor because, after complaints from a group of students concerning the declarations of Professor Ulrike Guérot on the conflict in Ukraine, they stated that academics speak within the framework of academic freedom is guaranteed by the Basic Law of the FR of Germany, that individual statements in no way reflect the positions of the University of Bonn, and that therefore no direct consequence have to be taken against Professor Guérot ( https://www.wnp.pl/rynki-zagraniczne/niemcy-ekspert-ds-europy-wschodniej-profesor-uniwersytecka-namawia-do-pacyfikacji-ukrainy, 588123.amp; https://ga.de/bonn/stadt-bonn/bonner-studenten-kritisieren-ulrike-guerot-fuer-ukraine-aussagen_aid-69528145).

In short, the fight for academic freedom is taking place today on an international scale, and supporting Professor Bielen at the University of Warsaw is part of our fight for his academic freedom and ours, since it is the whole development of society which is made possible thanks to scientific research which must be carried out without censorship and without constraints on the part of the powers that be. What we are all supposed to know since the end of the Middle Ages.

Bruno Drweski (based on the article published in “Sprawy Nauki”)

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