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Que faudra-t-il à l’Empire US pour s’effondrer ?


Monday, September 03, 2012
 
Le Rapport Anti-Empire.
 
http://www.legrandsoir.info/que-faudra-t-il-a-l-empire-us-pour-s-effondrer.html
 
 
 
 

 

 

 

 

« Nous prêtons allégeance à la république représentée par l’Amérique et non à l’empire qui la fait souffrir » (1)

Il a fallu une révolution à Louis XVI, deux défaites militaires historiques à Napoléon, de multiples révolutions dans le Nouveau Monde à l’empire espagnol, une révolution communiste au Tsar russe, la Première Guerre Mondiale à l’empire Austro-hongrois et Ottoman, la Deuxième Guerre Mondiale au Troisième Reich, deux bombes atomiques à l’Empire du Soleil Levant, un coup d’état militaire à domicile à l’empire portugais en Afrique. Que faudra-t-il pour l’Empire américain ?

Peut-être l’érosion d’admiration et de soutien, d’un groupe de personnes après l’autre, d’un pays après l’autre, à chacune de ses guerres, de ses bombardements, occupations, tortures, et mensonges qui rongent la façade de la bien-aimée et légendaire « Amérique » ; un empire sans pareil dans toute l’histoire, qui est intervenu massivement et brutalement, en temps de paix comme en temps de guerre, dans la plupart des pays de la planète, tout en prêchant au monde entier que le American Way of Life était l’exemple à suivre pour toute l’humanité et que c’était l’Amérique avant-tout qui devait guider le monde.

Les documents et vidéos de Wikileaks ont asséné une succession d’humiliations, les unes après les autres… les mensonges exposés, les manipulations politiques révélées, l’hypocrisie flagrante, les meurtres de sang froid… suivis par la torture de Bradley Manning et la persécution de Julian Assange. Washington qualifie ces révélations de « menaces contre la sécurité nationale », mais le monde entier voit bien qu’ils sont tout simplement embarrassés. Les avocats de Manning ont demandé à plusieurs reprises au tribunal militaire de préciser quelles étaient ces menaces. Le tribunal n’a jamais répondu. Si l’enfer ne connaît pas de furie plus grande que celle d’une femme en colère, imaginez alors celle d’un empire démasqué.

Et voici maintenant notre feuilleton du dimanche, l’Affaire Assange, avec en vedette la Suède, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, l’Equateur et Julian Assange. Les néocolonies US de la Suède (qui a tout d’un membre belligérant actif de l’OTAN, sauf le nom) et du Royaume-Uni (avec sa « relation spéciale » avec les Etats-Unis) savent ce que l’on attend d’eux pour obtenir une petite caresse sur la tête de l’oncle d’Amérique. Nous pouvons affirmer que la Suède n’a aucune raison légitime pour demander à Londres l’extradition de Julian Assange parce qu’elle a constamment refusé d’interroger Assange sur le sol britannique et a constamment refusé d’expliquer pourquoi.

Les britanniques, sous une « immense pression de l’administration Obama », selon le rapport du Ministère des Affaires étrangers à l’ancien ambassadeur britannique Craig Murray (2) ont menacé, par écrit, le gouvernement équatorien d’envahir son ambassade à Londres pour se saisir d’Assange – « (Vous) devez être conscients qu’il existe une base juridique au Royaume-Uni, la loi Diplomatic and Consular Premises Act de 1987, qui nous autorise à prendre des mesures pour arrêter M. Assange dans les locaux actuels de l’ambassade ». Au cours du week-end du 18 août, la police de Londres a été jusqu’à se frayer un chemin à l’intérieur du bâtiment en passant par une issue de secours, jusqu’à quelques mètres de la chambre d’Assange qui pouvait les entendre. La loi citée par les britanniques, bien entendu, est une loi locale sans valeur sur le plan international.

