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Quatre extraits du discours de Bachar al-Assad le 20 août 2017 face au corps diplomatique syrien


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Sayed Hasan

Bachar al-Assad dénonce le soutien de la Turquie au terrorisme : Erdogan est un mendiant politique
Le terrorisme en Europe est la conséquence de politiques irresponsables
Bachar al-Assad remercie l’Iran, la Russie et le Hezbollah
La Syrie de demain sera résolument tournée vers l’Orient

Bachar al-Assad dénonce le soutien de la Turquie au terrorisme : Erdogan est un mendiant politique
Discours du Président de la République Arabe Syrienne Bachar al-Assad le 20 août 2017, devant les membres du corps diplomatique syrien

Voir la transcription du discours complet : http://reseauinternational.net/aout-2017-discours-du-president-al-assad-devant-le-corps-diplomatique-syrien/

Traduction : Mouna Alno-Nakhal

Sous-titres : http://sayed7asan.blogspot.fr

Transcription :

[…] Tout comme nous avons répondu avec souplesse aux initiatives en faveur du dialogue, nous avons accueilli positivement celles portant sur la cessation des combats, même si nous n’avions aucun doute sur le fait que les terroristes profiteraient de ces initiatives pour nous duper (trahir leurs engagements), comme ils l’ont fait à maintes reprises. Mais nos forces armées étaient aux aguets.

D’où la question : si les résultats des réunions sont inexistants et s’ils ne respectent pas leurs accords, pourquoi perdre notre temps ? Parce que depuis le début de la crise, nous n’avons laissé passer aucune occasion d’arrêter l’effusion de sang sans nous efforcer de la saisir, même quand l’espoir était minime, afin de préserver les innocents. Partant de là, nous avons participé aux réunions d’Astana, en partant d’une vision nationale claire, et d’une grande confiance en nos amis, en Iran et en Russie.

Mais qu’en est-il du troisième partenaire : la Turquie ? En ce qui nous concerne, il n’est présent que sur le papier. Nous ne le considérons pas comme garant ni associé dans le processus de paix et, bien sûr, nous ne lui faisons pas confiance. Il soutient les terroristes. Il est garant, mais pour les terroristes. Et la véritable raison de la participation de la Turquie aux congrès d’Astana est qu’Erdogan n’a plus d’autres options devant lui. Les terroristes tombent partout, les défaites se succèdent, les scandales aussi du fait de ses relations avec les terroristes. Par conséquent, entrer dans le processus d’Astana est d’une part une sorte de couverture, et d’autre part lui permet de protéger les terroristes. C’est ce qu’il a fait et, comme vous le savez, le blocage de nombre de sessions a eu lieu pour protéger les terroristes.

D’un autre côté, la participation d’une délégation d’Erdogan aux réunions d’Astana lui confère un rôle en Syrie, un rôle qu’il cherche et dont le but est de légitimer son rôle et la présence des unités turques en Syrie, c’est-à-dire de légitimer l’occupation, alors que notre position était d’emblée très claire : tout individu turc présent sur le sol syrien sans le consentement du gouvernement syrien est un occupant.

Ce qui signifie qu’Erdogan est pratiquement devenu une sorte de mendiant politique sur le bord de la route suppliant pour qu’on lui accorde n’importe quel rôle, parce qu’il sent le déséquilibre qui sévit en Turquie et que le scandale de sa relation avec les terroristes est clairement découvert au monde entier. Et en vérité, s’il est resté au pouvoir, ce n’est pas pour son ingéniosité comme certains tentent de le présenter, mais parce qu’il a encore un rôle à jouer dans le soutien des terroristes en Syrie.