Le Royaume-Uni a depuis formellement retiré sa menace contre l’ambassade, ce qui fut probablement le résultat d’une vague d’indignation internationale contre le gouvernement de Sa Majesté. Le système international d’asile politique s’écroulerait si un pays qui accorde l’asile devait être puni. Dans un monde violent rempli de terroristes, d’impérialistes et autres horreurs, il est réconfortant de savoir qu’une valeur traditionnelle comme l’asile politique est encore respectée.

Il est à la fois intéressant et révélateur d’examiner l’histoire des Etats-Unis et du Royaume-Uni quant à leur comportement vis-à-vis de l’asile politique.

En 1954, lorsque les Etats-Unis renversèrent le gouvernement démocratiquement élu du social-démocrate Jacobo Arbenz au Guatemala pour le remplacer par un gouvernement militaire dirigé par le Colonel Carlos Castillo Armas, de nombreux Guatémaltèques s’étaient réfugiés dans les ambassades étrangères. Le secrétaire d’Etat John Foster Dulles insista pour que le nouveau gouvernement guatémaltèque prenne d’assaut ces ambassades et arrête les individus, qu’il qualifia de « communistes ». Mais Castillo Armas refusa de céder à la demande de Dulles. Stephen Schlesinger et Stephen Kinzer, dans leur histoire détaillée du coup d’état (3), écrivent :

« Au final, Castillo Armas ignora la suggestion de Dulles. Lui-même était le produit d’une croyance largement répandue en Amérique latin que l’asile d’une ambassade et un sauf-conduit étaient une manière élégante de résoudre un conflit politique. Pratiquement tous les militants politiques guatémaltèques, y compris Castillo Armas, avaient trouvé refuge dans une ambassade à un moment donné ou un autre. La suggestion de Dulles de « modifier » la doctrine d’asile n’a pas rencontré d’écho favorable même au sein de l’ambassade des Etats-Unis. »

Il faut noter qu’un des demandeurs d’asile à l’ambassade d’Argentine au Guatemala était un médecin de 25 ans du nom d’Ernesto « Che » Guevara.

Baltasar Garzon, le juge espagnol qui est un des avocats d’Assange, est apparu sur la scène internationale en 1998 lorsqu’il inculpa l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet alors que ce dernier se trouvait en Angleterre. Mais les Britanniques ont refusé de l’envoyer en Espagne pour faire face aux accusations, et de fait lui ont accordé l’asile politique et permis à ce légendaire assassin et tortionnaire en masse de quitter le pays librement et de retourner au Chili. Julian Assange, ni inculpé ni condamné pour quoi que ce soit, est de facto prisonnier au Royaume-Uni ; alors que le New York Times et la BBC et de nombreux autres géants médiatiques, qui ont fait exactement la même chose qu’Assange en publiant des articles de Wikileaks et en diffusant des vidéos de Wikileaks, ne sont pas inquiétés.

Au mois d’avril dernier, le dissident chinois Chen Guangcheng a réussi à s’échapper de son assignation à résidence en Chine et à chercher refuge à l’ambassade des Etats-Unis à Beijing, provoquant une tension entre les deux pays. Mais le gouvernement « autoritaire » chinois n’a pas menacé d’entrer dans l’ambassade américaine pour arrêter Chen et peu après l’a permis d’accepter l’offre américaine d’un sauf-conduit pour les Etats-Unis. Comment Julian Assange pourra-t-il obtenir un sauf-conduit pour l’Equateur ?

En août 1989, alors que la guerre froide était encore en cours, de nombreux Allemands de l’est traversèrent la frontière avec la Tchécoslovaquie, un état membre du bloc soviétique, pour trouver l’asile politique à l’ambassade de l’Allemagne de l’ouest. Comment les Etats-Unis – qui n’ont pas dit un mot sur la menace britannique d’envahir l’ambassade équatorienne – auraient réagi si les Allemands de l’est ou les Tchèques avaient pris d’assaut l’ambassade ouest allemande ou empêché les Allemands de l’est de sortir ? Il se trouve que l’Allemagne de l’ouest a emmené les réfugiés par train, sans intervention du bloc soviétique. Quelques mois plus tard, « l’Empire du Mal » le plus faible s’effondra, laissant le champ libre, c’est-à-dire le monde entier, à « l’Empire du Mal » le plus fort qui, depuis cette époque, a placé son bellicisme en pilotage automatique.