Mais si jamais la situation syrienne se soldait en faveur du terrorisme ou d’autres forces soutenant le terrorisme, il deviendrait inutile et personne ne soutiendrait son maintien. Il est donc resté au pouvoir à cause de son rôle du moment en Syrie : un rôle destructeur. […]

Le terrorisme en Europe est la conséquence de politiques irresponsables

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

Transcription :

[…] Le résultat de cette résistance (de la Syrie) et du prix que nous avons payé (pour cela),ce sont (également) les revirements qui se sont produits dernièrement dans les déclarations occidentales et qui ne se sont pas produits parce que leur conscience humaine s’est réveillée ou a recouvré sa santé, et qu’ils ont (enfin) ressenti que la Syrie était opprimée ou quoi que ce soit de ce genre. (L’Occident) a fait ce revirement à cause de la résistance du peuple, de l’Etat et des forces armées (de la Syrie). Et bien sûr à cause du soutien de nos alliés. (L’Occident) n’a pas fait ce revirement parce qu’il est doté d’éthique ou de morale, parce que nous n’avons jamais rien vu de tel, même avant la guerre. Mais c’est la réalité du terrain en Syrie, et la réalité du terrain dans leurs propres pays (qui leur a imposé ce revirement).

Et aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine ou un mois sans que se produise un événement (attentat terroriste) qui est la conséquence directe de leur stupidité dans leurs prises de décision et leur soutien au terrorisme dans cette région. Ce sont ces réalités qui leur ont imposé de changer leurs positions, fût-ce de manière partielle et timide, sans conviction,mais ces revirements se sont imposés à eux.

Ce changement de positions ne signifie pas un changement des politiques. L’Occident, comme le serpent, change de peau en fonction de la situation. Au début, ils parlaient de soutien au mouvement populaire, ce mouvement populaire qui n’a jamais dépassé, dans le meilleur des cas, 200 000 personnes payées (par l’Occident et le Golfe) dans toute la Syrie, un pays de 24 millions d’habitants. Et après s’être efforcés de leur mieux, les armes étant présentes sur la scène mais de manière cachée, à perpétrer des massacres et fomenter la sédition, ils n’ont pas réussi, et sont donc passés au soutien ouvert aux groupes armés mais ils leur ont donné le nom d’ « opposition » en guise de couverture, c’est-à-dire qu’ils les ont présentés comme (des factions) politiques, avec une dénomination politique, et ils les ont présentés comme « modérés », c’est-à-dire comme non extrémistes. Ou (ils ont utilisé) la dénomination politique d’ « opposition », pour (laisser croire) que ce ne sont pas des terroristes.

Lorsque ce projet a échoué et qu’ils ont été exposés pour ce qu’ils sont (des terroristes) aux yeux de l’opinion publique mondiale, et de l’opinion publique régionale et locale dans leurs propres pays, ils sont passés à une autre version, le prétexte humanitaire. Nous sommes actuellement à cette étape. Pour résumer, elle consiste à garder le silence absolu tant que les terroristes avancent ou que ce soit,et perpètrent des massacres et des meurtres contre les civils, mais lorsque c’est l’Armée (syrienne) qui fait des avancées aux dépens des terroristes, alors soudain on commence à entendre des cris, des lamentations et de l’intercession afin de nous stopper, au prétexte de slogans humanitaires, d’arrêter l’épanchement de sang, de convoyer de l’aide humanitaire, et d’autres prétextes que nous Syriens connaissons bien. Et leur véritable objectif est de donner l’opportunité aux groupes armés de reformer leurs rangs, de se remotiver, de faire venir du matériel et d’envoyer des renforts pour les aider,afin qu’ils puissent poursuivre leurs actes terroristes.

En vérité, toutes ces diverses tactiques qu’ils ont employées durant ces étapes n’a jamais pu nous duper, en aucun cas. Dès le premier jour, nous avons reconnu le terrorisme, et dès le premier jour, nous l’avons frappé, durant la première étape, la seconde et la troisième, et nous continuerons à le faire, tant qu’il restera le moindre terroriste où que ce soit en Syrie.

Quant à la guerre médiatique et psychologique qu’ils ont menée durant toutes ces dernières années, elle n’est jamais parvenue, pas à un seul instant, à nous influencer de manière à nous détourner de cet objectif, à savoir combattre le terrorisme, ou à nous pousser en direction de la peur ou de l’hésitation. […]
Bachar al-Assad remercie l’Iran, la Russie et le Hezbollah

Traduction : http://sayed7asan.blogspot.fr

Transcription :

[…] Mesdames et Messieurs,

Malgré plus de 6 ans de cette guerre féroce contre la Syrie et malgré le fait que l’Armée syrienne, avec à ses côtés les forces populaires et nos alliés, mène les batailles les plus acharnées contre les groupes terroristes les plus redoutables, soutenus par les pays les plus puissants et les plus riches du monde, malgré cela, ces forces, nos forces armées, enchaînent les accomplissements et les victoires, de semaine en semaine et de jour en jour, écrasant les terroristes et purifiant les régions qu’ils ont souillées (par leur présence), et elles continuent sur cette voie.