En 1986, après que le gouvernement français eut refusé son espace aérien aux avions de guerre US qui bombardaient la Libye, ces derniers étaient obligés de suivre une autre route, plus longue. Lorsqu’ils sont arrivés en Libye, ils ont bombardé si près de l’ambassade de France que le bâtiment fût endommagé et toutes les communications coupées. (4) (quelque chose que les médias ont encore oublié de nous rappeler ? – question naïve du traducteur)

En 1999, l’OTAN (connu aussi sous le nom de Etats-Unis), a sciemment (sic) bombardé l’ambassade de Chine à Belgrade, Yougoslavie. (5)

Après qu’Assange a trouvé refuge à l’ambassade d’Equateur et s’est vu accorder l’asile par le pays sud-américain, le Département d’Etat des Etats-Unis a déclaré : « Les Etats-Unis ne sont pas signataires de la Convention sur l’Asile Politique de 1954 de l’OEA (Organisation des Etats d’Amérique) et ne reconnaissent pas le concept d’asile politique comme une affaire de droit international » (6) (encore quelque chose que les médias ont oublié de nous signaler ? – question naïve de traducteur)

L’Equateur demanda une réunion des ministres des Affaires Etrangères de l’OEA pour discuter de la situation. Les Etats-Unis s’y opposèrent. Pour Washington, le problème était simple : le Royaume-Uni devait respecter le droit international et extrader Assange vers la Suède. (Et ensuite – ricanement – les Suédois nous expédieront ce petit salopard) Fin de la discussion. Washington ne voulait pas voir l’affaire capoter au risque de faire encore traîner les choses. Mais parmi les 26 pays qui votent à l’OEA, seuls trois ont voté contre la réunion : les Etats-Unis, le Canada, et Trinidad & Tobago ; encore un exemple de ce que j’ai mentionné plus haut au sujet d’un empire en déclin qui perd les uns après les autres ses admirateurs et ses soutiens.

Le prix que l’Equateur aurait à payer pour son courage… éditorial du Washington Post, 20 juin 2012 :

« Il y a un moyen pour limiter les ambitions (du président équatorien) Correa . Il se trouve que l’ « empire » US, qu’il affirme mépriser, accorde chaque année à l’Equateur (qui utilise le dollar comme monnaie nationale) des tarifs douaniers préférentiels pour exporter de nombreux produits exemptés de taxes. Un bon tiers des exportations de l’Equateur (10 milliards de dollars en 2011) vont vers les Etats-Unis, fournissant quelques 40.000 emplois dans un pays de 14 millions d’habitants. Ces tarifs préférentiels seront de nouveau soumis au Congrès au début de l’année prochaine. Si M. Correa cherche à s’auto-proclamer l’ennemi en chef des Etats-Unis en Amérique latine et protecteur de Julian Assange d’ici là, il n’est pas difficile d’imaginer les conséquences. »

A plusieurs reprises le Président Obama, pressé d’ouvrir des enquêtes pour crimes de guerre contre Bush et Cheney, a déclaré : « je préfère regarder vers l’avenir plutôt que vers le passé ». Imaginez un accusé devant un juge qui se défendrait en ces termes. Plus rien n’aurait de sens, ni la loi, ni la police, ni le crime, ni la justice. Imaginez Julian Assange devant un tribunal militaire en Virginie en train d’utiliser un tel argument. Imaginez la réaction de Barack Obama, qui est devenu le plus grand persécuteur de lanceurs d’alerte de toute l’histoire des Etats-Unis.

JPEG - 10.2 koDepuis que l’Affaire Assange fait la Une des médias dans le monde, les Etats-Unis, ainsi que le Royaume-Uni, ont à plusieurs reprises fait des déclarations sur les obligations incontournables des nations à respecter les demandes d’extradition. Cependant, les Etats-Unis ont l’habitude d’ignorer de telles demandes, formelles ou informelles, lorsqu’elles concernent ses alliés idéologiques réfugiés sur son territoire. Voici un échantillon de ces dernières années :

  • l’ancien président vénézuélien Carlos Andrés Perez, que le gouvernement vénézuélien demande pour son rôle dans la répression des émeutes de 1989. Il est mort à Miami en 2010. (Associated Press, 27 déembre 2010)
  • l’ancien président bolivien Gonzalo Sanchez de Lozada s’est enfui vers les Etats-Unis en 2003 pour échapper au procès pour la mort d’environ 60 personnes à La Paz au cours d’une répression d’une manifestation par des militaires. En 2008, la Bolivie a officiellement transmis aux Etats-Unis une demande d’extradition, qui n’a pas été acceptée. (Associated Press, 13 février 2006)
  • en 2010, un juge fédéral US a refusé la demande d’extradition de l’Argentine pour un ancien officier militaire, Roberto Bravo, accusé de 16 meurtres lors d’un massacre en 1972 de guérilleros de gauche. (Associated Press, 2 novembre 2010).
  • Luis Posada, né à Cuba et de nationalité vénézuélienne, fut le cerveau de l’attentat contre un avion de ligne cubain en 1976 qui a coûté la vie aux 73 passagers. Dans la mesure où l’attentat fut organisé au Venezuela, c’est ce dernier qui a officiellement demandé aux Etats-Unis son extradition en 2005. Mais au lieu de l’extrader, les Etats-Unis l’ont poursuivi pour des infractions mineurs sur les lois d’immigration, ce qui n’a rien donné. Posada vit sa vie en homme libre aux Etats-Unis.
  • en 2007, des procureurs allemands ont émis des mandats d’arrêt pour 13 agents de la CIA soupçonnés d’avoir enlevé le citoyen allemand Khaled el-Masri en 2003 et de l’avoir emmené en Afghanistan pour interrogation (comprenez « torture »). La CIA a ensuite réalisé qu’elle s’était trompé de personne et l’a abandonné au bord d’une route quelque part en Albanie. Plus tard, la ministre de la Justice allemande a annoncé qu’elle abandonnait les demandes d’extradition en arguant le refus des Etats-Unis. (The Guardian, Londres, 7 janvier 2011)
  • en novembre 2009, un juge italien a condamné un chef de bureau de la CIA et 22 autres Américains, tous agents de la CIA sauf un, pour l’enlèvement d’un religieux musulman, Abu Omar, dans les rues de Milan en 2003 et son transfert par avion en Egypte pour y subir les interrogatoires habituels. Tous les condamnés avaient quitté l’Italie avant le jugement et ont donc été condamnés par contumace. En Italie, ils sont considérés comme des fugitifs. Bien qu’il y ait eu des verdicts, des mandats d’arrêt et des demandes d’extradition, le gouvernement italien a refusé de transmettre officiellement les demandes à ses proches alliés, les Américains ; ce qui, de toute façon, aurait été inutile. (Der Spiegel online, 17 décembre 2010, basé sur un câble de Wikileaks).

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Le parti-pris occulte, évident, spécifique, mortel et omniprésent des médias américains en ce qui concerne la politique étrangère des Etats-Unis.

Il existe plus de 1.400 quotidiens aux Etats-Unis. Qui peut citer un seul journal, ou une seule chaine de télévision, clairement opposé aux guerres américaines contre la Libye, l’Irak, l’Afghanistan, la Yougoslavie, le Panama, Grenade, et le Vietnam ? Ou même opposé à deux de ces guerres ? Et contre une seule ? (Ca fait des années que je pose cette question et jusqu’à présent je n’ai reçu qu’une seule réponse – quelqu’un m’a dit que le Seattle Post-Intelligencer a clairement pris position contre l’invasion de l’Irak. Est-ce que quelqu’un peut le confirmer ou me donner un autre exemple ?)