Ce qu’ont réalisé les héros de l’Armée Arabe Syrienne, des forces armées et des forces populaires et alliées en fait d’actes héroïques et de sacrifices durant les années passées de la guerre représente un exemple dans l’Histoire des guerres à travers l’Histoire. Et ce qu’ils ont accompli en fait de sacrifices constitue un phare pour les générations futures, au sens de l’attachement à la dignité nationale, de l’amour de la patrie et des sacrifices pour elle et pour le peuple. [Applaudissements]

Et la vérité est que ce sont ces accomplissements qui ont vraiment constitué le levier pour la marche des réconciliations nationales qui ont commencé il y a 3 ans, et ce sont eux qui ont poussé beaucoup d’indécis (parmi les groupes armés) à revenir au sein de la nation. C’est-à-dire, pour parler clairement et loin de tout embellissement, ces accomplissements militaires de nos forces armées constituaient la guerre et la politique mêmes.

Aux côtés des exploits de l’Armée, n’eût été l’endurance du peuple syrien, chaque citoyen à sa place, l’étudiant, l’enseignant, l’ouvrier, le fonctionnaire, le diplomate, l’employé, et ainsi de suite dans toutes les couches et composantes de la société syrienne, il n’aurait pas été possible que la Syrie résiste jusqu’à ce jour.

Quand aux amis et aux alliés, ils ont constitué une part très importante de ces accomplissements et succès.

Le Hezbollah, qu’il n’est plus utile de présenter et qui se passe volontiers de reconnaissance et de remerciements, ses combattants n’étaient pas moins attachés à (la défense de) la terre syrienne que leurs frères d’armes en héroïsme des forces armées syriennes. Et lorsque nous parlons d’eux, nous parlons avec une grande fierté et un grand orgueil, exactement les mêmes que lorsqu’on parle de tout Syrien qui a défendu sa patrie. Il en va de même pour leurs martyrs, leurs blessés et leurs familles héroïques.

Quant à l’Iran, il n’a pas faibli dans sa présence à nos côtés depuis le premier jour. Il a fourni les armes et les quantités (d’argent, d’équipement et d’hommes) sans aucune limite. Il a envoyé les conseillers militaires et les officiers pour nous aider à planifier (la défense et les offensives). Il nous a soutenus économiquement, dans les conditions extrêmement difficiles que nous avons traversées. Il a mené les batailles politiques avec nous dans tous les dossiers internationaux, et a prouvé en chaque occasion qu’il est souverain et seul maître de ses décisions, fidèle à ses principes et à ses engagements pris, en lesquels on peut avoir pleine confiance.

De même pour la Russie. Elle a utilisé son veto plusieurs fois successives dans sa politique, en défense de l’unité et de la souveraineté de la Syrie, et en défense de la Charte des Nations Unies et du droit international. La Chine a fait de même. Et la Russie ne s’est pas limitée à soutenir l’Armée Syrienne et à lui fournir tout ce dont elle avait besoin pour ses opérations anti-terroristes. Plus tard, elle a envoyé ses forces aériennes et a directement participé à la lutte contre le terrorisme, offrant des martyrs sur le sol syrien.

Ainsi, si les succès sur le terrain ont été réalisés grâce à la détermination des héros des forces armées, de l’Armée et des forces populaires, le soutien direct de nos alliés, politique, économique et militaire a grandement renforcé les capacités d’avance sur le terrain et amenuisé les pertes et les fardeaux de la guerre. Et par conséquent, ils sont aujourd’hui nos alliés véritables dans ces accomplissements, dans la voie consistant à frapper et résorber complètement le terrorisme et à restaurer la sécurité et la stabilité en Syrie.