En 1968, six ans après le début de la guerre au Vietnam, le Boston Globe a étudié les lignes éditoriales de 39 grands journaux US sur la guerre et a trouvé qu’ « aucun n’était favorable à un retrait ». (7)

Pourriez-vous me citer un seul quotidien US ou chaîne de télévision qui soutiendrait peu ou prou un seul EOD (Ennemi Officiellement Désigné) du gouvernement US ? Comme Hugo Chavez au Venezuela, Fidel ou Raul Castro à Cuba, Bashar Al-Assad en Syrie, Mahmoud Ahmadinejad en Iran, Rafael Correa en Equateur (même avant l’affaire Assange), ou Evo Morales en Bolivie ? Je veux dire un quotidien ou une chaîne qui présenterait le point de vue de l’EOD avec un minimum objectivité ? Ou de n’importe quel EOD d’un passé récent comme Slobodan Milosevic de Serbie, Moammar Gaddafi de la Libye, Robert Mugabe de Zimbabwe, ou Jean-Bertrand Aristide de Haiti ?

Quel grand média soutient le Hamas à Gaza ? Ou le Hezbollah au Liban ?

Qui dans les grands médias peut critiquer ouvertement la politique intérieure et extérieure d’Israël ? Et garder son emploi ?

Qui dans les grands médias traite Assange ou Bradley Manning comme les héros qu’ils sont ?

Et ce sont ces mêmes médias qui nous racontent que Cuba, le Venezuela, l’Equateur, etc, n’ont pas de presse d’opposition.

L’idéologie des grands médias US est qu’ils croient qu’ils n’en ont pas ; qu’ils sont au contraire ce qu’on appelle « objectifs ».

On sait qu’en ce qui concerne la politique étrangère, l’éventail politique au sien des médias US fait l’épaisseur d’une feuille de cigarette.

Bien avant l’effondrement de l’Union Soviétique, un groupe d’écrivains russes qui visitaient les Etats-Unis s’étaient étonnés de constater, après avoir lu les journaux et regardé la télévision, que pratiquement toutes les opinions sur tous les enjeux importants étaient les mêmes. « Dans notre pays » a dit l’un d’entre eux, « pour obtenir un tel résultat nous avons une dictature. Nous emprisonnons les gens. Nous leurs arrachons les ongles. Ici, il n’y a rien de tout ça. Comment faites-vous ? Quel est le secret ? » (8)

Le 8 octobre 2001, au cours de la deuxième journée de bombardements de l’Afghanistan par les Etats-Unis, les émetteurs de Radio Shari du gouvernement Taliban furent détruits, et peu après les Etats-Unis bombardèrent quelques 20 stations de radios régionales. Le secrétaire à la Défense des Etats-Unis, Donald Rumsfed, a défendu le choix des cibles en déclarant : « Naturellement, on ne peut pas les considérer comme des médias indépendants. Ce sont des porte-paroles des Taliban et de ceux qui hébergent les terroristes. » (9)

William Blum

http://killinghope.org/bblum6/aer108.html

Traduction « allez, et un petit coup de pouce supplémentaire… » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

(1) Sam Smith, editor of the Progressive Review

(2) Craig Murray, « America’s Vassal Acts Decisively and Illegally : Former UK Ambassador« , Information Clearing House, August 16, 2012

(3) Bitter Fruit : The Untold Story of the American Coup in Guatemala (1982), pp.222-3

(4) Associated Press, « France Confirms It Denied U.S. Jets Air Space, Says Embassy Damaged », April 15, 1986

(5) William Blum, Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower, pp.308-9

(6) Josh Rogin, « State Department : The U.S. does not recognize the concept of ’diplomatic asylum’« , Foreign Policy, August 17, 2012

(7) Boston Globe, February 18, 1968, p.2-A

(8) John Pilger, New Statesman (London), February 19, 2001

(9) Index on Censorship (London), October 18, 2001


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