Et si le peuple arabe syrien et avec lui les forces armées écrivent aujourd’hui une nouvelle Histoire pour la Syrie et pour la région en général, il y aura également des tomes qui seront écrits au sujet de nos amis. Au sujet de l’Iran et de l’Imam Khamenei. Au sujet de la Russie et du Président Poutine. Au sujet du Hezbollah et de Sayed Hassan Nasrallah. [Applaudissements] Ces volumes seront rédigés au sujet de leurs principes, de leur éthique, de leurs vertus, pour que les générations futures puissent les lire. […]
La Syrie de demain sera résolument tournée vers l’Orient

Traduction : Mouna Alno-Nakhal

Sous-titres : http://sayed7asan.blogspot.fr

Transcription :

[…] Quelles sont les orientations futures de la politique syrienne ? Nous commencerons par la règle classique que nous avons adoptée depuis les premiers jours de la guerre, laquelle repose sur deux points. Le premier : continuer à combattre et à écraser les terroristes, partout où ils se trouvent,en coopération avec les Forces alliées et les amis. Le deuxième : poursuivre la réconciliation nationale, partout où il le faut, car elle a fait preuve de son efficacité de différentes manières et c’est en ce qui nous concerne une chance pour arrêter l’hémorragie et reconstruire le pays.

Le troisième point est l’amélioration de nos contacts extérieurs. Le fait est que l’opinion publique occidentale a beaucoup changé. Et vous, au ministère des Affaires étrangères, vous êtes les mieux placés pour en suivre les détails. Ce n’est pas seulement l’opinion publique occidentale qui a changé, mais l’opinion publique mondiale, et en particulier l’occidentale. Elle a changé surtout parce que (les populations) ont découvert, après des années, que le récit (de propagande) n’était pas bien ficelé. Sept ans qu’on lui raconte le même mensonge à propos de l’État qui tue son peuple, du monde qui soutient le peuple contre l’Etat, lequel est resté debout. C’est un discours inconsistant voué à l’échec et illogique même pour des enfants.

Les populations ont découvert que leurs responsables mentaient et que leurs médias traditionnels étaient eux aussi associés aux mensonges des responsables et de l’État. Aujourd’hui, les populations ont découvert que l’histoire racontée est fausse, cela ne signifie pas nécessairement qu’elles connaissent la vraie histoire ; cette tâche est de votre ressort et au cœur de votre travail de diplomates. Maintenant que les portes de la vérité ont été ouvertes, nous devons la présenter à l’opinion publique mondiale et plus particulièrement à celle de l’Occident.

Le quatrième point est la promotion de l’économie, d’autant plus que votre congrès coïncide avec la « Foire internationale de Damas », laquelle donne un grand signal dans cette direction. Promouvoir les opportunités économiques déjà disponibles et celles qui pourraient l’être dans un proche avenir. À ce stade, permettez-moi de dire que l’économie syrienne est entrée dans une phase de reprise, lentement mais sûrement, bien que nous soyons en état de siège presque total. Cela aussi fait partie des missions essentielles de la diplomatie syrienne.

Le cinquième point est très important : nous devons nous orienter politiquement, économiquement et culturellement vers l’Orient (l’Est). L’Orient étant pris surtout au sens politique, et également en partie au sens géographique. Cet Orient aujourd’hui, sans définir les pays qui le composent, ce qu’en tant que diplomates vous définissez parfaitement, l’Orient possède tous les éléments du développement. Il n’est plus dans le « Second monde » comme par le passé, mais fait partie du « Premier monde » dans tous les sens du terme,du moins en ce qui concerne nos besoins en tant que pays en développement. Il n’est pas nécessaire de rechercher le dernier cri en matière de sciences, mais pour tout ce qui est essentiel, l’Orient possède avec certitude tous les biens et toutes les capacités dont nous avons besoin. Cet Orient possède donc les éléments de science et d’économie, il possède les éléments de civilisation (qui font défaut à l’Occident), nous traite d’égal à égal avec respect, sans diktats, sans orgueil et sans arrogance.

Autant de comportements pratiquement absents du côté de l’Occident, lequel ne nous a rien offert même dans les meilleures périodes. Les choses les plus simples, telles les missions scientifiques (nous ont été refusées). Ainsi, quand il pense qu’une spécialisation pourrait avoir un impact significatif sur le développement en Syrie, il nous interdit d’y inscrire nos étudiants. Par conséquent, nous ne devons pas compter sur l’Occident. Je parle d’une expérience de plus de quatre décennies, et notamment depuis la Guerre d’Octobre en 1973.

L’Occident d’aujourd’hui est atteint de paranoïa. S’il parle de Communauté internationale, il parle de lui-même, le reste du monde étant probablement composé pour eux de troupeaux de bétails et non de sociétés. S’il coupe ses relations avec nous, il pense nous avoir coupé l’oxygène. Et s’il ferme ses ambassades, il dit que nous sommes isolés même si nous avons conservé nos relations avec des dizaines d’autres pays. Nous sommes donc un pays isolé, mais combien de nos ambassadeurs à l’étranger sont aujourd’hui présents dans cette salle, et combien d’ambassadeurs de l’étranger sont présents en Syrie ? Nous ne sommes pas isolés comme les Occidentaux le croient. C’est leur arrogance qui les amène à penser de cette façon.

Dernièrement, nous avons commencé à entendre parler de la possibilité de réouverture des ambassades de certains pays occidentaux qui se sont comportés en ennemis de la Syrie et qui se sont tenus du côté des terroristes. Certains disent qu’ils ouvriront leurs ambassades en échange de notre coopération en matière de sécurité, ou prétendent que nous n’accepterions la coopération sécuritaire qu’à condition qu’ils ouvrent leurs ambassades ; en dépit du fait qu’il ne nous a pas été demandé si nous accepterions la réouverture de ces ambassades. Ce discours suggère que nous attendrions ce jour avec impatience, comme si nous étions assis sur le côté de la route attendant le jour de la délivrance où ces ambassades étrangères nous ouvriraient leurs portes ; et sinon toutes, au moins une. Alors, peut-être que nous pourrions nous sentir en notre être, peut-être que nous pourrions ressentir notre légitimité perdue du fait de leur absence, et plus encore, peut-être que nous éprouverions le sentiment d’avoir retrouvé notre honneur et notre dignité nationale lorsqu’ils rouvriront leurs ambassades en Syrie. C’est ainsi qu’ils pensent.

La vérité est que n’avons jamais évoqué ce sujet de cette façon. Nous n’avons jamais dit que nous acceptons une coopération en matière de sécurité en échange de l’ouverture des ambassades. Nous disions qu’aucune relation n’était possible, y compris en matière de sécurité, qu’en cas de « couverture politique », laquelle suppose une relation politique saine, rendue impossible tant que les pays en question soutiennent le terrorisme. C’est pourquoi nous serons clairs : il n’y aura ni coopération sécuritaire, ni réouverture des ambassades, ni même de rôle pour certains pays ayant récemment commencé à dire qu’ils voudraient participer à la résolution du problème en Syrie, tant qu’ils n’auront pas coupé leurs relations avec le terrorisme et les terroristes, de manière claire, explicite et sans ambiguïté. Ce n’est qu’alors qu’il sera possible de parler de l’ouverture des ambassades.

Cette stupidité occidentale n’est pas nouvelle. J’ai toujours en mémoire le sujet des désertions que je n’ai jamais évoqué dans mes discours et lequel a juste fait l’objet d’une question à laquelle j’ai répondu. Ce sujet étant désormais tombé dans l’oubli, il est bénéfique de le rappeler, d’autant plus que nous avions dit qu’il n’était pas d’une grande importance pour nous, alors qu’il l’est véritablement. En effet, (concevez que) des dizaines – certains diront des centaines, peu importe – de personnes dépourvues de sentiment national, à la solde de l’étranger, étaient dissimulées dans les différents services de l’État, que nous ne savions rien à leur sujet, et ne pouvions distinguer ceux qui sont attachés à la patrie et ceux qui ne le sont pas,sans que nous ayons le moindre indice. Concevez que pendant toutes ces années, ces personnes se trouvaient au cœur des organisations, jouant le rôle de la cinquième colonne et complotant pour les intérêts de ces Etats. Quelle était donc la situation ? En toute certitude, la situation était très difficile. Comment aurions-nous pu leur dire : vous êtes des non-patriotes indignes de confiance, sortez (des services) de cet État pour que nous puissions travailler correctement (alors que nous ignorions leur identité) ?

Eh bien, ces responsables occidentaux, dans leur stupidité, l’ont fait. Ils ne les ont pas simplement sortis des services de l’État, mais de toute la patrie. Autrement dit, ils ont fait une opération de nettoyage, sans précédent, que nous aurions été incapables de mener à bien. Comme quoi, quels que soient les points de divergence entre les personnes et entre les pays, il y a toujours des points de convergence. C’est pourquoi je peux dire que l’Occident soutenait ces désertions, et que nous aussi les soutenions et convergions avec lui sur ce point ! Nous ne divergeons pas sur tout, et nous sommes d’accord sur ce point.

Bien sûr, il y a également les sanctions contre la Syrie, même si elles sont secondaires. L’Occident a aussi voulu punir la Russie par des sanctions, mais a perdu plus qu’elle n’a perdu. Au final, cette grande puissance a immédiatement compensé ses pertes par ses relations avec d’autres pays et l’augmentation de sa production locale grâce à son économie diversifiée, à son vaste territoire et à la grande variété de ses ressources naturelles. C’est donc la Russie qui a gagné.

C’est ainsi que depuis au moins une vingtaine d’années, l’Occident n’a cessé de témoigner de sa stupidité, conséquence de l’arrogance qui le caractérise. Il dispose d’énormes ressources et d’excellentes capacités dans tous les domaines, mais son manque de sagesse fait qu’il n’en tire pas profit. C’est pourquoi il passe d’une erreur à l’autre, d’un problème à l’autre, d’une impasse à l’autre, et se couvre avec des mensonges. Il semble que le système politique occidental ne soit plus capable de produire des hommes d’État.

Quant à la société occidentale, il est indéniable qu’elle est riche, en avance dans tous les aspects de la vie. C’est un fait que nous ne nions pas. Et elle est capable de produire (davantage encore). Mais son système politique qui n’autorise qu’à ceux qui servent les élites politiques, économiques, financières ou autres, d’accéder aux commandes. D’où les résultats que nous constatons aujourd’hui.

Quelles sont les bases sur lesquelles repose la politique syrienne et particulièrement à cette étape, l’étape de la guerre ?

Premièrement : Tout ce qui concerne le destin et l’avenir de la Syrie dépend à 100% des Syriens, pas 99% et des poussières, 100%. Même nos amis adoptent clairement ce discours. Nous acceptons les conseils d’où qu’ils viennent, mais la décision finale ne peut-être que syrienne.

(Deuxièmement) : L’unité territoriale de la Syrie fait partie des évidences qui n’admettent absolument aucun débat ou discussion.

(Troisièmement) : L’identité nationale syrienne est incontestable, mais l’essence de cette identité est l’arabité dans son sens civilisationnel fédérateur de tous les enfants de la patrie et de toutes les franges de la société.

Quatrièmement : Nous ne permettrons en aucune circonstance aux ennemis, aux adversaires ou aux terroristes d’obtenir, par le biais de la politique, ce qu’ils n’ont pu accomplir sur le terrain par le biais du terrorisme.

Le dernier point : La guerre ne modifiera en rien nos principes. La cause palestinienne est toujours essentielle à nos yeux, Israël est toujours l’ennemi qui occupe nos territoires et nous soutenons toujours toute résistance dans la région à partir du moment où elle est vraie et non falsifiée, comme c’est le cas de certaines résistances.

Mesdames et Messieurs,

Dans cette guerre que nous menons sur plusieurs fronts et dans plusieurs domaines afin de défaire le projet terroriste et de rétablir la paix et la sécurité en Syrie, nous devons réaliser que sa prolongation est, d’un certain côté, liée à la crainte de nos ennemis et adversaires de voir la Syrie se relever beaucoup plus forte qu’elle ne l’était avant la guerre. C’est pourquoi nous devons dès à présent travailler sérieusement à la construction de la Syrie de l’avenir sur des bases solides : une Syrie libre, forte, indépendante, où le terrorisme, l’extrémisme, les traîtres et les agents de l’étranger n’ont pas leur place. Et, c’est pourquoi nous devons réaliser que ce travail accompli sera le gage de notre fidélité aux valeurs, aux traditions et aux intérêts de la Syrie et des Syriens.

Je vous souhaite tout le succès dans vos missions et pour votre congrès.

Que la paix soit sur vous.